CHAP. II. — DISPERSION DES APOTRES. M
'âu sacrifice, or, cet aliment, nous l'appelons Eucharistie. Il ne sau» rait être donné qu'à ceux qui ont embrassé notre foi, ont été régénérés par l'eau du baptême, purifiés de leurs fautes par la rémission des péchés, et qui vivent selon les lois de Jésus-Chiist. En effet, l'Eucharistie n'est point un pain ordinaire, ni un breuvage commun. Elle est le corps et le sang de Jésus-Christ incarné *. »
22. Armés du Symbole et de la liturgie , les apôtres allaient Évangile, s'élancer à la conquête du monde. Rien d'écrit encore, ni comme Matthieà" formule dogmatique, ni comme formule de prière. L'Église n avait aucun livre et ne reposait que sur la tradition vivante de l'Esprit- Saint. Cependant les Hébreux, convertis t\ la foi, demandaient à conserver, en un court et substantiel récit, l'histoire du Sauveur, telle qu'ils l'avaient apprise de la bouche des apôtres. « Ils s'adressèrent, dit Eusèbe, à saint Matthieu, qui, sur le point de quitter la Palestine, pour aller porter la parole sainte aux extrémités du monde, consentit à leur laisser par écrit, et dans son idiome maternel, l'Évangile qui porte son nom. Il suppléait, par ce livre sacré, au vide qu'allait causer son absence *. » — « Ce fut ainsi, dit saint Irénée, que Matthieu composa son Évangile, en langue hébraïque, au moment où Pierre et Paul allaient jeter les fondements de l'I^-^glise par toute la terre ^. » L'écriture succède donc à la tradition, mais ne la prime pas, et surtout ne l'abroge pas. L'histoire de Jésus-Christ, inspirée au premier Évangéliste, forme un récit simple dans le style, court dans son étendue, et conservant exclusivement la forme de la narration, sans nulle prétention didactique, sans même l'addition du symbole de la foi, issu de l'Évangile lui-même. Et cependant chaque parole du livre divin est un trait de lumière «t de flammes. L'Esprit-Saint est vivant, sous la lettre morte. Pas un iôta de ce texte sacré qui ne recèle des mystères d'enseignement de grâce et d'amour ! Nous avons dit ailleurs que l'Évangile, même après qu'il eut été écrit, conserva son nom de Parole divine Aôyia 0eoO; tant le principe de TÉelise, fondée ici-bas par le Verbe
• S. Justin, Apol. I pro Christian. (Patrol. grœc. , VI , 428, 429.) — * Euseb, JJni eccles., b. III, cap. xxiv. — » Irenae Adv. fxeres., lib. V, oap. i.
incarné; est essentiellement une parole vivante, une tradition ui-ciic, que l'Ecriture ne pourra jamais suppléer. L'interprétation de ce livre est tellement le privilège d'une autorité constituée visiblement au sein de l'Église, que saint Paul dira plus tard : « Si un ange apparaissait, pour vous prêcher un autre évangile que le mien, qu'il soit anathème ' ! »
iîpersioa 23. Comme les fils de Noê se dispersèrent, après la confusion des
Lsapôtree.
-piriitt-et langues, ainsi les fils de la Pentecôte, après la réunion miraculeuse
Mvtr-aliJé
ia prédi- de tous les idiomes en Jésus-Christ, se partagèrent le globe, pour
'.JODévan- • o • r.-
féiiqne. y dresser partout la croix rédemptrice. Saint Pierre prenait le chemin de Rome; le centre politique de l'univers appartenait au chef visible de l'Eglise. Paul allait commencer, à travers l'Asie, la Grèce et les îles de l'Archipel, ses courses victorieuses, qui devaient aboutir aussi à Rome, dernier terme de sa carrière apostolique. Matthias allait évangéliser la Colchide, Jude la Mésopotamie, Simon la liybie, Matthieu l'Ethiopie. Saint Bartliélemi passa en Arménie; saint Thomas chez les Parthes et les Indiens; saint Philippe dans la Phrygie ; saint Jacques le Majeur en Espagne, et saint Jean à Éphèse. Déjà Lazare, le ressuscité de Béthanie, s'était rendu dans l'île de Chypre, avec ses sœurs Marthe et Marie. Il aborda plus tard avec elles sur les côtes de la Provence, et la terre des Gaules fut embaumée du parfum de leurs vertus. La prise de possession du monde parle Verbe divin eut le double caractère de l'instantanéité et de luniversalité. « Comme le rayon du soleil, dit Eusèbe, illumine tout-à-coup 1 horizon, ainsi, par un effet de la puissance et de la protection célestes, la parole de Dieu, le Verbe du salut projeta simultanément sa splendeur dans l'univers entier. La prophétie des saintes Écritures s'est vérifiée, au pied de la lettre. La voix des évangéhstes et des apôtres s'est fait entendre à tout le monde, et leur parole a retenti jusqu'aux extrémités de la terre. Semblable à l'aire du laboureiu-, qui se comble soudain, au temps de ia moisson, des gerbes Vecueillies de toutes parts, l'Église se vit tout-à-coup remplie de la ïîuititude innombrable et pres^iuû iafinie de ceux qui, dans toutes
»Galat., 1,8.
CflAP. II. — DISPERSION DES APOTKES. 431
es cités , dans toutes les bourgades, embrassaient la religion du Christ et la foi véritable *. » Cette précoce universalité, qui éclata dès le premier siècle et valut à l'Église son titre immortel de catholique, frappait tellement l'historien qu'il n'hésite pas à y reconnaître un phénomène surnaturel et mirnculeux. a Je ne consentirai jamais, dit-il ailleurs, à ne voir qu'un fait humain dans la propagation universelle de l'Évangile par les Apôtres. Ils prêchent à toute créature le nom de Jésus; ils publient les miracles de sa vie dans les villes et les campagnes, envahissant l'Empire romain, et la cité reine de toutes les autres cités; parcouiant les royaumes des Perses et des Arméniens, les contrées des Parthes, pénétrant chez les Scythes et jusqu'aux confins de l'univers, dans les régions de l'Inde ; traversant l'Océan et abordant jusqu'à ces îles qu'on appelle Britanniques 2. » Toute l'antiquité chrétienne nous fournirait au besoin des citations de ce genre. Justin nomme la Gaule, parmi les provinces déjà évangélisées de son temps. Eusèbe désigne formellement les îles Britanniques parmi les régions visitées par les apôtres. Tertullieny ajoute la Germanie, l'Espagne, les Sarmates et les Daces. Les traditions locales de ces peuples divers s'accordent avec les textes historiques pour faire remonter au premier siècle leurs origines chrétiennes. On ne conçoit donc pas l'espèce de réaction violente par laquelle lecole critique des rvi' et xvii* siècles a prétendu faire table rase du passé et répudier les faits les plus authentiques. 24. En ce qui concerne plus spécialement notre patrie, le système situados
■^ , oos Gaule.î
qui recule ses origines chrétiennes à l'an 230 de notre ère, est, par rapport
^ ° . . à l'oclioa
a priori, et indépendamment de toute étude des monuments primi- apostolique.
•^ Question
tifs, une thèse inadmissible, qui ne résiste pas à l'examen le plus préjudicielle superficiel. Les Gaulois en effet, depuis Hérode l'ancien, nous l'avons vu par le témoignage de Josèphe, formaient la garde d'honneur des rois de Jérusalem, absolument comme les Suisses devinrent chez nous les gardes du corps de l'ancienne monarchie française. Il y avait donc, entre la Gaule et la Palestine, des relations de vieille date.
^ Euseb., Hist. eccles., lib. Il, cap. ni ; Putrol. grœc., XX, 141. * Id.. Demonstrat. evang., lib. III, cap. v; Patrol. grœc, XXil, 204.
Les Gaules, à cette époque, étaient, de toutes les provinces annexées à l'Empire, celle que la civilisation romaine s'était le mieux assimilée - Les florissantes colonies de la Provence, de Narbonne, de Vienne. d'Arles, de Burdigala, de Lugdunum, les voies percées par les légions de César, et les villes qui s'étaient formées dans les lignes abandonnées de ses campements, en sont la preuve. Galigula venait de se promener dans toute la Gaule, depuis l'embouchure du Rhône jusqu'aux bords du Rhin, sans y trouver l'ombre d'une résistance qui pût au moins servir de prétexte aux honneurs du triomphe qu'il rêvait. Il lui avait fallu traverser le détroit de la Manche et toucher les côtes de la Grande-Bretagne, pour y cueillir un laurier vraisemblable. Pilate , destitué du gouvernement de Judée , était envoyé dans les Gaules» Le roi galiléen Hérode-Antipas et la cruelle Hérodiade, sa femme, prenaient le même chemin. Or, quand des rapports vraiment providentiels existaient entre la Palestine et la Gaule, depuis deux cents ans; quand la Gaule, célèbre par la conquête relativement récente de Jules-César, attirait particuhèrement l'attention des Romains, qui la nommaient l'Italie transalpine ; quand le gouverneur de Judée qui avait assumé sur sa mémoire la responsabilité du déicide; quand le tétrarque qui avait accordé à une épouse vindicative la tête de saint Jean-Baptiste, venaient mourir sur la terre des Gaules, prétendre que les apôtres de Jésus-Christ ne les auraient pas suivis dans cette contrée ; que la province la plus voisine de 1 Italie eût été précisément la dernière que la parole du Christ ait visitée en Europe; enfin quil aurait fallu deux cent cinquante ans aux prédicateurs de la foi, pour venir de Rome, à Lutèce, à Cologne ou à Trêves, c'est évidemment se jeter en dehors de toutes les Maisemblances historiques. Si l'on songe maintenant que la tradition écrite ou orale des deux Éghses grecque et latine atlirme que la Gaule fut évangéliséeau premier siècle; que tous les monuments locaux, les diptyques sacrés, les liturgies et les martyrologes des principales Églises gaUicanes attestent le même fait; si l'on considère que pendant seize cents ans cette croyance fut unanimement professée en France, on conviendra que le mouvement en sens contraire, produit sous la dûiiblci influence de l'hérésie proies-
CnAP. ir. — CHATRE DE SAINT PIERRE A ROME. 43"^
tante et du jansénisme, constitue l'outrage le plus inexplicable et 1-? plus gratuit qui ait jamais été inflige à la tradition et à l'histoire.
§ IV. Chaire de saint Pierre à Rome (44).
25. Pendant sept années, Pierre avait fixé à Anlioche la chaire Saint Pierr, de sou autorité apostolique. De ce point central, auquel aboutissait MiTeufe.'Dr tout rOrient, le prince des apôtres avait étendu le cercle do ses ^Rome" prédications dans les provinces de l'Asie-Mineure , le Pont, la Galatie, la Cappadoce et la Bithynie ». Les Actes de saint Pierre, reproduits par les BoUandistes, contiennent une énumération trèsdétaillée de tous les voyages du chef de l'Église , pondant la première période de son pontificat. « Après avoir constitué un évêque à Césarée, disent-ils, Pierre vint à Sidon; il y opéra un grand nombre de guérisons miraculeuses , y établit un évêque et gagna Béryte, où il laissa de même un de ses compagnons avec la charge épiscopale. Passant ensuite à Biblos, il vint à Tripoli et reçut l'hospitalité de Maron, personnage plein de sagesse, qu'il constitua évêque de cette cité phénicienne. Parcourant ensuite les côtes et les îles du httoral, Orthosie, Aradus, Balanée, Paltos et Gabala, il vint à Laodicée, où il guérit une infinité de malades et de possédés du démon. Il fonda une Église en cette ville ety étabht un évêque; alors, pour la première fois, il mit le pied à Antioche. Simon le Mage venait d'en sortir, pour échapper aux poursuites dirigées contre lui. Pierre, l'apôtre du Seigneur, signala son entrée dans cette capitale par de nombreux miracles. De toutes paris on se réunissait pour entendre sa parole ; il prêchait l'unité de Dieu en trois personnes *. Ce fut d'Antioche qu'il envoya des évêques à diverses Éghses. Il visita ensuite Tyane et Ancyre, capitales de la Cappadoce et de la Galatie. A Ancyre, il ressuscita un mort par sa prière. Ce prodige
* Ce fait résulte du texte même de la première Ëpîlre de saint Pierre : Petrus apostolus Jesu Christi eledis advenis dispersionis Ponti , Galaiiœ , Cappadociœ, Asiœ et Bythiniœ. (1 Petr., i, 1.)
2 Ces mois avaient paru jusqu'ici une interpolation ajoutée au texte primitif à&s, Actes de saint Pierre, par une naain apocryphe et inintelligente. Voir, pour •eur aUllieuticité maintenant constatée, le n" 37 de ce chapitre.
détermina une multitude d habitants à embrasser la foi et à recevoir le baptême. Une Église et un évêque furent donc constitués en ce pays, et Pierre, continuant son voyage, parcourut Sinope, ville du Pont; l'île d'Amasie dans l'Bellespont; Gangres en Paphlagonie; Claudiopolis; Nicomédie et Nicée. Cependant, pressé de retourner à Jérusalem pour la solennité pascale, il gagna Pessinonte, •raversa de nouveau la Cappadoce, la Syrie, Anlioche, et arriva à Jérusalem. Ce fut là que Paul, trois ans après sa conversion, vint voir Pierre. Dans les diverses provinces qu'il avait parcourues, Pierre avait trouvé partout à combattre les erreurs abominables de Simon le Mage. L'jipôtre semait la parole de la foi, là où l'homme ennemi avait semé l'ivraie. Or, Simon venait enfin de tomber entre les mains des officiers impériaux , chargés de l'arrêter; et il avait été conduit à Rome, pour y subir sou jugement. Mais ses prestig'cs et son éloq lence furent tels que, non-seulement on l'acquitta, mais qu'une foule de ffens, abusés et crédules, le vénérèrent comme un dieu. Or, une nuit le Seigneur apparut à Pierre et lui dit : Lève-toi, va prendre possession de l'Occident. Ce pays a besoin de ta lumière. Je serai avec toi. Pierre quitta donc Antioche, où il laissa Évodius pour évêque et se dirigea vers Rome •. »
26. Ce monument précieux de l'antiquité chrétienne est confirmé, quant au voyage de saint Pierre à Rome, par les autorités les plus précises. « Au commencement du règne de Claude, dit la Chronique d'Eusèbe, Pierre l'apôtre, après avoir fondé l'Église d'Antioche, fut envoyé à Rome ; il y prêcha l'Évangile , pendant les vingt-cinq années qu'il en demeura l'évêque *. » — « Claude fut le quatrième César après Auguste, dit Orose. Il régna quatorze ans. Ce fut au commencement de son règne que Pierre, apôtre de Notre- Seigneur Jésus-Christ, vint à Rome, enseigna fidèlement, à tous cenx qui voulurent croire, la foi qui conduit au salut. C'est de cette
» BoUand, Act. sanct. Juoii, tom. V, page 412, 413. Nous croyons utile de prévenir, uue fois pour toutes, que nos citations des Bollandisles sont empruntées à la première éilition de leur grand ouvrage; on en publie en ce moment une réimpression, trop peu avancée encore pour que nous puiseion» en profiter pour notre travail.
«Euseb., Chronic, lib. II; Patrol. grœc, XIX, 539.
CIIAP. II. — CHAIRE DE SAINT PIERRE A ROME. 4oS
ëpoque que date l'existence des cluctiens à Rome *.)> — « Le grand apôtre Pierre, dit Tliëodoret, prrcha le premier aux Romains la doctrine de l'Évangile ^. n — « L'histoire nous apprend, dit saint Jérôme, que Pierre fut le premier évèque d'Antioche et qu'il transféra son siège à Rome ^. » — « Le coryphée Pierre, dit Georges le Syncelle, après avoir fondé la première Église d'Antioche, alla prêcher l'Évangile à Rome. Ainsi il fat le premier évèque d'Antioche et le premier évèque de Rome et il retint le gouvernement de celte seconde Église jusqu'à sa mort *. » Pour ne pas prolonger des citations que leur uniformité rendrait fastidieuses, il suffira de rétablir ici la double liste des pères grecs et latins, queBaronius signalait de son temps à l'étude des centuriateurs de Magdebourg. « La venue de saint Pierre à Rome, disait l'illustre cardinal, est attestée par l'unanimité des écrivains ecclésiastiques, dans les denx Églises grecque et latine. Leur témoignage forme une chaîne continue, qui remonte à l'origine même de 1 Église, pour se prolonger jusqu'à nous. Parmi les auteurs grecs, Papias, Caïus, Denys de Corinthe, Pierre d'Alexandrie, Eusèbe, Origène, Jean Chrysostôme, Cyrille d'Alexandrie, Épiphane, Théodoret; chez les Latins : Irénée, Tertullien, Hippolyte, Gyprien, Arnobe, Lactance, Optât, Jérômet Ambroise, Augustin, Sulpice Sévère, Prudence, Philaslrius, Orose, Prosper de Turin. Ce n'est pas dire assez : tous les conciles œcuméniques, tous les souverains pontifes, tous les empereurs de Rome et de Byzance ont reconnu, attesté, proclamé ce fait. L'arrivée de saint Pierre à Rome a laissé dans le monde une telle mémoire que, durant toute la suite des âges, on ne rencontre pas un seul hérétique qui ait imaginé de la révoquer en doute. 11 fallait l'audace dont les protestants nous donnent aujourd'hui le scandale, pour hasarder une négation pareille ^. » Ainsi s'exprimait, en 1588, le
1 Oros., Histor., lib. Vil, cap. vi; Patrol. lat., XXXI, 1072. — « Tlieodorat, In cap. I Epist. ad Rom. ; Patrol. grœc. — » Hieron., Comment, in Epist. ad Gnlat., cap. ii; Patrol. lat., XXVI, 341. — » Patrol. grœc, tom. XIX, 539, adnotat.
B Baron, Annal, eccles., tom. I, page 229. Voici l'indication précise des témoi-nages mentionnés par le savant cardinal : Papias citât, ab Euseb , HisU eccles., lib, 11, cap. xv; Patrol. grœc, XX, 172; Caïus, Adversus Proclum, citât.
Cai8.
célèbre historien. Trois siècles ont passé sur sa plainte éloquente, et les disciples de Luther n'ont rien changé à leur tactique. Objections 21. « Daprès la tradition, dit M. de Pressensé, saint Pierre aurait
dn protestan-
tirrae fran- été à Rome aussitôt après sa délivrance, et l'agitation soulevée par sa prédication au sein de la colonie juive aurait provoqué les mesures prises par Claude contre les Juifs. Mais la présence de Pierre au concile de Jérusalem, qui eut lieu très-peu de temps après, dément cette assertion. 11 continua probablement à enseigner l'Évangile dans les vastes contrées de l'Asie-Mineure, où son inlluence demeura si grande dans la période suivante ^ » Telle est la formule timide et embarrassée du protestantisme français. Elle est loin d'atteindre les hardiesses germaniques dont nous nous occuperons tout à l'heure. Acceptons-la pourtant, dans sa simplicité naïve. La présence de Pierre au concile de Jérusalem, dénient, dites-vous, l'assertion du voyage de saint Pierre à Rome. La proximité des deux événements constituerait, selon vous, une impossibilité véritable. Or l'arrivée de saint Pierre à Rome eut lieu vers l'an 42, et le concile de Jérusalem en 51 . Neuf années séparèrent donc ces deux événements.
ab Euseb., Hist. eccles., lib. II, cap. xxiv; Patrol. .grœc, XX, 209; Dlonys. Coriatli. citai, ab Euseb. ^ Ihid.; Petr. Alexandr., Epistol. canonfc , cauou ix; Patrol. grœc, WUl, 484; Euseb. Caesar., Chronic , loc. citât, et Hist. eccles., loco mox citando ; .loan. Chrysost. , Homil. II Epiit. ad Rom.; Putrol. grœc,^ LX, 401; Cyrill. Alexaudr., Episl. Xisti Papœ ad CynlL; Patrol. grœc, toiu. LXXVU, 279; Epiph., Hœres., xxvii; Patrol. grœc, XLI,37i; Théodoret iib. I Hœres., cap. I; Patrol. grœc, LXXXIll, 344; Irénée, Contr. fiœres. lib. III, cap. I et ili; Patrol. grœc, Vil, 844 et 848; Tertull., De Prœscript., cap. Xïxvi; Patrol. lut., Il, 49; Scorptac, cap. xv; Ibid., loi; HippoiyL, Apud Prudentium in Peristephanon,hyum. XI ; Patrol. lat.,LX, 535; Cyprian.^ Epistol. ad Cornelium Papam, § 14; Patrol. lat., 111, 818; Epistol. ad Antonian.,%8; Ibid. ,112; Amoh.jAdvers. Gentes,]\h. U, cap. xii; Pa/ro/. /ai., V, 828; Lactaut., Institut., lib. IV, cap. xxi; Patrol. lat., \], 518; De mortib. persecut., cap. n, Patrol. lat.. Vil, 195; Optât, De schismate Donntist. advers. Parmenianum, lib. Il, cap. II; Patrol. lat., XI, 957; Hieronym., loco jam citato; Ambres., Sermo de Basilicis hœreticis non tradendis; Patrol. lat., XVI, 1010; Augustin, Lilir. de Hœres., cup. i; Patrol. lat., XLil, 2.^ ; Sulpit. Sever., Hist. sacr., iib. II, cap. xxviii; Patrol. lat., XX, 145; Prudent., Peristepftan., hymu. XII; Patrol. lat., LX, 556; Philastr., De hœres., cap. XX)X; Patrol. lat., Xll, 1141; Oros., loco jam citalo; Prosiier Aquit., Chronic integr. ; Patrol. lat., Ll, 553; Maxim. Taurin.; Sermo de Natal. Pétri et Pauli op.; Patrol. lat., LVli, 396. * Hist. des trois premiers siècles/ tom. I, pag. 418.