‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 5)Chapitre 81 sur 103 · CUAP. VU. — II" CONCILE DE CONSTANTINOPLE V" (ECUMÉNIQUE · texte numérisé non relu

CUAP. VU. — II" CONCILE DE CONSTANTINOPLE V" (ECUMÉNIQUE

Saint '. » Théodore de Mopsucste, on le voit, n'était pas un grand théologien. Lorsque Notre-Seigneur « soufflant sur les apôtres, » selon la parole évangéliquc, leur dit : « Recevez le Saint-Esprit ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez, » il leur conférait le sacrement de l'ordre, et leur communiquait le pouvoir d'en exercer les fonctions sacrées. Mais il réservait après son ascension glorieuse l'effusion du Paraclet, qui devait prendre possession de l'Église catholique en la personne des apôtres, pour en devenir l'inspirateur, le soutien, le guide, jusqu'à la consommation des siècles. La Pentecôte fut donc le baptême par l'Esprit, la confirmation première, complétant le baptême par l'eau. Nisi guis reriatus fuerit ex aquâ et Spiritu Sancto non potest intrare in regnum cœlorum '^. Théodore de Mopsueste n'était ni plus heureux, ni plus exact à propos de l'exclamation de l'apôtre saint Thomas, convaincu de la réalité de la résurrection et disant au Sauveur : a Mon Seigneur et mon Dieu 3 1 )) — « Ce n'est point à Jésus-Christ que s'adressa cette parole, disait Tévôque de Mopsueste, mais à Dieu dont la puissance avait ressuscité Jésus-Christ^. » — «Pour acquérir la perfection, ajoutait-il, le Sauveur eut à lutter moins encore contre les souffrances physiques que contre les passions de l'âme. Il s'exerçait à vaincre ces dernières par la vertu de la divinité qui habitait en lui ^. » — En entendant ces paroles, qui avaient, on se le rappelle, servi de base à toute la théorie pélagienne ^, les pères ne purent retenir un cri d'horreur. «Tout cela est déjà condamné, direntils. Anathème à Théodore de Mopsueste et à ses écrits ! Cette doctrine est étrangère à l'Église, étrangère aux orthodoxes, étrangère aux pères et aux docteurs. Ce sont des impiétés, des blasphèmes contre les saintes Écritures. Théodore de Mopsueste est un Judas '^ ! » — Après cette explosion de la foi unanime, le diacre reprit la lecture des passages incriminés. L'évêque de Mopsueste, pour mieux démontrer que Jésus-Christ n'était pas Dieu, compa-

> Act., I, 4; Lahbe, ConciL, tom. V, col. 440. — ^ Joan., m, 5. — ^ Joan., XX, 28. — » Labbe, tom. cit., col. 440. - ^ Labbe, ibid., col. 444. — e Cf. tom. XII de cette Histoire, pag. 283. — ''Labbe, tom. cit., col. 445.

PONTIFICAT DE VIGILIUS (537-535).

Ve Conférence, l'ou-

■voir de l'Eglise d'anathématiser les morts.

Examen des œuvres nes-

toriennes deTbéodoret.

rait les miracles de l'Évangile à ceux de Moïse. L'éclipsé de soleil arrivée à l'époque de la Passion, lui paraissait moins merveilleuse que les miracles de Josué et du roi Ézéchias arrêtant le soleil. Il insistait sur le titre de fils de David, donné au Sauveur par les saintes Écritures. Enfin, dans le Symbolum ou résumé de toute sa doctrine, déjà cité sous son nom et condamné au concile d'Éphèse, il disait : « Nous reconnaissons que Jésus de Nazareth fut adopté par Dieu qui lui donna l'onction de son Esprit et de sa vertu, en sorte que le Verbe s'unit à cet homme de filiation humaine par une alliance divine, pour en faire, selon le mot de saint Paul, l'Adam nouveau *. » Après la lecture de ces blasphèmes, le saint synode s'écria : « Ce symbole est l'œuvre de Satan. Anathème à son auteur! Le concile œcuménique d'Éphèse l'a déjà anathématisé. Nous n'avons qu'un symbole, celui de Nicée, maintenu par tous les conciles. C'est dans ce symbole que nous avons été baptisés, dans ce symbole que nous baptisons nous-mêmes. Anathème à Théodore de Mopsueste ! Il a répudié les Évangiles; il a outragé l'économie divine de l'Incarnation. Anathème à ses défenseurs! Ses partisans sont des Juifs ou des païens. Longues années à l'empereur, l'orthodoxe empereur, l'empereur trèschrétien , qui nous a convoqués pour extirper cette zizanie ! Tous, nous anathématisons Théodore de Mopsueste ! — Après ces acclamations, le saint synode dit : Tant et de si horribles blasphèmes contre notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ appelaient naturellement nos anathèmes. Cependant, comme il importe de ne rien précipiter dans une matière si grave, nous remettrons à un autre jour l'examen de la question personnelle, et la décision à prendre par rapport à la mémoire de Théodore de Mopsueste *. » 46. La question personnelle était en effet la plus délicate de celles que le concile avait à traiter. Un grand nombre d'esprits, nous l'avons vu précédemment, pensaient que l'Église n'a pas le pouvoir de condamner les morts. D'autres, moins absolus et tout en admettant ce pouvoir en principe, contestaient l'opportunité de son

> Labbe, Concil., tom. V. — » Id., ibid., col. 435-456.

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