I. SynchroaisBoc
Notice de {{, Aorès un mois et demi d'interrègne, le clergé et les fidèles
•aini Deoys, ^ . ^?
d'après lo (Je Romc purent donner un successeur à samt Sixte II. v Denys
^ibfir Pojiti- ^ r. . »•
ficaiis. avait commencé , dit le Liber Pontijicahs , par embrasser la vie ,
Eclaircisso- . 1
ments hisio- monastiquc. Nous n'avons pu retrouver la généalogie qui faisait I
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chroDoiogi- connaître son origine et le lieu de sa naissance. 11 siégea dix ans, ■ deux mois et sept jours, sous le règne de GaUien, depuis le xi des calendes d'août (22 juillet), sous le consulat d'^milianus et Bassus (2o9), jusqu'au vu des calendes de janvier (26 décembre), sous le consulat de Claude et Paternus (269). Ce pontife procéda à une nouvelle déUmitation des égUses, cimetières, paroisses et diocèses. En deux ordinations, au mois de décembre, il imposa les mains à iouze prêtres, six diacres et huit évêques destinés à diverses -provinces. Il fut enseveli dans le cimetière de Galliste, sur la voie Appienne, le vu des calendes de janvier (26 décembre 269). Après Jui le siège épiscopal fut vacant cinq jours. »
On peut remarquer une contradiction apparente entre la date du 22 juillet 259, donnée ici comme celle de l'avènement de saint Denys, et celle du 6 août, même année, assignée précédemment h, la mort de saint Sixte II. Nous avons déjà expliqué ces prétendues
qnes.
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anomalies, qui déconcertaient la critique française du xvii' siècle^ bien qu'elles eussent été complètement éclaircies par l'érudition des annotateurs allemands et romains du Liber Pontijïcabs, Schelstrate, Altaserra et Blanchini. Saint Denys avait été ordonné évêque le 22 juillet 239. De même que saint Sixte II avait été associé à l'administration de l'Église par saint Etienne I, ainsi le pape Sixte agissait à son tour, en choisissant Denys pour son vicaire. Le Liber Pontiflcalis nous donne donc la date exacte de la promotion de saint Denys à l'épiscopat (22 juillet 239), du vivant même de saint Sixte II, lequel ne consomma son martyre qu'au mois suivant (6 août). Or, comme nous l'avons déjà fait observer plusieurs fois, l'élection seule conférait le souverain pontificat. Voilà pourquoi, nprès la mort de saint Sixte II « le siège épiscopal, dit le Libet Pontificalis ', demeura vacant un mois et demi-, » c'est-à-dire très- < xactement depuis le martyre de saint Sixte (6 août) jusqu'à! iî'J septembre 233, date réelle de l'avènement de saint Denys sur la chaire de saint Pierre. Ainsi, d'une part, se justifie l'antique discipline de l'Église, formulée par les Canons et les Constitutions apostoliques, lesquels défendaient ù un évêque vivant de se choisir lui-même son successeur : ainsi, d'autre part, s'expliquent les difficultés et les contradictions de chronologie qu'on croyait apercevoir dans le LJber Pontiflcalis. Nous avons déjà eu l'occasion, à propos du pape saint Hygin *, de signaler l'exactitude avec laquelle ce catalogue fut rédigé sur les monuments authentiques. A l'époque de cette rédaction, la ^eneafo^ze du pape saint Denys était perdue; l'auteur le constate : Cu/'us generationem non poluimus reperire^ Évidemment, il y a, dans cette parole, une preuve implicite d'au-» thenticité officielle. Nous croyons inutile d'insister sur l'opportunité de la mesure attribuée par le Liber PontifîcaUs au pape saint Denys et relative à une nouvelle circonscription ecclésiastique de Rome et du territoire suburbicaire. Après les désastres de la huitième persécution générale, qui avait sévi de préférence sur les
* Notice de saint Sixta II, reproduite précédemment. — s Cf. touu Vli (to
n*Ue Histoire, pag. 109, 4 lO. ■
évêques, les prêtres et les titulaires ecclésiastiques, on conçoit facilement qu'une réorganisation dût être nécessitée parles circonstances elles-mêmes. Au nombre des évêques ordonnés par saint Denys, la tradition de l'Église de Bologne compte saint Zama^ premier évêque de cette ville.
lettrede 12. Avant d'être élevé au souverain pontificat, Denys, simple
SRiat Denys ., > ^^ . > ^ » r
l'Aieiandrie prêtre a Rome, était déjà tellement connu par son mérite et sa
aa Dape
eaint Denys. vcrtu, que le grand évêque d'Alexandrie, son homonyme, était er> commerce épistolaire avec lui. Eusèbe qui rapporte le fait, nous a conservé un fragment de la correspondance échangée entre Denys d'Alexandrie et le vicaire de samt Sixte II. Il est relatif au schisme deNovatien. « C'est à juste titre, ditl'évêque alexandrin, que nous fuyons avec horreur ce sectaire. Il a scindé l'Église ; il a perverti par son impiété et ses blasphèmes un certain nombre de chrétiens. Le premier, il a semé dans le monde ces maximes rigoristes qui représentent Notre-Seigneur Jésus-Christ, la clémence infinie, sous les traits d'un impitoyable tyran. Méconnaissant le caractère sacré du baptême, il annulle l'efficacité du sacrement; il bouleverse la foi et altère la formule de confession qui précède le baptême. Enfin, il condamne les malheureux lapsi au désespoir, soit en refusant d'admettre àla communion ceux que la grâce de l'Esprit-Saint a déjà purifiés, soit en fermant toutes les portes du repentir à ceux qni voudraient recourir à la pénitence *. » Il y a dans la rigueur stoïque du premier des antipapes, une analogie frappante avec la doctrine du Jansénisme. Des deux côtés c'est la même tendance h étouffer la miséricorde divine et l'action des sacrements, sous ur système de formalisme étroit et sans entrailles. Pour les parti=anj de Novatien, comme pour ceux de Jansénius, Jésus-Christ, le Verbe- Sauveur, né dans une crèche et mort sur une croix par amour, n'est plus qu'une divinité inexorable, environnée d'autant de foudres, dans les bras de Marie, sa mère, que l'était jadis le Jéhovah des Hébreux sur le Sinaï. Aa m* siècle de l'ère chrétienne, il ne manqua pas d'esprits pusillanimes qui joignirent la terreur à l'i-
• Eu«eb., Hist. eccles., lib. VU, cap. viu.
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gnorance, et se rangèrent sous l'étendard de Novatien, absolument comme au xvii" siècle on désertait le sein maternel de l'Église catholique, dont la miséricorde semblait une faiblesse; la douceur une apostasie; la mansuétude un acte de relâchement. Nous pouvons juger du progrès que les idées schismatiques faisaient dans le monov en.tier, sous l'influence de l'antipape Novatien, par cet autre fragment d'une lettre de saint Denys d'Alexandrie, au souverain Pontife Sixte II. «J'ai vraiment besoin de vos conseils, frèra bicn-aimé, disait le patriarche d'Alexandrie. Je sollicite donc votre avis sur un incident qui m'est survenu naguères et au sujet duquel \e craindrais, sans vous, de m'égarer. Un de nos frères les plus assidus aux assemblées de l'Église et qui se montrait déjà tel du vivant d'Héraclas, mon prédécesseur, assistait, l'autre jour, au baptême solennel que je conférais à Alexandrie. Il écoutait attentivement les formules d'interrogation et les réponses des catéchumènes. Tout-à-coup, il quitta sa place et vint se prosterner à mes pieds. Fondant en larmes et déplorant son malheur, il me dit qu'il avait autrefois reçu le baptême de la main des hérétiques; que la cérémonie pratiquée par eux ne ressemblait en rien au sacrement catholique; qu'elle était pleine de détails impies et blasphématoires. Enfin, disait-il, mon âme est bourrelée de remords: je n'ose plus lever les yeux vers le ciel; il me semble que les paroles et les initiations de ces infâmes hérétiques, m'ont complètement souillé. Je vous en supplie donc, faites-moi la grâce de me régénérer maintenant parle bain salutaire du Christ! — Malgré ses vives instances, continue le saint évêque d'Alexandrie, je n'osai point assumer une pareille responsabilité et faire ce qu'il me demandait. Je répondis que la fréquentation de l'Eucharistie, à laquelle il était admis depuis si longtemps, me semblait suffire pour lui. Vous avez assisté durant des années aux saints mystères, lui dis-je. Avec les autres chrétiens vous avez répondu : Amen/Yous vous êtes appro- ■îhé de la table sacrée; vous avez étendu les mains pour recevoir l'aliment eucharistique; vous avez participé au corps et au sang de Jésus-Christ. Dans une telle condition, je ne me sens pas le courage de vous renouveler le baptême. Ainsi j'essayai de le ras-
392 PONTIFICAT DE SAINT DENTS (:2o9-269).
surer et de calmer les scrupules de sa conscience, l'engageant à continuer à s'approcher des saints mystères. Mais il n'en veut rien faire, et depuis, malgré tontes mes exnortations, il ne cesse de pleurer et ose à peine assister aux prières sacramentelles. » Eusèbe en nous conservant ce récit, ne nous a pas fait connaître la réponse du Souverain Pontife. Nul doute qu'elle n'ait été de nature à apaiser enfin les terreurs et les angoisses du pieux fidèle d'Alexandrie, lequel confondait avec l'essence du sacrement de baptême ce qui n'en était que l'accessoire. L'interrogatoire des hérétiques devait probablement contenir des imprécations contre l'Église catholique. C'est ainsi que Novatien exigeait, de ceux à qui il distribuait la saiate Eucharistie, le serment de ne jamais retourner à la communion de Cornélius. Quelque impies que fussent ces préliminaires sacrilèges, ils n'atteignaient cependant pas la validité intrinsèque du sacrement lui-même.
<3. Au moment où le pape saint Denys prenait place sur le trône nntifical de Home, Novatien était mort, mais son erreur ne s'éteit;nit point avec lui. Transmise de main en main par d'obscurs sec- .'.lires, elle devait se réveiller avec plus d'éclat sous l'influence des Jonatistes, à l'époque de saint Augustin. La tactique des partisans de Novatien, durant cette période d'incubation écoulée jusqu'à Donat, fut encore exactement semblable à celle du jansénisme. On fît circuler de faux récits d'un Drétendu martyre de Novatien. Lulûgius, /in des successeurs ae samt Denys sur le siège patriarcal d'Alexandrie, réfuta cette fable, dans un traité plein d'érudition, dont Photius nous a conservé quelques fragments ' Saint Pacien, évêque de Barcelone, en 397, s'élevait encore avec énergie contre celle rumeur apocryphe-. Malgré toutes les protestations, l'erreur coi-lirjuait à s'accréditer sur les frontières exlrcraes de la Phrygie, où .i- coutume de réitérer le baptême s'était maintenue, et où le £ulte de Novatien florissait encore en 458. « On y croyait fermement, dit l'historien Socrate, que Novatien avait reçu la couronne
1 Photius, Myriobibl., cod. 280; Patr. grœc, loii., ClV,COl. »34. — * Pacian., Efist. H, cap. VI; /V(/^-. '■'. , toui. XIII, col. 10"<2-
■-'MAP. V. — SYNCURONISME, 393
•du martyre dans la persécution de Valérien *. » Ce n'était cependant jju'un nombre assez restreint d'évêques phrygiens, qui s'isolaient -linsi de la catholicité et formaient une véritable petite église. Ils te- 1 aient de temps en temps des synodes, dans quelque obscure bourgido. Socrate nous apprend qu'ils se réunirent un jour à Pazzo, petit village situé à la source du fleuve Sangar, là, ils renouvelèrent leurs anathèmcs contre l'Église catholique, et prescrivirent à tous leurs fidèles de célébrer la Pâque le jour oîi < ette fête tombait dans le calendrier juif. On le voit, l'obstination, les faux actes de 1 n artyre et sans doute les faux miracles, sont des armes fort ancienne"? aux mains de l'hérésie. Loin d'être persécuté par les empereurs romains, l'antipape, et c'est saint Cyprien qui nous l'apprend, vivait dans la paix la plus profonde, pendant que les souverains pontifes légitimes donnaient leur sang pour Jésus-Christ. La perse' cution, l'hérésie, le schisme, ont toujours été de fidèles alliés.
14. On a trouvé, dans l'une des salles du palais des Césars, le 41 novembre 1856, une peinture du m* siècle, qui dut être eontemporaine de la persécution de Valérien, et qui fait admirablement comprendre à quel point le paganisme officiel cherchait à soulever contre les chrétiens le mépris populaire. C'est une cari cati/re. L'histoire sérieuse ne doit pas dédaigner ces sortes de documents, manifestations spontanées, sous forme ironique et légère, du sentiment public. On pourrait suivre à la trace les mouvements de l'opinion en France , depuis un siècle , rien qu'en parcourant la collection de ces estampes souvent indécentes, tou^ jours imbésiles , oii un crayon vénal traînait dans la fange le* bafoues du jour, sauf à les environner le lendemain d'une auréolôc Nous avons donc le devoir d'insister ici sur la découverte maint&i nant fameuse du P. Garrucci, dans le palais ruiné des empereurs romains. La caricature n'est pas née d'hier. Cet \'t, si l'on, peut l'appeler ainsi, sans profaner le nom même de l'ait, fut connu, cultivé, fort goûté même, dans les civilisations païennes en général, et chez les Romains en particulier. On le conçoit d'autant mieux
*Socrat.,fli*^ écoles., lib. IV, cap. xxvill; Patr. grœc, tom. LS-VII, col. 540*
qu'il est par excellence une œuvre de dénigrement, lequel est luimême la grande arme de l'erreur contre la vérité. Voici donc ce que le caricaturiste inconnu imaginait d'offrir aux railleries de la plèbe romaine, gorgée des largesses impériales et des boucheries du cirque, pendant que Valérien faisait jeter les chrétiens aux bêles, à la dent de fer des roues homicides, à la flamme des bûcliers, ou aux chaudières d'huile bouillante. Sur une croix ayant la forme de la lettre grecque T {tau), est étendue la monstrueuse figure d'i'.n homme à tête d'onagre, ou âne sauvage. Au pied de cette grotesque victime, un suppliant lève la main droite et s'incliiîe dans l'attitude de la prière. Une légende explicative donne le sens de cette parodie : 'O.eïapievo; aéëttcn ôsov. (( Alexamène en adoration devant son Dieu. » Voilà donc reprise une fois encore celte absurde calomnie du Dieu à tête d'âne, exploitée précédemment par Tacite, et si éloquemment réfutée par TertuUien. C'est sur les murs du palais des Césars que cette exhibition est officiellement étalée. Elle avait pour but de faire pénétrer dans les masses et applaudir par les esclaves et les oisifs, la politique de sang qui vouait les chrétiens à mort. L'artiste n'a pas signé son œuvre, mais on peut affirmer qu'il était de l'école dri Porphyre. Celui-ci délayait en ce moment, dans des œuvres d'apparence plus sérieuse, la même ironie et la même haine contre Jésus-Christ. La plume des philosophes, le crayon des caricaturistes, étaient au service du bourreau pour l'aider à accabler les victimes. Triste spectacle qui so renouvelle à toutes les époques d'abaissement moral ! Alors on fait consister le courage à épauler les forts, pour écraser les innocents et les faibles. A un autre point de vue, la caricature de la croix, exposée ainsi sur les murailles du Palatin, renferme une leçon de théologie dogmatique, dont nous croyons devoir signaler l'importance à l'attention du protestantisme. La découverte du P. Garrucci constate, d'une manière irréfragable, que le culte de la croix était en vigueur dans l'Église, en l'an 230 de notre ère. Le culte de la croix n'est donc point une invention récente et idolâtrique du catholicisme, ainsi que les protestants l'ont si souvent prétendu. 13. Pendant qu'à Rome on insultait le Dieu rédempteurs le
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vicaire do Jésus-Christ étendait sa sollicitude paternelle sur le ««cfenée. monde romain, hvré par la faiblesse de l'empereur aux invasions daçsswasnt barbares. Les calamités qui désolaient l'univers ofTraient un vaste G«e"îtv^»na champ au zèle et à la charité du pape saint Denys. Il envoya des sommes d'argent considérables à Césarée de Cappadoce, pour racheter les captifs tombés entre les maiivs des Barbares. On eût dit que les chrétiens n'étaient occupés qu'à payer par des bienfaits les maux que leur avaient fait souffrir les persécuteurs. L'autre saint Denys, l'illustre évoque d'Alexandrie, en revenant d'exil, trouva sa ville épiscopale livrée aux fureurs de la guerre civile. Chaque édifice, dans cette immense cité, devint une forteresse; chaque rue un champ de bataille. Une partie de la population avait péri, et le Bruchion resta vide. On ne pouvait passer d'un quartier dans un autre ; il était plus facile d'écrire et d'avoir une réponse d'Orient en Occident, que d'Alexandrie à Alexandrie. A la guerre civile succédèrent la famine et la peste. L'évêque et les fidèles se multiplièrent pour faire face à tous les besoins, pour calmer toutes les haines, pour soulager toutes les misères. C'était un grand spectacle de voir le christianisme dominer les ruines que les passions humaines accumulaient autour d'elles, et s'accroître de tout ce qui semblait devoir l'anéantir. Une vertu de vie s'épanchait ainsi du nom de Jésus-Christ sur le monde : le paganisme s'usait dans les plaisirs ou dans des rêves insensés. A chaque nouvelle désastreuse, Gallion riait et demandait quels seraient les festins, les jeux du lendemain. Porphyre écrivait des traités contre les chrétiens que les empereurs faisaient mettre à mort. Il ne faudrait pas croire en effet que la persécution, suspendue officiellement à l'avènement de Gallien, ne se renouvelât pas, à chaque caprice des magistrats, sur es divers points de l'empire. Voici ce qu'écrivait l'historien Eusèbe : « La paix était rendue à l'Église, et cependant l'Église comptait encore des martyrs. Un soldat chrétien, Marinus, venait d'être promu au grade de centurion. L'enseigne de cet office militaire consiste, on le sait, dans un sarment de vigne, qui représente, chez les Romains, le bâton du commandement. Les troupes étaient réunies pour reconnaître le nouveau dignitaire, lorsqu'un dénoQ-
306 rONTIFICAT DE SAINT DENTS (239-269).
dateur e'approche du tribunal. Je proteste, dit-il, contre la promotion de Marinus ; elle est contraire aux lois. Un chrétien qui refuse d'offrir des sacrifices à la divinité de l'empereur, ne saurait être investi d'une dignité dans l'armée romaine. J'insiste donc pour quel'élection soit annulée, etpourqu'il raesoitpermis de faire valoir les droits que j'ai moi-même à la dignité de centurion. — Achœus, lofficier qui siégeait au tribunal en qualité de président, accueillit la réclamation. Il interrogea Marinus et lui demanda quelle religion il professait. Je suis chrétien, répondit le noble accusé. — Je te donne trois heures pour réfléchir et te rétracter. — Marinus sortit. Au seuil du prétoire, il trouva l'évêque de Césarée, Théotecne, qui le prit par la main et le conduisit à l'église chrétienne. Là il le fit placer près de l'autel, et soulevant le pan de la chlamyde militaire qui retombait sur l'épée du soldat, d'une main il lui montrait un exemplaire des saints Évangiles, de l'autre le glaive qu'il tenait de l'empereur. Choisis entre les deux, lui dit-il. — Sans hésiter, Marinus étendit la main, prit le livre de l'Évangile et le pressa sur son cœur. Mon fils, dit alors Tnôotecne, demeure donc :idèlc à ton Dieu. Supporte héroïquement les suites de ta libre <6 ection. Vas en paix où le Seigneur t'appelle! — Marinus retourna aa prétoire. Déjà le héraut faisait retentir son nom sous les portiques, car le délai fixé par le juge était expiré. Le soldat de Jésus- Carist reparut au tribunal : il y confessa de nouveau sa foi, et fut condamné immédiatement au supphce de la décapitation. A peine -•v cadavre du martyr eut-il roulé sans vie aux pieds du bourreau, :;u'on vit un patricien, du nom d'Asterius, s'approcher respectueu- Aoment. 11 roula les restes ensanglantés dans une tunique de pourpre ; les chargea sur ses épaules, et leur donna la sépulture dans le tombeau de ses ancêtres *. »
§ U. Porphyre.
16. Le double courant qui cherchait alors à entraîner le monde, 68 trouvait donc partout en lutte : à Home, à Césarée, en Afrique,
» Euseb., Hist. ecclet., lib. VII, cap. xv, xvi.