‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 3)Chapitre 69 sur 96 · NATALI5 EST XVIII KAL. MAIAS · texte numérisé non relu

NATALI5 EST XVIII KAL. MAIAS

(Roldetti, pag. 234; Mariai, pag. 408. Cf. E. de l'Hervilliers, Catéchisme dêt

Catacombes, pag. 491 et suiv.)

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hVrl rO.NTIFICAT DE SAIM EUTYCUIEN (273-283).

les reliques qu'il vénérait durant sa vie. Certes ! si cette règle sî^bsistc même de nos jours, à plus forte raison devait-elle être observée dans la primitive Église, où le culte des reliques était en si grand honneur. Durant les cinq premiers siècles, tant que les ratacombes furent visitées par un nombre prodigieux de pèlerins, rhistoire nous apprend que les fidèles reconnaissaient la tombe des martyrs aux ampoules de sang placées à l'extérieur des loculi. On faisait toucher à ces ampoules des linges et d'autres objets qu'on emportait avec vénération. Or, si quelqu'un a dû connaître la discipline des catacombes, ce furent certainement les premiers chrétiens qui les habitaient, et leurs successeurs immédiats auxquels cette tradition avait été directement transmise. Mais, puisque les uns et les autres reconnaissaient au vase de sang la tombe d'un martyr, il serait vraiment dérisoire de rejeter aujourd'hui une preuve admise par les contemporains. La question du vase de sang n'est d'ailleurs pas nouvelle. Au temps de Mabillon, elle donna lieu à d'assez longues controverses. Le savant bénédictin s'était d'abord déclaré contre cette preuve d'authenticité; après avoir étudié sur les lieux, JMabillon se rétracta solennellement. Il adhéra sans réserve au décret de la congrégation des Rites, qui, le 10 avril 1558, avait prononcé que l'ampoule, ou vase de sang, avait été attachée par les premiers chrétiens aux tombeaux de leurs frères, afin de constater, par ce témoignage parlant, la réalité de leur martyre. Los récentes discussions, élevées de nos jours sur le même sujet, ont abouti à une seconde décision qui renouvelle le décret de 1558. Cette décision a reçu l'approbation du pape Pie IX, comme la première fut sanctionnée par l'autorité de Benoît XIV. Voici donc, en dépit des objections du rationalisme moderne, la pratique de l'Église de Rome au sujet des reliques extraites des catacombes.Nous empruntons ces intéressants détails à la plume autorisée du docte b''nédictin D. Guéranger. « D'abord, il faut savoir, dit-il, que, sauf une portion très-restreinte des cryptes romaines, totalement épui- ÊÈes de corps saints, il n'est permis à personne, sans autorisation epéciale, d'y pénétrer. Défense est faite, sous peine d'excommunication, même à ceux qui ont sur leurs propriétés quelqu'une dea

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ouvertures conduisant aux catacomLes, d'y descendre, et, au cas qu'ils en obtiennent la permission, il leur est pareillement défenda d'enlever quelque objet que ce soit. Deux personnes seulement ont le droit de faire exécuter des fouilles : le cardinal-vicaire, et le prélat préposé à la sacristie pontificale , lequel est toujours décoré du titre d'évêque de Porphyre, in partibus. Ces deux per sonnages président une administration qui enti'etient six mois de l'année, à partir de novembre, un certain nombre d'ouvriers mineurs, occupés constamment à déblayer les sentiers interceptés des diverses cryptes. Si ces ouvriers viennent à découvrir quelque tombeau muni des sigaes de la palme et du vase de sang, ils vont aussitôt faire leur déclaration au personnage ecclésiastique préposé, soit par le cardinal-vicaire, soit par l'évêquî. de Porphyre, & la reconnaissance et à l'ouverture du sépulcre. Celui-ci descend immédiatement aux catacombes, accompagné de plusieurs membres de son administration, et souvent aussi de quelques étrangers qui ont sollicité cette fas^eur. On examine d'abord les indices du martyre ; puis, si les trois briques ou plaqués de marbre sont entières, en sorte qu'il soit hors de doute que le tombeau n'a iamais été ouvert. S'il apparaît quelque défaut dans la réalité des signes ou dans l'intégrité du sépulcre, il est défendu de passer outre. Dans le cas contraire, on procède immédiatement à l'ouverture du tombeau. Les ouvriers détachent avec précautios l'ampoule de sang en enlevant même le morceau de ciment durci qui la contient; on réserve la pierre, ordinairement celle du milieu, si elle offre une inscription; enfin les ossements sont enlevés respectueusement l'un après l'autre et déposés dans une caisse préparée à cet effet. Après l'avoir soigneusement fermée, on croise des bandelettes sur lesquelles est apposé le sceau du cardinal-vicaire ou celui de l'évêque de Porphyre. A l'ouverture du tombeau, le corps apparaît ordinairement couché !ur le dos ; les ossements, dans un certain état de dépression, ont Jéanmoins gardé leur place, en sorte qu'il est facile, avec de égères notions d'anatomie, de déterminer l'ây j et le sexe. La lunsistance des ossements est en raison du plus ou moins d'humr;

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dite répandue dans l'atmosphère des diverses cryptes. On a remarqué que celles dont la température est plus sèche, pr6.«entent les corps dans un état généralement moins solide ; mois dans tflutcs, pour l'orrlinaire, une portion plus ou moins consiaérable des ossements tombe en poussière au moindre contact. Le crâne, Jes mâchoires, les os des bras et des jambes sont les parties qui gardent généralement le plus de solidité ; mais tout est recueilli avec un égal respect. Chaque corps, ainsi découvert, est rapporté à Rome et placé dans un dépôt sous la garde de l'une des deux administrations dont nous avons parlé. 11 est aussitôt dressé procès-verbal de la découverte, avec mention de toutes les circcLstances qui l'ont accompagnée. On comprend aisément qu'il est impossible d'obtenir sur les martyrs ainsi retrouvés d'autres renseignements que ceux qui sont inscrits sur la pierre du tombeau, c'est-à-dire le nom et souvent aussi l'âge. Mais les tombeaux sont parfois muets, sauf la palme et l'ampoule, ils ne présentent aucune indication. L'usage est, en pareil cas, d'imposer un nom à ces saints inconnus, et on les désigne vulgairement sous le titre de saints baptisés, à la différence des autres qu'on appelle saints de nom propre : nominis proprii. L'absence du nom pour les premiers n'ébranle en rien la certitude de leur martyre et par conséquent de leur sainteté ; mais, comme dans le dénument de notions oîi l'on se trouve à l'égard de ces saints, les plus légères indications sont toujours d'un très-grand prix, on ne peut blâmer ceux qui cherchent à obtenir de préférence les reliques d'un saint de nom propre. Dans l'impuissance où l'on se trouve d'assigner le véritable nom J'un martyr, on cherche du moins à s'en rapprocher, en lui conférant pour nom un adjectif latin qui rappelle son courage, son dévouement, ou la récompense dont il est entré en possession. Tels sont les noms de Generosus , Constans, Fidelis, Coronatus, Faustus, Félix, etc. Cet usage d'ailleurs remonte à la plus haute antiquité. Ainsi, le 4 novembre, la chrétienté honore quatre saints irères, martyrisés sous Dioclétien, lesquels ne sont désignés dansles martyrologes que. sous le nom générique des Quatre couronnés^ Quatuor coronati. Le 30 a//ût, ïea plus anciens calendriers portent i

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avec saint Félix un autre martyr qui n'est connu que sous le nom d'Adauctus, parce qu'il fut associé aux combats du premier et immolé aussitôt, sans que les fidèles eussent pu connaître son véritable nom. La même remarque s'applique à la Massa candida des martyrs immolés en Afrique au temps de saint Cyprien, et dont saint Augustin disait : Massa ob numeri multitudinem^ candida ob causœ fulgorem '. Il reste maintenant à éclaircir un point de discipline ecclésiastique relatif au culte qui doit être rendu à ces saints martyrs. Du moment où ils sont reconnus pour tels, il est évident qu'ils ont droit à la vénération des chrétiens. C'est pour cela que, dans l'acte qui constate le don que le souverain pontife fait de quelqu'un de ces corps, est toujours exprimée la faculté de l'exposer dans toute église et oratoire pour y être l'objet du culte des fidèles. Cependant, par une autre clause du même acte, il est défendu d'en faire l'office et d'en célébrer la messe. Ce serait une grande erreur de croire que le Saint-Siège ait intention par là de jeter quelque défaveur sur ces saints, ou de les placer en un état d'infériorité relative à l'égard des autres. Cette restriction se rattache à tout un ensemble de règles précédemment fixées par la congrégation des Rites et dont il importe d'avoir une notion exacte. Vers la fin du xvi* siècle, sous le pontificat de Gré-<: goire XIII, le Saint-Siège ayant clos et fixé d'une manière absolue le Martyrologe romain, se trouva dans la nécessité de confirmer,' par des décrets spéciaux, l'ordre qu'il venait d'établir, et afin qua, force restât à cette grande mesure de la rédaction définitive du Martyrologe, la congrégation des Rites défendit, sous les peines de droit, par un décret du 11 août 1691, de faire l'office et dire la messe de tous les saints et bienheureux qui ne se trouveraient pas inscrits dans ce catalogue universel, à moins que leur culte ne fût appuyé sur une possession immémoriale, ainsi qu'il existe pouï plusieurs saints, évoques ou autres, dans un grand nombre de diocèses particuliers. Or, les saints qu'on découvre journellement dans les catacombes, sont inconnus • par conséquent, ils ne peu-

^S. Aiigiist., serai si?

vent se tronver au Martyrologe, ni avoir été l'objet d'un culte immémorial; rien n'est donc plus naturel que l'application qui leur est faite du décret du 11 août 1691. Pour en pouvoir légitimement faire l'offico ou célébrer la messe, il faut obtenir préalablement une autorisation spéciale de la congrégation des Rites ; du reste, cette autorisation est toujours accordée lorsqu'on la demande *. »

16. Les mesures prises par saint Eutychien pour assurer l'authenticité des reliques des martyrs, avaient alors une triste opportunité. La persécution d'Aurélien moissonnait sur tous les points du monde des milliers de fidèles. A Rome, le lecteur Synesius, ordonné jadis par le pape saint Sixte II, signalé à l'empereur comme un des ministres les plus zélés de la foi de Jésus-Christ, Eut la tête tranchée, le 12 décembre 274. Quelques mois après, lulius et Basilides, avec vingt-deux autres confesseurs, avaient le même sort. Le 10 août suivant, cent soixante-cinq soldats chrétiens étaient amenés sur la voie Salaria, pour y recevoir la couronne du martyre. A Ostie, cinquante autres soldats, qui avaient liaguères reçu le baptême des mains de saint Félix I, versaient de même leur sang pour la foi. Eutrope, Zozime et leur sœur Bonosa, également convertis par saint Félix, montrèrent le même courage et partagèrent la même récompense. A Sora, une vierge illustre, Restituta, épuisait la rage des bourreaux et défiait la colère du proconsul Ag it-i' :s. A Preneste, aujourd'hui Palestrina, un enfant de quinze ans, Agapitus, était soumis à la plus cruelle flagellatio!i. Au milieu des tourments, il élevait la voix pour bénir le nom de Jésus-Christ. Le préfet Antiochus ne put vaincre sa constaricf, et le noble adolescent ne cessa de prononcer ce nom divin que quand la hache du licteur eut fait tomber sa tête. Le greffier, Anastase, chargé de présider au supplice, fut tellement frappé du couraj,^e du jeune martyr, qu'il se déclara lui-même chrétien. On l'arrêta, et, quelques jours après, il était conduit à Salone, pour y être in-

* D. Guéranger, Explications sur les corps de^ sru'nts martyrs citmifs des (fêiacombes de Rome et sur le culte qu'on leur rend, pag. 13-19, Angers, lii3tf.

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terrogé par Aurélien. L'empereur lui reprocha, comme une trahison, sa foi nouvelle. Mais Anastase resta invincible dans sa généreuse confession et fut décapité. A Glusium en Étrurie, le diacre Irénée et la noble matrone Mustiola; à Sutri, le prêtre Félix, versèrent aussi leur sang pour la foi. Les édits de proscription avaient été promptement portés à la connaissance de tous les gouverneurs de provinces. L'Orient, témoin naguère de la douceur affectée d'Aurélien envers l'Église de Jésus-Christ, compta de nombreux martyrs. En Gappadoce, un berger, saint Mamas, vulgairement connu sous le nom de saint Mammès, expirait au milieu des tourments '. Le frère de saint Grégoire le Thaumaturge, Athénodore, évêque d'une cité du Pont, fut brûlé vif. A Iconium, en Isaurie, Conon et son fils étaient suspendus par les pieds au-dessus d'un brasier à demi éteint, dont la fumée les étouffa. En Pamphyhe, saint Héliodore; à Ancyre, Philomenus; à Ptolémaïs, saint Paul et sa sœur Juliana, avecle soldat Stratonicus, mouraient pour le Ghrist.

17. Le sang chrétien inondait le monde. Cependant Aurélien élevait un temple au dieu soleil, et instituait des jeux annuels en l'honneur de cette divinité. Une entreprise plus sérieuse fut celle des fortifications de Rome, qu'il développa autour de la ville éternelle sur une étendue de près de cinquante milles. Aurélien avait la manie du bâtiment. A Ostie, il élevait en marbre et en porphyre un forum magnifique, auquel il donna son nom. Pour tous ces travaux somptueux, ou gigantesques, il fallait de l'argent. l'empereur, à son retour d'Orient, avait fait libéralement aux débiteurs du trésor public la remise de leurs dettes. On avait accueilli [a mesure avec enthousiasme. Mais quand les besoins du fisc se furent multipliés avec les constructions nouvelles , Aurélien crut pouvoir impunément doubler les impôts. Les acclamations de la veille se changèrent alors en cris de rage. La plèbe se révolta et vint camper sur le mont Cœlius. Heureusement pour Aurélien, l'armée lui de<

' Au commencement du xiii» siècle, on transporta le chef de S, Mam di: Constantinople à Laugres. C'est depuis cette époque que le cuite berger msirtyr est devenu si célèbre dans nos contrées.

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roeura fidèle. Tous les séditieux, cernés dans leur retraite, furent massacres. Cette victoire, si l'on peut l'appeler ainsi, coûta la vie à sept mille soldats. Elle mit fin à la popularité de l'empereur, qui profita de la circonstance pour faire égorger, dans les familles' patriciennes, tous ceux qu'il soupçonnait de n'aimer pas son gouvernement. A ce titre, il aurait pu complètement dépeupler Home, j! aima mieux s'en éloigner, et, sous prétexte que les Gaules, désorganisées depuis seize ans, avaient besoin de sa présence, il s'y transporta. Une antique cité, dévastée récemment parles barbares, Genabum était en ruines. Elle eut à s'applaudir du voyage d'Aurélien, qui la fît relever et lui donna le nom sous lequel elle est maintenant connue, Aurélia (Orléans).

18. Cette restauration fut la seule mesure réellement utile qui ait marqué le dernier voyage d'Aurélien dans notre patrie. Le temps de son séjour ne fut employé qu'à des massacres de chrétiens. A partir de Vienne, où il s'arrêta quelques jours, jusqu'à sa .ortie des Gaules, son passage fut marqué par de nouvelles traces uO sano-. On eiàt dit qu'il voulait dépasser, comme empereur, les cr.aatés qu'il avait précédemment exercées, comme simple général. A Autun, le prêtre saint Paul, avec dix de ses compagnons, zii mis à mort. L'évêque saint Révérien fut massacré sur le territoire des Nivernenses (Nevers). La réputation d'Aurélien était telle : u"à son approche les populations chrétiennes prenaient la fuite. tX' fal sans doute à cette époque que la terreur publique imagina celte chanson, dont Vopiscus nous a conservé un vers : « Nul ne bcin autant de vin que ce César a versé de sang '. » Les forêts vC'i£:nes à' Mtmodurum (Auxerre), étaient remplies de chrétiens fugitifs. Aurélien y envoya Alexandre, officier de ses gardes, avec ordre de les massacrer tous. Le proteclor sacri lateris (c'est le titre sous lequel cet Alexandre est désigné dans les Actes), s'engagea, à la suite de quelques guides païens , dans l'épaisseur des forêts. Arrivés au lieu qui s'appela depu'* Tussiacnni (Toussy-sur- Yonnf»), les soldats romains se virent en urésence d'une mui'.'tuue

* Vopiscus, In Aurelianum.

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de fidJ-Tes qui chantaient les hymnes du Seigneur. Leur évoque Piiscus était au milieu d'eux et se prcparaità offrir le divin sacrifice. (i Séditieux! lui cria Alexandre. Vous êtes découverts! — Nous ne sommes point des séditieux, répondit Priscus. Nous sommes les sujets fidèles de l'empereur, et nous sommes réunis cour adorer Jésus- (Jluist, notre rédempteur et notre Dieu. — Quoi! dit Alexandre, vous avez l'audace de vous déclarer chrétiens, en présence mêmis (les envoyés de l'empereur! — Un cri unanime s'éleva de toutft l'assemblée. Oui! dirent les fidèles, le Dieu qui donne la vie aux empereurs nous fait la grâce d'avoir ce courage. — C'est Jupiter qui protège nos princes, dit Alexandre. — Vous vous trompez, reprirent les chrétiens. Jupiter ne fut qu'un homme déshonoré par ses crimes. 11 ne saurait être l'auteur de la vie. — Mensonges el blasphèmes ! reprit Alexandre. Vous êtes fascinés par les prestiges de je ne sais quel misérable, crucifié autrefois pour ses méfaits. Le dieu duraonde est Jupiter. Adorez-le, ou j'exécuterai sur l'heurô !cs ordres du César Aurélien. — Faites ce qui vous est commande dirent les fidèles. Nous n'abandonnerons pas le culte du créa:leur pour celui de la créature! — En ce moment Priscus s'appracha de l'officier romain, et le pria de se retirer un instant, comme pour laisser à l'assemblée le temps de délibérer sur sa proposition. Alexandre y consentit, dans l'espoir que le vieillard emploierait son influence à calmer les esprits. C'était précisément le contraire que se promettait le saint évêque. Quand les soldats romains se furent un peu écartés, il adressa à tout son peuple des paroles brûlantes, à l'encourager au martyre. Nous mourrons tous pouï Jésus-Christ! Nous en faisons le serment! dirent-ils. — Priscus reçut leur déclaration solennelle et la transmit à Alexandre. Pour toute réponse, l'officier romain fit décapiter le saint évêque, et donna l'ordre de commencer le massacre. Tous les chrétiens s3 laissèrent égorger, comme ils l'avaient promis. Un seul d'entre eux, Cottus, à la faveur du tumulte général, saisit la tête du saint évêque, et s'enfonça avec son pieux fardeau dans l'épaisseur de la forêt. Des soldats se mirent à sa poursuite et le tuèrent. C'ottu.s n'avait point quitté, même po niourant, la tête de Priscus. Lea

fidèles du voisinage l'ensevelirent avec elle, au lieu même où il avait souffert la mort. Un village s'éleva depuis sur cet emplacement. Il porte le nom de Saint-Prix, abréviation vulgaire du nom romain de Priscus.

19. Les mêmes scènes de carnage se renouvelèrent au territoire des Tricasses (Troyes). Elles furent présidées par Aurélien en personne. Sous la direction du prêtre Eusèbe, qui avait, quelques années auparavant, donné la sépulture au martyr saint Patrocle, une chrétienté florissante s'était perpétuée en ce pays. Un vieillard étranger, Sabinianus, s'était fixé non loin de la ville, dans une humble retraite où il passait les jours et les nuits dans la prière et l'exercice des bonnes œuvres. Le nom de Fidiacum (Foicy), est resté à ce lieu, comme un souvenir de vertu chrétienne, survivant aux révolutions des âges. Sabinianus comparut devant l'empereur, subit les divers supplices de la flagellation, du chevalet, des torches ardentes, et eut enfin la tête tranchée par un soldat '. Sa sœur, Sabina, plus connue de la piété des fidèles sous le nom de sainte Savine, arriva trop tard pour revoir ici-bas le frère qui venait d'inscrire son nom au catalogue des martyrs. En apprenant sa mort glorieuse, Sabina se mit en prières, et demanda à Dieu de la rappeler elle-même à lui. Son vœu fut exaucé, et cette martyre de la piélo fraternelle expira au lieu même où la nouvelle du trépas de Savinien lui était fortuitement parvenue ^. Une autre vierge chrétienne, Julia, fut décapitée, par ordre d'Aurélien, avec dix autres confesseurs, Claude, Justa, Jocunda, Ternus, Antoine, Irène, Théodore, Apollonius, Papyras et Satur. Leurs corps furent jetés dans un puits qui prit plus tard le nom de puits de Sainte-Jule.

> Les reliques de saint Savinien furent transférées, vers l'an 640, du vil lage de Siinte-Syre-sur-Seine, lequel portait autrefois le nom de Saiut-Savinien, dans la catbédrale de Troyes, où elles n'ont cessé d'être en vénération.

» Le Martyrologe romain fait mention de saint Savinien le 29 janvier, et

de sainte Savine. le 29 août. Le corps de sainte Savine fut longtemps con-

ervé à l'abl aye de Moutier-la-Celle, dans le voisinage de Troyes. Le lieu

où expira la sainte vierge, fut consacré par une église qui porte son nom,

daus l'ua des faubourgs de la cité.

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