‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 5)Chapitre 84 sur 103 · CHAP. VII. — II" CONCILE DE CONSTANTINOPLE Y^ ŒCUMÉNIQUE · texte numérisé non relu

CHAP. VII. — II" CONCILE DE CONSTANTINOPLE Y^ ŒCUMÉNIQUE

tants de Rome le savent *. » — Après ces observations de Benignus, trois autres évoques, Théodore de Césarée, Jean de Nysse, Basile de Justinianopolis, firent la communication suivante : « Le saint synode a déjà manifesté clairement son horreur pour les blasphèmes de Théodore de Mopsueste. Cependant les partisans du nestorianisrae s'efforcent de justifier la mémoire de cet évoque. Ils citent une prétendue lettre que Cyrille, de sainte mémoire, aurait jadis adressée au patriarche Jean d'Antioche. Dans cette lettre, que nous mettons sous les yeux de l'auguste assemblée, saint Cyrille aurait dit qu'il fallait s'abstenir de condamner nominativement Théodore de Mopsueste, dans la crainte de rallumer le schisme et de renouveler inutilement les dissensions à peine calmées. Or, cette lettre est apocryphe ; elle ne se trouve dans aucune collection des œuvres de saint Cyrille; elle porte d'ailleurs dans sa rédaction et son style des preuves évidentes de supposition. Les nestoriens invoquent de plus une autre pièce non moins fausse; c'est une lettre de Proclus, également inventée pour les besoins de la cause, oii l'on fait tenir au patriarche de Constantinople le même langage déjà prêté à saint Cyrille. Nous produisons également cette lettre, dont la teneur, le style et les expressions sont en contradiction flagrante avec les écrits authentiques de Proclus. Votre sainteté devra donc se mettre en garde contre les manœuvres des hérétiques, afin de sauvegarder la tradition véritable et d'effacer l'opprobre qui rejaillirait sur l'Église, si la mémoire de Théodore de Mopsueste n'était pas flétrie comme elle doit l'être. » — Après cette communication, les notorii donnèrent lecture des procès-verbaux du synode tenu récemment à Mopsueste, pour examiner si le nom de Théodore avait continué à figurer sur les diptyques de cette église. Nous avons déjà dit que l'enquête n'avait pas amené de résultat décisif. Les pères de Constantinople déclarèrent que leur religion était suffisamment éclairée, a La tradition a été solidement établie, dirent-ils. Nul ne saurait douter maintenant que l'Église n'ait le pouvoir de frapper les hérétiques d'une sentence posthume. Les impiétés de Théodore de Mopsueste ont été prouvées jusqu'à l'évi- * Cf. chap. VI. N» 2 de ce volume.

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dence. Nous réservons de formuler plus tard notre jugement à cet égard. Il nous reste à examiner le second des trois Chapitres, c'està-dire les œuvres nestoriennes de Théodoret de Cyr. Nous en demandons lecture. — Le diacre Photin lut d'abord douze extraits du livre de Théodoret contre les anathématismes de saint Cyrille *. Nous n'avons plus aujourd'hui cet ouvrage de l'évêque de Cyr, et pour l'honneur de sa mémoire, nous n'avons pas à le regretter. Théodoret y disait formellement que Jésus-Christ n'avait été qu'un homme uni à Dieu. « Par conséquent, ajoutait-il, le titre de mère de Dieu, qu'on donne à la sainte Vierge, signifie non pas que Marie ait donné le jour à un Dieu, mais à un homme auquel la divinité s'est unie -. » L'évêque de Cyr appuyait cette erreur nestorienne sur les textes évangéliques : Beus meus, Deus meus, ut quid dereliquisti rne?^ — Pater, si potes t fieri, transeat a me calix iste ^. — Horam illam nemo cognovit, neque filius, nisi Pater ^. — « Si Jésus-Christ étaiu Dieu, disait-il, comment pouvait-il se plaindre que Dieu l'eût abandonné? Comment recourait-il à la puissance de son Père, pour éloigner de ses lèvres le calice de la passion? Comment ignorait-il les secrets de la divinité''? » On lut une lettre de Théodoret adressée à l'évoque André de Samosate, dans laquelle il protestait énergiquement contre les décrets du concile œcuménique d'Éphèse. Une autre lettre, écrite vers la même époque à Nestorius, était encore plus compromettante. Théodoret félicitait l'hérésiarque du courage avec lequel celui-ci supportait « l'injuste persécution » de ses ennemis. « Croyez, lui disait-il, que ni le temps, ni la violence, ni les intrigues des hommes ne me sépareront jamais de la vérité. Je ne sais pas, comme nos modernes caméléons, changer de couleur avec le vent, et refléter tantôt la blancheur du rocher, tantôt la verdure du feuillage. » En terminant, le notarius donna lecture d'une dernière lettre de Théodoret écrite après la mort de saint Cyrille, et adressée au patriarche Jean d'Antioche. a Enfin, disait

1 Voir les douze anathématismes de saint Cyrille, tom. XIII de cette Histoire, pag. 48.

? Labbe, Concil., tom. V, col. 504. — s Matth., xxvii, 46; Marc, xv, 35. — • Matth., XXVI, 39. — » Matth., xxiv, 36. — « Labbe, Concil., tom. V, col. 504.

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