‹ Histoire de l'église depuis la creationChapitre 56 sur 84 · CUAP. I. — PREMIÈRES ANNEES DE RÈGNE · texte numérisé non relu

CUAP. I. — PREMIÈRES ANNEES DE RÈGNE

devant elle. Qui vous amène? demanda Bethsabée. Venez-vous avec des pensées de paix? — Mes intentions sont pures, répondit le prince, mais j'ai une prière à vous adresser. — Parlez, dit-elle.

— Vous savez, reprit Adonias, que le trône devait m'appartenir, tout Israël m'avait reconnu pour son roi. Cependant l'ordre de succession a été changé en faveur de mon frère, et Jéliovah lui a donné la roj'auté. Maintenant j'ai une demande à vous faire, je vous supplie, ne me refusez pas. — Que voulez-vous? demanda la reine. — Je viens vous prier d'intercéder près de Saiomon en ma faveur. Il ne sait rien vous refuser. Demandez lui donc de m'accorder la main d'Abisag, la Sunamite. — Bethsabée y consentit. Elle se fit introduire dans l'appartement royal. Saloraon se leva en l'apercevant, vint à sa rencontre, s'inclina devant sa mère, et la conduisant au trône destiné pour elle, la lit asseoir à sa droite.

— Mon fils, dit Bethsabée, j'ai une légère faveur à solliciter près de vous. Ne rejetez pas ma requête. — Demandez ce que vous voudrez, ma mère, répondit Saiomon, puis-je jamais rien vous refuser?— Accordez donc à Adonias votre frère, la main d'Abisag la Sunamite, reprit lielhsabée. — Ah ! ma mère bien aimée, s'écria Saiomon, pourquoi avez-vouG consenti à vous charger d'une pareille demande? C'est réclamer le trône en faveur d'Adonias! Ne savezvous pas qu'avec le concours du grand prêtre Abiathar et de Joab, fils de Sarvia, il a tout préparé pour revendiquer son droit d'aînesse ? — Saiomon instruisit Bethsabée des détails du complot, puis il ajouta : Par le nom sacré de Jéhovah, Adonias a prononcé, en vous parlant ainsi, son arrêt de mort! Par le Dieu d'Israël qui m'a fait asseoir sur le trône de David, mon père, et qui m'a donné la puissance, selon sa promesse, Adonias mourra aujourd'hui même! — Appelant alors Banaïas, fils de Jaïada, le capitaine des gardes, il lui trau^mit ses ordres, et la conspiration naissante fut étouffée dans le saug du prince, son auteur*. »

6. «Joab ne s'était point rattaché à la rpyauté de Saiomon. 11 MortdeJoai avait concentré toutes ces espérances dans le parti d'Adonias*. » d'Abiati.ar.

« III P^g., cap. II, 13-25. — « Ibid., 28.

A'.iH iiisToiiiE DE l'Église. — v« époql-e (lOOi-oSO).

Celte fois les événements trompèrent les calculs do s;i politique tbiirhe et tortiieu?e. L'heure était venue où le santr innocent versé par ses main.>, et toutes les douleurs accumulées s:ir le règne de David, allaient retomber sur sa tète, a A la nouvelle de la mort d'Adonias, il se réfugia dans le parvis du ïabcrnacli?, et saisit de ses mains tremblantes la corne de l'autel qu'il tint élroitem.nit «embrassée. Le droit d'asile ne pouvait protéger ce criminel si longlomp< redoutable. B.inaïas reçut l'ordre de le mettre à mort. ]le?t temps, dit Salomnn, de venger le sang i.njnsteraent répandu p;ir Joab, et de punir les attentats qu'il a commis contre l'autorilé de mon père et la mienne. Qu'il meure comme il a fait mourir Abner, généralissime dos rrmées d'Israël, comme il a fait mourir Amasa, fiis de Jether, généralissime des armées de Juda. Que leur sang retombe sur sa tête et celle de ses descendants, et que la juste punition de ses forfaits attire sur la mémoire de David et sur le trône de son fils les bénédictions du Seigneur'. » Telle fut l.i fin de Joab. w ■[ » était de ceux, dit Bossuet, qui veulent le bien et sontcapaijlesde B l'exécuter, mais qui veulent le faire seuls. Dangereux caractères, 9 s'il en fut jamais, puisque la jalousie des ministres, toujours » prêts à se traverser les uns les autres, et à tout immoler à » leur ambition, est une source inépuisable de mauvais conseils, » et n'est guère moins préjudiciable au service que lu rébellion 2. » Banaïas fut investi de la dignité de généralissime des armées de S*^omon. « Le grand prêtre Abiathar avait trempé dans la conspiraifon et pouvait craindre un châtiment sévère, mais Salomon respecta son caractère sacré. Retirez-vous à Analholh, votre patrie, lui dit-il, vous avez mérité la mort, mais je n'ai point oublié que vous avez porté l'Arche du Seigneur notre Dieu devant David, mon père, et je me souviens d'ailleurs du dévouement dont vous avez fait preuve en d'autres circonstances. — Abiathar se soumit à cette sentence. Exilé dans sa ville natale, il cessa dès lors d'exercer les fonctions pontificales, et Sadoc en fut seul investi. Ainsi

* III Rcg., cap. n, 28-3o. — * Poliiujue tirée des propres paroles de l'Ecriture tainte, liv. IV, sur la propositiou : Le pritice doit se faire craindre des grands et de« petits.

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