‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 4)Chapitre 66 sur 77 · CHAP. V. — RAPPEL DE CHRYSOSTOME. S · texte numérisé non relu

CHAP. V. — RAPPEL DE CHRYSOSTOME. S

précipite comme un torrent, avec le fracas des grandes eaux. La torrent, c'est Yok-e zèle; le bruit des eaux, c'est votre voix répétée par cent mille bouches et faisant monter jusqu'aux cieux lo témoip gnage de votre filiale tendresse. Vos prières sont ma couronne, plus précieuse que tous les diadèmes. Je vous revois dans cette basilique sacr;''C , oii reposent les reliques des apôtres. Banni comme eux, je reviens près de ces illustres bannis de l'antiquité. Là sont les cendres de Timothée, ici celles de Paul, ce stigmatisé de Jésus-Christ. Courage donc, et ne laissez jamais votre âme succomber devant les difficultés de la vie. C'est par le chemin de l'épreuve qu'ont marché tous les saints. Plus ils ont souffert dans leur corps, plus la paix de leur âme était parfaite. Et plût à Dieu que nous fussions toujours dans l'afliction 1 Le pasteur se réjouit quand il souffre pour son troupeau. Quelle joie n'est donc pas I9 mienne ! Je rentre au milieu de mes brebis, le loup a disparu. Il a pris la fuite. Qui l'a chassé? — Le pasteur? — Non, le pasteur était exile. Ce sont les brebis qui ont écarté le ravisseur ! Nobles brebis I En l'absence du berger, elles ont repoussé la bête cruella l Chaste épouse, en l'absence du mari, elle a éconduit l'adultère! — Et comment cela s'est-il fait? Par les armes, la lance ou le bouclier? — ^■on, mais car la force de la vertu, par la puissance de la prière. Les brebis ont témoigné leur docilité; l'épouse, son amour fidèle. Et cela suffisait. Maintenant où sont-ils, les ennemis, les ravisseurs? Enveloppés dans leur manteau de honte, ils trem'ûlent et se CMC lient. Cependant nous triomphons en plein jour. L'empereur, la noble Augusta, les princes sont avec nous et pour nous. Que vous dirai-je donc? Je ne sais qu'une seule parole. Que le Seigneur soit béni ; qu'il répande sa bénédiction sur vous et sur vos enfants. A lui la louange et la gloire éans les siècles des siècles; A 771 en ' ! »

7. Pour un homme paralysé des parties inférieures du corps, lequel venait de passer trois jours au milieu d'une émeute, quatre autres jours sur les grands chemins de l'exil, et enfin cette dernière

« S. Joann. Chrysost., Post rediturn ; Pjtr. fjrœc, loin. LU, col- 439-414.

journée sarmi des émotions capables d'anéantir le tempérament le plus vigoureux, il faut convenir qu'un tel discours ne manquait pas tout à fait de souffle. La moderne critique n'y avait pas songé. Cependant, Eudoxia avait envoyé tous ses courtisans grossir le cortège de l'archevêque. Le soir même, lorsque Ghrysostome put enfin goûter quelque repos dans sa demeure épiscopale, elle lui adressa un message ainsi conçu : « Mes vœux sont exaucés; j'ai obtenu ce que je voulais. J'ai rendu au troupeau son pasteur, au navire son pilote. C'est là pour inoi une couronne que j'estime plus précieuse que mon diadème, »

8. Le lendemain, la multitude aussi nombreuse que le jour précédent envahit la basilique. L'impératrice Eudoxia vînt elle-même pour rajeunir en quelque sorte sa popularité, au milieu de ces touchantes démonstrations. Ghrysostome parut sur îe trône épiscopai et des applaudissements sans fin ébranlèrent les voûtes de l'édifice. Le discours de la veille n'avait été qu'une sorte dallocution de circonstance. On attendait une homélie en règle. Le peuple comptait sur son orateur. L'orateur s'éleva plus haut encore que les espérances populaires. Jamais peut-être le génie de Ghrysostome ne brilla d'un plus vif éclat. Nous allons reproduire en entier cette improvisation aussi brillante que mesurée, aussi éloquente que modeste, où l'illustre archevêque passe en revue tous les faits accomplis avec autant d'à-propos que de modération, avec une finesse, un tact, un goût merveilleux. «Autrefois, dit-il, le Pharaon d'Egypte, dans sa barbarie native, rencontra l'épouse d'A- Lraham, dont la beauté frappa ses regards adultères. Un rapt eut lieu alors. La Providence divine le permit pour faire éclater à la fois la vertu de l'épouse, la patience du patriarche, la méchanceté du barbare, et enfin la justice et la bonté eélestes qui ne laissent jamais le crime impuni. Gette histoire du Testament antique, c'est ia nôtre, mes bien-aimés. Il s'est retrouvé un Égyptien pour jouer parmi nous le rôle du Pharaon. Le roi d'Egypte au temps d'Abraham -".ommandait à des soldats; l'Égyptien moderne a mis en avant ses protecteurs. Le Pharaon fit enlever Sara, l'Égyptiea jDoderûe a voulu envahir cette église. Sara fut détenue captive

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