‹ Histoire de l'église depuis la creationChapitre 34 sur 84 · CHAP. 1. — LE PREMIER ROI D'ISRAEL · texte numérisé non relu

CHAP. 1. — LE PREMIER ROI D'ISRAEL

l'homme de Dieu*. » Cette simple interrogation suffit pour rappeler au monarque la parole du Seigneur violée, la faute commise et les conséquences funestes qui devaient en résulter. Aux jouis de l'Eden, une parole semblable adressée au premier homme avait également suffi pour jeter le trouble dans les consciences coupables. Pas plus qu'Adam, Satil n'eut le noble courage d'avouer purement et simplement sa faute ^. 11 chercha des excuses : « Je voyais, réponditil, que les soldats m'abandonnaient en masse. D'un autre côté, vous n'êtes pas venu dans le délai fixé. Cependant les Philistins ont réuni toutes leurs forces à Machmas. Je me suis dit alors : L'ennemi va fondre sur moi des hauteurs d'Ephraïm, et je n'ai point encore fait les sacrifices de propitiation ! Contraint par la nécessité j'ai donc offert moi-même l'holocauste au Seigneur 3. » La réponse de Saiil contenait une fausseté matérielle, puisque Samuel arrivail précisément au jour fixé : elle était, de plus, empreinte d'un sen timent de défiance envers le pouvoir souverain de Jéhovah, qu avait cependant donné assez d'exemples de victoires remportées par une poignée d'Israélites contre des multitudes d'ennemis. « Le Prophète fit alors entendre au roi la sentence du Seigneur : Vous avez commis un acte de véritable folie. Vous avez violé l'ordre de Jéhovah! Si vous l'aviez fidèlement exécuté, le Seigucur réservait à votre trône une durée héréditaire. Mais vous avez été infidèle, votre royauté ne se perpétuera point et ne sera pas transmise à vos fils. Le Seigneur s'est déjà choisi un homme selon son cœur. C'est lui qu'il investira du pouvoir souverain sur son peuple. Tel est le chûtiment de votre désobéissance *. » Saul s'inclina devant la parole prophétique qui lui était annoncée au nom de Jéhovah, et dut déplorer amèrement sa première faute. 41. a Cependant le roi et le Prophète, quittant la position de Disposition»

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Galgala, s'avancèrent au-devant de l'ennemi jusqu'à Gabaa. La pe- desphiiistins tite armée restée fidèle les suivit avec courage. On vint camper sur jonathas. le versant oriental de la montagne d'Ephraïm pour en disputer le passage aux ennemis. Saiil passa ses troupes en revue; il ne lui

1 I Reg., cap. xiii, 8-10. — « Voir tom. I de cette Histoire, pag. 199. — ^ 1 %•., cap. xni, li. — * I Reg., cap. xiu, 13, 14.

270 uisTOiRE DE l'Église. — iv^ époqde. — ère de la royauté.

restait qu'environ six cents hommes; mais leur bravoure devait suppléer au nombre. De leur côté, les Philistins avaient dirigé trois colonnes d'expédition pour franchir les défilés. La première, tournant la montagne au nord, parcourait la route qui conduit à Ephra par la terre de Suai; la seconde suivait au centre le chemin qui part de Bethoron et coupe la aïontagne d'Ephraïm; la troisième, au midi, s'engagea dans le défilé qui aboutit à la vallée de Séboïm *. » Ces dispositions stratégiques, parfai lement conçues, ne seraient poin désavouées par les tacticiens modernes. Elles faisaient converger toute l'armée des Philistins, dans un mouvement concentrique, vers la vallée du Jourdain; et ces forces, ainsi dirigées, devaient à leur point de jonction écraser la petite troupe des Hébreux. En présence de forces tellement considérables, Tarmée de Saûl ne pouvait opérer que par une guerre d'escarmouches : encore, le défaut d'armes rendait-il ce genre de combats très-dillicile et très-désavantageux. Jonathas, qui avait déjà eu l'honneur d'attacher son nom à la victoire de Gabaa, allait encore se signaler par un fait de bravoure personnelle presque prodigieux. Mécontent de l'inaction forcée où les circonstances le réduisaient au pied de la montagne d'Ephraïm, ce jeune prince « dit un jour à son écuyer : Viens avec moi ; nous essaierons à nous deux de surprendre le poste de Philistins qui est en face de nous. — Saiil était alors campé en dehors de Gabaa, sous le grenadier de Magron. Les six cents hommes, seul reste de ses troupes, l'entouraient; Achias, fils d'Achitob, et descendant d'Héli, portait l'éphod, à titre de Grand Prêtre, et avait amené l'Arche du Seigneur au milieu de Tarmée *. Jonathas se garda bien de communiquer ni à son père, ni au Pontife, le projet téméraire dont il allait tenter l'exécution. Il partit donc avec son écuyer, sans qu'un seul homme, dans le camp d Israël, eût le moindre soupçon de son entreprise. La montagne, à l'endroit où il se proposait de l'escalader, otîrait une suite d'escarpements qui semblaient inaccessibles. Deux proéminences plus saillantes formaient, sur les deux versants, comme deux dents de rochers, qui

* I Reg., cap. ini, 17, 18. — * I liey., ca^). xiv. 18.

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