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82 PONTIFICAT DE SAINT SIBICIUS (38o-398).
prédit qae sa fia à lui-même était proche. «Cependant, continue Sulpice-Sévèr^j on vint lui apprendre qu'une division avait éclaté parmi "i"»s prêtres de l'église de Condat (Candes *). Il partit aussitôt, bien qu'il sûf que ce serait là son dernier voyage sur la terre. Mais il voulait terminer sa carrière mortelle par un acte de charité et dt; paix. Ses disciples l'accompagnèrent en grand nombre dans ce voyage. En traversant une rivière, le bienheureux vit des plongeons qui voltigeaient à la surface de l'eau, et^ fondant tout à coup sur leur proie, ramenaient dans leur bec un poisson. Voilà, dit-il , l'image des démons. Ils sont à l'affût des âmes imprévoyantes, ils les surprennent par leur brusque attaque, les dévorent et ne peuvent jamais se rassasier. — Elevant alors la main, il fît un signe de croix, et la bande des oiseaux voraces, abandonnant le fleuve, se dispersa dans la campagne et ia forêt voisine. Quelques passants, témoins de ce prodige, reconnurent le saint évêque. Dans leur admiration, ils disaient : Martin chasse les démons, et les oiseaux du ciel obéissent à sa voix I — Le bienheureux poursuivit sa route. Il séjourna quelque temps à Condat, rétablit la concorde parmi les clercs et se disposait à reprendre le chemin de Tours, quand il fut atteint d'une paralysie qui lui enlevait l'usage de ses membres. Ses disciples accoururent : Mon corps va se dissoudre, leur dit-il. — A cette parole, les pleurs et les sanglots éclatèrent. Ji Pourquoi nous abandonnez-vous, ô Père ! s'écrièrent-ils. A qui con- r^ fiez-vous la garde de vos fils orphelins? Les loups ravissants vont Îb venir dévaster votre troupeau. Quelle main saura nous défendre, .i quand nous aurons perdu notre pasteur? Nous savons que vous 'tU n'aspirez plus qu'au bonheur de vous réunir à Jésus-Christ; mais lii votre récompense est certaine. Pour être différée, elle n'en sera tt pas moins grande! Ayez plutôt pitié de nous, et ne nous aban- rii donnez pas! — Je n'assistais point à cette scène déchirante, ajoute ii\ Sulpice-Sévère : mais ceux qui en furent témoins, m'ont dit qu'en lé ce moment, J 'homme de Dieu, attendri par ces plaintes, laissa couler lai ïes larmes. i!<e» eatrailles de sa charité s'émurent pour son trou- J
^Caodes est Aujourd'hui une bourgade du départemeQt d'Indre-et-Loil% «iH caQiou «^ CbmoOj au confluent de la Vienne et de la Loire.