‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 5)Chapitre 5 sur 103 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

bientôt nouer avec Clotilde elle-même, semblent autoriser cette hypothèse. D'ailleurs, au point de vue politique proprement dit, le mariage projeté n'oflrait pas les avantages qu'on recherche ordinairement pour les alliances princières. Clotilde ne pouvait apporter à son nouvel époux que des vertus, sans autres trésors. Dépouillée de toute fortune personnelle par le meurtrier de ses parents, retenue dans une demi-captivité qui la rendait invisible même pour les ambassadeurs étrangers envoyés à la cour des Burgondes, il fallait la rechercher pour elle-même, sans aucune arrière-pensée d'ambition ou d'accroissement de territoire. On a parlé des droits qu'elle représentait, comme fille de Chilpéric, sur le royaume des Burgondes *, et quelques historiens modernes ont prétendu que cette perspective avait seule déterminé le choix de Clovis. Mais il est certain que chez les Burgondes, aussi bien que chez les Francs, les filles ne pouvaient hériter du trône. Une guerre seule pouvait déposséder Gondebaud et Godegisèle, son frère. Or, Clovis et ses Francs n'avaient nul besoin d'acheter par une alliance le droit de faire la guerre aux nations voisines. Ils prenaient ce droit quand ils voulaient, selon les inspirations de leur humeur belliqueuse et l'opportunité des conjonctures. Mais le choix de Clotilde, comme épouse de Clovis, avait pour les catholiques gallo-romains une signification bien autrement considérable. Il confirmait les espérances qui, du nord au midi, de l'est à l'ouest, dans toutes les Gaules, se rattachaient à la nation franque. Nous avons déjà parlé de cette sympathie universelle, justifiée par les persécutions des rois goths et burgondes à Toulouse et à Lugdunum contre le catholicisme. Les vœux des catholiques étaient donc en faveur de Clotilde. Des prières ardentes s'élevaient de tous les cœurs afin que l'orpheline, devenue reine des Francs, pût un jour les conquérir à la foi. Mort de 8. Sidoine Apollinaire mourut à Clermont, sans avoir vu se

»aint Sidoine . , . ^ , .

Apollinaire, réaliser des espérances qu il partageait lui-même, depuis que 1 évêque exilé de Divio (Dijon), Aprunculus, était venu lui demander l'hospitalité. Ses derniers jours furent traversés par des persécu-

1 Cf. tom. XllI de cette Histoire, pag. 461.

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