CDAP. VU. — II" CONCILE DE CONSTANTINOPLE V° OECUMÉNIQUE
Théodoret, il a eu bien de la peine à mourir, ce méchant homme ; mais le voilà mort ! La main du Seigneur a retranché cette pestilence, et délivré Israël de son opprobre. Félicitons-nous de lui survivre *. » Aucune objection ne s'éleva dans l'assemblée au sujet de l'authenticité de cettelettre. Cependant elle était apocryphe. En effet, le patriarche Jean d'Antioche mourut plusieurs années avant saint Cyrille : par conséquent Théodoret ne pouvait absolument pas avoir écrit la pièce en question, fabriquée sans doute par quelques faussaires nestoriens. Cette observation ne fut point faite alors; mais les autres citations empruntées aux œuvres de Théodoret étaient parfaitement exactes. Le saint synode termina la conférence en disant : « Après avoir constaté les erreurs que Théodoret eut un instant le malheur de soutenir, nous ne saurions trop admirer la sagesse du saint concile de Chalcédoine à son égard. Les pères de cette auguste assemblée témoignèrent, à plusieurs reprises, par d'unanimes acclamations, l'horreur que leur inspirait une pareille doctrine. Théodoret ne fut admis à leur communion qu'après avoir solennellement anathématisé les impiétés sacrilèges de Nestorius, qu'il avait lui-même professées autrefois '. »
47. La sixième conférence s'ouvrit le 19 mai. Elle fut tout entière vie conconsacrée à l'examen de la lettre d'Ibas, le dernier document des me°n ^de^h " trois Chapitres. Cettelettre, écrite au début du concile d'Éphèse, ^"'edibas. était une sorte d'exposé rapide de la disposition des esprits et de l'état de la controverse ^. Elle ne semblait point avoir de prétentions dogmatiques. Cependant, comme elle avait été adressée à un moine persan. Maris, qui s'était depuis, signalé par son attachement au nestorianisme, les hérétiques l'invoquaient à l'appui de leur thèse. Elle renfermait en effet une proposition hétérodoxe. « Ceux qui disent que le Verbe s'est fait homme, écrivait Ibas, sont des apollinaristes. Il faut reconnaître le temple et croire en celui qui l'habite. » Cette proposition longuement discutée, et mise en regard avec les décisions des conciles et des docteurs, fut reconnue et déclarée hérétique. De l'examen attentif des actes de Chalcédoine il résulta
' Lahbe, Concil., tom. V, col. o07. — ^ id., col. 508. — ^ Voir la lettre d'Ibas, reproduite in extenso, tom. Xlll de cette Histoire, pag. 227-228.
544 PONTIFICAT DE VIGILIUS (537-555).
que cette dernière assemblée n'avait nullement approuvé la lettre d'Ibas, bien que lecture publique en eût été faite conciliairement, mais que, sans se prononcer sur la valeur intrinsèque de cet écrit, les Pères avaient admis son auteur à leur communion , parce que , de même que Théodoret, Ibas avait préalablement anathématisé Nestorius et son hérésie. En conséquence, le saint synode fit entendre les acclamations suivantes : « Anathème à la lettre d'Ibas! Honneur éternel au concile de Clialcédoine et à la mémoire de saint Cyrille ! Honneur éternel aux quatre conciles généraux ! La lettre d'Ibas est contraire à leurs définitions. Anathème à la lettre d'Ibas * ! »
consiitutum 48. Dans l'intervalle de la sixième à la septième conférence, un fait Vigaufs! considérable se produisit. Le pape Vigihus, à la date du 25 mai, fit mander les patrices Bélisaire , Céthégus , Justin et Constantin. « Nous avons terminé, dit-il, notre rescrit pontifical au sujet des trois Chapitres. Le voici. Veuillez le porter au très-pieux empereur, qui nous l'a souvent demandé. » Les quatre hauts personnages déclinèrent cette mission, a Nous craindrions, en l'acceptant, répondirent-ils, d'outrepasser nos pouvoirs. Votre béatitude a près d'elle ses diacres; qu'elle charge l'un d'eux de ce message. » — Le pape choisit en effet le diacre Servus-Dei, qui se présenta à l'audience impériale, et offi^it à Justinien le rescrit du pontife. Mais ce fut sans succès. Après s'être concerté avec les magistrats du prétoire, Justinien refusa d'accepter cette communication. « Dites au pape, répondit-il, que je l'ai invité à présider le concile ; c'était là uniquement ce que je demandais de lui. Il vient d'écrire séparément à propos des trois Chapitres. A quoi bon? Si c'est pour les condamner, il l'a déjà fait précédemment ; ses premiers écrits, que nous avons entre les mains, suffisent. Si c'est pour les innocenter, il se met en contradiction avec lui-môme. » Le diacre Servus-Dci n'obtint pas d'autre réponse. En entendant un tel langage de la bouche de Justinien, on ne peut se défendre d'un sentiment de pitié pour la folie de cet empereur, et d'indignation pour l'abus qu'il faisait de son pouvoir. Le César byzantin se mettait résolument, en matière de
* Labbe, Concil., tom. IV, col. 517.
CIIAr. vil. — II" CONCILE DE CONSTANTINOPLE, Y" ŒCUMÉNIQUE. 545
foi et de discipline ecclésiastique, au-dessus du pape et des conciles. Son omnipotence théologique prétendait dicter au vicaire de Jésus- Christ le fond et la forme des définitions de foi. Singulier égarement des souverains, dont l'histoire de l'Église n'offre que trop d'exemples ! Quoi qu'il en soit , nous avons encore le texte du Constitutum de Yigilius que Justinien ne voulut pas même lire, et dont il interdit rigoureusement la publication. Cet acte était précisément adressé à Justinien lui-même en ces termes : « A notre trèsclément et très-glorieux fils Justinien Auguste, Yigilius évêque. — Nous avions souvent supplié votre piété, vénérable empereur, de permettre aux évêques d'Orient et d'Occident de se réunir en concile général dans un lieu accessible à tous, tel que la Sicile, ou tout autre point de la côte méridionale de l'Italie. Nous n'avons pu obtenir cette grâce. Votre mansuétude daigna du moins convenir qu'un certain nombre d'évêques latins, dont je vous remettrais les noms, seraient mandés pour assister au synode de Constantinople. Allant plus loin encore, d'après le conseil de nos vénérables frères les évoques, vous aviez consenti à ce que les deux langues, grecque et latine, eussent des représentants en nombre égal. Aucune de ces dispositions n'a été observée. Votre piété nous fit demander subitement notre réponse sur les ^ro/s Chapitres, vous exigiez en même temps que le concile s'ouvrît sous notre présidence, bien qu'il n'y eût ici aucun des évêques d'Occident qui avaient droit d'y être convoqués. En leur absence, il m'était impossible de présider l'assemblée, autrement j 'aurais outragé la moitié de l'Église de Jésus-Christ. Cependant, pour témoigner à votre clémence mon désir de la satisfaire en tout ce qui peut être compatible avec mon devoir, j'ai immédiatement repris l'examen des trois Chapitres, vous demandant seulement un délai de vingt jours, nécessité par un état de maladie que tout le monde connaît : pro infirmitate corporis nostri quœ nulli habetur incognita. En même temps le diacre Pelage se rendit par mon ordre près de nos frères et coévêques réunis à Constantinople, et leur transmit un message conçu en ces termes :
» Vigil., Constitut.; Pat. lai., tom. LXIX, col. 71.
546 PONTIFICAT DE VIGILIUS (337-555).
Bien que l'ouverture du concile ait été prématurément décidée, vous devrez vous abstenir de toute définition avant le terme de vingt jours, délai que mon état maladif qui vous est connu, me rend nécessaire. Vous attendrez donc, selon les règles antiques de l'Église, la promulgation de notre sentence qui sera celle du siège apostolique auquel, par la grâce de Dieu, nous présidons. D'ici là, vous éviterez de rien définir qui puisse être l'occasion d'un nouveau scandale. » — Ces dernières paroles sont remarquables. Elles nous font comprendre la situation vraie du concile de Gonstantinople, qui délibérait avec l'agrément du pape, et qui se conforma strictement à la prescription pontificale, puisque, durant les vingt jours qui venaient de s'écouler, il n'avait rendu absolument aucune sentence doctrinale. On remarquera aussi, dans cette revue rétrospective d'événements tous plus tyranniques les uns que les autres, faite par un pape souffrant, persécuté, retenu loin de Rome dans un véritable exil et une captivité à peine déguisée, la mansuétude, la paternelle tendresse avec lesquelles il parle à son persécuteur. Au point de vue théologique, il n'est pas moins intéressant de constater, par le témoignage même de Vigilius, la situation qui était faite à ce pape. Elle ne se prêtait guère aux conditions de liberté, de plénitude de pouvoir, d'indépendante autorité, requises pour la promulgation d'un de ces jugements que l'école appelle ex cathedra. Depuis six ans, arraché d'Italie, gardé malgré lui à Constantinople où il avait déjà souffert tant d'odieuses persécutions, séparé des évêques occidentaux, sans communication avec le presbyterium romain son conseil ordinaire, victime des caprices d'un despote qui prétendait lui imposer des décisions toutes faites, qui les exigeait à jour fixe, sauf à ne pas les recevoir quand elles lui étaient présentées, Vigilius se trouvait sous la main d'un empereur. Il n'était libre ni de son temps, ni de sa personne, ni de l'exercice de son pouvoir spirituel. A peine quelques évêques latins, cinq ou six au plus, avaient la permission de l'entretenir; il était malade, isolé, captif, et cependant on lui fixait un délai de vingt jours, ni plus ni moins, pour examiner, résoudre et définir une question qui exigeait le dépouillement préalable d'une énorme
CUAr. VIL — II" CONCILE DE CONSTANTINOPLE, V'= ŒCUMÉNIQUE. 547
quantité de documents tous écrits en grec. Or, Vigilius, ainsi qu'il nous le dira bientôt lui-même, ignorait cette langue. Évidemment donc, toutes les conditions essentielles pour un jugement ex cathedra faisaient défaut, et cependant le Comtitutum de Vigilius, ce Constitutum dont Justinien ne voulut ni prendre connaissance, ni même accepter un exemplaire, est un chef-d'œuvre d'exactitude théologique, de netteté, de précision, de sagesse ; il ne renferme pas l'ombre d'une erreur doctrinale. Ainsi que les pères de Gonstantinople et s'appuyant sur les mêmes citations, le pape signalait et réprouvait comme hérétiques soixante-douze passages des oeuvres de Théodore de Mopsueste. Quant à la question personnelle et à l'anathème contre la mémoire de cet évêque, Vigilius faisait remarquer que le pouvoir des clefs donné à saint Pierre et à l'Église par Jésus-Christ, ne saurait s'étendre sur les consciences humaines au delà du tombeau, a L'état oîi se trouve à sa mort un homme quelconque, disait-il, ne peut plus varier. Le jugement ultérieur appartient à Dieu. Toute la question se réduit donc à savoir si Théodore de Mopsueste, au moment de sa mort, était oui ou non, en fait ou en droit, séparé de la communion catholique. Or, les conciles d'Éphèse et de Chalcédoine, saint Cyrille, saint Proclus lui-même, tout en condamnant les erreurs de Théodore de Mopsueste, se sont abstenus d'anathématiser sa personne. Les évêques d'Occident craignent que cette condamnation personnelle ne soit mise en avant comme un moyen détourné d'affaiblir l'autorité des assemblées d'Éphèse et de Chalcédoine. Nous croyons donc que dans les conjonctures actuelles, il est plus prudent de ne point passer outre. » Vigilius témoignait ensuite son regret de l'acharnement posthume avec lequel on poursuivait la mémoire de Théodoret de Cyr, « cet illustre pénitent, disait-il, que le saint et vénérable concile de Chalcédoine, d'accord avec le très-bienheureux pontife Léon, avaient solennellement rétabli dans la communion catholique. Est-ce donc que les pères de Chalcédoine, est-ce donc que saint Cyrille légat du siège apostohque, estce donc que saint Léon ignoraient que l'évêque de Cyr avait eu le malheur de professer pendant quelque temps l'erreur nestorienne
548 PONTIFICAT DE VIGILIU3 (o37-5o5).
et de la soutenir par ses écrits? Non, sans doute, mais puisque Théodoret désavouait lui-même et son erreur et ses ouvrages hérétiques, le concile de Ghalcédoine, le pape Léon, saint Cyrille ne parlèrent que des joies du retour et non des égarements passés. Avec eux, nous condamnons les erreurs nestoriennes contenues dans les ouvrages de Théodoret. Mais nous respectons la mémoire de ce grand homme *. » Suivaient en effet douze propositions empruntées aux écrits de l'évêque de Cyr et solennellement anathématisées. « Quant à la lettre dlbas, ajoutait Vigilius, votre sollicitude impériale m'a également demandé ce que j'en pensais. Tout le monde a pu se convaincre, et votre piété mieux que personne, que j'ignore entièrement la langue grecque {grœcœ linguœ, sicut cunctis et maxime pietati vestrœ notum est, sumus ignari). J'ai donc fait rechercher par quelques-uns de mes interprètes les passages des actes du concile de Ghalcédoine relatifs à Ibas. Il est constant que l'auguste assemblée a solennellement admis cet évêque à la communion catholique. Quant à sa lettre elle-même, en tant qu'elle se conforme à la profession de foi qui rallia à saint Cyrille le pontife Jean d'Antioche, Paul d'Emèse et les autres évêques orientaux, il est certain et les pères de Ghalcédoine eux-mêmes l'ont reconnu, qu'elle est orthodoxe. Mais la partie de cette lettre qui renferme contre saint Cyrille des injures dictées par une erreur ignorante, cette partie de la lettre que l'évêque Ibas rétracta lui-même depuis, les pères de Ghalcédoine ne l'ont point admise comme orthodoxe. Tel est aussi notre sentiment. Il importe avant tout de respecter et de maintenir l'autorité du concile de Ghalcédoine. Nos prédécesseurs l'ont fait; nous suivons leurs traces, vénérable empereur, et comme eux, en union avec les quatre synodes œcuméniques, nous anathématisons Nestorius, Eutychôs et tous leurs adhérents ^. »
1 Vigil,, ConstituL; Pair, lat., tom. LXIX, col. 103.
2 Id., ibid., col. 112. On lisait naguère dans un livre fameux les paroles suivantes : « Restait la lettre d'Ibas. Au lieu de la condamner, Vigile, par une erreur de fait, déclare que cette lettre a été approuvée par le concile de Ghalcédoine; et prenant par ce nouveau jugement la responsabilité de cette lettre, tolérant les expressions et les propositions qu'elle contient, il ordonne
CnAP. VII. — II" CONCILE DE CONSTANTINOPLE, V" ŒCUMÉNIQUE. 549
49. Tel est ce fameux Constitutum de Vigilius. Nous défions le viie conféthéologien le plus sévère d'y relever une seule inexactitude doctri- "^munication' nale. Mais plus il démontrait la constance et la fermeté du pape de justinfe^a dans la foi, plus il mettait en relief la versatilité, les variations incessantes et capricieuses de Justinien. Ce prince donna bientôt une nouvelle preuve de sa fourberie et de sa mauvaise foi. Le lendemain du jour oîi il avait dédaigneusement refusé de prendre lecture du Constitutum, la septième conférence des évêques orientaux devait avoir lieu. Jusque-là, les pères s'étaient abstenus de porter aucune sentence ; ils attendaient la communication annoncée par le pape. Or, cette communication, Justinien, qui venait de la rejeter outrageusement, ne voulait pas qu'elle fût faite au concile. D'un autre côté, il fallait persuader aux évêques que le pape s'était prononcé ; autrement ils n'eussent pas consenti euxmêmes à rendre leur jugement. Voici comment Justinien tourna la difficulté. A l'ouverture de la septième conférence (26 mai oo3), après la lecture du procès-verbal, « le très-glorieux questeur du sacré palais, Constantinus, se présenta, avec un message du trèspieux Justinien. « Votre béatitude n'ignore pas, dit-il, le zèle de notre auguste et triomphant empereur pour l'extirpation de l'hé-
et décrète que la prétendue décision des pères de Gbalcédoine touchant ce document demeure en son entier, et reste aussi immuable que les autres définitions du même concile. » [Du Concile général, tom. I, p. 258, Paris, Pion, 1869.) L'erreur de fait dont parle l'auteur n'existe pas plus que celle de droit, du côté de Vigilius. En droit, le pape distingue très-soigneusement ce qu'il y a de bon dans la lettre d'ibas, et l'approuve; ce qu'il y a de mauvais, et le condamne. En fait, il rappelle que les pères de Gbalcédoine ont, les premiers, fait cette distinctiou, et qu'il suit leur exemple : Propter prœdicationem fidei, per quam venerandœ recordationis Cyrillus Alexandrinus episcopus, et reverendissimus Joannes Antiochenus antistes atque omnea Orientales epiicopi per Paulum Emesinœ civitatis episcopum ad concordiam redierunt, quam Ibas guoque in eadem epistola laudans,libenter amplectitur,orihodoxa est Ibœ episcopi a Patribus pronuntiata dictatio. Illa vero quœ in ipsa Ibœ sacerdotis epistola in injuriis beatœ recordationis Cyrilli per errorem intelligentiœ dicta sunt, Patres in sancta Chalcedonensi synodo epistolam pronuntiantes orthodoxam nullntenus receperunt : quippe quœ etiam ipse venerabilis episcopus, intellectu capitulorum ejus (il s'agit ici des douze anathématismes de saint Cyrille) melius recepto, mutando refutavit. On ne saurait rien désirer de plus net que ce passage du Constitutum.
550 PONTIFICAT DE VIGILIUS (537-555).
résie, et pour la condamnation des trois Chapitres. Le très-religieux pape Vigilius partage en entier ces sentiments. Bien qu'il se soit refusé à venir présider votre assemblée, il n'a pas laissé de faire connaître sa décision ; il anathématise formellement les trois Chapitres. Voici, en effet, des lettres écrites de sa main, qui le constatent. Le très-pieux empereur a voulu les porter immédiatement à la connaissance de votre saint synode, afin que rien ne puisse plus retarder une définition si longtemps et si impatiemment attendue '. » — En même temps, Constantinus remettait aux notarii une liasse de documents dont le concile ordonna immédiatement la lecture. Ces pièces commençaient par la sentence d'excommunication contre les diacres Rusticus et Sebastianus, défenseurs des trois Chapitres ; venaient ensuite la lettre du pape à l'évêque de Tomi et celle à Aurelianus d'Arles. Jusque-là rien de nouveau. Depuis longtemps le concile connaissait ces divers rescrits. Mais l'archidiacre Diodore, continuant la lecture, termina par une déclaration du pape conçue en ces termes : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, moi, Vigilius, évêque de la sainte Église catholique de Rome, j'ai écrit de ma main et signé cet acte adressé à votre majesté impériale. La sainte Trinité invoquée, en vertu des droits accordés par Dieu lui-même au siège apostolique, j'anathématise la lettre d'Ibas, les doctrines impies de Théodoret, les écrits et la personne de Théodore de Mopsueste 2. » — Après cette lecture , il ne resta plus de doute dans l'esprit des pères. Ils crurent que c'était là le Constitutum promis par Vigilius. « Nous remercions Dieu, dirent-ils, de la protection qu'il étend sur son Église sainte et sur la foi catholique. Ces pièces révèlent toute l'impiété des trois Chapitres. Rien ne s'oppose plus à la promulgation de notre sentence. Elle sera publiée à la prochaine réunion ^. » Or, la pièce
1 Labbe, Concil., tom. V, col. 549, 550. — « Baluz., Coticil. Nov. Collect., col. 1541. — 5 Labbe, Concil., tom. V, col. 561. L'auteur que uous avons déjà cité écrit à propos du Constitutum de Vigilius : « Dans sa septième session., le concile fut informé de l'existence de ce dernier décret du pape et du refus de l'empereur de le recevoir. » La vérité est que le concile ne fut averti ni de l'existence du décret pontifical, ni du refus de l'empereur de le recevoir. Les actes sont formels sur ce point, et, en vérité, Justinien aurait