‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 3)Chapitre 46 sur 96 · CHAP. V» — FIN DE LA HUITIÈME PERSÉCUTION GÉNÉRALE. CT · texte numérisé non relu

CHAP. V» — FIN DE LA HUITIÈME PERSÉCUTION GÉNÉRALE. CT

nous dérobe la clarté du jour, le ciel s'ouvre aux regards de notre âme. Voici les légions des anges et des saints qui viennent au devant de nous. » Marianus, saisi soudain d'une inspiration divine, s'écria : « Païens, vous allez nous mettre à mort, mais l'heure de la vengeance céleste approche. La captivité, la peste, la famine, les tremblements de terre, tous les fléaux envoyés par le Seigneur vous feront expier le crime que vous allez commettre ! » 11 avait à peine prononcé cette prophétique menace, que le glaive du bourreau lui trancha la tête. Or, la mère de Marianus était présente au supplice de son fils. Comme autrefois la mère des Machabées, elle éclata en transports do joie, et se précipita sur le corps du martyr, couvrant de baisers sa chair encore palpitante. » — La vallée voisino de Cirtha, où ces illustres soldats de Jésus-Christ remportèrent la palme du triomphe, est devenue, grâce à la bravoure de nos soldats, une terre française. Cirtha se nomme aujourd'hui Constantine, et la science de nos archéologues a constaté sur place l'authenticité des Actes des martyrs. «C'est au bord du Rummel, entre le Mansoura et le Coudit-Ati, en aval de Constantine, dit M. Carette, qu'il faut placer la scène des martyrs. Ce fut souvent le but de nos promenades durant notre séjour à Constantine. Nous allions souvent nous placer sur les derniers gradins de Coudit-Ati. Du haut de cet amphithéâtre naturel, où une foule avide venait, il y a seize cents ans, s'enivrer d'un horrible spectacle, nous assistions par la pensée à cet épisode sanglant de nos premiers siècles. Un matin, nous avions gravi plus tôt que de coutume les pentes raidcs de la colline; nous nous étions assis sur un reste de coastiuction antique, et nous admirions, aux premiers rayons du soleil, les riches découpures de l'horizon. Il existait sur la rive opposée un rocher taillé à pic. Quoiqu'il régnât sur une assez grande longueur, il n'avait point encore attiré notre attention, parce que, durant nos précédentes visites, il était éclairé de face et ne réfléchissait qu'une clarté uniforme. Mais en ce moment les rayons qui tombaient obliquement dessinaient, avec une fidélité minutieuse, toutes les aspérités de la surface. Parmi ces jeux d'ombre et de lumière, nous crûmes distinguer des lignes régulières, et, descendan(

380 PONTIFICAT DE ''ATNÏ SIXIT- II (2o7-2o9}.

ar.ssitôt pour examiner de plus près, ce n'est pas sans surprise que îious trouvâmes l'inscription suivante, gravée sur le roc :

DIE TIII NONAS APRILIS PASSIONES MARTYRVM SANCTORVM HORTENSIVM MARIANT ET lACOBl DATII APRI RVSTICl CRISPINI DON ATI MELITVNIS PASTORIS SILVANI

EGIPTII ET OMNIVM

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