‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 4)Chapitre 22 sur 77 · CHAÎ'. I. — SACRE DE S. AUGUSTIN ET DE S. CHRYSOSTOÎIE. Ç · texte numérisé non relu

CHAÎ'. I. — SACRE DE S. AUGUSTIN ET DE S. CHRYSOSTOÎIE. Ç

poste, environnés d'une escouade de tachygraphes. La discussion dura deux séances. Fortunatus ne put détruire aucun de? ar^u^ mnnts qui lui furent présentés en faveur du dogme catholique, ni ' prouver une seule des assertions qu'il posa lui-même en faveur da Manichéisme. Pressé par Augustin dans ses derniers retranchements, et cherchant en vain une réponse qu'il ne trouvait pas, il iinit par demander du temps pour consulter ses anciens. Cette défense fut accueillie par les huées de l'auditoire. Le lendemain, Fortunatus quittait Hippone et n'y revint jamais '. »

5o. « De nombreuses conversions attestèrent le succès de l'homme de Dieu, reprend Possidius. Augustin prêchait, publiquement et en particulier, dans les maisons et à l'église, la parole du salut. 11 combattait avec une ardeur infatigable les erreurs et les hérésies qui désolaient alors l'Afrique, C'était surtout contre les donatistes, les manichéens et les idolâtres qu'il avait le plus souvent alîaire. Tantôt par des livres, tantôt par dde discours d'apparat, tantôt par des polémiques improvisées où son éloquence atteignait une prodigieuse sublimité, il réduisait ses adversaires au silence. Les chrétiens le suivaient partout où il portait ses pas. On l'applaudissait avec transport et chacune de ses excursions était un véritable triomphe. C'est ainsi qu'avec l'aide de Dieu l'Église catholique, si longtemps opprimée sur le sol africain, osait relever la tête. Dans les années précédentes, les Donatistes, avec leur réitération ou plutôt leur profanation du sacrement de baptême, étaient maîtres de toutes les églises et avaient pour eux une majonlé formidable. Maintenant les écrits d'Augustin, se succédant avec une rapidité merveilleuse, ét^^ient dans toutes les mains. On admirait leur doctrine, on ne pouvait se lasser de les lire. Ou Lien, on courait entendre le docteur lui-même. Les hérétiques se Dressaient ea fuulo à ses instructions toutes pleines de la majesté de l'Écriture et

pourrnit offrir nn prend intcrùt, au point de vue de l'organisation des manichéens en sor.iélé secrète, ayant, cûUîoie celles de nos jours, des initiations euccessives, des grade» inférieurs où les adeptes étaient tenus dans l'igno» rauce nhsoiue des tendances réelles de la secte, laquelle était dirigée par qutMnues chefs qui en possédaient seuls le secret. » l'ossidius, Viia S. Àugustiiai Pair, lat., tom. XXXll, col. S8.

de la pîas pure sève de la vérité. On payait des tachygraphes pour recueillir chacune des paroles qui tombait de ses lèvres inspirées. Ainsi se répandait dans toutes les provinces d'Afrique la saine doctrine, la suave odeur de Jésus-Christ mieux connu et plus (idèleraenl adoré. L'Église de Rome, en apprenant ces merveilles, crut devoir nous en témoigner sa joie. Elle avait compati à uoa souffrances, elle se réjouissait maintenant de nos triomphes * ! »

57. a Plus que tout autre, continue Possidius, le bienheureux Valère tressaillait d'allégresse. Mais, comme l'esprit humain est toujours porté à se créer des inquiétudes, il commença à craindre que son trésor ne lui fût enlevé et qu'une église vacante n'élût Augustin pour ca occuper le siège épiscopal. Déjà, eu effet, le cas s'était présenté. Mais Yalère, prévenu à temps, fit cacher son prêtre bien-aimé dans une solitude où Ton ne put le découvrir. Cet incident redoubla les craintes du saint vieillard. Il voyait chaque jour ses forces s'affaiblir. Sts infirmités augmentaient avec l'âge et lui faisaient pressentir sa fin prochaine. Il adressa donc, dans le plus profond secret, une lettre confidentielle à l'évêque de Carthage, Aurelius, son métropolitain. Alléguant son âge avancé gt son état de plus en plus valétudinai e, il le priait de se rendre h Ilippone, pour sacrer Augustin comme son coadjuteur avec Suture succession. En même temps, et sans lui mander ce dont il 'Était question, il écrivait au primat de Numidie, Megalius, évoque ^e Calarae, de venir le visiter une dernière fois, parce qu'il se senîait mourir -. » — La pieuse industrie de Valère consistait, on le '«oit, à réunir inopinément dans sa ville épiscopale le nombre d'évêques exigé canoniquement pour un sacre. Il réussit dans cette première partie de son œuvre, au gré de ses désirs. Mais la seconde lui offrit plus de difii cultes. Aussitôt que la nouvelle se fut répan' due dans Kippone que le prêtre Augustin était désigné pour le siège de cette ville, la joie publique se manifesta par un enthousiasme indescriptible. Les évêques voisins accoururent en foule pour assister à cette cérémonie solennelle, et Valère, qui avait craint un instant de manquer de prélats consécrateurs, se vit entouré

^ Possid., Viia S. Àugustin.i cap. vxi. ^ * f ossidiusj iùid,, cap. viii^ ioc. cit.

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