‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 4)Chapitre 55 sur 77 · CHAP. IV. — MORT DE SAIKT ÉPIPHANE. 48T · texte numérisé non relu

CHAP. IV. — MORT DE SAIKT ÉPIPHANE. 48T

foi au Seigneur Jésus-Christ. Plaise à Dieu que les pervers eh«i;5sé3 d'Egypte n'aillent pas chercher un refuge dans vos contrées et y répandre le poison de leurs erreurs! Qu'on se souvienne du mot de l'Écriture : « Si quelqu'un vient à vous sans avoir la foi di" 'Église,' ne répondez même pas à son salut. » Il est bien superflu de vous tenir ce langage, à vous qui possédez à fond la science sacrée. Mais il convient toutefois d'éveiller '.'attention des hommes prudents et éclairés, n — Cette communication faite en temps opportun, et transmise à l'illustre solitaire de Bethléem par un de ces émissaires habiles que le patriarche d'Alexandrie savait si bien choisir et si largement récompenser, eut un plein succès. Saint Jérôme ne pouvait qu'applaudir aux efforts du patriarche contre rorigénisme. Il se hâta de répondre par une lettre [d'éloges. « Le monde entier admire votre zèle, lui disait-il. Les peuples voient avec bonheur l'étendard de la vraie foi déployé dans la méiropole de l'Egypte, et l'hérésie partout vaincue. Courage donc i Courage ! Vous venez de prouver que votre silence était sagesse et non complicité. Je parle librement à votre référence. Moi aussi je vous ai parfois accusé d'être trop patient, ma«5 je vois aujourd'hui que si TOUS avez suspendu vos coups ic'éfcait pour frapper avec plus do force, i) Théophile na laissa pas refroidir l'élan de saint Jérôme. Il imagina, dans sa lettre pascale de cette année, de traiter à fond la question de l'origénisme, comme si cette question eût été très-vivement controversée alors en Egypte. On sait que les lettres pascales étaient des encycliques expédiées par les patriarches a tous les évêques de leur juridiction pour indiquer le jour où devait se célébrer la fête de Pâques. Il n'était nullement question en Egypte ni dans les monastères de Nitrie des erreurs depuis longtemps condamnées d'Origène. Mais Théoph'le avait besoin qu'on crût le contraire. C'étaitson expédient théologique pour justifier les déplorables excès auxquels il venait de se porter. En conséquence, la lettre pascale de l'année 401 roula sur ce sujet. Elle fat, selon l'usage, datée du jour de l'Epiphanie et immédiatement répandue dans tout l'Orient. Saint Jérôme en reçut le premier exemplaire. Il était d'avanca disposé à trouver cette élucubration admirable. Aussi se mit-il sur-.

le-champ à la traduire du grec en latin, afin de l'envoyer à ses amis ds Rome. C'était précisément ce qu'avait espéré Théophile, Pendant que les plaintes de Bes victimes arrivaient au souveraia pontife, saint Jérôme envoyait à la ville éternelle les plus chaleureux éloges du patriarche d'Alexandrie. « Je vous enrichis, disait-il, des productions du pays oii se lève l'aurore. Je transmets à Rome les trésors d'érudition et de foi de l'Egypte chrétienne. C'est maintenant qu'on peut dire avec le Prophète : « L'autel du Seigneur s'élève au centre de la terre de Misraïm. » La grâce surabonde où le péché abondait jadis. Jésus enfant trouvait sur les rivages du Nil un refuge contre les fureurs d'Hérode; la foi de Jésus-Christ, parvenue à l'âge de sa virilité, y compte aujourd'hui ses plus héroïques défenseurs. Théophile d'Alexandrie chasse de sa métropole l'hérétique Origène, banni de son vivant par le patriarche Démétrius. Que dis-je? Il ne le proscrit pas seulement sur la terre d'Egypte, il le proscrit par tout l'univers! Où donc est-il maintenant ce docteur de mensonge, aux replis tortueux comme ceux du serpent? Où est-elle cette vi %re venimeuse, cette hérésie dont le sifflement sacrilège nous représentait, Théophile et moi, comme ses plus ardents complices? Voyez comment elle est écrasée sous l'éloquence du courageux patriarche ; et priez le Seigneur que cette circulaire fameuse, en passant par le latin dont je l'ai revêtue, ne perde pas les charmes qui l'ont fait admirer dans l'original. Priez afin que la chaire de Pierre prince des apôtres daigne confirmer l'enseignement de la chaire de Marc l'évangéliste I »

21. On sera tenté peut-être d'incriminer ici la confiance excessive de saint Jérôme et l'ardente sympathie qu'il témoignait si précipitamment à l'hypocrite patriarche. Il est facile de se faire cette illusion à distance. Habitués que nous sommes aujourd'hui, grâce à la rapidité des communications, à voir en quelques jours démentir par des renseignements positifs un bruit hasardeux ou prématuré, nous Bommes disposés à juger du passé d'après nos usages modernes, un prendrait en pitié de nos jours un homme d'État qui prendrait une décision importante sur la foi d'un télégramme isolé, dou.il n'aurait pas contrôlé préalablement l'exactitude. Mais

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