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nëe, qui après avoir perdu son mari et son beau-père, meurt en s'écriant : La gloire d'I&raël est anéantie , parce que l'Arche du Seigneur est captive? Ah ! si la femme de Pliinées était une républicaine de la Grèce ou de Rome, sa mort aurait été chantée par les poètes du XIX* siècle, comme celle d'une héroïne; mais cette femme était une Juive qui avait médité la loi de Moïse, qui adorait Jéhovah, le Dieu du Sinaï; qui aimait l'Arche d'aUiance et la gloire Ihéocratique d'Israël, plus que la vie; donc l'oubli doit peser sur sa mémoire, au nom du rationalisme moderne !
13. Qu'est-ce, en effet, que l'Arche d'alliance aux yeux d'un L'Arche d'«J rationaliste ? Un peuple a le droit, comme le peuple romain, de ràtion^UiM. se grouper autour d'une aigle nationale, et d'en faire le centre de tous les héroïsmes, le symbole de toutes les gloires de la patrie. Mais concentrer toute l'énergie vitale d'une race dans un symbole religieux, dans un coflfre de bois de Sétim, oii la majesté de Dieu s'est reposée, quelle superstition, quelle faiblesse, quelle aberration d'esprit! Ainsi parlent ces hommes que la présence de Dieu, au miUeu de Thumanité, trouble et importune. Cependant l'humanité, partout et toujours, a cru et croit à la présence de Dieu au milieu d'elle. Sous les arcades des temples de porcelaine en Chine comme sous la voûte des forêts vierges de rOcéanie, sous les portiques gigantesques de ïhèbes et de Memphis comme sous les chapiteaux aux feuilles d'acanthe du Parthéhon , sous les toits de bambou des pagodes indiennes comme sous l'ogive de nos cathédrales gothiques, la même foi à une divinité présente a réuni et réunit encore les multitudes de l'Egypte et de la Chine, du Japon et de la Polynésie, de la Grèce et de Rome, de Paris et de Londres. Rationaliste, y avez- vous songé à cette foi universelle, à ce cri de tous les cœurs, à cet élan de toutes les consciences? Et qui êtes-vous pour vous lever, dans votre isolement, en face de l'humanité de tous les âges et de tous les pays , et pou? lui jeter l'anathème du haut de votre infirme et étroite raison !
14. « Les Philistins, maîtres de l'Arche sainte, la transportèrent L'Arcfc» des campagnes d'Aphec dans leur ville d'Azoth, et la placèrent danslefèmpl dans le temple, à côté de l'idole de Dagon, leur dieu. Mais le len- 2onîX<to«
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»rétres demain, en entrant dans le temple, les babitants d'Azoth virent l'idole de Dagon renversée à terre, aux pieds de l'Arche de Jéhovab. Ils relevèrent pieusement la statue de leur divinité, et la replacèrent sur son piédestal. An matin du jour suivant, le tsmple offrit un spectacle plus étrange encore. La statue de Dagon gisait à terre, aux pieds de l'Arche de Jéhovah. Mais la tête et les.mains de l'idole étaient coupées et se trouvaient sur le seuil mT-me du temple, loin de la statue mutilée. C'est en mémoire de cet événement que jusqu'.à ce jour les prêtres de Dagon et tous ceux qui entrent dans son temple évitent soigneusement de poser le pied sur le seuil consacré jadis par le contact de la tète et des mains de l'idole. Cependant la main du Seigneur s'appesantit sur les habitants d'Azoth. Une cruelle maladie décimales hommes; les campagnes furent ravagées par une véritable armée de souris et de mulots qui dévoraient les récoltes. La ville était dans la consternation. Que l'Arche du Dieu d'Israël ne séjourne pas plus longtemps au milieu de nous, disaient les babitants. Sa puissance s'est exercée d'une manière terrible contre nous et contre Dagon notre dieu. — Les satrapes philistins se réunirent pour concerter les mesures à prendre. Que ferons-nous de l'Arche du Dieu d'Israël? demandèrent-ils. — Les Gélhéens proposèrent un expédient : Que l'Arche soit portée tour à tour dans chacune de nos provinces, dirent-ifs. On suivit leur conseil, mais à mesure que l'Arche était portée dans une région, les lléaux meurtriers qui avaient sévi '"outre la ville d'Azoth, se renouvelaient à son passage. Ce fut dans ces circonstances que l'Arche arriva sous les murs d'Accarou. Les habitants de cette ville, en la voyant approcher, poussèrent des cris de dc'tresse. Ils nous amènent l'arche de Jéhovah , disaient-ils. On V(.'ut qu'il anéantisse notre ville et tout notre pays! — Réunissant donc les satrapes, la multitude épouvantée leur dit : Renvoyez l'Arche de Jéhovah en son pays d'Israël, et qu'elle cesse de répandre sur nous la désolation et la mort*! — Les prêtres philistins, consultés sur le moyeu à prendre pour renvoyer l'Arche au
* I I\eg., C!ip. V, 1-11.
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pays d'Israël, répondirent : Gardez-vous de la faire partir avant d'avoir fait à Jéhovah des offrandes expiatoires. Ce n'est que par ce moyen que vous serez délivrés des fléaux qui vous accablent. Ne renouvelez point l'épreuve du Pharaon, qui endurcit son cœur, et n'en fut pas moins contraint de laisser partir les fils d'Israël, après que l'Esypte eut été bouleversée. Que chacune des cinq satrapies des Philistins offre à Jéhovah deux figures d'or. On placera l'Arche et les présents expiatoires sur im chariot neuf auquel on attellera deux vaches qui n'auront point encore porté le joug, et dont les veaux seront renfermés dans l'éiable. Puis on laissera ces animaux se diriger en liberté avec leur fardeau, sans leur assigner de direction. Si les vaches, oubliant lem-s \eaux à l'étable, prennent le chemin qui conduit en Israël, et s'éloignent dans la direction de Bethsamès, nous aurons ainsi la preuve que tous les maux qui nous ont affligés étaient réellement une punition de Jéhovah. Si au contraire elles reviennent à l'étable pour y retrouver leurs nourrissons , nous reconnaîtrons que tout ce qui s'est passé jusqu'ici était l'effet du hasard, et que la main de Jéhovah y était étraugèie. »
15. M. Munk ne croit pas nécessaire dinsister sur le choix de Détails de
, , r » 1 1 • Ti ' T 1' récit biblique
ces deux vaches, séparées de leurs jeunes veaux. Il neghge ce de- qui en contail, probablement parce qu'il le trouve indigne de la gravité de véracité. l'histoire. Mais, à nos yeux, rien ne prouve mieux la véracité du Livre saint que ce détail lui-même, et nous plaindrions le lectemqui l'accueillerait par un sourire de mépris. Le temps n'est plus, où les traducteurs français de l'Iliade et de l'Odyssée demandaient pardon d'écrire, sous la dictée d'Homère, les expressions de vaches, de veaux, de bœufs et de porcs. Cette puérilité de l'esprit français qui avait inventé un jargon de circonstance pour se tirer de ces sortes de mauvais pas, a plus contribué qu'on ne se l'imagine, à appauvrir noire langue et à frapper de stérihté le génie lui-même. Nous pensons que les hommes des temps antiques prononçaient, au contraire, avec un sentiment de légitime fierté, ces noms qui rappelaient un souvenir de la domination primitive de l'homme sur les animaux. Quant au calcul des prêtres phihstins, il faut convenir qu'il est de nature à satisfaire la raison la plus scrupuleuse. Qu'on
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sépare en effet une vache de son jeune nourrisson, qu'on renferme le veau dans IVtable, et qu'on laisse sa mère en liberté, celle-ci reviendra avec un mugissement plaintif, heurter à la porte qui la sépare de l'objet de sa tendresse maternelle. Les prêtres philistins le savaient comme le savent encore aujourd'hui tous les habitants de nos fermes. Si les vaches attelées, dans de telles circonstances, au chariot où l'Arche avait été déposée, s'éloignaient de leun veaux et prenaient d'elles-mêmes la route de Bethsamès, à deux milles d'Accaron, sur la frontière de la tribu de Dan, il devenait évident que l'ordre naturel était violé, que l'instinct de ces animaux était dominé par une intervention plus haute, et que le doigt de Dieu était là. Il ne venait point à l'esprit de ces prêtres de Dagon, de trouver une pareille intervention indigne de la majesté de Dieu. Cette banalité était réservée aux penseurs des siècles plus éclairés. Celui qui a donné l'instinct maternel à toutes les races animales, est le même qui a tracé à la foudre ses routes dans les champs de l'air. La Providence qui envole ou retient à son gré le tonnerre, n'est ni amoindrie ni humjhée quajid elle s'occupe de la fourmi sous le creux du chêne, ou du troupeau dans le pâturage. "Voilà ce que M. Munk aurait pu voir dans le texte biblique qu'il a trop dédaigné, et il se serait épargné cette paraphrase aussi classique que peu fidèle : « On plaça l'Arche sur un chariot neuf, attelé » de deux génisses qui n'avaient pas encore porté le joug '. » l'iiche i6. « Les Pliilislins déposèrent donc l'Arche sainte et les offrandes ûm^él\ expiatoires sur le chariot. Les vaches prirent aussitôt la direction de Bethsamès, et en suivirent le chemin sans s'écarter ni à droite ni à gauche, mais à chaque pas elles poussaient des mugissements*. Les satrapes philistins les suivirent jusqu'à ce qu'elles fussent arrivées sur le territoire hébreu. Or, les Bethsiimites étaient en ce moment occupés dans la campagne à faire la moisson da froment. En levant les yeux, ils aperçurent l'Arche qui s'avançait, et leur ioie fut vive. Le chariot s'arrêta dans le champ de Josué,
• S. Munk,Pn/ey/«n«, pag. 245. — * Le pergentes et mugientcs est encore un de ce8 traits caractéristiques qui révèlent la nature prise sur le fait. Qn' "'i^ eottndu le mugiesemeat lamentable des vaches qu'on sépare de leur veau?
DCS.