‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 5)Chapitre 82 sur 103 · CDAP. VII. — 11*^ CONCILE DE CONSTANTINOPLE V" ŒCUMÉNIQUE · texte numérisé non relu

CDAP. VII. — 11*^ CONCILE DE CONSTANTINOPLE V" ŒCUMÉNIQUE

usage dans la circonstance présente. Les deux conciles œcuméniques d'Éphèse et de Ghalcédoine avaient défini, jugé et condamné les erreurs de Théodore de Mopsueste, aussi bien que celles d'Ibas et de Théodoret. Mais ils avaient solennellement réhabilité, après rétractation, Théodoret et Ibas ; de plus, ils n'avaient pas cru devoir flétrir Théodore de Mopsueste déjà mort à cette époque. Il y avait donc lieu de craindre qu'en allant plus loin, on n'affaiblît l'autorité des assemblées de Ghalcédoine et d'Éphèse. Cette appréhension n'était pas seulement une conjecture hypothétique ; elle se justifiait surabondamment par les manœuvres des eutychéens, lesquels ne dissimulaient point leurs coupables espérances. Les évoques d'Occident étaient surtout frappés par cette considération. Dans leurs lettres au pape Vigilius, ils ne cessaient d'y insister, répétant qu'on ne devait rien entreprendre ni rien permettre contre l'autorité de Ghalcédoine et d'Éphèse. Le caractère des orientaux, si versatiles dans la conduite et si tenaces dans l'erreur, n'était pas fait pour inspirer une grande confiance. Eutychius, présidant l'assemblée de Gonstantinople, ne perdit pas un seul instant de vue ces difficultés multiples et complexes. Le résultat répondit à la prudence et à la sagesse de ses efforts. La cinquième conférence s'ouvrit, le 17 mai oo3, par la lecture du procès-verbal. L'archidiacre Diodore prit ensuite la parole et dit : « Votre saint synode a pris connaissance des blasphèmes impies contenus dans les écrits de Théodore de Mopsueste. Il convient maintenant d'examiner le jugement que les pères , les docteurs, les historiens, les empereurs contemporains de cet évêque, ont porté de sa personne. Des extraits nombreux, tirés de sources diverses, ont été réunis : vous plaît-il qu'ils soient lus devant vous? — Les pères répondirent affirmativement, et le notarius commença la lecture par un long fragment des livres de saint Gyrille, oii ce grand docteur employait les qualifications les plus sévères contre Théodore de Mopsueste. On lut ensuite une requête des évêques de Perse et d'Arménie, adressée jadis au patriarche saint Proclus, dans laquelle Théodore de Mopsueste était encore plus rigoureusement jugé : Fuit aliquis pestifer homo, magis autem fera hominis habens formam diabolicam menlito nomine Théo-

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dorus qui schéma et nomen episcopi habuit, m angulo et ignobili loco orbis terrarum latitans^ in Mop&uesteno 11"^ Ciliciœ vili oppido, vere quidem et principaliter a Paulo Samosateno descendens, licet Photino et ceteris hœj'esiarchis in ioto suo proposito ipsis vei^bis inveniatur iisus K — Ce témoignage était écrasant. On y ajouta un passage de l'historien ecclésiastique Hésychius , prêtre de Jérusalem , dont l'ouvrage ne nous est point parvenu. « Longtemps après Photin, disait Hésychius, oa vit paraître l'hérétique Théodore, non moins dangereux par la malice de sa doctrine, la fourberie de son langage et la versatilité de son caractère. Attaché dans son adolescence au clergé d'Antioche, il avait bientôt cédé à l'entraînement des passions. Converti par une lettre fameuse de Jean Chrysostome , son condisciple , il revint à sa première vocation et fut plus tard promu au siège épiscopal de Mopsueste. Il débuta dans la voie de l'erreur en se faisant le champion du judaïsme. Dans ses Commentaires sur les psaumes, il rejette toutes les prophéties relatives au Sauveur. La publication de cet ouvrage souleva l'indignation du monde catholique. L'auteur, feignant de se rétracter, promit de jeter au feu son Commentaire ; mais il n'en fit rien. Il continua dans l'ombre à endoctriner un certain nombre de disciples, il écrivait à leur usage et débitait sous le manteau des libelles renfermant ses funestes erreurs contre la divinité de Jésus-Christ. Ce fut dans ces sentiments qu'il mourut 2. » Outre ces passages si concluants contre la mémoire de l'évêque de Mopsueste, on lut les décrets impériaux de Théodose le Jeune et de Valentinien, où le nom de Théodore se trouvait joint à celui de Nestorius, comme ayant l'un et l'autre professé les mêmes erreurs, avec la même opiniâtreté. Cependant il circulait dans le public des lettres pleines de sympathie et d'affection,

1 « Il y eut un homme pestiféré, ou plutôt un loup ravissant, sous la forme diabolique d'un homme. 11 s'appelait Théodore (0£w 8wpov, don de Dieu); mais ses actes démeutaieut son nom. 11 obtint le titre et les honneurs de l'épiscopat, et vécut dans un coin obscur de la Cilicie 11", à Mopsueste. 11 procédait directement de Paul de Samosate, ce qui ne l'empêchait pas d'emprunter leurs erreurs aux autres hérésiarques, tels que Photin. » (Labbe, Concil., tom. V, col. 464.)

'- Labbe, Concil., tom. V, col. 470.

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