‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 5)Chapitre 13 sur 103 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

Dieu nous ménage des intercesseurs plus rapprochés de son cœur et du nôtre. 0 mon roi, bannissez les sentiments d'une douleur trop humaine. Reprenez, d'un cœur vaillant, les rênes de votre empire, et dans la sérénité que donne la foi retrouvez la source des sages inspirations. En luttant contre votre tristesse, vous serez plus fort pour travailler à votre salut et à celui des autres. Il vous reste un royaume à administrer. Dieu vous a confié lui-même cette charge. Vous êtes le chef des peuples; c'est à vous qu'appartient le gouvernement. Qu'on ne vous voie donc pas abattu par la douleur, vous de qui tous attendent leur félicité. Soyez vous-même le consolateur de votre âme, et trouvez dans l'énergie naturelle de votre caractère la force dont vous avez besoin. Le roi des cieux a reçu parmi le chœur triomphant des vierges, au chant des hymnes célestes, la sœur que vous pleurez. Je vous fais remettre cette lettre parle prêtre Maccolus. Pardonnez-moi de ne point aller moi-même vous porter mes paroles de condoléance et d'exhortation. Si pourtant vous désirez ma présence, mandez-le moi, et, malgré la neige qui couvre tous les chemins durant cette rude saison, avec la grâce de Dieu, j'essaierai de vous rejoindre *. » Un tel langage n'était plus celui que l'évêque de Reims eût adressé quelques mois auparavant au Sicambre païen. La grâce du baptême avait transformé le cœur de Clovis et dompté la barbarie native des Francs.

» S. Remig., Epist. ad Clodov.; Pair, lat., tom. LXXI, col. 1157.

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