‹ Histoire de l'église depuis la creationChapitre 19 sur 84 · CHAP. I. — SAMSON · texte numérisé non relu

CHAP. I. — SAMSON

idolâtries de Gédéon, îous les faits en un mut qui lui fournissent matière à des objections sans cesse renaissantes. Mais le rationalisme moderne s'inquiète peu de mettre la raison de son côté. Les contradictions ne lui coûtent guère. Par exemple, il serait fort inutile de prier le savant auteur de nous dire pourquoi il admet aa nombre des Juges Abdon, Abesan et Abialon, qui a ne se mirent » point à la tête des Hébreux pour les conduire à la guerre , » dont on ne connaît point « d'actes de juridiction intérieure ni exté- » rieure, ;> tandis qu'il refuse ce titre à Samson. Tant de questions seraient trop indiscrètes. Nous préférons, en regard des appréciations de M. Munk, exposer le texte biblique aux yeux du lecteur.

69. « Les fils d'Israël, rebelles encore une fois aux préceptes du Naiasanca Seigneur, tombèrent sous le joug des Philistins, qui pesa sur eux de Samson. durant un intervalle de quarante ans. En ce temps, vivait à Saara, ville située sur la frontière méridionale de la tribu de Dan, un pieux Israélite, du nom de Manué. Sa femme n'avait pas eu le bonheur d'être mère. L'ange du Seigneur apparut un jour à cette épouse désolée : Tu pleures, lui dit-il, ta stérilité ; mais Jéhovah a entendu tes prières, et tu donneras le jour à un fils. A partir de ce jour, garde-toi de boire de vin ni aucune liqueur fermentée*, évite avec soin tous les aliments impurs proscrits par la loi, car le fils qni doit naître de toi sera Nazaréen, et consacré au Seigneur dès le sein de sa mère. Le rasoir ne touchera pas sa chevelure. C'est lui qui commencera à délivrer le peuple d'Israël de la servitude des Philistins. — L'épouse de Manué raconta celte vision à son mari : Un homme de Dieu, dit-elle, au visage augélique m'est apparu. Je lui demandai qui il était, d'où il venait et où il allait. Sans me répondre, il m'a donné l'assurance que j'aurais un fils qui serait Nazaréen, et consacré au Seigneur dès le sein de sa mère; qu'ainsi je devais m'abstenir de l'usage du vin, des liqueurs fermentées et de tout aliment impur. — En entendant ces paroles, Manué fit une prière : Je vous supplie , Seigneur Tout-Puissani,

1 L'usage du vin et des boissons fermentées ét»«*. interdit aux Nazaréetî par 11 Ici de Moïse {Numer., cap. vi, 3, 4).

200 HISTOIRE DE l'ÉGLISE. — iV ÉPOQUE. — ÈRE DES JUGES (1580-1030).

dit-il, permoltez que votre envoyé revienne une seconde fois et nous «ppienne comment nous devrons élever le fils qui nous doit naître. — Le Seigneur exauça le vœu de Manué. L'ange du Seigneur apparut de nouveau à la femme, pendant qu'elle était seule dans le champ. A la vue de l'envoyé céleste, elle courut avertir son mari. Celui ([ue j'ai déjà vu une première fois, dit-elle, vient encore de m'apparaitre ! — Manué la suivit. Il s'approcha de l'homme de Dieu. Est-ce vous, demanda-t-il, qui avez parlé une première fois à ma femme? — C'est moi, répondit l'inconnu. — Manué lui demanda alors : Quand votre promesse sera accomplie , comment voulezvous que nous élevions l'enfant? Quelles sont les prescriptions qu'il nous faudra observer à son égard? — Qu'il s'abstienne, répondit le messager céleste, de tout ce que j'ai interdit à sa mère. Qu'il ne touche jamais au fruit de la vigne, qu'il ne boive ni vin, ni liquenr fermentée; qu'il ne mange point d'aliments impurs, et qu'il soit irrévocablement fidèle aux autres presciiplions que j'ai déjà faites à son égard, c'est-à-dire qu'il soit Nazaréen, et que le rasoir no touche jamais sa chevelure. — Manué reprit alors : Permettez, je vous prie, que je vous offre le repas de l'hospitalité. Nous vous servirons la chair rôtie d'un jeune chevreau, et des pains cuits sous la cendre. — N'insiste pas, répondit l'inconnu. Je ne romprai point avec vous le pain de l'hospitalité; mais si tu veux faire un holocauste, otlVe le à Jéhovah. — Or Manué ne savait pas encore qu'il avait devant lui un ange du Seigneur. Il lui demanda donc encore : Quel est votre nom? Au jour où votre promesse sera réalisée, nous nous souviendrons de vous. — Ne me demandez point mon nom, dit l'inconnu. C'est un mystère. — En ce moment Manué prit un jeune clievieau, l'offrit avec des liljalions en holocauste au Seigneur. La Uamme commençait à s'élever de la pierre qui servait d'autel, et à consumer la victime, lorsque, sous les yeux des deux époux, l'ange du Seigneur s'éleva avec elle et disparut à leurs regards. Manué et sa femme se prosternèrent le visage dans la poussière : Nous mourrons tous deux, disait Manué, carnous avons vu Jéhovah. — Mais sa femme lui répondit : Si le Seigneur voulait notre mort, il n'amait pas agréé nos libations et nos holocaustes, il

Page 1