‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 5)Chapitre 18 sur 103 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

I ce pays, l'usurpateur avait chassé son jeune frère, qui fut obligé

de s'embarquer pour Ravenne. Sa malheureuse mère Theudegotha mourut durant la traversée. Dans une bataille livrée en 509 à Barcelone, Ibas vengea tant de désastres. Gésalric vaincu s'enfuit à Carthage, ou Thrasamond, autre beau-frère de Théodoric, lui donna d'abord l'hospitalité. Mais, sur les instances du roi d'Italie, il le força bientôt de quitter l'Afrique. Avec une énergie vraiment extraordinaire, Gésalric parvint à traverser toute l'Espagne, relevant le courage de ses partisans et leur promettant de nouveaux triomphes. Il put gagner l'Aquitaine, où Clovis lui fit passer des secours en argent et en hommes avec lesquels il revint se faire tuer par Ibas, en 511, sous les murs de Barcelone témoins de sa première défaite. Le roi d'Italie fit alors en personne le voyage d'Espagne, et ramena triomphalement son neveu, Amalaric. Siftge 32, Thierry et Gondebaud profitèrent de l'éloignement d'Ibas,

Thierry et pour veuir l'année précédente (510) mettre le siège devant la ville s. césaire d'Arlcs, qu'ils attaquèrent simultanément par les deux rives du Rhône, les Francs à droite et les Burgondes à gauche, du côté de la Provence. Cette manœuvre habile aurait probablement décidé la victoire en leur faveur, s'ils n'eussent trouvé une garnison vaillante prête à recevoir leur choc. « Des deux parts, dit M. du Roure, on sentait le prix d'une ville qui, séparant par sa situation ou reliant les possessions gothiques, en était réellement la clef. Après de longs travaux et des combats meurtriers, les assiégeants étaient enfin parvenus à faire une brèche aux tours et aux murailles. La courageuse obstination des assiégés semblait s'accroître avec le péril. Mais, la famine s'étant déclarée dans cette grande cité, les soupçons, les haines d'origine, de secte et de parti s'y manifestèrent par des divisions et des cruautés. Il arriva que des Juifs perfides, qui s'entendaient secrètement avec l'armée assiégeante , imaginèrent pour mieux voiler leurs desseins d'accuser l'évèque saint Césaire de trahison, sous prétexte de la charité qu'il exerçait envers les prisonniers francs et burgondes. Le désespoir est à la fois crédule et féroce. On se saisit de l'évoque pendant la nuit, on le chargea de chaînes, et déjà l'ordre était donné

lie le transporter sur la plate-forme d'une tour qui dominait le fleuve, pour le précipiter dans les flots à l'insu du peuple. Heureusement , une attaque inopinée des assiégeants prévint ce forfait. Césaire fut retenu captif dans la ville, et peu après les vrais coupables furent découverts et punis du dernier supplice, pendant que le saint évoque, rendu à la liberté, se vit pour un temps à l'abri de la calomnie. Cependant le comte Maroboduus, lieutenant de Théodoric et gouverneur de Marseille, parut devant Arles avec un corps de troupes qui força Thierry et Gondebaud à lever le siège. Dans leur retraite, ils abandonnèrent un assez grand nombre de prisonniers aux mains des Goths. La situation de ces captifs, qu'on laissait mourir de faim, était déplorable. Gondebaud envoya par le Rhône à saint Césaire trois bateaux chargés de vivres et de vêtements destinés à ces malheureux. Cette fois, les Goths, que le passé tenait en éveil, s'alarmèrent, et crurent que l'évêque était réellement d'intelligence avec l'ennemi. Dénoncé à Théodoric, Césaire fut mandé à Ravenne pour y répondre à une accusation de lèse-majesté. Il fit le voyage, accompagné du prêtre Messianus (saint Messien). Introduit au palais, il parut devant le roi qui, l'ayant considéré quelques minutes en silence, se leva et se découvrit par respect pour l'auguste vieillard. Interrogé sur les circonstances qui lui étaient reprochées, Césaire n'eut pas de peine à se justifier. <( Cet homme me représente un ange du ciel, dit Théodoric. Pourquoi l'avoir contraint inutilement à un si long voyage? Que Dieu punisse ses accusateurs! » Sorti de l'audience royale, Césaire reçut en don un bassin d'argent avec trois cents solidi d'or. Le lendemain, le roi ayant appris que l'objet avait été vendu par l'homme de Dieu pour grossir la somme destinée au rachat des prisonniers, ajouta une nouvelle off"rande au trésor de la charité épiscopale. L'évêque d'Arles ainsi comblé se rendit à Rome au sortir de Ravenne. Il y venait solliciter en faveur de sa métropole la confirmation du droit hiérarchique sur la Provence et la Septimanie ', que l'évêque de

' On avait donné le nom de Septimanie à l'ancienne Narbonnaise, à cause des sept diocèses renfermés dans sa circonscription : NîmeSj Maguelonne,

de Tours.

132 PONTIFICAT DE SAINT STJIMAQUE (498-ol4).

Vienne, saint Avit, lui contestait *. » Césaire fut accueilli par le pape Symmaque comme un héros de la charité et de la foi. Il obtint ce qu'il demandait; le souverain pontife lui remit de sa main le palHum, et le renvoya dans sa ville épiscopale dont il devait occuper le siège jusqu'en 542.

cioTis au 33. Clovis, en revenant de son expédition victorieuse, s'était ar-

tombeau de •■,•,•■,• n r

saint^Martin pêté à Tours, OU il voulait, par de magnifiques présents, témoigner sa reconnaissance au bienheureux Martin, l'un des deux protecteurs célestes dont l'assistance l'avait suivi dans ses combats lointains. <c Monté sur son cheval de guerre, disent les Gesta, revêtu d'une tunique de pourpre et d'or, le front ceint du diadème, il se dirigea vers la basilique du confesseur, escorté par une multitude de peuple qui l'acclamait et à laquelle il faisait jeter des pièces d'argent à pleines poignées. Il déclara aux matricularii (trésoriers) de l'église qu'il offrait son coursier au bienheureux Martin, mais qu'il le lui rachèterait au prix de cent solidi d'or '*-. Après avoir prié sur le tombeau du saint et y avoir déposé de riches offrandes, il revint à Vatrium, compta aux matricularii la somme convenue pour le rachat du coursier royal, sur lequel il remonta. Mais l'animal ne voulait plus bouger de place, malgré les efforts de son cavalier. Clovis fit alors verser une autre somme pareille à la première entre les mains des trésoriers, et aussitôt le cheval se remit de lui-même en marche. Cet incident produisit une hilarité universelle dans la foule. Clovis s'y associant lui-même s'écria, dit-on : En vérité, le bienheureux Martin est un bon défenseur, mais il est un peu cher dans ses comptes ^ ! » — Ce fut à Tours que le roi des Francs

Béziers, Agde, Narbonne, Carcassonne et Elne près Perpignan. Elne, autrefois appelée Illiberis et plus tard Helena (Elne), en l'honneur de la mère de Constantin le Grand, est aujourd'hui une bourgade de deux mille habitants, dans le département des Pyrénées-Orientales, à 13 kilomètres S.-E. de Perpignan.

1 Du Roure, Hist. de Théodoric, tom. Il, pag. 31-38. A propos de la réclamation faite par saint Césaire au pape Symmaque, M. du Roure fait observer qu'elle est « une preuve surabondante de la suprématie de juridiction exercée alors par les successeurs de saint Pierre. »

2 C'est encore là une forme du tvehr-ghild appliqué à un vœu de religion. — 3 Roric, Gest. Franc; Pair, lat., tom. CXXXIX, col. 615.

CHAr. II. — ÉGLISES DES GAULES. 133

reçut une ambassade solennelle envoyée à son excellence * par l'empereur d'Orient, Anastase le Silentiaire. Le vieux César eutychéen était alors ouvertement brouillé avec Théodoric, qui ne s'était nullement préoccupé de faire souscrire l'Hénotique parle pape Symmaque. La mauvaise humeur de la cour de Byzance se traduisit d'abord par une descente en Italie, opérée à l'extrémité du Brutium (Calabre actuelle) par un corps de huit mille hommes, sous la conduite de Romanus comte des sacrés domestiques et de Rusticus chef des scolarii de la garde impériale (507). « Cette ridicule expédition, dit Jornandès, se borna à quelques actes de piraterie et au rembarquement précipité de cette poignée de voleurs empressés de fuir devant les troupes régulières de Théodoric. » Battue de ce côté, la politique byzantine essaya de prendre sa revanche sur les champs de la diplomatie. La négociation entamée avec Clovis ne nous est que fort imparfaitement connue. La brève mention qu'en fait Grégoire de Tours a trait uniquement au côté extérieur et à la pompe déployée pour la réception des am- Ijassadeurs de Constantinople. a Ces derniers remirent au roi des Francs, dit-il, une lettre par laquelle l'empereur lui conférait le consulat. En son nom, ils le revêtirent dans la basilique de Saint- Martin d'une chlamyde de pourpre, et lui ceignirent le front d'un diadème ^. » Si cette indication de Grégoire de Tours est exacte, comme tout porte à le croire, le dessein d'Anastase aurait été de substituer Clovis à Théodoric dans l'espèce de lieutenance que le roi d'Italie exerçait au nom des empereurs byzantins en Occident. On se rappelle en effet que l'investiture par le manteau de pourpre, le sceptre et les faisceaux consulaires|avait|été laborieusement obtenue, quelques années auparavant, parJFestus Niger, en faveur de Théodoric. « Il est certain d'ailleurs, selon la judicieuse observation de D. Rumart, que les fils de Clovis, en élevant plus tard des statues

* Ainsi qu'on l'a vu précédemment, ce titre était alors celui que les diverses chancelleries donnaient à Clovis. — ^ Jornand., De regn. ac tempor. succession. Cf. Du Roure, Ilist. de Théodoric, tom. 11, pag. 5, 6.

3 Greg. Turon., Hist. Franc, lib. II, cap. xxxvui ; Pair, lai., tom. LXXI, col. 236.

à leur père, le firent représenter avec les insignes du consulat, les faisceaux, la pourpre et le diadème. » On voyait encore une de ces statues au grand portail de Saint-Germain-des-Prés, à l'époque du savant bénédictin '. Quoi qu'il en soit, les espérances d'Anastase le Silentiaire ne furent point réalisées. Glovis accepta les honneurs qu'on lui offrait, sans se mettre en peine de suivre une politique qui eût compromis et peut-être brisé au berceau l'avenir de la monarchie franque. Il laissa Théodoric maître de la Provence au nom du jeune roi des Visigoths, et rappela près de lui son fils aîné Thierry. Enfin, loin de changer sa ligne de conduite vis-à-vis du catholicisme et de servir les desseins hostiles de l'empereur eutychéen contre le pape, il envoya une couronne d'or au tombeau de saint Pierre dans la basilique vaticane ^, et continua à manifester en toute occasion sa bienveillance pour les évêques et les monastères catholiques.

cioYis et 34. C'est ainsi qu'il donna à l'éghse de Saint-Hilaire de Poitiers

s. Fridolin. ^ ° . -n . q i

le champ {campum) où s'était livrée la bataille de Vouille '. A la prière de l'évêque Adelphius et du pieux abbé Fridolinus (saint Fridolin), il voulut qu'une basilique somptueuse s'élevât à ses frais sur le tombeau du glorieux patron des Pictavii, L'entrevue du roi des Francs et de ces deux saints personnages est racontée avec des détails qui méritent, dit M. Augustin Thierry, d'être enregistrés par l'histoire •*. Voici le récit de l'hagiographe : « En retournant vers Paris, oii il avait résolu de fixer sa résidence, le roi Glovis passa par Orléans, oîi il s'arrêta quelques semaines avec une partie de son armée. Durant son séjour dans cette ville, l'évêque de Poitiers Adelphius lui amena un abbé nommé Fridolin, dont la réputation de

' Rainartj In Hist. Franc. Not., tom. cit., col. 237.

2 Lib. Pontif., Not. in [iormisd. ; Pair, lat., tom. CXXVIII, col. 476. Nous verrons bientôt la mention de ce présent royal dans la notice du successeur de Symmaque, soit qu'il y ait eu interposition de la part des copistes qui auraient reporté à l'époque d'Hormisdas un fait appartenant à celle de son prédécesseur, soit que la donation, n'ayant pu s'accomplir du vivant de Clovis, eût été exécutée après sa mort par les fils de ce prince.

3 Lebeuf, Dissert, sur l'hist. ccclés. et civ. de Paris, etc., pag. 331. — ^ Boliand., Act. sanct., 6 mart. (Cf. Aug. Thierry, Lettres sur l'hist. de France, p. 79.)

CnAr. II. — ÉGLISES DES GAULES. 135

sainteté était grande, et que le roi souhaitait beaucoup de connaître. Les deux voyageurs arrivèrent au quartier des Francs, le solitaire à pied et l'évêque à cheval, comme il convenait. Le roi vint lui-môme au-devant d'eux, entouré de beaucoup de monde, leur fit un accueil respectueux et amical; et après s'être entretenu famiUèrement quelques heures avec eux, il ordonna qu'on servît un grand repas. Pendant le dîner, le roi se fit apporter un vase de jaspe, transparent comme du verre, décoré d'or et de pierres précieuses. L'ayant rempli et vidé, il le passa à l'abbé qui le prit, quoiqu'il s'en fût excusé d'abord, disant qu'il ne buvait pas de vin. Mais au moment où Fridohn portait les mains à la coupe, il la laissa échapper par accident, et le vase tomba sur la table, puis de la table à terre, où il se brisa en quatre. Un des échansons ramassa les morceaux et les plaça devant le roi qui paraissait chagrin, moins à cause de la perte du vase que pour le mauvais effet que cet accident pourrait avoir sur les convives, parmi lesquels beaucoup étaient encore païens. Toutefois il reprit son air gai, et dit à l'abbé : C'est pour l'amour de vous, seigneur, que j'ai perdu ce vase ; s'il eût été entre mes mains, il ne se serait pas brisé. Voyez donc ce que Dieu voudra faire pour nous en faveur de son saint nom, afin que ceux de mes guerriers qui sont encore adonnés à l'idolâtrie ne diffèrent plus de croire à sa toute-puissance. — Alors Fridolin prit les quatre fragments du vase, les réunit et les tenant serrés dans ses mains, la tète inclinée vers la table, il se mit à prier Dieu en pleurant et en poussant de profonds soupirs. Quand sa prière fut achevée, il rendit le vase au roi, qui le trouva parfaitement intact, n'y pouvant reconnaître aucune trace de brisure. Ce miracle ravit les chrétiens, mais plus encore les infidèles, qui se trouvaient là en grand nombre. Au même moment, le roi et tout le monde se levant de table et rendant grâces à Dieu, tous ceux des assistants qui partageaient encore les erreurs du paganisme confessèrent leur foi en la sainte Trinité et reçurent de la main de l'évêque les eaux du baptême *. »

» Bolland., ArJ. sancl., loc. cit., traduct. de M. Aug. Thierry, Lettres sur l'hist. de France, png. 79-80.

Diverses

fondations

pieases de

Clovis.

35. Au nombre des prisonniers faits dans cette campagne se trouvait un jeune gallo-romain, d'une noble famille, nommé Avitus, et né à Linocasium (Lanquais *). Enrôlé avec toute la jeunesse de son pays sous les drapeaux d'Alaric, il avait, disent les actes, comme un autre Martin, donné des preuves de sa valeur dans cette rude journée. Clovis le rendit à la liberté et Avit en profita pour aller s'ensevelir dans une solitude près de Sarlat, où il construisit plus tard l'église et le monastère de Bona Vallis (Bonneval), en l'honneur de la mère de Dieu ^. — Dans le pagus Blesensis (Blois), Clovis eut occasion de rencontrer Deodatus (saint Dyé), vénérable ermite, originaire du pays des Bituriges (Bourges), qui vivait dans une grotte sur les bords de la Loire et retraçait au milieu des Gaules les austérités des solitaires de la Thébaïde. En partant pour son expédition contre Alaric, le roi des Francs s'était recommandé à ses prières. Au retour il donna au saint ermite, par un diplôme muni du sceau royal, disent les actes, la vallée qui s'étendait au pied de sa solitude, et lui remit vingt-six livres d'or et autant d'argent pour la nourriture des pauvres et des malades qui venaient le visiter ^. A Reomaiis (Réôme) un jeune patricien de Divio (Dijon), Jean, fils d'Hilarius et de Quieta, avait fondé un monastère qui prit plus tard son nom et s'appela Moutiers-Saint-Jean *. Après avoir gouverné quelques années les religieux qui s'étaient réunis sous sa direction, il disparut, durant une nuit sombre, et nul ne connaissait le lieu de sa nouvelle retraite. Il fuyait les honneurs ecclésiastiques auxquels on voulait l'élever. Déjà de nombreux miracles signalaient son nom à la vénération publique. Grégoire de Tours, deux cents ans plus tard, raconte qu'il avait vu des malades guéris en buvant l'eau d'un puits creusé par les mains du saint abbé; lui-même fit un pèlerinage en ce lieu, et but de l'eau miracu-

1 Bourgade de 1500 habitants, à trois lieues et demie E.-S.-E. de Bergerac (Dordogne). — ' Bolland.. Act. sanct., 17 jun. — ' L'ermitage de Deodatus a donné naissance à la bourgade de Saint-Dj'é-sur-Loire, à trois lieues N.-E.de Blois (Loir-et-Cher). Cf. Bolland., Act. sanct., 24 april. — * Moutiers- Saiut-Jean, ou Réôme, est maintenant un village de la Côte-d'Or, à deux lieues trois quarts N.-O. de Semur.

leuse *. Le fugitif de Reomaiis était allé frapper à la porte du monastère de Lérins, où il se présenta comme un grand pécheur, demandant la grâce d'expier ses fautes dans la mortification et la pénitence. Admis parmi les frères lais, il y resta dix-huit mois sans faire connaître sa qualité de prêtre. Un jour, un pèlerin venu de Tornodorum (Tonnerre) et visitant Lérins reconnut l'abbé de Reomaiis, dont ses compatriotes pleuraient toujours l'absence. Use jeta à ses pieds, en les baignant de larmes. Jean le supplia vainement de lui garderie secret. Grégoire, évêque desLingons(Langres), au diocèse duquel appartenait Reomaiis, fut informé du fait. Il députa quelques religieux à Lérins avec deux lettres, l'une pour l'abbé de ce monastère, l'autre pour le fugitif. Ce dernier fut contraint de revenir au milieu d'une population dont il était le consolateur et le père. A son retour, Jean établit à Reomaiis la discipline monastique de saint Macaire, telle qu'il l'avait apprise dans les livres de Cassien ^. Glovis témoignait la plus grande vénération pour l'humble abbé, et l'on conserva jusqu'en 1793 aux archives de la Chambre des Comptes de Dijon un diplôme où ce prince donnait à Jean tout le territoire compris dans un cercle tracé par le chemin que l'âne du monastère pourrait parcourir en une journée ^. — Une fille de Clovis, Theodechilde (sainte Telchide), consacrait sa virginité au Seigneur et fondait dans un faubourg de la cité des Senones (Sens), nommé Vivm, le monastère si connu depuis sous le nom de Saint-Pierre-le-Vif, où l'humble fondatrice voulut être enterrée *. La dévotion spéciale de Clovis et de sa famille au prince des

1 Greg. Turon., De gloria conf essor., cap. Lxxxvii; Patr. lat., tom. LXXI, col. 894. — 2 BoUaad., Act. sanct., 28 jan.

' Pérard, Recueil de plusieurs pièces curieuses servant à l'histoire de Bourgogne, in-fol., Paris, 1654, pag. 1-2. L'authenticité de ce diplôme a été contestée, et avec raison, croyons-nous. Ea effet, il nous semble que l'acte reproduit par l'auteur bourguignon n'est pas l'original même rédigé au temps de Clovis, mais une copie dressée postérieurement et quelque peu interpolée. Quant à la réalité de la donation royale, elle est incontestée et incontestable. Un siècle après la mort de saint Jean de Reomaiis, Jonas, disciple de saint Colomban, écrivait qu'il avait vu et touché le diplôme de Clovis, conservé dans le monastère. (BoUand., loc. cit., pag. 862.)

* En 1743, le corps de sainte Telchide fut retrouvé dans les substructions

apôtres s'affirma en cette circonstance par d'importantes donations enregistrées dans un diplôme dont lesBollandistes ont reproduit les clauses principales.

Genebaidus 36. Daus le même temps, Glovis dotait richement le sié^e épis-

(S.Geceband) ^ ' . or

évêqne de copal de Laudunum (Laon), détaché par saint Rémi du diocèse de

Laudanum

(Laon). Reims et occupé pour la première fois par Genebaidus (saint Genebaud), si célèbre par sa glorieuse pénitence. « Genebaidus, disent les actes, était marié avant sa promotion à l'épiscopat. En recevant des mains de saint Rémi la consécration pontificale, il promit de se séparer de sa femme et de la considérer désormais comme sa sœur en Jésus-Christ. Devenu évêque, au heu de la tenir éloignée de lui, il en reçut fréquemment les visites. Leurs entretiens eurent d'abord pour unique objet les choses spirituelles ; mais bientôt ils dégénérèrent et Genebaidus, entraîné par la faiblesse humaine, pleurait amèrement devant Dieu. Cependant sa faute était encore ignorée des hommes. Un jour saint Rémi reçut un message par lequel Genebaidus le suppliait de se rendre à Laudunum pour affaires graves et urgentes. L'évêque de Reims accourut. Genebaidus le prit en particulier, se jeta à ses pieds et fondant en larmes lui fit l'aveu de son crime. Il le pria de vouloir bien accepter sa démission et de lui permettre d'aller achever ses jours dans l'obscurité et la pénitence. Rémi mêla ses larmes aux siennes, le consola par la vue des miséricordes de Dieu, et sans accepter sa démission définitive, consentit à reprendre comme auparavant l'administration de l'église de Laudunum, pendant le temps de pénitence qu'il imposa au coupable. Genebaidus s'enferma dans une cellule dont l'évêque de Reims prit la clef, et à la porte de laquelle il apposa son sceau. Une petite

de Saiat-Pierre-le-Vif, au-dessous d'une plaque de marbre encastrée dans la paroij et sur laquelle on lisait une éjiitaphe ainsi couçue :

Hune regina locum rnonachis construxit ab imo

Techildis, rébus nobiWando suis.

Cufits nunc licet hoc corpus claudatur in antro,

Spirilus aslrigero vivit in axe Deo.

Implorons redis pastoribus euge beatum,

Det rapientibus hiuc, heu maie, digna Deus.

(Bolland., Ad. sanct., 27 juQ.)

ouverture permettait de passer au reclus ses modestes aliments. Genebaldus demeura sept années dans cette prison volontaire, et Rémi alternait les fonctions épiscopales, officiant de deux dimanches l'un, tantôt à Reims, tantôt à Laudunum. Or, la septième année, durant la vigile de la Cœna Domini (jeudi saint), pendant que le reclus était en prières, pleurant à la pensée qu'il ne lui serait pas donné comme aux pénitents publics d'être admis à la réconciliation solennelle qui se faisait en cette nuit sainte, l'ange du Seigneur lui apparut et lui dit : Les prières de Rémi, ton père spirituel, ont été exaucées. Le Seigneur a agréé ta pénitence et effacé ton péché. Lève-toi , va reprendre tes fonctions épiscopales et réconcilier toi-même les pénitents publics. — Genebaldus demeura quelque temps muet de surprise et d'émotion. Ne crains rien, lui dit l'ange. Réjouis-toi plutôt de la miséricorde divine dont tu es l'objet. — Je ne puis sortir de ma cellule, répondit enfin le pénitent. Mon père et seigneur, Rémi, en a emporté la clef et a posé son sceau sur la porte. — L'ange reprit : Afin que tu ne puisses douter que c'est Dieu qui m'envoie, cette porte va s'ouvrir d'elle-même. — En effet, sans que le sceau ni la serrure fussent brisés, la porte s'ouvrit et la vision disparut. Cependant, à cette même heure, Rémi était en prières dans la crypte située au chevet de la basilique de Sainte- Marie de Reims. L'ange qui avait parlé à Genebaldus lui apprit ce qui venait de se passer, et lui ordonna de se rendre en hâte à Laudunum. Le saint évêque obéit. Il trouva le reclus agenouillé, les bras en croix, dans sa cellule ouverte, etrépétantdevanttous les religieux du monastère cette exclamation : Quand même Notre-Seigneur Jésus-Christ m'apparaîtrait en personne, je ne sortirai d'ici que sur l'ordre du pontife qui m'y a enfermé ! — Rémi le prit par la main et le conduisit à la basilique. Il le fit asseoir sur le siège épiscopal, au milieu des acclamations et des larmes de joie de tout le peuple '. »

37. Les libéralités vraiment royales de Clovis en faveur de Episcopat

... • 1 1 /-i 1 "^^ Vedastns

samt Remi permettaient a ce dernier d'entretenir dans les Gaules (saint Vaast)

> BoUand., Act. S. Remig., 1 octob. Cf. Hincmar, Vit. S. Remig.; Pair, lat., tom. CXXV, col. 1161.

chez les septentrionales des missionnaires qui portaient le flambeau de la (Arras). foi chez les Francs encore idolâtres. C'est ainsi qu'il envoya chez les Morini, à Tarvenna (Térouanne), un pieux solitaire dont le nom réel ne nous a pas été conservé, et qu'on appelait yln^z>?2wnc?w5 (saint Aumont), à cause de sa mortification et de son mépris pour le monde '. Plus tard, Audomarus (saint Omer), premier évêque de Térouanne et de Bononia (Boulogne), devait recueillir les fruits de la prédication de l'humble apôtre. Rémi fondait en même temps le nouveau siège épiscopal des Atrebates (Arras) en faveur de Vedastus (saint Vaast). Quand l'ermite deLeuci Tullorum (Toul), sacré par le grand évéqne de Reims, se présenta aux portes de la cité dont il allait devenir le pasteur, « il y trouva, disent les actes, un aveugle et un boiteux qui demandaient l'aumône. Je suis, leur dit-il, un ministre de Jésus-Christ. Je ne puis vous donner ni or, ni argent, parce que je n'en porte point sur moi. Mais le Dieu que je prêche a des trésors inconnus aux hommes. — Il se mit en prières, et supplia le Seigneur avec larmes de manifester sa puissance au miheu de ce peuple idolâtre. A l'instant, l'aveugle recouvra la vue et le boiteux l'usage de ses jambes. La foule, témoin de ce double miracle, se groupa autour de l'homme de Dieu et lui fit un accueil triomphal. Bientôt il eut la joie de compter un certain nombre de néophytes auxquels il conféra le baptême. Cependant, parmi les ruines des vieux édifices, Vedastus cherchait celles de l'ancienne église élevée autrefois en cette cité. Il n'ignorait pas que la religion chrétienne y avait été florissante jusqu'à l'époque des invasions germaines, et surtout jusqu'au temps du farouche Attila. Depuis lors, comme à Jérusalem durant la captivité de Babylone, les gentils étaient venus dans l'héritage du Seigneur, profanant les sanctuaires, massacrant les justes au pied des autels de Jésus-Christ. Or, Vedastus découvrit sous les ronces et les épines, dans une enceinte dévastée, les fondements de la basilique primitive. A l'aspect de ces restes vénérés, il s'agenouilla en pleurant. Seigneur, dit-il, tant de calamités sont venues fondre sur nous, parce que nous

' BoUand., Act. S. Remig., 1 oct.

avons poché avec nos pères et commis l'iniquité sous vos yeux. Souvenez-vous de vos anciennes miséricordes, épargnez vos enfants et ne les oubliez pas sans rémission dans leur détresse. — En peu de temps, le vieil édifice fut rebâti avec une magnificence nouvelle. Les erreurs de l'idolâtrie disparaissaient du cœur des Atrebates, comme les ronces et les épines de leur cité dévastée. — Après la mort de Clovis, continue le biographe, son fils Clotaire s'étant établi dans la ville de Soissons, il arriva qu'un seigneur franc, nommé Hozin, invita le roi à un banquet, conviant aussi parmi les nobles de sa suite le vénérable Vedastus, évêque d'Arras. L'homme de Dieu accepta cette invitation dans le seul but de donner quelque enseignement salutaire à la foule des conviés, et de profiter de l'autorité du roi pour les attirer au saint baptême. Étant donc entré dans la maison, il aperçut un grand nombre de tonneaux rangés par ordre, tous remplis de bière {eey^visiâ, cervoise). Ayant demandé ce que c'était que ces tonneaux, il lui fut répondu que les uns étaient destinés aux chrétiens, tandis que les autres avaient été consacrés, suivant les rites des gentils, à l'usage de ceux des invités qui professaient le culte des idoles. Ayant reçu cette explication, le vénérable Vedastus se mit à bénir chacun des vases indistinctement au nom du Christ et par le signe de la croix. Mais quand il fit sa bénédiction sur les tonneaux consacrés à la manière des païens, tout à coup les cercles se brisèrent, donnant passage au liquide dont le sol fut inondé. Cet événement ne fut pas inutile au salut de ceux qui étaient présents ; un grand nombre d'entre eux demandèrent la grâce du saint baptême et se soumirent au joug de la foi. Durant quarante ans, Vedastus évangélisa le peuple des Atrebates. Il n'y avait pas trouvé un seul chrétien à son arrivée ; il n'y laissa pas un seul païen lors de sa bienheureuse mort (6 février 340) *. »

38. La foi de Clovis nous est attestée par un témoignage éclatant Premier et qui forme l'une des plus belles pages de l'histoire du droit cano- dOriéans. nique dans la France chrétienne. L'an 511, le vi des ides de juillet

* Bolland., Act. S. Vedast., 2 feb. Cf. Aug. Thierry, Lettres sur l'histoire de France, pag. 80, édit. in-12.

(10 juillet), un concile de trente évêques se réunissait à Orléans. Voici la lettre synodale que les pères adressaient au roi des Francs. <( A leur seigneur, fils de la catholique église, à Clovis très-glorieux roi, tous les évêques réunis par ses ordres en concile. — L'ardeur de votre zèle pour la religion chrétienne vous a porté à nous rassembler pour répondre aux diverses questions qu'il vous a plu de nous soumettre. Voici donc les définitions qui ont été prises d'un concert unanime. Nous vous les transmettons dans l'espoir qu'elles obtiendront votre sanction royale. Elles se présenteront ainsi au peuple chrétien, revêtues de la double majesté du sacerdoce et de l'empire. » — Suivent trente et un canons dont voici les plus importants. « I. Le droit d'asile pour les meurtriers, les adultères et les voleurs sera maintenu, suivant que les canons ecclésiastiques et la législation romaine l'ont constitué. Nul ne pourra les arracher des bâtiments {atriù) de l'église ou de la maison de l'évêque, ni même les transférer dans une autre basilique, s'il n'a d'abord juré sur les saints Évangiles de sauvegarder la vie et la liberté de l'accusé, et si ce dernier ne consent lui-même à entrer en composition avec celui qui le réclame. Quiconque trahirait un serment de ce genre serait coupable de parjure, et comme tel exclu de la communion de l'Église, ainsi que de tout rapport même civil avec les catholiques. — IL Dans le cas d'un enlèvement, si le ravisseur vient se réfugier dans l'église avec la femme enlevée et qu'il soit avéré que la femme ait été victime d'une violence brutale, elle sera immédiatement rendue à la liberté. Quant au ravisseur, il ne sera passible ni de la peine de mort ni d'aucun supplice corporel, mais il deviendra l'esclave de la famille qu'il aura outragée, avec faculté de rachat à l'amiable. Si la femme a consenti au rapt, elle sera rendue à sa famille, et le ravisseur devra se prêter à toutes les satisfactions qui pourront être exigées de lui. — IV. Les séculiers (soumis aux charges et au service militaire) ne pourront être admis à la cléricature sans l'agrément du roi et l'autorisation du juge. Mais les fils ou descendants de clercs relèveront, comme par le passé, de la seule juridiction des évêques. » Cette disposition canonique étendait l'immunité à un nombre considérable de familles, en un

temps où les oslia7Hi, les acolythes et autres ordres mineurs jusqu'aux sous-diacres inclusivement pouvaient être mariés. Ajoutons que fort souvent, ainsi qu'on vient de le voir pour Gcnebaldus, les prêtres et les évêques mêmes étaient encore choisis parmi les laïques engagés dans les liens du mariage. Tous les enfants issus de ces unions qui avaient précédé l'entrée de leur père dans les ordres sacrés, relevaient de la juridiction épiscopale. Déjà la législation théodosienne avait sanctionné une mesure de ce genre. Appliquée aux Francs, elle posait le principe de l'immunité ecclésiastique, assurait le recrutement du corps sacerdotal, et établissait l'exemption du service militaire dont les clercs jouissent encore aujourd'hui chez nous. Le V^ canon était ainsi conçu : « Les dons en argent ou les domaines que le roi notre seigneur a daigné conférer jusqu'ici aux églises, et ceux qu'il lui plairait avec l'inspiration de Dieu de leur offrir encore dans la suite, avec l'immunité cléricale qui accompagne ces sortes de donations, devront être employés à la réparation des églises, à l'entretien des prêtres, à la nourriture des pauvres, à la rédemption des captifs. L'évêque est chargé de tenir la main à l'observation de ce décret. En cas de négligence, il sera averti par le concile de sa province, et s'il ne fait droit à cet avertissement, il pourra être exclu de la communion ecclésiastique jusqu'à ce qu'il ait réparé le tort fait par sa faute. — VIL II est interdit aux abbés, aux prêtres, et généralement à tous les clercs, de se rendre à la cour du roi notre seigneur pour y solliciter des grâces ou des bénéfices {pro petcndis bencfîciis), sans une lettre de recommandation de leur évêque. — X. Les clercs ariens qui abjureront l'hérésie pour faire sincèrement profession de la foi catholique, recevront la bénédiction de l'évêque par l'imposition des mains. On les conservera dans les fonctions de leur ordre, s'ils s'en montrent dignes par la sainteté de leur vie et de leurs mœurs. Les basiliques autrefois occupées par les goths ariens seront consacrées selon le rite catholique et conservées au culte. — XIII. La femme dont l'époux s'est séparé pour entrer dans les ordres sacrés et devenir diacre ou prêtre, ne pourra se remarier. En cas de violation de cette règle, si les deux complices ne consentent

à rompre leur liaison et ne se soumettent à la pénitence qu'on leur imposera , ils seront tous deux frappés d'excommunication. — XIV. Suivant la teneur des anciens canons, l'évêque aura la moitié des oblations faites à l'autel de la cathédrale par les fidèles. L'autre moitié sera partagée entre tous les membres du clergé, suivant leur ordre hiérarchique. L'administration des domaines de la basilique appartient à l'évêque. — XV. Celui-ci n'aura que le- tiers des offrandes faites à l'autel dans les diverses paroisses, mais il conservera la haute main sur les terres, vignes, domaines, rentes appartenant aux diverses églises de son diocèse, et les fera administrer sous sa direction. — XVL L'évêque fournira, dans la mesure de ses ressources, le vivre et le vêtement aux pauvres et aux infirmes que l'âge ou la maladie empêchent de travailler. — XVIII. Le mariage est interdit de beau-frère à belle-sœur sous peine d'excommunication. — XIX. Les abbés des monastères se tiendront humblement sous la juridiction de l'évêque, lequel corrigera les abus qui pourraient s'introduire contre les règles monastiques, et réunira une fois l'année tous les abbés de son diocèse. Les moines seront eux-mêmes soumis et obéissants à leurs abbés. Ceux qui auraient quitté sans autorisation leur monastère seront arrêtés et remis au pouvoir de l'évêque. Les rehgieux qui, au mépris des devoirs de leur profession, voudraient posséder quelque chose en propre, seront punis selon les règles de la discipline monastique. — XX. Il est interdit aux abbés, dans l'intérieur du monastère, de porter l'étole (orarium) et les tzangas (sandales des évêques). — XXII. Aucun moine ne pourra, sans la permission de l'évêque ou celle de l'abbé, quitter la vie de communauté pour se retirer dans une cellule isolée. — XXIII. Si un évêque, dans des vues de charité, a confié des terres ou des vignes à cultiver soit à des clercs, soit à des moines, cette faveur, à quelque époque qu'elle remonte, n'emporte pas le droit de propriété définitive qui appartient toujours à l'église dont relèvent ces domaines, et contre lequel on ne pourra jamais invoquer le bénéfice de la prescription garanti par la loi civile. — XXIV. Tous les évêques ont unanimement statué que l'obUgation du jeûne préparatoire à

la solennité pascale s'étend seulement à quarante jours [quadragesima), et non à cinquante {quinquagesimo). — XXYII. Les rogations, c'est-à-dire les litanies solennelles qui précèdent l'ascension du Seigneur, seront célébrées dans toutes les églises des Gaules avec un jeûne de trois jours. Durant ce triduum, les esclaves et les serviteurs seront dispensés de leurs travaux ordinaires, afin que tout le peuple puisse prendre part aux prières publiques. — XXX. Tout clerc, moine, ou simple laïque qui pratiquerai divination, l'observance des augures, ou les superstitions faussement appelées Sort des saints, sera excommunié avec ses complices ou adhérents. — XXXI. L'évêque, à moins de maladie, est obligé d'assister chaque dimanche à la célébration des saints mystères dans l'église dont il se trouvera le plus rapproché. » — Ces divers règlements furent souscrits par Cyprien métropolitain de Burdigala (Bourges), Tetradius métropolitain des Bituriges (Bourges), Licinius métropolitain des Turones (Tours '), Leontius métropolitain d'Elusa (Eause), Gildaredus (saint Gildard) métropolitain de Rothomagus (Rouen), Pierre évêque des Santones (Saintes), Chronopius de Petrocora (Périgueux), Boèce de Cadurcura (Cahors), Quintianus (saint Quentien) des Ruthènes (Rodez), Eufrasius (saint Euphraise) des Arvernes (Clermont), Sextilius des Vasates (Bazas), Nicetius des Ausci (Auch), Lupicinus d'Ecolisma (Angoulême), Adelphius des Pictavii (Poitiers), Heraclius des Parisii (Paris), Principius des Cenomanni (Mans), Lupus (saint Loup) de Suessiones (Soissons -), Nepus d'Abrincatinum (Avranches) , Epiphane des Namnetes (Nantes), Eustochius des Andegavi (Angers), Camillianus (saint Camélien) des Tricasses (Troyes) , Litharedus d'Oxoma (Séez) , Modestus des Venètes (Vannes) , Melanius (saint Mélaine) des

1 Grégoire de Tours nous apprend que Licinius fit le pèlerinage de Jérusalem et parcourut tous les lieux consacrés par les souvenirs évangéliqiies. Hic fertur in oriente fuisse, ac loca visitasse sandorum, ipsamque adiisse Hierosolymam et loca passionis ac resurrectionis dominicœ , quœ in Evangeliis legimus, sœpe vidisse. (Greg. Turon., Ilist. Franc, lib. 11, cap. xxxix; Patr. lat., lom. LXXl, col. 237.)

* Lupus (saint Loup) de Soissons, fils et successeur de saint Principius, était neveu de saint Rémi. On célèbre sa fête le 19 octobre.

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