‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 3)Chapitre 47 sur 96 · QVORVM NOMINA SCIT IS QVI FECIT · texte numérisé non relu

QVORVM NOMINA SCIT IS QVI FECIT

i: Le quatre des nones d'avril, passion des saints martyrs de la v;illce * : Marianus, Jacob, Dativus, Aper, Rusticus, Grispinus,

Donat, Meliton, Pastor, Silvain, Egiptius- et de tous les autres

Toat les noms sont connus de Dieu ^. »

7. Les Gaules, qui devaient un jour reporter le drapeau de la foi à la patrie de saint Cyprien, avaient en ce moment leurs martyrs. Dans l'antique cité romaine de Cimelia, au pied des Alpes maritimes, non loin du lieu où s'élève aujourd'hui la ville de Nice, flo-

' Le sens du mol Horlensium de l'inscription a été, croyons-nous, mal conioris l'&r M. Hase. Le savant académicien propose cette traduction : « Les jieux patrons de nos jardins. » M. Qiialremère a parfaitement démontré que relie interprétation de son illustre collègue était inadiii'ssilde. Il proposait doue de remplacer le mol Itortensium [nr celui ù'Horreensium. La ville oilorrea, nom qui se reucoutre assez fréquemment dans la géographie de i'Afrique romaine, aurait o'.é, dans celle J:ypotlièse, la patrie de tous les martyrs de Cirllia. Nîalurc iiutre respect pour la mémoire de >L Quatremère, i;ou9 n'admettons pas plus sa propositiou que celle de M. Hase. Outre que l'inscription, fruste en beaucoup d'autres endroits, laisse très-exictement l.re H0RTENSIV5I, il serait assez invraisemblable que, dans la sanglante hécatombe des chrétiens massacrés à la fois dans la vallée de Cirtha, tous fussrnt originaires d'un même pays. Nous nous permettons donc de prendra If» terme à' Horlemium dans une autre acception. La vallée de Cirtha où furent (i'kapités les martyrs, devait être découpée en tous sens parles jardins de la "ilie. Ou appela ilnnc Martyres linrtnnses , ces héros de Jésus-Christ qui i.vnieal en ce lieii versé leur sang pour la foi.

* L'inscription est presque illisible en cet endroit. Nous préférons lui ,jisspr ce caractère, et nous n'ad^iptons jujcuue des leçons proposées par les ceux acndémiciens pour remplir cette lacune.

' Acaficniie des inscriptions et belles-lettres. Mémoires des savants étranger*, tom. 1, 1843. Une inscription trouvée à Constantine, par M. Carette, capitaine du génie, rneuibre de l.i Commissiou scieutificjue d'Ai^érie.

cuAP. V. — f;n de la huitième versécution générale.

msau une chrét,enfe fervente. La foi avait été prêchée dans cette province, des le i" siècle de l'ère chrétienne, par saint Nazarius, qu. eut pour d.sciple et successeur un gallo-romain, Celsus. Les diptyques de l'église de Cimelia renferment une série non-interrompue d'évêques, jusqu'à l'épogue de Valérien. Pontii^ qui eut la gloire de donner alors son saug pour Jésus-Christ, était né à Rome d'une famille sénatoriale. Élevé dans le paganisme, ii suivit les leçons des plus célèbres philosophes de la capitale du monde Un jour, Il se rendait de grand matin à l'école de l'un d'entre euxen traversant le quartier des Urberavennates, il entendit des chanta pieux qui retentissaient dans une maison voisine. C'était l'as.eijblée chrétienne qui, sous la présidence du pape Pontien, achevait les prières de la vigile matinale. Le jeune homme prêta l'oreille à ces accents, nouveaux pour lui. Les voix disaient : « Notre Dieu à nous est au ciel; c'est lui dont la volonté commande partout ei souveraine. Les simulacres des nations sont d'argent et d'or- une main d'homme les fabrique à son gré. Ils ont une bouche '.A ne parlent pas; des yeux et ne voient pas; des oreilles qui n'entendent point; des pieds qui ne sauraient se mouvoir. Semblablesleurs muettes idoles sont les insensés qui les adorent!» Cette poésie inconnue, ces cantiques de la vérité, qui n'avaient jamais jusque-la frappé son oreille, intéressèrent le jeune patricien Une émotion involontaire le gagnait; il frappa à la porte. Un des Ostmrn, regardant par une fenêtre supérieure, l'aperçut et alla dire a 1 eveque Pontien : « Il y a en bas un jeune homme qui frappe à coups redoublés. - Faites-le entrer, dit l'évêque soudaineiner inspiré par la grâce divine. Le royaume des cieux est fait pou - i-tels hôtes. - L'adolescent fut introduit au rez-de-chaussée de le maison et y demeura jusqu'à ce que les augustes mystères fussent terminés. On le fit alors monter dans le Cénacle. A la vue du vénérable pontife, il se jeta à ses pieds et les baisa en disant • Père saint, montrez-moi, je vous prie, les poèmes que chantait naçruère 1 assemblée de vos fidèles. Mon fils, répondit Pontien, ^Dieu m a révélé l'état de votre âme. Vous cherchez sincèrement la vente, vous la trouverez. -A partir de ce jour, le jeune patricien

devint l'humble disciple du pontife de Jésus-Christ. II prit place parmi les catéchumènes, reçut plus tard le baptême et devint l'apôtre de sa propre famille. A sa voix, le sénateur, son père, se convertit. Pontius était lié avec les deux Philippe, père et fils, qui régnèrent quelque temps après. Ce fut grâce à son intervention que ces princes embrassèrent la foi du Christ. A l'avéneraent de Dèce, il quitta Rome et vint au pied des Alpes habiter la ville de Cimelia. Il y demeura jusqu'aux édits de persécution lancés par Valérien, Le président Claudius le fit d'abord incarcérer; mais, n'osant ordonner l'exécution d'un patricien, il demanda des instructions à Rome. L'empereur fit répondre que, si Pontius persistait dans son attachement à la foi chrétienne, il fallait sévir sans pitié contre lui. Pontius fut donc mis à la question. Étendu sur le chevalet, il ne cessa de confesser le nom de Jésus-Christ. On rexpo3a ensuite à deux ours, dans l'amphithéâtre de la ville. Au lieu je le mettre en pièces, ces animaux lui léchèrent les pieds. Enfin le magistrat, désespérant de vaincre sa constance, lui fit trancher la tête (14 mai 239) *. La ville de Cimelia, ayant été, deux siècles après, détruite par les Lombards, il n'en resta plus qu'une abbaye célèbre sous le nom de Saint-Pons de Cimiès. Plus tard les reliques du saint martyr furent transférées à Tomiers, en Languedoc, où Ponce, comte de Toulouse, bâtit un monastère qui fut le berceau de la ville de Saint-Pons de Tomiers, érigée en évêchti par le pape Jean XXII.

Martyre 8. En même temps que le patricien Pontius mourait pour la foi,

Colomba, Bassus, évêque de Cimelia, était brûlé vif '. Le gouverneur taie dess<f- général des Gaules était alors Aurélien, grand homme de guerre,

tiOHB*lS€S

(Sens). qui devait un jour ceindre la couronne impériale. Zélé pour le culte des faux dieux, il joignait à des qualités incontestables une haine profonde contre les chrétiens. Selon les vues desapolitique, l'unité du monde romain lui paraissait compromise par la religion nouvelle. Dans toute l'étendue des Gaules, Aurélien proscrivait les fidèles. A son passage dans la capitale des Senonenses (Sens) il fît déc^-

» Bolland., Act, sanct,, 14 maii. — * 5 décembre.

Page 1