CHAP. II. — CHAIRE DE SAINT MARC A ALEXANDRIE
la date de Babyloiie, inscrite dans sa première Épitre, avait été interprétée dans le sens que lui donne le protestantisme? 49. Le passasre de Philon, relatif aux ascètes égyptiens, est ce- Leat/K&a-
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lèbre: nous le reproduisons ici, sans toucher à la controverse qu'il ascèteBd'a-
' ^ près Philon.
a fait naître. Ce qu'Eusèbe ne pouvait que conjecturer, reste encore problématique pour nous. La récente découverte des catacombes d'Alexandrie, et l'étude des inscriptions qu'elles renferment, apporteront peut-être sur ce point de? lumières inattendues. On saura vraisemblablement bientôt si les contemplatifs de Pbilon appartenaient au christianisme, a Le nom qu'ils se donnent entre eux, dit-il, est celui de Thérapeutes ; soit qu'ils y attachent la signification étymologique de médecins spirituels, travaillant à guérir l'âme de leurs disciples des passions et des vices ; soit qu'ils le prennent dans l'acception du culte chaste et sincère qu'ils font profession de rendre à la divinité. Quiconque veut embrasser leur genre de vie, se dépouille volontairement de ses biens et les abandonne à ses proches. Ainsi dégagés de tous les intérêts humains, ils quittent les cités, pour aller vivre dans des campagnes désertes ; car, suivant eux, le commerce des hommes et leur fréquentation sont des obstacles à l'étude de la sagesse. Les représentants de cette doctrine se sont répandus sur tous les points du monde. Nulle race, grecque ou barbare, ne devait être privée de cette bienfaisanli^ institution. Cependant, c'est en Egypte, parmi les diverses préfectures de ce pays, et surtout aux environs d'Alexandrie, qu'ils se sont multipliés. Leur centre et comme leur patrie est située près du palus Maréotique, dans une délicieuse campagne, qui réunit à la fois les avantages d'um sol fertile, du calme le plus profond et d'un climat enchanteur. C'est là que viennent habiter, de tous les points du monde, les plus parfaits des Thérapeutes. Dans chacune de leurs demeures se trouve un sanctuaire, qu'ils nomment Semnéon, ou Monastère, et où seuls, sans témoins, ils se livrent aux mystérieux exercices d'une vie sainte. Dans cette solitude, ils n'emportent ni aliments, ni breuvage, ni rien de ce qui appartient aux soins du corps. Mais ils ont sans cesse avec eux le texte de la loi, les éci-its des prophètes, des hymnes sacrés et d'autres livres, qui alimentent leur piété et perfec-
tiennent leur science. Durant tout le jour, depuis le lever jusqu'au coucher du soleil, ils méditent les oracles de la sagesse. Leur interprétation des saintes Écritures est surtout allégorique. Ils suivent en ce point les traditions nationales, et croient que la lettre est une sorte d'image, qui reflète le sens caché et profond des allégories. Ds possèdent des commentaires composés par leurs anciens fondateurs, qui leur ont laissé plusieurs monuments écrits de leur doctrine. A leur tour, en se servant des vieux exemplaires, ils les commentent eux-mêmes pour leurs successeurs, La contemplation n'est pas le seul exercice de leur intelligence ; ils composent aussi des cantiques et des hymnes, à la gloire de Dieu. Tous les rhythmes de la poésie sont employés par eux dans ces chants, cependant ils préfèrent les plus solennels et les plus graves. C'est sur le fondement de la tempérance, comme sur une base spirituelle, qu'ils asseoient l'édifice de leurs vertus. Nul ne mange, ou ne boit, avant le coucher du soleil. L'étude de la vérité, disent-ils, est une œuvre de lumière. Les ténèbres de la nuit conviennent seules aux préoccupations des besoins corporels. Voilà pourquoi ils consacrent tout le jour à la contemplation, et accordent quelques instants seulement de la soirée à réparer les forces physiques. Il en est qui, entraînés par un zèle plus ardent, passent trois jours sans prendre aucune nourriture. Quelques autres, dans l'extase de la contemplation, rassasiés par les délices célestes du banquet de la sagesse, prolongent le jeûne corporel jusqu'à six jours entiers, et seulement alors consentent à goûter quelques aliments. Un grand nombre de femmes embrassent ce genre de vie et persévèrent dans la virginité, jusqu'à une extrême vieillesse. L'amour de la sagesse les maintient dans cette chasteté volontaire, bien différente de la contrainte légale, que subissent certaines prêtresses du paganisme. Les vierges dont je parle, n'ambitionnent d'autre alliance que celle de la vérité, et lui 'consacrent toute leur vie. Dans leur mépris pour les voluptés de la terre, elles renoncent aux joies de la maternité, afin de produire des fruits immortels de vertu, dans l'union avec l'Esprit divin qui les anime et les vivifie ' . »
» Phil. citai, ab Euseb., Hist. eccles., lib. Il, cap. ivii.