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de notre charge, afin qu'il ne soit jamais dit que nous n'avoiïs pas cherché les brebis perdues, redressé celles qui s'égarent, pansé les 'plaies de celles qui sont blessées; nous contentant de manger leur iait et de nous tisser des vêtements de leur laine. Jésus-Christ Notre-Seigneur, accomplissant en sa personne ce qui est écrit dana la loi et les prophètes, a dit de lui-même : « Je suis le bon pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis. Le mercenaire, auquel les brebis n'appartiennent point en propre, s'enfuit à la vue du loup. Il abandonne le troupeau, il s'échappe et le loup disperse les ouailles '. » Aussi quand le Seigneur eut dit à Pierre ces autres paroles mémorables : (( Pierre, m'aimes-tu? Oui, répondit Pierre. Pais mes brebis' », ajouta le divin Maître, et depuis lors, cette injonction n'a cessé à"être fidèlement observée par Pierre et ses successeurs. Ainsi, frères bien-aimés, nous ne saurions permettre qu'il se trouve parmi vous des mercenaires. Sachez être de bons pasteurs; vous souvenant qu'il y aurait un grave danger si vous négligiez d'avertir nos frères de se tenir inviolablement attachés au rocher de la foi ; si vous les laissiez se précipiter dans le gouffre de l'idolâtrie, au risque d'anéantir la communauté chrétienne. Ce n'est pas seulement sur ce point que nous voulons appeler votre attention. Il est beaucoup d'autres recommandations que vous apprendrez directement de la bouche de ceux que nous envoyons près de vous; car, avec le secours de Dieu, nous avons jusqu'alors et nous continuerons, sans aucun souci de notre conservation personnelle, à veiller sur le troupeau de Jésus-Christ. Qu'importent les ravages de la persécution et les rigueurs momentanées des hommes? Avant tout, il nous faut soutenir les frères ; les maintenir fermes dans la foi ; et nous tenir prêts au besoin à paraître devant le Seigneur. Tous ceux qui se son( laissés conduire au Capitule pour y sacrifier aux faux dieux, nous lei B7ons excommuniés; quelle que fût la pression dont ils avaient été l'objet, quels que fussent leur rang, leur distinction et leur dignité. L'Église ne saurait se maintenir que dans l'inviolabilité de la foi. Cependant nous n'abandonnons point les excommuniés; nous ne
* Joes., X, 11, 12. — s Joan., zxi, 17.
cessons au contraire de les exhorter à faire pénitence, pour mériter par leur repentir la miséricorde et la grâce du Dieu qui pardonne. Ainsi , nous évitons de les exaspérer par la rigueur légitime dont ils sont l'objet. Telle est, frères , la conduite que voua devez tenir vous-mêmes '. Si donc il en est parmi vous qui aient succombé à la tentation ; des veuves par exemple ; des clinomènes (malades, alités) qui ne peuvent venir aux assemblées ; des confesseurs encore détenus dans les prisons ; des évêques même ; subvenez à leur entretien ; disposez-les à la pénitence et à laréha* bilitation. Chargez de ce soin des ministres zélés et intelligents Les catéchumènes, dont l'inexpérience aurait cédé à la tyrannie du persécuteur, ne doivent pas non plus être négligés. Enfin, et co doit être l'objet de votre constante solHcitude, veillez à procurer la sépulture aux martyrs et à tous les frères qui meurent dans les cachots. La responsabilité de ceux auxquels incombe ce ministère est terrible. Cependant, nous avons la ferme confiance que nul des serviteurs de Jésus-Christ ne faillira à son devoir, afin que, trouvé fidèle dans les petites choses, le Maître céleste le constitue à la tête de dix cités ^. Fasse le Seigneur Tout-Puissant, qui accorde sans mesure sa grâce à ceux qui la lui demandent, que noua soyons tous ses dignes ouvriers ! Les frères emprisonnés pour la foi, les prêtres et toute l'Église de Rome qui veille avec une extrême sollicitude sur le troupeau du Seigneur, vous saluent. De votre côté, nous vous en supplions, souvenez-vous de nous dans vos prières. Nous vous informons que Bassianus nous est arrivé. Connaissant votre zèle pour le service de Dieu, nous vous demandons de transmettre, soit directement, soit par des occasions sûres, soit par messages exprès, des exemplaires de notre lettre aux égUses de votre contrée, afin que toutes demeurent fortes et invincibles dans la foi ^. »
3. Nous demandons la permission au lecteur de nous effacer PremUr* complètement devant cette correspondance si pleine de majestueuse Cyprien'ài*
' Videtis eryo, fralres, quoniam et vos hoc facere DEBET!?. — • LuCt, XJ!» 17. — 3 S. Cypr., Ëpist. ii, Putrol. lat., toni. IV, col. 224-228
simplicité et d'autorité souveraine. Toutes les réflexions que nous pourrions y ajouter ne sauraient valoir celles que suggérera d'ellemême une simple lecture à tout esprit impartial. Il nous faut seulement noter que la mesure de prudence prise par saint Cyprien, qui s'était éloigné de Garthage au moment cù la persécution sévissait avec la plus grande violence, avait été mal interprétée par ses ennemis. Il est manifeste que la commission intérimaire de Rome avait reçu, par l'organe du sous-diacre Crementius, des récriminations à ce sujet. Nous sommes donc en présence d'une dénonciation formelle, envoyée par quelques prêtres de Garthage, contre leur évêque. Ceci justifie indirectement les nombreux passages des Décrétâtes, où les accusations de ce genre sont l'objet de règlements précis et de précautions canoniques, pleines à la fois d'une apostolique vigueur et d'une maternelle sollicitude. Les prêtres de Garthage, au nombre de cinq, qui avaient protesté contre l'élection épiscopale de Gyprien, poursuivaient leurs sourdes manœuvres. La persécution ne ralentissait point les efforts de leur hostilité. On n'attend pas de nous que nous prenions la peine de justifier l'illustre évêque. Le clergé romain le fait assez éloquemment. Saint Gyprien le fera d'ailleurs bientôt lui-même. Toutefois, la lettre écrite dans un cachot de Rome par Moïse, Maxime, Nicostrate et Rufîn, insiste particulièrement sur le courage épiscopal et la nécessité pour le bon pasteur de savoir au besoin donner sa vie pour ses brebis. A côté de la justification rigoureuse de saint Gyprien, il se trouve donc ici le viril exposé d'une doctrine qui pouvait paraître une insinua-' Jion ad liominem. Gette lettre eut un grand retentissement à Carfiiage. On pourra on juger par l'Épître suivante du saint évêque :j * Gyprien aux prèiies et aux diacres constitués à Rome, salut. Lej liartyre de votn- illustre pontife, mon collègue, ne m'était connu] 4ue par le bruit public, c'est-à-dire par des rumeurs vagues et incertaines, frères bicn-aimés, lorsque j'ai reçu par le sous-diacrej Crementius la lettre où vous me notifiez le fait de son glorieux! trépas. Je partage votre joie en apprenant que son administrationl sainte a été couronnée par une mort si précieuse aux yeux de Dieu.j Plus la cliute d'ui; chef {prœpositî) est lamentable, plus le martyr)
d'un t'vêqae est fécond en grâces de bénédiction et de salut. En même temps que la lettre qui m'était personnellement adressée, il on est arrivé au clergé de Carthage une autre qui ne porte pas de souscription bien définie. L'écriture, le style, la forme même du l!;>.rchemin, me laissent croire qu'il s'y peut trouver quelques altéraLions, ou quelques changements. Dans le doute^ ie vous en réexpédie l'exemplaire authentique, pour que vous puissiez reconnaître s'il est bien tel que vous l'aviez remis au sous-diacre Crementius. C'est chose gra\e en effet d'altérer ou de corrompre une let>^e cléricale [cpistolœ clericœ). Pour éclaircir mes doutes, veuillez dom. reconnaître si ce sont bien là votre écriture et votre souscription, et mandez-moi à ce sujet la vérité. Je fais des vœux, bien-aimés frères, pour que vous prospériez toujours en Dieu ' ! »
4. La réponse de Rome confirma l'authenticité de la lettre adressée au clergé de Carthage. Dès lors saint Gyprien crut devoir se justifier plus explicitement. Voici ses paroles : « Cyprien aux prêtres et diacres constitués à Rome, salut. Je ne puis plus douter, fpèces bien-aimés, que des récits malveillants et inexacts vous aient (f' transmis au sujet de ma conduite passée et présente. J'estime donc nécessaire de vous rendre ici un compte détaillé de mon adminis* tration; j'espère vous fournir la preuve de ma vigilance épiscopalff et de mon zèle pour le maintien de la discipline. Conformément aui préceptes du Seigneur, aussitôt que les premières violences de la tempête eurent éclaté, quand la populace demandait ma tête à grands cris, je m'inspirai non point des préoccupations relatives h ma conservation personnelle, mais de l'intérêt pressant et du saluf commun des frères. Je pris le parti de m'éloigner momentanément; je ne voulus pas, en m'obstinantà braver la fureur populaire, redoubler celle de la sédition. Mais, absent de corps, je n'ai cessé d'être présent en esprit à Carthage. Mes actes, mes paroles, mes exhortations, mes conseils n'ont pas fait défaut un seul instant. Et ce dont je suis capable, dans ma médiocrité, je l'ai fait pour le salut des frères et suivant l'ordre du Seigneur. Vous eu aurez la preuve
» S. Cypr., Epist. m, Patrol. lat.^ ton». JV, col. 228.
dans les Épîtres, au nombre de treize, que je joins ici. Elles ont été adressées successivement à Carthage. Vous y verrez que ma direction n'a pas manqué au clergé; ni mes exhortations aux confesseurs; ni même, quand il en fut besoin, mes reproches à certains exilés; ni enfin mes sollicitations à l'assemblée des frères, pour les conjurer de fléchir par leurs supplications la miséricorde du Seigneur. Quand les bourreaux eurent commencé leur œuvre, ma parole a pénétré dans les cachots pour y soutenir le courage des confesseurs; elle accompagna les martyrs jusqu'au lieu du supplice. J'appris bientôt que des chrétiens, cédant aux tortures, avaient souillé leurs mains et leurs lèvres par des contacts sacrilèges ; que d'autres avaient eu la faiblesse d'accepter des magistrats des li~ 6d*es • déshonorants. Les malheureux vinrent en foule solliciter la bienveillance des martyrs. Ils en obtenaient chaque jour par milliers des billets d'indulgence, distribués indistinctement et sans examen, contrairement à toute discipline ecclésiastique. J'écrivis alors aux martyrs et aux confesseurs pour les rappeler, autant qu'il était en moi, à l'observation des règles prescrites par le Seigneur. Je ne faillis point davantage aux devoirs de mon ministère vis à vis des prêtres et des diacres. Quelques-uns d'entre eux, sans respect pour les lois canoniques, et par une précipitation téméraire, avaient déjà rétabli les lapsi dans la communion. Je fis cesser ce désordre. Enfin je n'épargnai rien pour maintenir mon troupeau dans la ferveur et le diriger dans la voie de la discipline ecclésiastique. Peu de temps après, quelques-uns des lapsi^ soit de leur propre mouvement, soit par une instigation étrangère, eurent l'audace de se présenter tumultueusement aux martyrs et d't-n extorquer par la violence des billets de communion. J'écrivis à deux reprises au clergé de Carthage à ce sujet ; je donnai l'ordre de faire lire mes lettres aux coupables, pour les amener à résipiscence. En même temps, je traçais les règles à suivre vis-à-vis de ceux qui, porteurs de tels billets, viendraient à tomber en danger de mort. Je prescrivis de recevoir leur confession, de leur imposer
! Voir ee que doub avons dit des Libellatid, chap. précédent.
CU.^r. III. — ADMINISTRATION SEDE VACANTE. 215
les mains par le sacrement de pénitence, et de les envoyer ainsi an Seigneur avec la paix des martyrs. En agissant de la sorte, je ne prétendais nullement faire une innovation disciplinaire ni m'arroger témérairement une autorité législative. J'étais placé entre la nécessite de sauvegarder le privilège légitime des martyrs, et celle de réprimer l'arrogance des fauteurs de troubles. D'autre part, je venais de lire la lettre que vous aviez envoyée par le sous-diacre Crementius au clergé de Cartilage. Dans ce rescrit, vous ordonniez de recevoir à la communion ceux des lapsi qui, en cas de maladie, demandcdent à être admis à la pénitence. Je me suis donc conformé à votre sentence, pour qu'il y ait uniformité parfaite dans nos actes, lesquels doivent toujours et partout présenter le même concert. S'il y a d'autres causes que j'aie différé de vous transmettre, ou même que j'aie complètement réservées jusqu'ici, c'est dans l'intention de les examiner en un concile d'évêques, aussitôt que nous le pourrons tenir. Alors nous vous communiquerons nos projets, pour arriver ensemble à disposer et à réformer chaque chose selon l'ordre. Je fais des vœux, frères bienaimés, pour que vous vous fortifiiez toujours dans le Seigneur '. »
5. Cette Épître, si pleine de faits et si noble de forme, était à peine expédiée à Rome, qu'un nouvel incident forçait l'évêque de Carthage à la faire suivre de cette autre communication : «Cyprien, aux prêtres et diacres constitués à Rome, salut. J'avais à peine expédié la lettre où je vous rends compte de mon administration, et 011 j'expose en détail les actes quotidiens de ma soUicitude épiscopale , lorsqu'il se produisit un fait dont il importe de vous donner connaissance. Un des confesseurs, Lucianus , s'est mis à la tête d'une foule ignorante. Il souscrit chaque jour des billets collectifs d'indulgences, au nom de Paulus, un des martyrs. Les autres confesseurs s'abstiennent d'actes de ce genre et observent les règles évangéliques. Ainsi Mappalicus, dans un sentiment de piété filiale, a recommandé à la communion sa mère, qui était au nombre des lapsî. Il s'est borné à cette unique recommandation. Saturninus, qui après les tortures de la question , lut
»S. Cypr., Epist. xiv, Patrol. lat., loin. IV, col. 262.
réintégré dans son cachot, n'a pas délivré un seul billet d'indulgence. Lucianus, au contraire, en distribue de toutes parts; depuis la mort de Paulus, il continue à les signer du nom de ce martyr, prétendant que celui-ci en mourant lui a légué ce pouvoir. Un jeune homme qui a de même versé son sang pour Jésus-Christ, Aurelius, ne savait pas '?crire. Tant qu'il fut dans la prison, Lucianus distribuait des billets d'indulgence signés du nom d'Aurelius. Pour m'opposer à cet abus, j'ai écrit aux confesseurs une lettre dont vous trouverez la copie parmi les pièces que je vous ai précédemment envoyées. Mais, au lieu d'obtempérer à mes avis, Lucianus me répond, au nom de tous les confesseurs, une lettre dont je vous transmets copie '. Cette fois, il semble qu'on veuille briser tous les r-(fns do la foi et de la crainte de Dieu; toute l'économie delasain- .cté et de la fermeté évangéliques. Lucianus déclare, au nom des vonfesseurs, qu'il accorde l'indulgence à tous les lapsi à la fois. Il 'tiut que je communique cette décision aux évêqucs mes collègues. J^éjà la nouvelle s'en estrépandue et soulève une véritable sédition dans les églises de notre province. Tous les lapsi se prétendent réconciliés par l'indulgence universelle et plénière des martyrs. Ils se révoltent contre les évêques, et se présentent de vive force dux assemblées. AGarthage, les quelques fauteurs de troubles dont jC vous ai précédemment entretenus, profitent de la circonstance itour ruiner notre autorité. Je vous envoie les lettres que j'écris î; mon clergé à ce sujet. Je joins la correspondance échangée pour le même objet entre Caldonius, mon collègue, et moi. J'ajoute enfin la lettre si sage et si mesurée que le confesseur Celerin us, chrétien vaillant et fidèle, a écrite à Lucianus , ainsi que l'arrogante réponse de ce dernier. Au milieu de cet orage, sont survenues 3ort à propos les lettres que vous adressez au clergé de Carthage, et celles que les bienheureux confesseurs Moïse, Maxime, Nicostrate, tot écrites à Saturninus et Aurelius. Elles respirent les sentiments cie la vigueur évangélique dans sa plénitude, et exposent la robuste discipline de la loi du Seigneur, Dans les travaux et les souffrances
* Nous avoas reproduit cette '-•»«•« tJe Lucianus au chapitre précédent, page 291.
q;ic nous avons à subir pour rôsîster aux efforts de l'envie et de la haine, votre parole nous a (Sté d'un puissant secours '. » — En même temps que ces messages purement administratifs, saint Cyprien faisait parvenir à Rome le témoignage de sa vive admiration et de sa profonde sympathie pour les gc-ncreux confosseurs de la foi, qui, du fond de leur cachot, oubliant leurs propres suiiilVances, veillaient avec tant de sollicitude sur les besoins de l'Église universelle, «1 Cyprien, aux prêtres Moïse et Maxime, et aux autres confesseurs leurs frères, ^alut. Celerinus, le compagnon de vos travaux, dô vos combats et de votre foi, vient d'arriver. Ce généreux soldat de Dieu nous a fait connaître chacun d'entre vous, frères bien-aimés; en sorte qu'il nous semblait, en le contemplant, vous voir tousl J'ai recueilli de sa bouche les expressions de votre charité pouf moi ; en l'entendant, il me semblait vous entendre vous-mêmes. Quelle joie pour mon cœur de recevoir par un tel organe de pareils témoignages ! Tous nous sommes en quelque façon emprisonnés avec vous. L'union de notre cœur avec le vôtre est telle que nous croyons partager le poids de vos fers, ces diamants divins dont vous êtes ornés ! Votre charité fait notre gloire ; elle relie toutes les individualités et condense les esprits en un faisceau indisso lubie. Vous êtes les prisonniers du martyi-e; moi je le suis de la charité. Jour et nuit, votre pensée m'est présente ; je prie pour vous, et dans les sacrifices publics, et dans mes oraisons particulières; demandant à Dieu miséricorde, par le mérite de vos combats et de vos victoires. Mais, dans ce commerce de la prière, ma médiocrité a tout à recevoir et ne saurait presque rien offrir. Que ne donnez-vous pas, vous, quand vous daignez vous souvenir de moi devant Dieu ; vous qui ne respirez plus que pour le ciel; vous dont la méditation est uniquement fixée sur les choses divines ; vous qui n'êtes séparés de la couronne que par l'intervalle de la passion suprême, et dont la gloire s'augmente bien plus qu'elle ne 4e retarde par un dernier délai! Une première et unique confession du nom de Jésus-Christ dans les tourments suffit à faire un hien-
• S. Cypr., Epist. xxrr. Pi(i . [at., tom, IV, col, 2S2.
218 ADMINISTIIATION SEDE VACANTE.
heureux. Vous, vous confessez ce nom divin autant de fois que, requis par le juge, vous persistez dans la foi, préférant les chaînes du cachot à la liberté des apostats. En sorte que chaque jour qui s'écoule apportb un nouveau fleuron à votre couronne : autant de mois de détentiotij autant de moissons de gloire! Celui que le glaive envoie d'un seul coup au ciel , ne triomphe qu'une fois ; mais celui qui reste dans la prison, luttant contre la douleur et la torture, acquiert chaque jour un nouveau triomphe. Qu'ils aillent maintenant, avec leur pompeuse escorte, les consuls, les magistrats, les proconsuls! Qu'ils se parent de leur pourpre annuelle et se glorifient de leurs douze faisceaux ! Yoici que votre dignité céleste se multiplie en vous par le nombre des annét-s, et que la course mobib du temps vous marque pour l'éternité des insignes de nouvelles victoires. Le reste du monde attend sa lumière du soleil de chaque matin, ou du disque croissant de la lune. Pour vous, le Dieu qui a créé le soleil et la lune illumine votre cachot. Dans vos esprits et vos cœurs resplendit la brillante clarté du Christ. La prison et ses ténébreuses horreurs font le désespoir des criminels : mais elles sont pour vous un séjour d'éternelle paix et d'éblouissante lumière. Le renouvellement des saisons nous ramène l'hirer; mais pour vous, prisonniers de la foi, la durée de l'hiver se Besure à celle de la persécution. Si le printemps survient, couronné de fleurs, embelli de roses ; cette parure terrestre n'égale pas les fleurs et les roses qui ceignent vos fronts, dans votre paradis de délices. Quand l'été remplit les greniers de ses a])ondantes moissons, vous avez déjà depuis longtemps, semeurs intrépides, recueilli les moissons de la gloire. De l'aire du Seigneur, où vous vous çtes établis sur le sol ferme, vous voyez consumer par un feu inextinguible les pailles légères et stériles ; grains expurgés, précieux froment, votre prison est réellement le grenier du Père céleste ! La grâce spirituelle vous accompagne à l'automne. Pendant qu'au dehors on entasse la vendange et que la grappe foulée laisse échapper, du pressoir, par torrents, la douce liqueur qui couronnera les coupes; vous, rameaux fertiles de la vigne du Seigneur, grappes chargées de fruits et foulées par les tortures, votre cachot est
CHAr. TII. — ADMINISTRATION SEDE VACANT^. %' ^
le pressoir qui fait couler votre sang comme un vin généreux t Forts contre la souffrance, vous buvez à longs traits la coupe da martyre. C'est ainsi que pour vous, serviteurs de Dieu, s'écoule l'année et que les saisons se renouvellent, en multipliant vos mérites spirituels et vos célestes récompenses! Maintenant donc, frères bien-aimés, il ne me reste plus qu'à vous conjurer de vous souvenir de moi devant le Seigneur. Parmi les grandes et divines pensées qui vous absorbent, accordez-moi une petite place dans vos oraisons et vos prières, alors que votre voix, illustrée par la confession du nom de Jésus-Christ, s'élèvera pour pénétrer jusqu'au cœur de Dieu, et traversant les espaces de ce monde terrestre, s'élancera dans les cieux ouverts! Que pouvez-vous en effet demander que vous n'ayez acquis par vos mérites le droit de recevoir; vous qui avez poussé jusqu'à l'héroïsme la fidélité aux commandements ; vous qui maintenez la discipline de l'Évangile avec une vigueur et une foi inébranlables ; vous qui, dans l'intégrité d'une vertu sans tache, demeurez fermes dans la doctrine du Seigneur et des apôtres, confirmant par la vérité de votre sanglant téraoigmige la foi chancelante des multitudes ? Vous êtes vraiment les témoins de l'Évangile, les martyrs du Christ ! Greffés sur la racine immortelle, fondés sur le roc de Pierre, vous alliez la discipline à la vertu ; vous inspirez à tous le sentiment de la crainte de Dieu; votre martyre devient l'exemple de l'univers! Adieu, vaillants et bienheureux frères, daignez vous souvenir de moi *. » 6. Les ministres ecclésiastiques, tous occupés à Carthage par les RépoEse
11 11- p ,• • , ^ ^ • de la commU
soins de leurs laborieuses lonctions , manquaient à Cyprien pour sion inténporter cette lettre à Rome. Il éleva Satur au rang de lecteur et Homeàsalui Optât au rang de sous-diacre, puis leur confia le message. Il voulut '** prévenir son peuple de cette double ordination, par une circulaire Que nous avons encore ^. Le fait est remarquable, au point de vue de la notoriété canonique qu'on donnait dès lors aux ordinations. La réponse des confesseurs de Rome est conçue en ces termes : « A Cœcilius Cyprien, évêque de l'église de Carthage, Moïse et Maxime,"
1 S. Cypr., Epistol. iv, Patrol. laU, tom. IV, col. 264. — « S, Cypr., Epist. XXIV, ihid., col. 287.
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prêtres, Nicostrate et Rufin, diacres, et les autres confesseurs persévérant dans la foi véritable- à Dieu le Père, à Jésus-Christ son Fils Notre-Seigneur , et au Saint-Esprit, salut. Frère, au milieu des épreuves diverses et multiples qui nous accablent; dans la douleur où nous plongent les détections de tant de frères et les ruines de l'Église sur tant de points du monde ; vos lettres ont été pour notre cœur un sujet de consolation et de véritable joie. Nous remercions la divine Providence d'avoir prolongé notre détention dans ce cachot afin de nous réserver vos encour.igeraents comme une récompense, et de mieux nous disposer par vos exhortations à l'allégresse suprême de la couronne. Gomme un rayon de soleil après -'orage; comme le calme sur les flots après la tempête; ainsi votre -ettre a été pour nous un repos dans nos labeurs, un baume sur lios blessures, une douce lumière dans l'épaisseur des ténèbres qui aous environnent. C'est dans ces scnLimenls que nous l'avons lue, bile nous a fortifiés contre l'ennemi. Le Seigneur vous rendra en jenédictions et en faveurs spirituelles ce bienfait de votre charité. Celui qui exhorte n'est pas moins digne de la couronne que celui qui souffre; le docteur et le martyr ont un égal mérite. Une autre joie non moins vive pour nous a été d'apprendre votre fidélité aux devoirs de votre charge épiscopale. Séparé momentanément de vos frères par la force des choses, votre charité ne leur a pas fait défaut. Vos lettres fréquentes ont entretenu le courage des confesseurs; vous avez abondamment fourni de vos propres biens au soulagement des frères; absent, votre action est incessante et votre présence n'en est, pour ainsi dire, que mieux sentie. D'aucun côté donc vous n'avez failli aux obligations de votre charge. Nous ne saurions trop non plus vous féliciter de la vigueur avec ^quelle vous avez censuré les téméraires qui prétendaient arracher violemment aux prêtres une sentence d'absolution ; les imprudents qui, sans égard pour la parole évangéhque, jetant aux pourceaux les perles du Seigneur et les saints mystères aux chiens, distribuaient, avec une facilité profane, les indulgences à tous. Hélas ! ce lamentable abus s'est rc'pundu dans tout l'univers. Comme vous nous l'écrivez, ces sortes de réhabilitations demandent
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h être traitées avec les plus grands ménagements et la prudence la plus circonspecte. Elles ne doivent se f-aire qu'en présence de l'évêque, des prêtres, des diacres, des confesseurs, et des laïques assemblés. Ainsi seulement nous pourrons réparer les ruines, sanî en ouvrir de plus profondes. Que deviendrait la parole divine, 4 l'on accordait si facilement le pardon aux coupables? Sans doute \\ faut environner les lapsïde toute notre sollicitude ; il faut relever leui' courage, les amener avec le temps à la maturité de la pénitence^ les instruire et leur démontrer par les témoignages de l'Écritura la gravité de leur faute. Mais, en aucun cas, leur nombre ne doiÉ être pour eux une excuse. C'est une bien plus grande honte pour eux de n'être pas une infime minorité. Il faut le leur faire sentir. Pouî la réparation de leur apostasie, leur nombre ne peut rien. Le re« pentir, la modestie, la patience, les sévérités de la discipline, rhr«( milité, la soumission, voilà les moyens de réhabilitation individuelli que Dieu exige. Ils doivent attendre le jugement de l'Église et Ij sentence d'absolution qu'elle daignera prononcer. A ces marque?, on reconnaît la pénitence ; tels sont les remèdes qui cicatriseront tant de plaies ; les œuvres efficaces qui répareront tant de ruineS:. En attendant, il faut éloigner des autels du Seigneur les mainii souillées par les sacrifices idolâtriques ; il faut purifier par la pénitence les lèvres que d'impurs aliments ont déshonorées ; il faui refaire, dans le secret du cœur et de la conscience, un fidèle nouveau de l'ancien apostat. Qu'on entende donc les gémissements redoublés des pénitents ; que leurs yeux, redevenus fidèles, ces yeux qui ont adoré les idoles, se baignent de larmes sincères pouf implorer la miséricorde et le pardon du Seigneur. En quoi d'ailleurs une impatience illégitime les pourrait-elle servir? Croient-ils que la communion qu'ils arracheraient par la violence les rapprocherait de Jésus-Christ? Dans ces sentiments, bienheureux et illustre pape, nous vous souhaitons toutes sortes de prospérités et vous supplions de vous souvenir de nous *. » 7. Le uuyau schismatiquc des prêtres de Carthage, hostiles h Deunnires
* S. Cypr., Epist. xxvi. Pair, lat., tom. IV. col. 290-298.
saint Cyprien, grossissait à l'aide des dissensions intestines, qui venaient s'ajouter pour l'Église aux horreurs de la persécution. Novat et ses adhérents fomentaient les troubles dont leur ambition comptait profiter un jour. Le saint évêque multipliait ses recours à liome. Voici une autre lettre qui dut précéder la réception de celle que nous venons de traduire : «■ Cyprien, aux prêtres et aux diacres constitués à Rome, salut. La raison, non moins que le lien de la commune charité, exige, frères bieu-aimés, que je ne vous laisse rien ignorer de ce qui se passe ici, afin que les décisions relatives à l'administration ecclésiastique, soient prises de concert. Aprf!S le départ du lecteur Satur et du sous-diacre Optât, porteurs de nid dernière lettre, une nouvelle conspiration s'est formée contre la discipline. Quelques lapsi, de ceux qui refusent toute espèce de péni!.ence et de satisfaction pour leur faute, m'ont écrit non pas pour demander à être réintégrés dans la communion, mais pour se plaindre que, l'étant déjà, je refuse de les admettre, méconnaissani: ain.>i mon devoir et leurs droits. Ils disent que Paulus, le martyr, a doiiué à tous l'indulgence et la paix. Je vous envoie copie de leur lettre, pt vous adresse en même temps celle que j'écris au clergé de Carthage à ce sujet. Si leur audace résiste à votre autorité et à mes exhortations ; s'ils refusent d'obtempérer aux conseils de la sagesse ; nous prendrons les mesures que le Seigneur a prescrites dans son Évangile. Je fais des vœux pour votre prospérité, bien-aimés frères. Adieu. * )) Cette correspondance, si chargée en un si court intervalle, ne ni)us est cependant point parvenue dans son intégrité. Ainsi une autre missive de saint Cyprien avait encore été expédiée à Rome par le soas-diacre Fortunat. Nous ne l'avons plus; mais la réponse de Rome nous est restée. La voici : « Au pape Cyprien, les prêtres et diacres constitués à Rome, salut. La lettre que le diacre Fortunat nous a remise de votre part, frère bien-aimé, nous apporte un double sujet d'affliction, en nous apprenant, d'une part, que, parmi les cruelles angoisses de la persécution , vous êtes encore en but\e à d'odieuses intrigues; et que, de l'autre, l'impatiente
» S. Cypr., Epist. XXIX, Patr. iat., tom. IV, col. 302.
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témérité des lapsi se traduit par une rébellion qui pourrait dégénérer en un schisnie. Ces tristes nouvelles ont rempli notre cœur d'amertume. Cependant, nous éprouvons une bien vive consolation, à la pensée de la vigueur déployée par vous pour le maintien de la discipline évangélique. Vous avez sagement usé de rigueur en reprenant l'audace de ces téméraires, et en leur ouvrant le chemin de la pénitence comme l'unique route du salut. En vérité, nous ne saurions trop nous étonner qu'en des conjonctures si déplorables, ajoutant à l'énormité de leur apostasie le crime d'une révolte, ils se soient oubliés au point de s'emparer violemment de la communion de l'Église, et de prétendre qu'ils ont reçu du ciel même la paix et l'absolution. Quoi donc! s'ils ont réellement cette paix, que demandent-ils? Dès lors qu'ils la demandent, c'est qu'ils ne l'ont pas ; et ainsi pourquoi ne pas attendre la sentence de leurs juges ecclésiastiques? S'ils croient sérieusement tenir d'ailleurs un privilège d'absolution, qu'ils veuillent bien le confronter sérieusement avec la loi de l'Évangile. Leur privilège ne sauiait être valable qu'autant qu'il est conforme à la discipline évangélique ; sans cela, il est nul. Or , comment un décret qui blesse essentiellement la vérité évangélique, pourrait-il assurer la véritable communion de l'Évangile *?» Pour saisir le sens de cette argumentation, il faut se rappeler une citation évangélique faite dans les lettres précédentes, et qui servait de base à la discipline de l'Église par rapport aux lapsi. La fameuse parole de Notre- Seigneur : ISolite dare sancfum canibvs , neque mittatis margaritas vestras ante porcos *, avait été le point de départ de la législation pénitentiaire. Les Épîtres apostoliques de saint Pierre, saint Paul, saint Jean, avaient successivement défini les applications de cette règle générale aux pécheurs publics, aux faux frères, aux apostats. A côté des rigueurs de l'excommunication, le corollaire miséricordieux de la pénitence avait été largement développé, d'après le principe posé par Notre-Seigneur lui-même, en ces termes : Omnis gui petit accipit et qui quœric invenit et pulsanti aperietur 3. Au pied de la
» S. Cypr., Epist. xjx, Patr. lat., tom, JV, col. 303. — » Matlh., vu, 6. — » Matth., VII, 8.
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lettre , on plaçait les pénitents à la porte de l'église ; ils y frappaient avec persévérance jusqu'à ce qu'elle s'ouvrît devant leur soumission, leur humilité et leur repentir. Les allusions si fréquentes du clergé de Rome et de saint Cyprien à la vérité évangélique, à la discipline de l'Evangile, à la législation dominicale an sujet des lapsi, se rapportent toutes à cet ordre d'idées. L'Épître romaine continue de la sorte : « Qu'ils veuillent donc y songer. S'il pouvait être vrai, comme ils le prétendent, que l'Évangile ait posé une règle et que les martyrs en établissent une différente, le danger de cette collision serait doublement formidable. D'une part, la majesté de l'Évangile s'écroulera, si l'autorité de ses décrets peut être primée par des institutions nouvelles ; de l'autre, la couronne de gloire tombera du front des martyrs, dès qu'ils ne l'auront point acquise par une inviolable fidélité à l'Évangile , laquelle fait seule les martyrs. Ainsi nul n'est plus directement intéressé à ne rien décréter de contraire à l'Évangile, que l'athlète qui travaille à recevoir par l'Évangile la couronne du martyre. Il est une autre considération que nous voulons ajouter ici. Comment devient-on martyr? En refusant de sacrifier aux idoles et en se maintenant dans la communion de l'Église , au prix du sang versé, des tortures, des supplices affrontés héroïquement. Faiblir dans la lutte, céder à la douleur, c'est perdre la communion de l'Église, perdre la paix et par conséquent le salut. Or, si cela est vrai, et nous n'en saurions douter, comment les martyrs pourraient-ils donner à ceux qui sont convaincus d'apostasie, une paix qu'ils croyaient eux-mêmes ne pouvoir en aucune façon conserver en apostasiant? Ce qu'ils n'ont pas pu faire euxinêmes, comment pourraient-ils le permettre aux autres ? D'ailleurs, '^8 /a;)st conviennent que les martyrs ne leur ont point directement conféré l'absolution. Ils les ont sur ce point renvoyés à l'évêque. Donc les martyrs reconnaissaient eux-mêmes qu'ils n'avaient pas le pouvoir de porter une pareille sentence. Ainsi, ils sauvegardaient à la fois le double principe des indulgences accordées légitimement par îes martyrs, et celui du respect inviolable pour la juridiction épisoopale. Quoi qu'il en soit, frère, continuez à iprodiguer aux lapsi les
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trésors de votre charité paternelle ; modérez leur impalienca; soyez, même malgré eux, le médecin de ces errants. N'est-ce pas chos'î commune que le malade soit le premier à résister à la prudente industrie du médecin? La blessure de ces malheureux saigne encore; elle est toute gonflée et semble repousser la main qui la soigne ; mais nous avons la confiance qu'avec le temps cette turgescence s'apai- SL-ra. Les coupables vous béniront eux-mêmes des sages délais que vous leur aurez imposés. Il faut cependant que les instigateurs de ces désordres, les fauteurs d'agitations et de troubles, mettent un terme à leurs menées criminelles. Car il est impossible que louto cette rébellion ne soit pas leur œuvre. Nous connaissons en elTet la foi de l'Église de Garthage, son attachement à la discipline, et son humilité. Plus nous en avons eu de preuves , plus nous nous étonnons des injustes reproches qu'on ose formuler contre vous. Donc il est temps que les coupables fassent pénitence ; qu'ils effacent leur faute dans les larmes d'un repentir sincère; qu'ils donnent des gages de leur conversion, et que, pai' leur respect filial envers l'évêque, leur père, ils attirent sur eux la miséricorde divine. Hélas! combien leurs lettres nous eussent été plus agréables, si nous y avions trouvé l'expression de pareils sentiments! Que n'eussent-ils pas obtenu de nous, s'ils se fussent montrés dignes d'être exaucés dans leur demande ! Quant à ce qui concerne Privât de Lambèse , nous vous remercions , frère , de nous avoir fidèlement, selon votre coutume, mandé tovie la suite de cette importante affaire. Nous avons en effet le devoir de veiller sur tous les membres de l'Église, disséminés dans les provinces diî^ l'univers. Mais,rvant la réception de votre lettre, nous étions déjà informés de la perfidie de cet homme dangereux. Un porte-drapeau de sa cohorte, Futurus, nous avait été expédié, dans le but d'obtenir fi'auduleusement des lettres de communion. Son intrigue échoua; nous ne tardâmes guère à la percer à jour; les lettres qu'il sollicitait ne lui furent point délivrées. Adieu, frère, fortiiiezvous dans le Seigneur '. »
»S. Cypr., Epist. xxx, Pairol. lat, tom. IV, coi. 303-307,