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43 i HISTOIRE DE L'ÉGLISE. — Y" ÉPOQUE (1001 -5S6).

f oîeil de puiser dans fon sein l'eau féconde, pour la répartir sur toiis les points de l'univers.

jorement 3. a Saloiuon comprit la grandeur du bienfait divin qui lui avait

deSalomon. ,, t^ . > ■ ■ c- ■ -a

cte accorde. Pour en témoigner sa reconnaissance au beigneur, u offrit un holocauste sur l'autel du Tabernacle. En ce moment deux femmes dlsraël se présentèrent devant son tribunal. L'une d'elles exposa ainsi l'objet de sa plainte : Cette femme et moi, nous habitons la même demeure, nul autre que nous n'a pu être témoin des faits qui se sont passés. Mères toutes deux depuis trois jours, nous allaitions chacune notre enfant. La nuit dernière, cette femme en dormant eat le malheur d étouffer le sien. Elle se leva silencieusement, s'approcha de mon ht, et profitant de mon sommeil, elle prit mon enfant et mit à sa place le cadavre de son fils. Au matin, je me préparais à aUaiter mon enfant : quelle fut ma douleur, en le voyant mort à mes côtés ! Cependant je le contemplai avec attention à la lumière du jour, et je reconnus qu'il n'était pas mon fils, l'enfant de mes entrailles. — A ce récit, l'autre femme s'écria : Non, non, c'est là un horrible mensonge, c'est bien réellement ton fils qui est mort, et voilà mon enfant plein dévie, c'est le mien ! — L'autre mère persistait à opposer son affirmation à la dénégation de sa compagne. Aucun témoin ne pouvait éclaircir la difficulté par ses dépositions; et tous les regards de l'assemblée étaient iixés sur le jeune roi, qui avait à se prononcer dans une chconstance aussi extraordinaire. — Salomon s'adressant à un de ses officiers: Qu'on apporte un glaive, dit-il. — Cet ordre fut exécuté. Prenez l'enfant vivant, que cette femme porte dans ses bras, ajouta le roi, coupez-le par le milieu du corps, et donnez une moitié à chacune id ces deux femmes. — Le cri du cœur maternel ne se fit pas atfondre. Arrêtez , seigneur, je vous en prie, dit la véritable mère, donnez plutôt l'enfant à cette femme, mais ne le mettez point à mort, — Sa compagne au contraire, lui répondit : Non, non, il ne sera ni à l'une ni à l'autre, qu'on exécute l'ordre royal. — Le roi prononça alors la sentence : La vérituble mère, dit-il, s'est révélée par le cii de sa tendresse, qu'on lui rende l'enfant, il est certainement lo sien. — Bientôt tout Israël racontait avec admiration ces

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délails, et le jeune roi à qui le Seigneur avait donné l'esprit de discernement et de sagesse, devint l'objet de la vénération de son peuple '. »

4. Le iuffement de Salomon, tant de fois redit par les eénérations P^to fiii.ia successives, se confond dans tous les esprits avec les souvenirs de P^itiMit

' ^ de In Feini>v

l'enfance, et, s'il gagne à cette notoriété un caractère classique, il f""-'perd peut-être quelque chose de sa valeur réelle. On ne réfléchit Beihsabés. point assez à toute la délicatesse de sentiment qu'il supposait dans le jeune roi. Celui qui saisissait avec une telle sûreté d'appréciation le cri d'une mère, devait aimer profondément la sienne et être 'ui-même le plus tendre des fils. 11 nous reste un monument précieux de la piété filiale de Salomon, qui honore autant son cœur que celui de Bethsabée sa mère. Le portrait de la Femme forte, tracé d'une main si ferme au livre des Proverbes par le roi Salomon, lui fut vraisemblablement inspiré par le souvenir de sa mère; et Bethsabée aurait ainsi eu la gloire de servir de type à ce tableau immortel. « Voici, dit Salomon, les paroles du roi, elles conseils que lui donna sa mère. 0 mon fils, me disait-elle, cher objet de ma tendresse, enfant de mes désirs, n'écoute pas la voix des amours étrangères, fuis le luxe et les voluptés qui renversent les trônes. Attache-toi à l'épouse fidèle. Qui rencontrera la Femme forte? c'est le trésor inappréciable, qu'il faut chercher dans les contrées reculées et ramener des plus lointains rivages. Le cœur de son époux se repose sur elle ; elle sème la joie sur tous les jours de sa vie et eu écarte le chagrin. Elle cherche le lin et la laine que met en œuvre sa main diligente. Elle est devenue comme le navire qui se charge au loin de provisions et rapporte l'abondance et le pain. Levée avec l'aurore, elle distribue les ahments qu'elle a préparés aux serviteurs et aux servantes. Elle a ceint ses reins de force, et le courage arme son bras. Elle a goûté les fruits de son travail, ils sont doux à son cœur, et sa lampe ne s'éteint point dans la nuit. Elle a mis la main aux choses fortes et ne dédaigne point de^tourner le fuseau. Elle ouvre ses mains à l'indigence, et étend les bras pou*

» iii Reg., cap. m, 16 ad ultim.

accueillir le pauvre et le consoler. La force et la grâce sont sa parure, le sourire de la douceur brillera à l'heure dernière sur ses lèvres mourantes. Elle a ouvert la bouche aux paroles de la sagesse; la loi de la clémence a été celle de ses conseils. L'œil de sa vigilance'a considéré tous les sentiers de sa demeure, elle n'a jamais goûté le pain de l'oisiveté. Ses fils se sont levés pour la proclamer bienheureuse, son époux la bénira. La grâce est trompeuse, la beauté est fugitive : la femme qui craint Dieu mérite seule nos éloges *. » Telle était Bethsabée, l'épouse de David, « purifiée, dit » Bossuet, par la pénitence, » et digne d'avoir Salomon pour fils. Heureux ce prince, s'il n'eût jamais perdu une telle mère, ou du moins s'il fût toujours resté fidèle à ses conseils et à sa mémoire ! 5. Cependant Adonias n'avait subi qu'en frémissant le joug d'un frère qu'il détestait. Abiathar et Joab continuaient à entretenir dans le cœur du prince de coupables espérances. Leurs intrigues n'échappaient point à la sagesse du jeune roi, mais il eut la prudence d'attendre, avant de sévir, que les conjurés eussent laissé éclater leur secret. La jeune Sunamite, Abisag, dont le dévouement à la vieillopse de David et le titre d'épouse royale avaient illustré le nom, leur parut un instrument qui pouvait servir leurs desseins. Une union avec elle devait fortifier le p.irti d'Adonias, en lui rattachant un grand nombre des anciens serviteurs de David. 11 fut donc résolu que le prince solliciterait de Salomon la permission d'épouser Abisag*; et pour mieux dissimiilpr les perverses intentions que pourrait trahir une pareille dfujnnde, on convint de la faire parvenir au roi par l'intermédiairf^ de Bethsabée. Retirée dans l'intérieur du palais, comme la femme forte et modeste dont elle nous a laissé à la fois le portrait et l'exemple, la mère de Salomon ignorait toutes ces sourdes intrigues. « Adonias se présenta

' l'ro-.'crb., c:i{». XXI fere integr.

« M. Muiik f lit observer ici avec raison la porléft de ce proiet ambitieux i'Adonias. « Prendre possession du harem royal, dit-il, est en Orient uue des D plus éclatantes mauife^tatious de l'autorité souveiaiue. On a vu que ce fut » par ce moyen qu'Ab*alom crut faire acte de sonvoraiiielé. Le faux Smer-

• dis s'empara, dans le même but, du harem de Cambyse. Voy. Hérodote,

• liv. m, chap. LXViii. n (Muuk, Paiesdne, p.ig. 285.'i

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