‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 3)Chapitre 67 sur 96 · I.'llrp d · texte numérisé non relu

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l'espoir qu'il saurait défendre comiiîc emper^jur les îronUères qu'il avait si bien gardées comme simple général. Ils ne se trompaient pas. Auréiien se mit à leur tête, et les mena d'abord contre son compétiteur Quintiiius. Celui-ci avait quelques troupes sous ses ordres. Il les rangea en bataille sous les murs d'Aquilée, et, dans une harangue chaleureuse, les exhorta h lui demeurer fidèles. Mais sa parole n'eut point d'écho; il voyait, de la tribune où il était placé, les escadrons passer, aigles déployées, du côté d'Aurélien. Éperdu, désespéré, il rentra dans la ville, commanda un bain, et, dès qu'il y fut plongé , s'ouvrit lui-même les quatre veines. Auréiien n'avait plus de rival. Il continua sa course sur Rome oii il fut acclamé par le sénat et le peuple. Ces démonstrations banales ne le trompèrent point, mais elles servirent du moins sa politique. Tetricus régnait toujours dans les Gaules et Zénobie en Oripnt. Le nouvel empereur s'était promis de faire cesser un tel état de choses. Pour y réussir, il avait besoin de popularité. Il accueillit donc avec une apparente crédulité les vœux des Romains, et tout entier aux grands desseins qu'il méditait, il laissa un instant de repos à l'Église.

§ II. PanI de Samosate.

6. La persécution de Claude le Gothique n'avait pas dépassé les limites de l'Italie. Cette particularité tint moins à la modération de l'empereur qu'à la situation particulière oii se trouvait ulois Vcmpire. Les provinces occidentales, gouvernées par Tetricus, n'avaient plus de rapports avec Rome ; l'Orient releva il presqu'en entier du sceptre de Zénobie, la fameuse reine df Valmyre. Cette femme, d'un caractère viril, avait toutes les passions religieuses de sa race. Juive de naissance, et plus tard convertie h un christianisme fort peu éclairé, elle avait trouve dans l'év—^ue d'An tioche, Paul de Samosate, un instrument docile qui se prêtait à la lois à ses caprices de judaïsante et à ses vues ambitieuses de souveraine. 11 en résultait pour Paul de Samosate une situation oxcepllunnelle d'influence et de crédit dans tout l'Orient, Il en usait,

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nous l'avons dit précédemment, pour la salisfaction de sa vanilé, qu'il poussait jusqu'au délire, et il couvrait son hérésie d'un pan du manteau impérial. Les évoques, ses collègues, avaient donc à ménager en lui une véiitable puissance. Ces sortes de personnalités mixtes, chez lesquelles la dignité ecclésiastique se trouve jointe à un pouvoir de circonstance emprunté aux relations avec le monde politique et civil, ne sont pas rares dans rhistoire de l'Église. Quand l'esprit de foi leur manque, elles deviennent un des plus grands obstacles au bien. 11 en fut ainsi de Paul de Samosate. Les avertissements fraternels ne lui manquèrent pas. Six do ses collègues lui écrivirc nt la lettre suivante : « Hymenœus ', Théophile, Théotecne 2, Maxime ^, Proclus et Bolanus, à Paul de Samosate, salut en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Déjà, dans une conférence publique, nous nous sommes réunis avec vous, et nous vous avons déclaré notre sentiment. Mais pour donner plus de méthode et de clarté à notre exposition de principes, il nous semble convenable de résumer ici par ordre les dogmes traditionnels qui ont été transmis jusqu'à ce jour au sein de l'Église catholique par les apôtres, témoins et ministres du Verbe, dont l'enseignement, promulgué sous la Loi nouvelle, forme un ensemble appuyé sur l'Ancien Testament, les Prophètes et la révélation de Jésus-Christ. Il n'y a qu'un Dieu, non engendré, sans principe, invisible, immuable, que nul entre les hommes n'a vu ni ne peut voir, dont la gloire et la grandeur dépassent toute intelligence huniaine. La notion da Dieu, telle qu'il est donné à notre infirmité de la co'ncevoir, nous a été révélée par son Fils. Il est écrit en efTet : (( Nul ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui auquel le Fils l'a révélé *. » Ouant ce Fils, nous confessons et déclarons, conformément à la doctr de toutes les Écritures, qu'il a été engendré; qu'il est le Fils uniqu image du Dieu invisible, premier-né de toute créature, sagesse, verbe et vertu de Dieu avant tous les siècles; Fils de Dieu non par prescience, mais substantiellement et hypostatiquement. Qui-

• ïîvê.]r,c (1 ; Jérusalem. — « Évêque de Césarée en Palestine. — ' Évfiqae

de Bnsia. — » .M lili., xi, 27.

conque oserait soutenir que le Fils de Dieu ne préexistait pas à tout commencement; quiconque dit : Croire et professer que le Fils est Dieu, serait admettre l'existence de deux divinités, par conséquent le Fils n'est pas Dieu; celui-là nous le regardons comme un hérétique. Sur ce point toutes les églises de la catholicité sont d'accord aveu nous, parce que les textes des Livres saints sont unanimes à déclarer que le Fils de Dieu est Dieu comme son Père. Nous ne rappellerons point ici ces textes; nous réservant de les produire en temps opportun. Le Fils est inséparable du Père. Nous croyons que c'est le Fils qui, accomplissant le décret paternel, a créé le monde. C'est le mot de l'Évangile : a Tout a été fait par le Verbe, rien sans lui '. » Ainsi le Fils coexiste et opère véritablement comme Verbe à la fois et comme Dieu. C'est par lui que le Père a fait toutes choses, mais non point comme par un instrument, ni par une vertu sans hypostase. Non. Le Père a engendré le Fils comme une énergie vivante, subsistante par elle-même, et opérant tout en toutes choses. Le Fils n'a pas seulement assisté comme témoin à l'acte de la création : c'est lui qui opérait d'une manière active et appelait les êtres du néant à la vie. L'Ecriture nous apprend que le Fils apparut à Abraham sous le chêne de Mambré. Par l'ordre du Père il s'est manifesté aux patriarches, tantôt sous le nom de Dieu et de Seigneur, tantôt sous le titre d"WT£>>o; « Envoyé. » Car le Fils est réellement l'envoyé du Père, bien qu'il soit lui-même Seigneur et Dieu. Le Fils de Dieu, dont l'Écriture déclare si formellement la divinité , est préfiguré dans l'Ancien Testament comme homme. C'est ce que l'Apôtre enseigne quand il dit : « Qu'était l'antique loi? Une barrière posée contre la transgression, jusqu'à l'avénement du Fils de la promesse; une constitution régie par les Anges, sous la main du mcdiuleur. Et le médiateur entre Dieu et l'homme, c'est Jésus-Christ, Fils de Dieu, Dieu et homme à la fois ^. » Enfin nous croyons et professons, que le Fi!s coexistant avec le Père et comme lui Dieu et Seigneur de toutes les créatures, fut envoyé du ciel par le Père, et que, s'in-

» Joan., I, 3. — » Galat., m, 19; I Timoth., li, 5.

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