‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 2)Chapitre 84 sur 97 · CHAP. III. — CONCILE DE JERCSALEM · texte numérisé non relu

CHAP. III. — CONCILE DE JERCSALEM

parole de Pierre, au concile de Jérusalem, fait taire la discussion et met fin aux controverses. Quand les Papes adresseront plus tard leurs instructions aux conciles de l'avenir, les Pères s'écrieront : « Pierre a parlé par la bouche de son successeur. La cause est finie! ,> Que si l'on demande pourquoi à Jérusalem, comme à Trente, la parole de Pierre est souveraine, c'est que Dieu Ta choisi, o entre tous, pour faire entendre aux nations, par sa bouche, la parole de l'Évangile et l'enseignement de la foi. »

5. « Paul et Barnabe firent alors le récit des prodiges et des signes que Dieu avait opérés parleur ministère, au scindes Gentils. Quand ils eurent achevé leur narration, Jacques prit la parole, et dit : Hommes frères, écoutez-moi. Simon vous a rappelé comment, dès le principe, Dieu a visité les Gentils, pour s'y choisir un peuple qui porte son nom. Les paroles des prophètes sont conformes à l'euseignement de Pierre. Il est écrit : En ces jours-là je reviendrai, pour réédifier le tabernacle abattu de David ; je réparerai ses ruines et le relèverai, en sorte que tous les hommes, toutes les nations, sur lesquels mon nom aura été invoqué, puissent trouver le Seigneur. C'est moi Jéhovah qui annonce ces choses et qui les accomplirai. Le Seigneur donc connaît son œuvre, dès les jours de l'éternité. Voilà pourquoi je juge qu'il ne faut point inquiéter ceux d'entre les païens qui se convertissent à Dieu. Il suffit de leur mander d'avoir à s'abstenir de la souillure des idoles, de la fornication, de la chair étouffée et du sang. Pour ce qui regarde les circoncis, ces lois déjà promulguées par Moïse leur sont connues. Depuis les temps anciens, il y a, dans chaque viUe, des docteurs qui les expliquent au sein des synagogues, et en font la lecture, chaque jour de sabbat *. »

Pierre a parlé le premier; Paul a élevé la voix; Jacques s'est fait entendre. Tel est l'ordre hiérarchique observé au concile de Jérusalem; il sera suivi, jusqu'à la fin du temps. Pierre a exposé le décret de Dieu ; Paul a apporté le témoignage de son expérience ; Jacques appuie les réafités chrétiennes sur les oracles des prophètes. Le monde qui s'édifie sous la main des apôtres a été anaoncë,

Diseonrg da

saint

Jaoqaei.

1 Act., XV, 12-21.

figuré et prédit. S'il est nouveau, par rapport aux hommes, il est connu de Dieu, dès les jours de l'éternité. Les trois éléments, qui se retrouveront au sein de tous les conciles, dominent donc l'apostolique synode de Jérusalem : l'autorité delà parole divine; l'autorité vivante, en la personne de Pierre et de ses successeurs, l'autorité de l'épiscopat, posé par l'Esprit-Saint pour régir l'Église de Dieu, cynod!*" Le» 6. « Les apôtres et les anciens, continue saint Luc, convinrent idoiotbytes. ^qj^^^ d'accord avec toute l'assemblée, de choisir quelques délégués qui seraient envoyés à Antioche, avec Paul et Barnabe. Cette mission fut confiée à Jude, surnommé Barsabas, et à Silas, deux des principaux d'entre les frères. On leur remit une lettre, ainsi conçue : Les apôtres et les anciens à leurs frères d'Antioche, de Syrie et de Cilicie, convertis de la gentilité, salut. Nous avons été informés que des frères, sortis de Jérusalem, sans aucune mission de notre part, ont jeté le trouble au milieu de vous, par leurs discours, et ont bouleversé vos âmes. Nous étant donc assemblés dans un même esprit, il nous a plu de choisir des délégués, pour les envoyer près de vous, avec nos très-chers Barnabe et Paul, ces héros de la toi, qui ont exposé leur vie pour le nom de Jésus-Christ Notre-Seigneur. C'est à ce titre que nous vous adressons Jude et Barsabas, qui vous transmettront de vive voix la décision contenue en cette lettre. Car il a semblé bon à l'Esprit-Saint et à nous de ne vous imposer d'autres charges que les suivantes, qui sont nécessaires : Abstention de tout ce qui a été offert aux idoles ; abstention du sang, des chairs étouffées et de la fornication. En vous gardant de ces choses, vous agirez suivant la justice. Adieu *. »

Chaque mot de cette épître synodale a eu, dans l'histoire de l'Église et dans les fastes de l'humanité, un retentissement que les siècles succédant aux siècles n'afiaibUront jamais. La formule P/acet, par laquelle se terminent tous les conciles, est empruntée à la rédaction apostolique. Le Saint-Esprit plane toujours sur les grandes assemblées de l'Église, canoniquement réunies, et conserve toute sa vérité au mot saintement audacieux : Visum est Spiritui sanclo et nobis. Mais ce qu'il importe le plus de mettre ici en relief, c'est le

* Act,, XV, 22-29.

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