‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 3)Chapitre 58 sur 96 · CHAP. Y. — LES TRENTE TYRANS · texte numérisé non relu

CHAP. Y. — LES TRENTE TYRANS

au détroit de Gibraltar, et, se divisant en deux bandes, les uns se jetèrent sur l'Afrique, les autres descendirent en Espagne, oij, s'a~ vanç.iiit jusqu'à l'Ebre, ils prirent d'assaut Tarragone et la dévasteront. [Jurant douze années consécutives, l'Espagne fut ainsi ravag(S' i :.r les invasions des tribus franques. Posthumus profita, pour se m.; ! tenir dans les Gaules, del'éloignement de cette belliqueuse nafi ' mais il eut à se défendre contre les attaques de Galliea qui deux fois se mesurer en personne avec son rival. La se-

cond.' ois, Posthumus fut complètement vaincu. Gallien le fit poi l'vre par Aureolus, ce général qui avait jadis triomphé de Ma' : I M. Il ne restait à Posthumus aucun espoir d'échapper. Il dut so? ut à Aureolus, qui méditait de son côté des projets d'usurp;i et n'avait dès lors aucun intérêt à grandir le pouvoir

d litre qu'il voulait détrôner. L'empereur, furieux de voir

• ses projets de vengeance, vint assiéger Posthumus dans» un- . oeresse oii celui-ci s'était réfugié. Mais les chances de la ^r ''irent défavorables à Gallien. Il reçut une blessure grave

lillit mourir. Songeant alors que la vie lui était plus pré- ( i . ii'une province, il se hâta de faire la paix avec son rival en

1 lonnant la souveraineté des Gaules. Que serait-il advenu de rure patrie, si elle avait pu définitivement se constituer, ' époque, en une monarchie indépendante? Nul ne le sauoir. Pour le moment, la fièvre d'usurpation, qui régnait aonde romain, fit éclore dans les Gaules une tentative de !■: ! contre Posthumus. Les légions, campées sur les bords du

locîamèrent empereur Ulpius Cornélius Lselianus et le ■rent à Moguntia (Mayence). A la nouvelle de cet attentat n autorité. Posthumus accourut à marches forcées et suri untia. Laelien avait eu le temps de s'échapper avec ses

'îs troupes. Posthumus, satisfait de sa victoire, voulait r la cité dont les légions demandaient le pillage. Rési3tant ances des soldats, il déclara que Mayence serait épargr était agir noblement. Mais les légionnaires, accoutumés à

die des lois à leurs maîtres, ne ratifièrent point la sentence. Uni' îTieute éclata dans le camp ; Posthumus fut égorgé avec le

fCNTlfiCAl- BE SAINT DENTS (239-269).

jeune prince son fils (267). Lselien espérait profiter de cette révolution; il se fit immédiatement reconnaître comme empereur. Des largesses faites à propos lui donnèrent pour quelques jours un semblant de popurarité. Mais, quand il voulut organiser plus solide- Jnent son pouvoir et exiger des légions un service militaire régulier, elles tournèrent contre lui leurs armes et le massacrèrent (267). Yictorin, neveu de Postbumus, aidé par sa mère Aurélia Victoria, à laquelle les vétérans avaient donné le surnom de Mater Castrorum, parvint à se faire proclamer empereur. Ce ne fut que pour tomber l'année suivante sous le poignard des soldats (268). 11 eut pour successeur un ancien forgeron, Marins, le vainqueur du tyran alamannique Ghrocus. Marins ne réussit pas davantage à se maintenir sur le trône ensanglanté de la Gaule. Trois jours après sa promotion, il fut assassiné par un soldat qui lui dit en lui plongeant son épée dans la poitrine : « Tiens, c'est toi qui l'as forgée! » Tétricus, un patricien, fut ceint de la pourpre à Burdigala (Bordeaux), pendant qu'Aureolus, demeuré si longtemps au second plan, se laissait enfin proclamer empereur peir les légions campées en Rhétie.

§ \. Mort de saint Denya*

CtarpatioD

et mort d'Ocienath.

Z'Hobie , reine d'Orient. Usurpation d'Aareolus en Rbétie.

40. La fin de tant de troubles était proche. Le souverain nominal d'un empire ainsi divisé, Gallien, traînait dans les plaisirs une vie déshonorée. Odenath s'était lassé de lui demeurer fidèle. Il venait de se déclarer indépendant, et de détacher l'Orient du monde romain. Entre Aureolus et Tétricus, mcûtres de toutes les provinces septentrionales de l'Europe, d'une part; et Odenath, maître de toute l'Asie, de l'autre, il ne restait à Gallien qu'uc simulacre d'empire. C'était encore plus qu'il n'en pouveiit porter. Cependant, il fil un effort suprême pour sortir de cette situation humiliée. Une armée romaine, commandée par Héraclien, marcha contre Odenath, pendant que GaUien, en personne, allait combattre Aureolus. Selon toutes les apparences, Héraclien devEut échouer dans sa tentative. Le nom d'Odenath était populaire dans tout l'Orient. Les populations, humiliées du joug honteux que Gallien

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