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donc, d'une manière irréfragable, qu'au temps d'Hélî, on savait qne Dieu se communiquait aux. hommes; qu'on respecîait ces manifestations; qu'on en connaissait le modeet qu'en passant par les lèvree d'un enfant, les oracles divins, loin de perdre de leur autorité, acquéraient une majesté plus solennelle encore. Voilà ce que M. Munk écarte soigneusement du « terrain historique où il est » entré avec Héli. » Ajoutons qu'il se garde aussi de faire même la plus simple mention de l'épisode du prophète qui avait une première fois averti le Grand Prêtre. Sans doute ce détail impoi'tunait le Juif moderne; mais encore une fois, ce procédé par élimination, si cher à l'exégèse rationaliste, et que nous avons déjà eu trop souvent l'occasion de prendre en flagrant délit, ne saurait enlever un iota au texte sacré. La Bible, ce monument divin, résiste à toutes les suppressions calculées, comme à toutes les interprétations arbitraires. Elle proteste à chaque page que Dieu s'est communiqué sans interruption aux hommes par le ministère des patriarches, des prophètes, des saints et des justes de la loi ancienne jusqu'à Jésus-Christ. Et l'Eglise catholique, héritière du Testament ancien, proteste de son côté que, depuis Jésus-Christ, les manifestations divines se sont continuées sans interruption, au miheu de l'humanité, par les saints de la loi nouvelle. Chose étrange ! l'Eglise catholique seule ose affirmer une telle chose en face des sociétés modernes. Elle proclame sa prérogative; elle a des solennités où l'univers entier se donne rendez-vous, pour ;ipprcndre les noms des élus de la terre qui ont été autheniiquement pendant leur vie en communication avec Dieu, et dont l'imnjortalité a commencé le jour de leur mort. La gloire de Jéhovah, couronnant le front de Moïse au Sinaï, illuminant Tesprit du jeune Samuel à Silo, est la même dont le rayon tout-puissant faisait naguèie resplendir, sous le dôme de Saint-Pierre de Rome, la sainteté canonisée des martyrs du Japon. Merveilleuse unité de l'œuvre divine dans le monde! Eclatante lumière de la vérité qui environne d'unéclatimmortel la rédemption du genre humain préparée par ia miséricorde à travers les siècles, consommée par l'amour dans la ph'nitude dei temps, et continuée sans relâche iasqu'aux portes de l'éternité I
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^taille 11 « Samuel croissait en âge et le Seigneur était avec lui; toutes
contre les
îtiUstins. les parolos révélées au jeune homme s'accomplissaient; la nation ..<Tche. d'Israël tout entière, depuis Dan jusqu'à Bersabée, apprit par exet de ses péricnce que Samuel était le prophète fidèle de Jéhovah. Le Seigncur lui apparut encore plusieurs fois a Silo '. » L'époque où sa prédiction au sujet des fils du Grand Prêtre devait s'accomplir" était arrivée. Les Phihstins qui n'avaient cessé d'opprimer Israël depuis les jours de Samson, renouvelaient leurs incursions hostiles. Probablement chaque année, à l'époque des moissons, ils se jetaient sur le territoire hébreu, pour enlever les récoltés et les troupeaux. Tel avait été le caractère de l'oppression madianite, tel est encore de nos jours le système de razzias pratiqué par les tribus arabes. Nous ne voyons donc pas sur quel fondement imaginaire M. Munk a pu étayer l'odieuse insinuation qu'il dirige ici contre Samuel, a 11 paraîtrait, dit-il, que les discours exaltés de Samuel furent pour » quelque chose dans l'expédition malheureuse que les Hébreux » entreprirent bientôt centre les Philistins (I Sam.^w, 1). » Quel lecteur, prévpini par la citation du verset et du chapitre, pourrait soupçonner que le passage si soigneusement allégué n'offre aucune allusion à Samuel ? 11 en est ainsi cependant : nous allons traduire ce verset et le chapitre quatrième en entier, et le lecteur n'y trouvera rien de ce que M. Munk croit y voir paraître, a En ces jourslà, les Philistins réunis en armes vinrent combattre Israël. Les Hébreux marchèrent à leur rencontre et campèrent au lieu qui reçut jilus tard le nom de Pierre du secours. Les Philistins s'étaient avancés jusqu'à Aphec, au sud de la tribu de Juda. Ils se rangèrent en bataille, attaquèrent les Israélites qui fiu-eiil mis en déroute et perdirent environ quatre mille hommes dans le combat. Après cet échec les anciens d'Israël ayant rallié dans les campements les débris de l'armée vaincue, tinrent conseil. Pourquoi, dirent-ils, le Seigneur nous a-t-il ainsi humiliés en ce jour devant les Phili» tins? Envoyons chercher à Silo l'Arche d'alliance; qu'elle vienne s^c icposci-*a.> milieu de nous, et qu'elle nous soit un gage de viciai; c! — Une députation envoyée par l'armée se rendit donc à
1 1 lu g., cap. III, 19 ad uicim.
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Silo : l'Arche d'alliance du Dieu des armées, reposant entre les deux chérubins, fut amenée au camp, et les deux fils d'Héli, Ophni et Phinées, l'accompagnèrent. A l'approche de l'Arche sainte, l'armée d'Israël fit entendre une acclamation de joie et de triomphe dont tous les échos retentirent. Les Philistins en l'entendnnt se demandaient : Que veulent dire ces clameurs qui éclatent dans le camp des Hébreux? — Ils en surent bientôt la cause. En apprenant la présence de l'Arche sous les tentes ennemies, ils dirent : Jéhovah est venu dans le camp des Hébreux. Malheur à nous ! Les vaincus d'hier sont maintenant dans l'allégresse. Malheur à nousl Quelle puissance nous sauvera de la vengeance de ces terribles divinités qui ont frappé la terre des Pharaons et jonché le désert des cadavres des Egyptiens. — Cependant les chefs essayaient de rassurer leurs soldats contre ces terreurs. Philistins, disaient-ils, reprenez votre courage, et montrez-vous les dignes fils des héros. N'inclinez point la tête sous le joug des Hébreux, vos anciens esclaves. Combattez sans peur et sans reproche. — Animés par ces exhortations, les Philistins engagèrent de nouveau le combat ; l'armée d'Israël fut taillée en pièces; ies soldats épouvantés se dispersèrent dans la direction de leurs demeures; trente mille guerriers furent rais à mort, l'Arche d'alliance devint la proie des Philistins et les deux fils d'Héli, Ophni et Phinées, furent tués par les vainqueurs. Le soir de cette fatale journée, un homme de la tribu de Benjamin arrivait à Silo; ses vêtements étaient déchirés en signe de deuil, ses cheveux étaient couverts de cendre. Echappé au combat, il avait pris sa course pour venir annoncer le grand désastre. Des cris lamentables éclatèrent tout à coup dans la ville, à l'arrivée de ce funeste message. Le grand prêtre Héh était assis sur son siège, à la porte du tabernacle, le visage tourné vers le chemin. Il attendait avec anxiété des nouvelles de l'Arche d'alliance. En entendant les cris de douleur de tout le peuple, il s'écria : Qu'y a-til? Pourquoi ce tumulte et ces gémissements? — Il avait à peine prononcé ces paroles que le messager était devant lui. Mais le Grand Prêtre, alors âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, était aveugla et ne s'aperçut pas de son anproche. Le Benjamite prévint dojic
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le vieillard : J'arrive du champ de bataille , lui dit-il. — Que s'est-il passé, mon fils? demanda Héli. — Israël a pris la fuite do vant les Philistins, répondit le messager. Un carnage aflreux a détruit l'armée. Vos deux fils, Oplini et Phinées, sont au nombre des morts. L'Arche du Seigneur a été prise par l'ennemi. — Au moment où le soldat prononçait le nom de l'Aiche suinte, Héli tomba à la renverse de son siège , sa tête fut brisée par la chute et il ex- ' pira sur Theure. La nouvelle de tant de désastres avait foudroyé sa vieillesse. Depuis quarante ans, il jugeait le peuple d'Israël. Cependant, une de ses belles-filles, l'épouse de Phinées, était alors sur le point de devenir mère. En apprenant que l'Arche d'alliance était prise, que Phinées son mari était mort, que le grand prêtre Héli venait d'expirer, elle fut saisie tout à coup des douleurs de renfautemcut. Les femmes qui l'assistaient voulant rappeler son courage, lui dirent : Consolez-vous. Vous avez donné le jour à un fils. — Mais la malheureuse se sentait mourir. Elle s'écria : Ichabod (sans gloire) ! La gloire d'Israël est anéantie, parce que l'Arche du Seigneur est captive. — Ce nom d'Icliabod était celui qu'elle donnait à son enfant, orphelin dès sa naissance; et elle expirait ^ » L'éuoufe 12. Nous ne nous sentons pas la force d'interrompre cette tou-
io phinccs. (jj^ajj^g histoire pour faire observer que le nom de Samuel et son intervention n'apparaissent en rien o dans l'expédition malheu- » reuse » dont on vient de lire le récit. « Les discours exaltés » du jeune prophète, dont parle M. Munk, restent donc à la charge du consciencieux Israélite. Une seule réllexion nous sera permise ici. Dans le système rationahste qui n'admet pas l'influence de l'institution mosaïque sur le peuple juif avant le règne de Josias, comment cxplique-t-on la vénération du peuple hébreu pour TAiche d'alliance ; les cris d'enthousiasme que sa présence soulève dans le camp juif; la terreur qu'elle répand parmi les Philistins; l'attachement sacerdotal d'IIâli , dont la vieillesse chancelante supporte la nouvelle de la mort de ses fils, et ne peut survivre A celle de la prise de l'Arche; la piété de cette épouse et de celte mère infortu-
' 1 Reg., cap. IV, inlegr.