‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 2)Chapitre 54 sur 97 · CHAP. ]. —~ SAINT PIERRE ET LES ÉGLISES DE PALESTINE · texte numérisé non relu

CHAP. ]. —~ SAINT PIERRE ET LES ÉGLISES DE PALESTINE

puis : Jésus au ciel et saint Pierre ici-bas. « Après mon retour à Jérusalem, nous dit-il, un jour que je priais dans le Temple, mon esprit fut ravi dans une extase. Je vis le Seigneur, et il me dit : Hâte-toi, sors de cette ville, car ils ne recevront point le témoignage que tu portes de moi. — Seigneur, répondis-je, ils savent que j'emprisonnais autrefois et que je traînais devant leurs synagogues ceux qui croyaient en vous. Pendant qu'on versait le sang d'Etienne, votre martyr, ce fut moi qui assistai au supplice, m'y associant de cœur, et gardant les manteaux des meurtriers. — Jésus me dit alors : Vas, parce que je veux t'envoyer aux nations lointaines '. » Les disciples de Jérusalem dont saint Pierre était le chef, conduisirent donc Paul à Césarée, d'où il s'embarqua pour la Cilicie. Tarse avait envoyé un disciple à l'école pharisienne de Gamaliel : c'était un apôtre que Jésus et saint Pierre lui renvoyaient.

§ X. Saint Pierre et les Églises de Palestine.

d'Eaaèbe.

51. La suite du récit des Actes relatif à saiut Paul nous a fait Tibère et les

. Aclei de

anticiper de quatre années sur les événements. La persécution PHate. Récit avait cessé dans l'intervalle contre les fidèles dr» la Palestine, (c L'Église, dit saint Luc, jouissait d'une paix profonde, dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie. Elle continuait à s'édifier, marchant dans la crainte du Seigneur, et elle était comblée de consolations du Saint-Esprit '. » Comment la violence des passions judaïques, soulevées contre les disciples depuis la mort de saint Etienne, avait-elle été si promptement comprimée? Le texte sacré ne nous le dit pas, mais X Histoire ecclésiastique d'Eusèbe supplée à

» Act., xxii, 17-21.

*ilc/.,ix,31. Entre le fait de la cessation delà persécution générale en Judée et la tentative isolée des Juifs hellénistes qui voulaient tuer saint Paul, on comprend facilement qu'il ne saurait y avoir de contradiction. Sur 1p théâtre de ses anciennes fureurs, saint Paul rencontrait ceux-mêmes qu'il avait eus pour agents, des amis qui avaient partagé ses passions haineuses. Sa présence réveil^ lait desanimosités implacables, et les provoquait à un assassinat. Tel fut réel- -ement le sens de ces projets honaicides, dépourvus de tout caractère juri* djque et légal. Quœrebmi occidere eum. {Act., ix, 29.)

ce silence. «L'usage ancien et général, pour les préteurs de cha(jue province, dit Eusèbe, était de mander à l'empereur toutes les nouvelles de leur gouvernement , en sorte que rien n'échappât à la connaissance du prince. Qiiand le bruit de la résurrection de Notre-Seigneur se fut répandu dans toute la Judée , Pilate en informa le César Tibère. Il joignit à sa relation le récit de nombreux miracles qu'il avait ;;ppris par la voix publique, et il ajoutait que des multitudes, convaincues de la résurrection de Jésus, l'adoraient comme un Dieu. Tibère communiqua les lettres de Pilate au sénat, qui les accueillit, dit-on, avec le plus profond mépris, insistant d'ailleurs sur l'antique loi, qui défendait aux Romains de reconnaître aucune nouvelle divinité, avant le suffrage des pères conscrits ou un sénatus-consulte émané d'eux. Dieu permit cette attitude du sénat romain pour établir plus solennellement que la doctrine du salut n'avait nul besoin des votes favorables d'une assemblée humaine. La relatitm concernant Notre-Seigneur fut donc rejetée par le sénat, mais Tibère, inclinant à un avis opposé, ne voulut prendre aucune mesure de r"gneur contre la doctrine du Christ. Ces faits sont attestés par TertuUien, ce juriste si versé dans la science du droit romain, et d'ailleurs si illustre parmi les plus éminents écrivains de Rome ^ Voici comment il s'exprime à ce sujet dans sa célèbre Apologétique : « Si nous voulons remonter à l'origine des lois sur l'apothéose , nous rencontrons l'antique

1 TepTu^.tavô;, toù; 'Ptdjxaiwv vofj.ouç Tjxpi6w/.(bç àv?ip, TàTEàX),a Év8o?o;, xal tô>» |;.à)i(jTa ÈTii 'PdipLriç ),a[A7tpà)v. Ou sait que d;ias l'Index des Paudecles, ïerlullien est cité parmi les autres jurisconsultes doul les travaux sont entrés dans cette collection, comme l'auteur de huit Livres de décisions, et d'un traité spécial sur ies Caisses militaires. L'identité du prêtre de Garthage, avec le jurisconsulte oéâigné par les Pandectes, a donné lieu à de volumineuses controverses. Les paroles si explicites d'Eusèbe tranchent pour nous la question dans le sens aiSrmatif. Que signifierait l'insistance de lévêque de Gésarée à présenter TertuUien comme un auteur « ayant éc'airci à lond les lois romaines, » vjxptêwxwç, « s'étant illustré par d'autres travaux, » -rà xe ii).).a, c'est-à-dire évidemment par des ouvrages différents de ceux qu'il écrivit coirime chrétien, enfin « émineut » parmi les lumières de Rome, » si TertuUien n'avait pas été le fameux jurisconsulte, dont les ouvrages sur le droit romain jouissaient alors d'une réputation universelle, et entrèrent plus tard (533) dans la rédaction du Digeste, sou» Justinien ?

Page 1