‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 2)Chapitre 87 sur 97 · CHAI', III, — ÉPITRE A TITE · texte numérisé non relu

CHAI', III, — ÉPITRE A TITE

§ \n. Épitrc à Ti(c.

37. La fondation d'une Eglise en Crète, ne nous est également pnmier connue que par l'Épître de saint Paul au disciple qu'il y avait laissé '^^''P''''»' pour évêque. On croit * que l'apôtre l'écrivit à Éphèse , avant son départ pour Jérusalem. Quoi qu'il en soit, elle est un monument irréfragable de la constitution hiérarchique de l'Église primitive, et, à ce titre, nous la reproduisons dans son intégrité : «Paul, serviteur de Dieu, apôtre de Jésus-Christ selon la foi des élus et la connaissance de la véritable piété, dans l'espérance de la vie éternelle promise avant tous les siècles par le Dieu qui ne trompe jamais , et manifestée en son temps par la parole de l'Évangile , dont la prédication m'a été confiée par le commandement de Dieu, notre Sauveur, à Tite, son fils chéri, dans la communauté de la même foi , grâce et paix de la part de Dieu le Père , et de Jésus- Christ, notre Sauveur. Je t'ai laissé en Crète, pour achever les établissements incomplets, et constituer des anciens en chaque ville, selon la forme que je t'ai prescrite. Choisis des hommes irréprochables, qui n'aient été mariés qu'une fois, dont les enfants soient fidèles, d'une conduite pure et soumise. L'évèque, en sa qualité de dispensateur de Dieu, doit être au dessus du soupçon; quil ne soit ni superbe, ni emporté, ni sensuel, ni vio'ent, ni avide d'un lucre honteux; mais, au contraire, hospitalier, bienveillant, sobre, juste, saint, chaste, fortement attaché aux vérités de la foi, en sorte qu'il puisse annoncer la saine doctrine et confondre ceux qui la calomnient. Il est, en effet, beaucoup d'hommes rebelles, orgueilleux et d'une éloquence menteuse, surtout parmi les circoncis. Il faut leur fermer la bouche , car ils jettent le trouble dans les familles, et, pour lappât d'un misérable gain, répandent l'impiété et l'erreur. L'un d'entre eux a fait leur portrait, quand il a dit : Cretois, peuple ]

menteur, méchant et paresseux. Appliquée à ces hommes, la *

maxime est vraie; reprends-les donc énergiquement, afin qu ils se /

maintiennent dans l'intégrité de la foi, sans s'arrêter aux fables '

» Tel est du moins le sentiment du D^ Sepp, auquel nous nous rangeons.

judaïques, ni aux prescriptions des docteurs d'imposture. Tout est pur pour les purs; tout est impur pour les impurs et les infidèles, dont l'esprit et la conscience sont souillés. De bouche, ils confessent l'existence de Dieu, ils la nieni par leurs actes; se plongeant dans toutes les abominations, incapables dune seule bonne œuvre *. »

niième 38. « Pour toi, prêche la vraie doctrine, apprends aux vieillards la sobriété, la pudeur, la gravité, la prudence, la pureté de foi, la charité, la patience. Les femmes âgées doivent se distinguer par un maintien qui respire la sai .teté. Qu'elles ne soient ni médisantes, ni sensuelles; que les paroles de la sagesse soient sur leurs lèvres, et qu'elles apprennent la prudence aux jeunes filles; qu'elles aiment leurs maris, chérissent leurs enfants, qu'elles soient prudentes, chastes, sobres, attachées aux soins de leur intérieur, bienveillantes, soumises à leurs époux. Ainsi la parole de Dieu ne sera point blasphémée par les Gentils. Exhorte également le- jeunes hommes h la tempérance. Toi-même, montre-toi, en toutes choses, un modèle de bonnes œuvres, dans la doctrine, dans l'intégrité, dans la gravité. Que ta parole soit saine et irrépréhensible, afin que nos ennemis confondus n'aient aucun mal à dire de nous. Apprends aux esclaves à être soumis à leurs maîtres, à leur complaire en tout, sans résistance, sans fraude, à montrer enfin une fidélité parfaite, qui soit l'ornement de la doctrine de Dieu notre Sauveur. En etïet, la grâce du Dieu Sauveur est apparue à tous les hommes, pour nous apprendre le renoncement à l'impiété et aux convoitises du siècle, pour établir notre vie ici-bas dans la tempérance, la justice et la piété, dans l'attente de l'espérance bienheureuse, de l'avènement en sa gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus- Christ, lui qui s'est livré pour nous, afin de nous racheter de tout péché et de se constituer un peuple saint, pur, agréable à ses yeux et pratiquant les bonnes œuvres. Proclame ces principes, exhorte et reprends, avec un souverain empire ; que nul n'ose mépriser ton autorité *. »

jaième 39^ (, Avertis les fidèles d'être soumis aux princes et aux puis-

* Ti*'i I integr. — » Tit., ii iutegr.

CIIAP. HT. — ÉPITRE A TITE. o99

sances, dobt'ir à leur commandement, d'être toujours prêts pour et dcmiM le bien , de ne diôamer personne , de fuir les contestations , Concision. enfin de se montrer modestes et d'une mansuétude inaltërable envers tous. N'étions-nous pas autrefois ennemis de la sagesse, incrédules, égarés dans les routes de l'erreur, esclaves des passions et des voluptés, vivant d'iniquité et de malice, odieux aux autres et les haïssant nous-mêmes ? Mais lorsqu'apparut, dans sa mansuétude, l'humanité de notre Dieu Sauveur, il nous a sauvés , non par les œuvres de justice que nous avons pu faire, mais selon le dessein de sa miséricorde, par le baptême de régénération et de renouvellement dans l'Esprit-Saint. 11 a versé abondamment sur nous l'effusion de cet Esprit par Jésus-Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, nous devinssions, selon notre espérance, les héritiers de l'éternelle vie. Telle est la véritable doctrine. Je veux t'y affermir, afin que ceux qui ont embrassé la foi se distinguent par la pratique des bonnes œuvres. Voilà les principes bons par essence et utiles aux hommes. Evite donc les spéculations oiseuses, les généalogies [d'Eons], les controverses, les luttes à propos de la loi. Ce sont choses inutiles et vaines. Après une première et une seconde monition, romps tout commerce avec un hérétique; un tel homme est pervers, il s'enfonce dans son péché, et, par son propre jugement, il appelle sur lui-même la condamnation. Quand Artémas et Tychique que je t'envoie seront arrivés, hâte-toi de venir me joindre à Nicopolis, où j'ai l'intention de passer l'hiver. Fais partir à l'avance le jurisconsulte Zénas et Apollo, et que rien ne leur manque pour le voyage. Que nos frères apprennent à prendre la direction des bonnes œuvres, lorsque la nécessité le demande, et qu'ils ne demeurent point comme des arbres sans fruit. Tous ceux qui sont près de moi te saluent. Toi-même, de notre parL salue ceux qui nous aiment dans la foi. La grâce de Dieu soit avec vous tous ! Amen •. »

Instituer des évêques dans les cités, déterminer les qualités néeessaires pour être élevé à l'épiscopat, prescrire pour chaque

>Tit., m iutegr.

condition les œuvres de salut, prémunir les fidèles contre les systèmes accrédités par Simon le Mage st ses fauteurs, les mettre en garde contre le rigorisme des judaïsants, tracer à l'égard des hérétiques les règles de conduite que l'Église catholique ne cesse d'ohserver depuis, tel est le but de cette Épître. Par quelle obstination d'aveuglement, le protestantisme peut-il donc s'imaginer que l'Eglise primitive ne connaissait ni institutions hiérarchiques, ni autorité doctrinale, ni distinction de fonctions et de titre?, et surtout par quel miracle d'exégèse a-t-il pu se persuader que le principe fondamental de la doctrine des apôtres était la justification par la foi sans les œuvres ?

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