CHAP. II. — CHATRE DE SAINT PIERRE A ROME
Que devient la prétendue impossibilité? Mais peut-être les dates sont-elles arbitrairement imaginées pour les besoins de la cause. Non, la Clironique d'Eusèbe les inscrit telles que nous les reproduisons. Cependant le protestantisme n'était pas né en 330, époque où l'évéque de Gésarée écrivait son Histoire de l'Église. Et maintenant, ou M. de Pressensé ignorait absolument la chronologie des Actes des apôtres; ou il a voulu, de dessein prémédité, égarer l'attention de son lecteur. Ce n'est point à nous à le tirer de ce dilemme. « La tradition! » Vous la traitez avec autant de dédain qu( la chronologie. Il vous conviendrait pourtant d'être plus modeste car ce que vous appelez ici tradition, c'est de l'histoire *. On appelle tradition les souvenirs conservés par transmission orale, demeurés flottants durant des siècles dans la mémoire publique, et fixés par l'écriture longtemps après les événements. L'histoire, au contraire, remonte, par les témoignages écrits, jusqu'à l'époqne contemporaine des faits. Or, c'est par des témoignages de ce genre que le fait historique de la fondation du siège de saint Pierre à Rome nous est connu. Papias, dont le nom ouvre la liste des écrivains cités par le cardinal Baronius, vivait dans la première moitié du n" siècle ; c'est-à-dire quarante ans seulement après la mort de saint Pierre. Le prêtre Caïus, saint Denys de Corinthe sont de la même époque.^ Ils affirment tous la fondation du siège de Rome par le prince des apôtres. Nous ne sommes donc point en face d'une légende orale, fugitive, insaisissable, qui ait pu se modifier, se corrompre, ou s'altérer, dins la suite des âges. Papias, (( évêque d'Hierapolis, homme grave, homme de tradition, » ainsi que le désignait naguère un rationaliste peu suspect, conversa toute sa vie avec les disciples immédiats des apôtres. A moins donc de tout nier en histoire, il faut compter avec son affirmation. Toutefois, comme si la Providence eût spécialement réservé à notre époque le privilège des grandes découvertes historiaues., il s'est produit, depuis Baronius,
* Voir pour \\ foûdation du siège de saint Pierre à Rome ; Foggini, De fiomano divi Pétri itinere et episcopntu ejusqv.e antiquissimis irnaginibus exercitationes historico-criticœ, ia-io, Florentiœ, 1741; De l'HervillierS; Preuves de la venue et de l'épiscopat de saint. Pierre à Rome, io-S", 1839.
4o8 PONTIFICAT DE SAINT PIERRE (33-66).
un autre témoignage, qui touche sans intermédiaire au siècle apostolique. Nous possédons aujourd'hui le texte authentique de la première Épître adressée aux Corinthiens par saint Clément, disciple de saint Pierre et son successeur sur le siège de Rome. Chose remarquable ! c'est un docteur protestant de l'université d Oxford qui le publia, pour la première fois , sur un manuscrit provenant de la fameuse bibliothèque d'Alexandrie. Réimprimé depuis à Cambridge (1718), ce monument de l'antiquité chrétienne fat enfin solennellemenl consacré par la nouvelle édition (1838) donnée à Oxford par Jacobson. La science moderne est unanime à en reconnaître l'authenticité. Or, Clément, « évêque de Rome, qui présida dans lEsprit- Saint, sur le trône apostohque, après l'apôtre Pierre *, » s'exprime ainsi dans sa lettre à l'Église de Dieu , « voyageuse ^ » à Corinthe : « Après les exemples du Testament Ancien, citons les héros qui vivaient naguère au milieu de nous, prenons nos modèles parmi les saints de notre génération. Plaçons sous nos yeux les illustres apôtres. Pierre eut à affronter, non pas une fois, mais mille fois, les haines et les injustes colères des hommes; ce fut ainsi qu'il subit le martyre et alla prendre place sur le trône de gloire qui lui était réservé dans les cieux. Quels ne furent point les luttes et les combats dont saint Paul eut à triompher par la patience? Sept fois jeté dans les fers, proscrit, lapidé, il traversa l'Orient et l'Occident, comme le héraut de l'Évangile, la lumière éclatante de la foi. Après avoir parcouru le monde et posé le pied jusqu'aux extrémités de l'Occident, il fut aussi martyrisé par nos princes à Rome, et quitta cette terre pour le heu du saint repos, nous laissant un
' K),iQiJ.£VToi; £ici(7x6iTOu *P(i)|xriç, [xerà rèv aTtocToXov nérpav toO à7ro(TTo).iy.oû 6p6v»« VJYTi'Tocii.Évou, el; tô 'Afiov Jlys.\t\i(x.. Nous reproduisons cette formule comme l'une des plus anciennes des suscriptions pontificales. (S. Clem., Opéra omnia; Patrol. grœc, I, 1456.)
' T^ 'Exy.),y)aia toû 0£oy t^ Ttapoixouffy) KoptvÔov. Le 7rapotxov<7Y), d'où est venu le nom de nos paroisses, exprime admirablement l'état des églises naissantes, au milieu des persécutions du monde païen. Le cbristianisn.e était un pèlerin sur la terre. Il pouvait dire, comme les patriarcheà : Je suis voyageur ici-bas. UoLÇfOi/.oQ £Î|ii irapà col xal TtapeniSrifAoç. (Psalm., xxxviii, 13 ) Cf. Epist. I Clément, ad Corinthios, cap. i; Fell., adnot., Patrol. grœc, I, 204
CUAi', II. — CHAIRE DE SAINT riERRB A RGJIE. 459
modèle sublime de patience. Ces grands instituteurs de la sainteté, qui ont réuni autour d'eux des multitudes d'élus, c'est ici, au milieu de nous, qu'ils ont héroïquement supporté les outrages des hommes et subi les tortures, nous laissant, comme un héritage sacré, l'exemple de leur courage *. » La date de cette Épître a élé fixée par un savant professeur de Tubingue, M. Héfélé, à l'année 69 de notre ère, c'est-à-dire trois Jins après le martyre de saint Pierre et de saint Paul 2. Ainsi le fait de la fondation du siège de saint Pierre à Rome n'est point une légende traditionnelle, élaborée longtemps après l'événement, par des imaginations complaisantes. 11 est fixé par une écriture authentique, à l'époque même où il s'est produit, et prend de la sorte le caractère immutible de l'histoire.
28. Notre protestantisme en France peut se donner désormais système le facile triomphe de jeter aux monuments les plus précis et les Bwr plus augustes le nom injurieux de légende. L'Allemagne luthérienne n'a plus ce courage ; elle connaît les sources et se garderait bien de maintenir cette exégèse surann e. Baur a ouvert une voie nouvelle , pour la critique hostile au catholicisme. Il ne nie plus le fait historique de la venue de saint Pierre à Rome; il admet tous les textes qui l'affirment; mais il les commente avec un lyrisme d'interprétation dont la Germanie seule est capable. Oui, il est vrai, dit-il, que le siècle apostolique, et ceux qui l'ont immédiatement suivi, admettent la fondation du siège de Rome par Pierre. Le fameux témoignage d'Irénée suffirait seul à établir l'incontestable authenticité du fait. Mais on a complètement méconnu, jusqu'à ce jour, le caractère intrinsèque des écrits apostohques. Égarés par la tradition du cathohcisme, les esprits se sont persuadés que l'Église apostolique était une, que Pierre en était le chef. C'est là une erreur capitale. Deux éléments distincts et inconciliables luttèrent, au sein de l'Église naissante; on peut les désigner sous les deux expressions de judéo- christianisme et de pagano-christia-
* Clem. Opéra Genuina, Epist. I ad Cor., cap. v et vi; Patrol. graec, II, 217-219.
2 Héfélé, Patrum apostolicorum Tubirgîe Opéra. 1842, in-S"; Patrol. grœc, I, 19G.
nisme. Le premier avait pour représentant Pierre; le second, Paul. Entre les deux principes, comme entre les deux personnes, il y avait opposition radicale de croyances, d'enseignement et de foi, Le Pélrinisme et le Paulinisme sont aussi différents l'un de l'autre qu'ils le sont tous deux du dogme catholique. Le Pétrinisme se perpétua dans la doctrine des Ébionites, qui circonscrivaient l'empire du Christ dans les limites exclusives de la législation juive; le Paulinisme se prolongea dans la doctrine de Marcion, qui rejetait rthsolumeut toute la tradition hébraïque, brisait toutes les barrières légales, et ouvrait la parole de l'Évangile aux Gentils. Pour les partisans de Pierre, Paul représentait l'élément païen; il était le génie du mal. On le personnifia dans le mythe de Simon le magicien, que Pierre pourchasse à travers les terres et les mers, qu'il expulse de l'Asie, qu'il suit jusqu'à Rome, et qu'il renverse, sous les yeux de Néron, du haut du char où il s'envolait vers les cieux. Tel est le sens vrai du roman Pélrinien, intitulé : Récognitions de Clément. La lutte était donc ardente, irréconciliable entre les deux noms de Pierre et de Paul, qui nous paraissent maintenant si unis. Cependant, entre ces deux pôles extrêmes du monde chrétien, il se forma promptement un tiers-parti, celui de la conciliation intéressée : Conciliatorische interesse. Du vivant même des deux apôtres, ce parti existait, et exerçait sm* chacun d'eux une pression dont on retrouve la trace dans le texte même des Actes et des Épitres de Pierre et de Paul. Ce tiers-parti devait, un jour, par son triomphe définitif, donner naissance à ce qu'on appela depuis le catholicisme. Rome fut le point de jonction , où les deux tendances contradictoires fusionnèrent. Vainement les partisans outrés de Pierre et de Paul essayèrent, sous le nom d'Ébionites et de Marcionites, de prolonger la latte, après la mort des deux apôtres. Les sommités intellectuelles, qui formaient le parti de la conciliation, avaient tout d'abord senti 1 importance d'établir dans l'Église l'unité de hiéiarchie, fondée sur l'unité doctrinale. L'institution d'un siège apostolique à Rome par Pieire répondait au besoin d'une hiérarchie ; le martyre de Pierre et de Paul, subi à Rome pour la même cause, symbolisait parfaitement l'unité dogmatique. Les deux faits
CHAP. II. — CHAIRE DE SAINT PIERRE A ROME. AQl
furent donc établis, avec une persévérante énergie; tous les écrivains les attestèrent, et l'Église dite catholique sortit de cette réconciliation posthume '. »
â9. Voilà du moins une exégèse complètement neuve, elle rentre Réfutation, dans la catégorie de ce qu'un Allemand, le docteur Héfélé, nomme les <( hallucinations d'outre-Rhin. » L'histoire disparaîtrait bientôt comme science, si jamais il lui était permis de s'évaporer dans ces rêves hyperbohques. En face de telles hyi;othèses, il suflit d'exposer simplement les faits. Simon le magicien, dans lequel l'auteur allemand voudrait voir une personnification légendaire de saint Paul , nous apparaîtra bientôt, dans les Philosophumena, sous ses traits distincts, avec un rôle parfaitement individuel et une théorie qui lui appartient en propre. Le dualisme doctrinal, signalé comme le caractère de l'Éghse naissante, et dramatisé dans la lutte fiibuleuse de Pierre contre l'apôtre des Gentils déguisé sous le pseudonyme du Magicien, s évanouit complètement, dès que la persoimalité de Simon le magicien est réellement acquise à l'histoire. Le parti de la conciliation qui intervient entre les belligérants, et fonde le catholicisme sur la base de l'intérêt, par la fusion des éléments hostiles, rappelle, il est vrai, certaines combinaisons plus ou moins heureuses de la politique moderne; mais il constitue en histoire un anachronisme évident et une imagination gratuite. Les faits sont des réalités; ils ne f« prêtent point, comme des vapeurs inconsistantes, aux illusions ou au mirage de la fantaisie et du caprice. La Chronique d'Eusèbe nous apprend que, vers l'année 42, sous le règne de l'empereur Claude, Pierre vint à Rome et y constitua son siège apostolique. C'est là un fait précis, déterminé, circonscrit dans des limites fixes, absolument comme cette assertion de Tite-Live : Scipion l'Africain vainquit Annibal à Zama. Jamais il n'est venu à personne l'idée de révoquer en doute la réalité du triomphe de Scipion l'Africain. Si pourtant on exigeait, pour l'admettre, la moitié seulement des preuves qu'on de-
* On peut lire une réfutation complète du système de Baur, dans le savant ouvrage de Higemanii : Die Romische Kirche, chapitre iutitulé : Die Grundvng <ler romtschcn Ktrdte durche Petrus, pag. 627-675.
mande pour croire à la venue de saint Pierre à Rome, sous l'empereur Claude, il serait impossible de les fournir. Peut-on citer un seul texte vraiment contemporain du vainqueur de Carthage? Supposé même l'existence de monuments de ce genre aussi nombreux qu'on voudra, pourrait-on démontrer qu'ils ne sont pas le fruit d'une conspiration intéressée, ourdie par la famille patricienne des Scipions, dans le but de grandir la mémoire de l'aïeul au profit de ses descendants? Tite-Live écrivait trois siècles après la mort de l'Africain; il a pu ne reproduire qu'une légende complaisante, et devenue populaire à force d'être répétée. Un tel raisonnement, appliqué à riiistoire de Scipion, passerait à juste titre pour une folie. Par quel miracle d'aveuglement ce paralogisme, qu'on flétrirait dans l'histoire profane, trouve-t-il si facilement crédit ù propos d'un fait d'histoire ecclési.istique? Cependant nous sommes loin de nous plaindre de tant d'exigences. Si loin que la critique puisse pousser son exagération hostile, elle n'arrivera jamais à ébranler la vérité. On rejette donc tous les témoignages émanés des Pères de l'Kglise, depuis saint Clément jusqu'à nous, comme reproduisant un thème convenu du vivant même des apôtres, au bénéfice d'un tiers-parti qui fut depuis le catholicisme. Cette fin de non-recevoir est une immense absurdité. N'importe ! Admettons-la pour un instant. Le païen Suétone est-il un écrivain suspect de catholicisme ? Or, Suétone nous atteste spontanément que la neuvième année du règne de Claude, c'est-à-dire l'an 49 de notre ère, «cet empereur expulsa de Rome les Juifs, qui s'agitaient incessamment sous l'impulsion du nom de Chrest^. » Suétone appartenait-il an parti de la conciliation, qui voulait fonder la hiérarchie romaine et l'unité dogmatique sur les deux principes contradictoires, dont Pierre et Paul auraient été les représentants ? Évidemment non. Nous sommes donc en possession d'un texte, dont l'origine ne saurait être l'objet de la moindre suspicion. Le texte émane d'un auteur tellement étranger à l'influence de Pierre ou de Paul que le nom même du Christ y est défiguré. Les Romains, en entendant pour la première
* Judœos impulsore Chresto assidue tumultuanies Roma expiUit. (Suet., Vit. Claud., cap, j;sv.)
CllAP. II. — CIIAIHE DE SAfNT TIERRE A ROME. "463
fois ce nom divin, le faisaient cîûriv'cr eîê rcÂprênôion grôcrji XpVtoî « utile, j) et en altéraient ainsi la prononclaLIun. îî êôi acquis à l'iiistoire que l'an 49 de notre ère, la neuvième année du règne de Claude, le christianisme s'était implanté parmi la colonie juive qui était à Rome. Toutes les exégèses d'ontre-Rhin ne peuvent détruire ce fait. Or, qui avait porté à kome le nom triomphant du Christ? L'histoire répond unanimement : Ce fut Pierre. Que] au.fre nom avez-vous à substituer à celui-là? La foi au Christ arrive, sous l'empereur Claude, à une telle notoriété, dans la ville des Cér-p.r?, qu'elle provoque un édit d'expulsion. Qui l'y a apportée? Elle n'a pas surgi spontanément. Il faut un nom d'apôtre, puisque nous rencontrons la doctrine apostolique. Suétone ne dit pas ce nom; mais toute l'antiquité chrétienne désigne unanimement celui de Pierre. Vous croyez sérieusement que cette nuée de témoins, qui s'appellent sainl Clément, saint Ignace, sain' Justin, saint Chrysostome, saint Augustin, va s'évanouir, parce qu'il vous plaît d'altribuer à ces martyrs, à ces héros de la foi, à ces génies, je ne sais quelle conspiration occulte contre la vérité, en faveur d'un tiersparti composé d'intrigants et d'ambitieux subalternes ! Mais, si vous êtes protestant de bonne foi, vous croyez à la parole- dé Jésus- Christ. Or, Jésus-Christ a dit à son Eglise : « Voici que je suis avec vous, jusqu'à la consommation des siècles. » Où serait la promesse du Sauveur, si lÉglise avait jamais oflert le scandale d'une erreur volontairement propagée, maintenue et consacrée par les hommes les plus saints qui aient j;!mais illustré notre terre, et cela dans une période de dix-neuf cents ans?
30. La vérité historique plane au-dessus des impuissantes audaces de la critique moderne. « L'ennemi de notre salut, dit Eusèbe, suscita, au siècle apostolique, un artisan de crimes et d'erreurs, dans la personne de Simon , afin d'opposer le génie du mal au zèle et à l'admirable puissance des apôtres. Mais la splendeur de la vérité efïaça tous les prestiges de la science des ténèbres. Pierre fit briller le rayon de la lumière dans toute la Judée. Ébloui p;,r cette vision divine, l'imposteur vit tous ses artifices découverts; il prit la fuite, traversa la. Méditerranée, et vint chercher en Ucci-
dent un triomphe que l'Orient 7ui reiiisait. Débarqué à Rome, u recruta dans cette ville des partisans que le démon l'aidait à séduire, et qui poussèrent la crédulité au point de lui élever une statue, comme à un dieu. Son succès fut de courte durée. Quelques mois après, sous le règne de Claude-Auguste, la miséricorde de Dieu envoyait à Rome l'héroïque, le grand apôtre Pierre, prince et chef de tous les autres, avec la mission de combattre cette peste publique et ce fléau du genre humain. Génércl des saintes phalanges, muni de l'armure céleste, Pierre apporta ainsi de l'Orient en Occident la lumière de l'Évangile, la doctrine du palut, la priidication du royaume des cieux. Son arrivée à Rome confondit les espérances de Simon. L'éclat de la vérité frappait tellement les âmes, dans les discours de Pierre, que ses auditeurs, voulant retenir un monument de sa prédication, supplièrent Marc, l'un de ses disciples, de rédiger par écrit ses instructions. Es le conjurèrent avec tant d'instance qu'ils en obtinrent le hvre connu maintenant sous le titre d' a Évangile selon Mure. » On dit que Pierre, demeuré étranger à celte négociation, l'apprit plus tard. Charmé du zèle ardent de ces néophytes, il approuva de son autorité le livre de Marc, pour qu'il pût désormais être lu dans les Eglises. Le fait est rapporté par Clément, au sixième livre des Hypotypotes^ et confirmé par le témoignage de Papias, évêque d'Hiérapolis. Ils nous apprennent de même que c'est à l'Évangéliste que se rapporte la mention faite dans la première Épître de saint Pierre, eno'^s termes : « L<'K!^''se de Dieu fondée à Babylone, et élue comme vous par le Seigneur, vous salue, ainsi que mon fils Marc. » Enfin ils ajoutent que, sous le nom de Babylone, l'apôtre désigne la ville de Rome, d'où il écrivit cette Épître aux fidèles d'Asie •. » L'aatontô 31. Rien n'est plus limpide que cette page de l'historien. Toutes ei'Tes u'frM- l68 dénégations intéressées du protestantisme n'en effaceront jamais une ligne. Entre plusieurs traits qu'on y pourrait noter, signalons une nouvelle preuve du caractère essentiellement oral de l'enseignement apostolique. Le passage des HypQfyposes de
* Euseb., Hist. ecclea, lib. II cas. xiv et xv.