‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 5)Chapitre 27 sur 103 · CUAP. III. — SAINT BENOIT A SUBIACO · texte numérisé non relu

CUAP. III. — SAINT BENOIT A SUBIACO

du saint ne fut pas tenue secrète. Florentins, qui en avait été averti, se tint ce jour-là sur la plate-forme {soluriuni) de sa maison, pour mieux jouir de son triomphe et en faire parade devant les religieux désolés. Or, Benoît n'était pas à dix milles de Subiaco, lorsque la plate-forme sur laquelle se tenait encore Florentins s'écroula, et dans sa chute tua le prêtre coupable. Maurus, témoin de cette vengeance divine, estima qu'il fallait en prévenir aussitôt le vénérable fugitif. Il courut à sa poursuite : Père, lui dit-il, revenez ; le prêtre qui vous persécutait est mort. — A ces mots, Benoît fondit en larmes, gémissant à la fois et de la mort de Florentius et du sentiment de joie avec lequel son disciple la lui annonçait. Il infligea sur-le-champ à Maurus une rigoureuse pénitence pour le punir de ce mouvement irréfléchi *. » La nouvelle que lui apportait son disciple ne changea rien à la détermination de l'homme de Dieu. Il avait quitté pour jamais sa grotte chérie de Subiaco, « ce rocher dans lequel furent taillés les Bénédictins ^, » comme dira plus tard Mabillon, avec un double sentiment de piété fdiale et de légitime fierté. Le Mont-Cassin allait devenir le nouveau théâtre des créations merveilleuses de Benoît. Mais cette seconde phase de la vie du glorieux fondateur appartient à une autre période historique, et se retrouvera à sa date dans notre récit. Déjà nous avons quelque peu devancé l'ordre chronologique en rappelant sous un seul titre toute la durée du séjour de Benoît sur les bords du lac de Néron, depuis 514 jusqu'à la fin de l'an 524.

Andréa, aujourd'hui Rocca di Botte, que certains historiens excluent du nombre des douze monastères primitifs, et qu'ils remplacent par San Donato. Du reste, il est bien difficile, après tant de siècles écoulés, de suivre exactement les diverses vicissitudes de ces communautés monastiques, détruites pour la plupart depuis longtemps, et dont il ne reste plus que quelques souvenirs épars dans les archives de Sainte-Scholastique. De là les différences qui existent dans l'ouvrage du R. P. Bini, et ceux de Wion et de l'abbé Angelo délia Noce. » (Dantier, Monast. bénédid., tom. II, note, pag. 166, 167.)

' Greg., Dialog., lib. III, cap. viii.

* In hac sacra specu Benedidus ordinem suurn, obstetricante gratia, parturiit. Hic Cdnabula gentis nostrœ : hœc petra, unde excisi surnus. (Mabill. , Annal. Bewerfic^, lib. I, an. Çhr. 494.)

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