CIIAP. VU. — II*" CONCILE DE CONSTANTINOPLE, V'' OECUMÉNIQUE
présentée frauduleusement au concile comme la dernière décision du pape remontait au 15 août S50. Elle avait été confidentiellement remise par Vigilius à l'empereur, afin de bien prouver à ce dernier que la question de foi n'était pas douteuse, mais qu'il fallait préserver l'autorité du concile de Ghalcédoine contre les manœuvres des eutychéens, et ne rien décider en l'absence des évoques d'Occident. 50. Justinien dut s'applaudir de son industrie. Le concile de viiie con-
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Constantinople n'hésita plus à se prononcer, et cinq jours après ciets. Con- (2 juin 003), dans une huitième et dernière conférence, il rendit son des trois jugement définitif. Le diacre Callonyme lut la sentence qui avait "^' été préparée dans l'intervalle. L'assemblée n'y prenait nullement le titre d'œcuménique : les considérants étaient exprimés avec une modestie fort remarquable. « La parabole évangélique, disent les pères, nous apprend que celui qui n'a reçu du Maître qu'un seul talent doit néanmoins le faire valoir dans la mesure de sa capacité, sous peine d'encourir la damnation. Des évoques, institués pour régir l'Église, ne sauraient donc apporter la moindre négligence à l'œuvre du Seigneur; ils doivent travailler au maintien de la foi; ils ont l'obligation d'extirper tous les germes de zizanie. Or les nestoriens, continuant à étayer leurs erreurs des noms de Théodore de Mopsueste, Ibas et Théodoret, nous nous sommes réunis, par la volonté de Dieu et sur l'ordre du très-pieux empereur, dans cette ville de Constantinople, afin d'examiner les trois Chapitres. Le très-bienheureux pape Vigilius a été tenu au courant de toute la discussion, bien qu'il n'ait pas voulu de sa personne présider notre assemblée. Il a toujours, de vive voix et par écrit, condamné les trois Chapitres. En conséquence, unis dans la doctrine des quatre conciles œcuméniques de Nicée, de Constantinople, d'Éphèse et de Ghalcédoine, nous avons adopté les canons suivants. L Si quelqu'un ne confesse pas que la nature divine est une et consubstantielle en trois personnes; qu'il soit anathème. IL Si quelqu'un ne confesse
été bien maladroit de dire aux évoques : « Le pape m'a envoyé le document qu'il avait promis et que vous attendiez depuis si longtemps; mais je n'ai pas voulu le recevoir, de peur d'être obligé de vous le communiquer. »
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pas dans le Verbe de Dieu deux naissances, l'une spirituelle avant tous les siècles au sein du Père, l'autre temporelle en ces derniers jours du monde quand il est descendu des cieux et s'est incarné dans le sein de la glorieuse Marie, mère de Dieu, toujours vierge; qu'il soit anathème. III. Si quelqu'un dit qu'autre est Dieu le Verbe qui a opéré des miracles, autre le Christ qui a souffert; ou que, lors de la naissance du Christ, Dieu le Verbe était amc lui ou en lui, comme un être distinct dans un autre être; s'il ne confesse pas que Notre-Seigneur Jésus-Christ, Verbe incarné. Dieu fait homme, est une seule et même personne, et que d'un seul sont les miracles qu'il a opérés aussi bien que la passion qu'il a soufferte en sa chair; qu'il soit anathème. IV. Si quelqu'un dit, avec Théodore de Mopsueste, que l'union du Verbe avec l'homme s'est faite en vertu des mérites du Christ, par une grâce ou un amour particulier du Verbe pour le Christ : si quelqu'un dit, avec Nestorius, que c'est par une sorte d'homonymie respectueuse qu'on parle de l'unité de personne en Jésus-Christ; qu'il soit anathème. V. Si quelqu'un entend le mot de personne, appliqué à Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans le sens que cette unité de personne n'est point exclusive d'une dualité hypostatique, et que le concile de Chalcédoine l'entendait de la sorte; qu'il soit anathème. VI. Si quelqu'un dit que la glorieuse Marie, toujours vierge, est improprement appelée mère de Dieu, et que ce titre ne lui convient que dans un sens relatif; qu'il soit anathème. VII. Si quelqu'un entend que les deux natures divine et humaine, unies dans la personne de Jésus-Christ, le sont de telle sorte qu'elles demeurent confondues et sans distinction l'une avec l'autre ; qu'il soit anathème. VIII. Si quelqu'un ne confesse pas que, de l'alliance des deux natures divine et humaine en Jésus-Christ, il est résulté une seule et unique personne : s'il admet une seule nature, ou substance, composée de la divinité et de l'humanité du Sauveur; qu'il soit anathème. IX. Si quelqu'un dit qu'on adore le Christ en deux natures, ce qui introduirait deux adorations rendues séparément l'une au Verbe de Dieu et l'autre à l'homme divinisé; qu'il soit anathème. X. Si quelqu'un ne confesse pas que Notre-Seigneur Jésus-Christ, crucifié dans sa chair, est le Dieu véritable, le Sei-