‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 3)Chapitre 84 sur 96 · I.:- lirions ;> o · texte numérisé non relu

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d-.i»Grande- sa destinée ic dégageait peu à peu des entraves qui semblaient

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.v^i.r.ci;, fils devoir étouffer sa gloire naissante. Issu, comme nous l'avons dit, '.i-.rciyie à d'un premier mariage de Constance-Chlore avec une pieuse chré-

ci le d'à César tienne, Hélène, dont nous discuterons plus loin l'origine, Constantin, Sôïèrc. après la répudiation de sa mère, sans faveur, sans protection aucune, fut réduit à s'attacher à la cour de Dioclétien. Il porta les armes en Egypte et en Perse. Sa valeur, son affabilité le rendirent bientôt populaire dans les camps. L'abdication de Dioclétien le rejeta sous la puissance de Galerius, qui, jaloux de son crédit auprès des soldats, voulut se défaire de lui, en l'excitant à se battre publiquement dans l'arène d'abord contre un gladiateur sarmate ensuite contre un lion. Constantin, sorti heureusement de ces épreuves, 8e déroba par la fuite aux complots de Galerius. Afin de n'être pas poursuivi, il fit couper de poste en poste les jarrets des chevaux dont il s'était servi. Il rejoignit son père à Boulogne, au moment où celui-ci, vainqueur de Carausius, s'embarquait pour la Grande- Bretagne. Constance mourut à Eboracum (York), quelques mois après (306). Les légions, par un dernier essai de leur puissance, sans attendre l'élection du palais, proclamèrent Constantin empereur. Galerius, malgré son mauvais vouloir, fut contraint de laisser la paissance à ce rival odieux. D'autres mécomptes lui étaient ré-

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serves. Sa tyrannie avait révolté les Romains qui secouèrent le joug et donnèrent la pourpre à Maxence, fils de Maximien-Hercule. Ce dernier, sortant de sa retraite, vint se joindre à son fils, gagna à force de présents l'armée que Galerius fit marcher en Italie sous la conduite de Sévère, son collègue h l'empire, et força ce général à s'ouvrir les veines (307). Galerius en personne accourut alors avec ses légions aux portes de Rome. Il trouva cette ville fortifiée et défendue par Maximien et Maxence, qui avaient prévu son attaque. Deux légions l'abandonnèrent et il s'enfuit honteusement avec le reste, faisant ravager tout le pays sur son passage pour ôter aux deux empereurs la possibilité de le poursuivre (308). 46. Le contre-coup de ces agitations venait encore ajouter aux maux de l'Église, si cruellement éprouvée déjà par l'orage des persécutions et par les calomnies des philosophes. Au milieu de ces tempêtes, elle trouvait parmi ses enfants d'habiles et ardents défenseurs. L'antiquité chrétienne nous a conservé le souvenir des nombreux travaux de saint Méthodius, d'abord évêque d'Olympia, ville maritime de Lycie, puis évêque de Tyr. Saint Jérôme l'appelle l'orateur disert; saint Épiphane, un glorieux athlète de la vérité; saint Grégoire de Nysse, un puits d'érudition ; André de Césarée, le grand Méthodius. Il écrivait durant le cours de la persécution de Dioclétien , dont il fut lui-même une illustre victime. Son principal ouvrage fut une réfutation des quinze livres d'impiétés, de calom nies et de sarcasmes, que le philosophe Porphyre avait compilés contre la religion chrétienne. Il ne nous reste de cette œuvre capitale de saint Méthodius que des fragments cités par saint Jean Damascène. Il y avait du courage à prendre en main une pareille cause, alors que les chrétiens au ban de l'univers ne rencontraient partout que des bourreaux et des supplices. Les erreurs d'Origène, ou du moins celles qui s'accréditaient sous ce nom en Orient, attirèrent aussi l'attention de Méthodius. Il écrivit pour les combattre plusieurs traités particuliers sur la Résurrection, sur l'épisode de la Pythonisse d'Endor que Samuel fit apparaître au roi Saûl, sur le Libre arbitre et sur les Créatures. Des

commentaires sur la plupart des livres de l'Écriture complétaient le cycle de cette vie si utile et si occupée. Tous ces ouvrages, écrits en grec, onx été perdus pour nous. La persécution qui fermait le monde aux chrétiens leur avait ouvert la voie des solitudes. On vit à cette époque le désert se couvrir de fleurs, selon l'expression des Prophètes. Déjà saint Paul, premier ermite, on 250, lors de la persécution de Dèce, avait inauguré le chemin des solitudes chrétiennes où des générations d'âmes devaient le suivre. Un autre patriarche de la vie anachorétique illustrait en ce moment le désert. C'était saint Antoine, né en Egypte de parents nobles et iiches. A vingt ans, il entendit lire dans une église la parole de l'Évangile : « Si vous voulez être parfaits, allez, vendez ce que vous avez, donnez-en le prix aux pauvres et suivez-moi : vous aurez un trésor dans le ciel. » Il prit le conseil évangélique à la lettre. Le lendemain, ne possédant plus rien de l'opulent héritage de ses aïeux, il sortit de son pays et se mit sous la conduite d'un saint vieillard qui vivait depuis longues années dans la solitude. Le produit des nattes de jonc qu'il fabriquait de ses mains suffît dès lors à la nourriture de ce jeune homme habitué jusque-là aux délicatesses du luxe et de l'opulence. Il s'appliquait ù étouffer tous les souvenirs du monde, et méditait constamment les Écritures qu'il réussit à posséder en entier dans sa mémoire. Le iémon lutta énergiquement pour étouffer dans cette âme héroïque \e germe des vertus qui devaient se développer plus tard avec tant d'éclat , pour l'honneur et l'avantage spirituel de l'Église. D'impurs fantômes , des réminiscences mondaines , la noblesse de son origine, le désir de la gloire, les plaisirs de la vie, revenaient sans cesse à la pensée du jeune anachorète qui s'enfonçait alors plus avant dans la solitude, redoublant de prières, de veilles, de jeûnes et d'austérités. Ces combats intérieurs, si connus sous le nom de « tentation de saint Antoine », se terminèrent par une éclatante victoire sur l'esprit de ténèbres. Comme il disait un jour dans l'amertume de son cœur : « Où êtes-vous. Seigneur et pourquoi m'avez-vous abandonné? » une voix lui répondit : « Je n'ai pas cessé d'être à tes côtés, j'ai voulu être

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