‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 3)Chapitre 49 sur 96 · DEP. PRIDIE KAL. DEC · texte numérisé non relu

DEP. PRIDIE KAL. DEC

NAT. AMBIANA

« À Aurelia Theudosia , très-bénigne et incomparable femme , Aarelius Optatus. A son épouse très-innocente, déposée la veille des calendes de décembre (30 novembre), de la nation des Ambiani, il a consacré ce tombeau à son mérite et à ses vertus. » Les insignes du martyre, la palme et la fiole de sang, décoraient cette tombe si longtemps oubliée. La partie de la catacombe de Saint-Hermès, où le corps de sainte Théodosie reposait dans le Seigneur, est une i;uvre de la seconde moitié du m* siècle. Tout porte donc à croire tie l'illustre martyre gallo-romaine versa son sang durant la per- ', 'eution de Valérien. Aujourd'hui la Gaule a repris possession de » ,s saintes reliques, qui sont devenues le palladium de la fidèle cité d'Amiens.

10. Après la mort des victimes, la punition des persécuteurs, ïlarementlajustice divine se montra d'une manière plus éclatante,

• Bolbnd., Act. sanct., 21 Januar.

Bècnlioa,

CfFAP. Y. — FIN DE LA HUITIEME PERSÉCUTION GÉNKP.AT.E 38Y

L,a peste recommença ses ravages, avec une i'ureur jusque-là Vaiérien. inconnue. Les éléments eux-mêmes semblaient, dans leur boule- huitième per» versement, s'apprêter à venger le sang des .-^ustes. Durant placeurs ioursj l'Italie fut enveloppée d'épaisses ténèbres. Rome, (a Lybie et l'Asie tout entière , Turent couvertes de ruines par un tremblement de terre affreux. Cependant les Barbares commençaient à prendre possession du monde romain. Les Gei^mains envahirent la Gaule jusqu'aux Pyrénées , traversèrent ces montagnes, ravagèrent une partie de la péninsule hispanique et se montrèrent sur les rivages de la Mauritanie, étonnés de cette nouvelle race d'hommes. Les Allamans, autres Germains, au nombre de trois cent mille, s'avancèrent en Italie, jusque dans le voisinage de B.ome. Les Goths, les Sarmateset les Quades dévastèrent l'Illyrie La Scj'thie vomissait ses peuples sur l'Asie-Mineure et sur la Grèce. Ces guerriers, à demi-nus, s'embarquèrentsur le Pont-Euxin, dans des esDèces de cabanes flottantes, se confiant à une mer orageuse et a des marins inexpérimentés. Ils surprirent Trébizonde, ravagèrent la province de Pont, et, enchaînant les Romains captifs aux rames ae leurs vaisseaux, revinrent triomphants au désert. D'autres uoths ou d'autres Scythes, encouragés par cet exemple, firent construire une flotte parleurs prisonniers. S'élançant ensuite des rives duTanals, et franchissant le Bosphore, ils abordèrent en Asie, pillèrent Chalcédoine, et se retirèrent à la lueur des flammes qui embrasaient Nicée et Nicomédie. Enfin, nour compléter ce tableau de tous les désastres, Vaiérien, qui avait inondé le monde de sang chrétien, devenu prisonnier de Sapor, roi de Perse, servait de marchepied à son vainqueur lorsqu'il montait à cheval. Comme si la vengeance eût dû survivre au crime, après la mort de l'empereur romain, sa peau empaillée, tannée et teinte en rouge, demeura suspendue pendant plusieurs siècles aux voûtes du principal temple de Perse. Le propre fils de Vaiérien, Gallien lui-même, regardant le malhe-ar comme une abdication, se contentait de dire, à cette affreuse nouvelle : « Je savais que mon père était mortel ! « Cette série de calamités mit fin à la huitième persécution générale. Le sénat décréta l'apothéose de Vaiérien, et l'on ne Darla plus du défunt empereur.

Gallien, seul maître du trône, se préoccupait, nous l'avons vu, de fonder des villes modèles, dont il eût donné le gouvero' ment à Plotm et aux autres philosophes. Le monde romain se précipitait vers l& ruine. Cependant le christianisme s'ouvrait, à la faveur des invasions * '^rbcires, des sources nouvelles de fécondité et de vie. Les Germains, les Scythes et les Goths, dans les captifs chrétiens qu'ils emmenaient au fond de leurs contrées sauvages, trouvèrent des vainqueurs inattendus. Ce furent de pauvres prêtres , des diacres, parfois un ou deux évoques, qui devinrent les premiers missionnaires de leurs conquérants. Ainsi s'élahorait, dans le secret de la Providence, l'immense transformation sociale qui devait bientôt s'opérer peir les Barbares.

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