‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 5)Chapitre 33 sur 103 · CHAP. IV. — SYNCHRONISME · texte numérisé non relu

CHAP. IV. — SYNCHRONISME

crainte de s'attirer la vengeance de l'empereur, il les eût fait décapiter. Par son ordre, on les jeta dans un cachot, où ils subirent les traitements les plus barbares. Le très-bienheureux Jean, évêque du premier siège, succomba à ces tortures. Il mourut dans sa prison, à Ravenne, le xv des calendes de juin (18 mai 526), et mérita ainsi la couronne des martyrs. Quatre-vingt dix-huit jours après, la vengeance du Dieu tout-puissant éclata sur le roi hérétique, qui fut frappé soudainement par la mort''... Le pontife Jean ordonna quinze évêques destinés à diverses églises. Son corps, transféré de Ravenne, fut enseveli .à Rome dans la basilique du bienheureux Pierre apôtre, le vi des calendes de juin, sous le consulat d'Olybrius (27 mai 526). Après lui, le siège épiscopal demeura vacant cinquante-huit jours -. »

2. Avant d'entrer dans le détail des violences qui marquèrent si La question tristement la fin du règne de Théodoric, et dont la notice du Liber Italie. ' Théo" Pontificalis nous offre en résumé le tableau, il importe d'étudier deTh'éodoric. les événements qui les précédèrent. Avec l'invasion des Vandales en Afrique, celle des Goths en Italie, dans le midi des Gaules, en Espagne, l'arianisme avait conquis une position prépondérante en Occident. L'accession de Gondebaud et de ses Bur^ondes à l'hérésie dominante n'avait pas médiocrement contribué à grandir l'influence arienne. Sans la conversion de Clovis et des Francs, le catholicisme n'eût pas compté une seule tête couronnée parmi ses adhérents, au milieu de cette Europe oîi les barbares de toute

* Suivant notre habitude, nous transcrivons ici les passages de cette notice, relatifs aux constructions ou réparations d'édifices sacrés exécutées par saint Jean I : Hic papa Joannes fecit cœnieterium Leatorum rnartyrumNerei et Achillei, via Ardeatina. Item renovavit cœmeteriitm Felicis et Aduucti; item renovavit cœmeterium Priscillœ, via Saluria. Eodem tempore, positum est omamentum super confessionem beati Pavli apostoli de gemmis prasinis et Macynthinis. Item hujus tcmporibus Justinus imperator obiulit patennm auream cum gemmis pensanlem libras viginti ; calicem aureum cum gemmis pensantem libras 1

quinque; scyphos argenteos quinque; pallia auro iexta quindecim , quœ ipse I

Joannes detulit apostolis beatissimis Petro et Paulo, et ad sanctam Mariam, et '

ud sanclum Laurentium.

^ Liber Pontificalis, S. Joannes LV papa; Patr. lat., tom. CXXVIIl, col. j

race venaient importer, sur les ruines de l'empire romain, leurs langues nouvelles et leurs mœurs étrangères. Théodoric avait jusque-là profité de cette situation favorable à sa politique. Il faut lui rendre la justice qu'il n'en avait point abusé. Mais ce prince n'avait que des filles. En olo, déjà sexagénaire, désespérant de se voir jamais d'héritier direct, il se préoccupait vivement d'assurer l'ordre de sa succession. Les questions dynastiques auxquelles tous les conquérants, les uns après les autres, ont attaché une si grande importance, se résolvent d'ordinaire au rebours des espérances officielles, et en dehors de tous les programmes préconçus. La sœur préférée de Théodoric, Amalafrède, avant d'épouser Thrasamond, roi des Vandales, avait eu d'un premier mariage un fils nommé Théodat. Le roi d'Itahe songea d'abord à cet adolescent pour lui laisser son héritage. Il prit un soin particulier de son éducation et le combla de faveurs. Toutefois, il s'aperçut bientôt de l'inutilité de ses avances. Ingrat avant l'âge, Théodat, qui du reste paraît avoir été doué d'une intelligence peu commune, s'isolait avec affectation de la cour. Il n'avait que du mépris pour la profession des armes, ce qui le rendait souverainement impopulaire dans la nation ^belliqueuse des Goths. Entouré de jeunes Romains dont les vices plaisaient à son âme dépravée, il se disait épris d'amour pour la philosophie, et se vantait de n'avoir d'autre école que celle de Platon. Ce ne fut sans doute pas dans les écrits de ce maître qu'il puisa le germe des honteuses passions auxquelles il se livra bientôt. Le roi, son oncle, lui avait donné de vastes possessions en Étrurie ; Théodat devint le fléau de cette contrée par ses extorsions, ses débauches, ses violences. Enfin, sans l'aveu de Théodoric, il épousa Gudelina, fille de basse extraction, dont les instincts vulgaires lui promettaient une alliance vraiment assortie. On comprend que le roi d'Italie renonçât alors au projet de se choisir un pareil successeur. Eutharic 3. Après la bataille de Youillé, lors d'un voyage en Espagne * sonthe.*' entrepris dans l'intérêt du jeune roi des Visigoths, Amalaric, son neveu et son pupille, Théodoric avait rencontré un rejeton de la branche aînée des Amales, un descendant authentique des anciens

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