V ÉroQUE
lement notre siècle un témoiornaore de plus en faveur de hi véracité des •~nt du Livres saints, faisaient partie d'un immense système de constructions lacs, entreprises par Salomon pour préparer l'emplacement du Temple, Le mont Moriah sur lequel l'édifice devait s'élever n'était dans le principe qu'une colline étroite et irrégulière , insuffisante pour les vastes constructions de l'édifice sacré. Salomon fit élever du fond de la vallée un mur de quatre cents coudées de haut *, et remplir de terre tout l'espace intérieur, pour augmenter .ainsi l'aire de la colline. La surface encadrée au prix de tant d'efforts, formait un carré d'un stade en long et en large ^. A ces travaux préliminaires, il faut joindre ceux dont un curieux fragment d'Aristée, r'ûé par Eusébe, nous donne la description. « Pour alimenter d'une
i^au toujours pure et toujours abondante le Temple et ses dépenh dances, Salomon utilisa une source voisine dont il réunit avec ■■> soin toutes les eaux dans de vastes réservoirs. Par une ingénieuse
distribution, des tubes enfouis. sous le sol, et qui n'avaient pas )) jiioins de cinq stades de longueur, dans tout le circuit qu'ils dé- » Clivaient autour de l'éditice, venaient verser l'eau par d'innom- » arables conduits sur toutes les parois latérales du Temple. Fixés,
!os uns aux murs^ les autres sur le sol mémo cki Temple parl'art )) Ju plombier, et à force de chaux vive, ces conduits étaient une il véritable merveille d'hydraulique ^. » Ce passage d'Aristée est confirmé parla tradition locale de Jérusalem. « A cinq cents mètres :- environ de l'angle sud-est du Haram-Ech-Chérif, dit M. de Saulcy, - ,u trouve sur le Uanc droit de la vallée de Josapliat, une source .< ;i!jonUante qui sort d'un canal souterrain construit en blocs con-
' Joseiih., Aatiq, , lib. XVIII, cap. m, § 9. — ' Joseph., De bello Judaic, lih. V, caji. V, § 1.
■* Ou iJuus [lennellra de reproduire ici le texte même de ce fragment d'Aristée, si iuléreséuut à comparer avec nos procédés actuels : tJ-toc St ivi-
K>.ii-Tt,i Wii, <r. s-Tatr,c, ici ÔLi x.ai tmT'Îc i»"a)6fv ■na'/.vff-^Tiv tfufrjxif i-^iffioua-tiç , £ti J'i Bxvy.sLriuf /.*.! kJ'inyiiTcty uiroiTo^éaj» ÛTrstp^évTaïf V'jiq yiiy, xaÔàif «TUJot/vov, irini ftstiiuf xi/xÂ69îVT«: K'-nn To hfiy x.xTaCt^-'iç, K<ti éx lot/jà» a-yftyyit( iya^iÔ/ust/c xctÔ'ixxj'To» fJ-iiiiS iiLUTAit vuntiiiôiiTûii Ton fiufxkrav. Kaî tscCt^i nàyra yu8/>io\i/f<rài59i< KAi'iS'ifovt Êicti làn tii/cti • «Tri /*! toitùêi Kiyji^n iis^u -jrXjiSof Katikticit, itlfycit yiytyny.iiiti
«TiayTav. [Arislœus citai, ab Euseb., Prœparat. Evangel., lib. IX, cap. xixvni.}
» sidérables. L'opinion générale est qu'elle vient du plateau de 3 Moriah, et qu'elle n'est que le cours d'eau qui desservait le grand d autel du Temple *.)>
20. Quand tous ces travaux préliminaires furent accomplis, Su- Pose delà
*^ I remière
^tomon posa la première pierre de l'édifice sacré. Le texte de la P'errç gj J5ible a enregistré ce jour glorieux avec une solennité inaccoulu- J^ainUe»
^ <* o saiDia
niée. C'était en effet une ère nouvelle qui s'ouvrait pour les fils de curoraai*. Jacob ; le Temple de Jérusalem, centre de la Terre promise, succédant aux vicissitudes d'une vie nomade au désert ou conquérante en Palestine, figurait la destinée du peuple lui-même, jouissant enfin de la paix sur le sol arrosé par le sang des aïeux. Le Temple de Jérusalem, survivant à une première ruine, devait surgir de ses cendres jusqu'au jour où Jésus-Clirist y apparaîtrait dans son humanité divine pour fonder une Eglise spirituelle que les révolutions des âges , la main du temps et des hommes et tous les eûbrts de l'enfer seront impuissants à détruire. « Donc l'an quatre cent quatre-vir^ après la sortie des enfants d'Israël de la terre d'Egypte, la quatrit^j année du règne de Salomon , au mois de Zio ^, le deuxième de l'année, on commença la construction du Temple du Seigneur. La parole de Jéhovali se fit entendre à Salomon. Voilà que tu élèves à ma gloire celle maison bénie, dit le Seigneur : si tu continues à suivre la voie de mes préceptes, si lu observes mes ordres, si tu gardes mes commandements, j'accomplirai en ta faveur les promesses que j'ai faites à David, ton père. J'habiterai au milieu des fils d'Israël , et je n'abandonnerai jamais mon peuple. — Ainsi parla le Seigneur. Salomon, encouragé par cet oracle divin, se mit à l'œuvre. Sur le miont Moriah, à la place même où l'ange avait apparu à David, au-dessus de l'aire d'Oman le Jébuséen, les fondations du Temple avaient été creusées sur soixante coudées de long
' De Saulcy, Dict. des ont. hibl., pag. 570.
* Le nom de Zio donné à ce mois est l'expression chaldaïque par laquelle *n désignait It* mois d'Ijar, second de l'année sainte, repondant à nos mois de mars et avril (Voir le tableau des mois de l'année sainte chez les Hébreux, tom. I de cette Histoire, pag. £84; et Sanctius, In III libr. Reg. fo»^ meniar., cap. vi, 1).
it vingt de large, dans la direction de l'orient à l'occident. En u\ant de l'édifice sacré, devait s'élever un portique de vingt coudées de longueur, su? une largeur et une hauteur égales à celles du Temple. L'élévation du Temple lui-même devait être de trente coudées pour le Saint des saints, et de ^ingt seulement pour le Sanctuaire proprement dit. La distribution intérieure fut celle du Tabernacle de Moïse '. Le Sdint des saints, désormais appelé Débir, l'Oracle, eut' vingt coudées en tous sens. Deux chérubins en bronze, revêtus de lames d'or, ayant chacun dix coudées de haut, et autant dans l'envergure de leurs ailes éployées, furent placés au centre de l'Oracle. Ils devaient abriter l'Arche d'alliance et les chérubins primitifs qui l'accompagnaient. Seule dans ce mystéiieux asile, où le Grand Prêtre ne pénétrait qu'une fois l'année pour l'aspersion solennelle, l'Arche de Jéhovah remplissait de sa majesté ce lieu redoutable. Le parquet, le plafond et les lambris de bois de cèdre étaient recouverts de lames d'or. Des chérubins et des palmes sculptés par Hiram-Abi , se détachant en relief sur les murailles étincelantes, formaient une décoration digne du Dieu des anges et du Dieu des victoires. L'entrée du Saint des saints était fermée par un voile d'hyacinthe, de pourpre, d'écarlate et de bysse, dont la broderie représentait des chérubins. Ce voile était fixé sur une boiserie percée d'étroites ouvertures pratiquées dans toute la largeur de l'édifice; il était destiné à séparer le Saint des saints du Sanctuaire proprement dit. Cette paroi transversale et les portes elles-mêmes étaient de bois d'olivier, ornées de sculptures reproduisant la décoration intérieure, de chérubins et de palmes recouverts de lames d'or, et de plus un ornement particulier de chaînes d'or. » L«Sanciuaire 21. Le Sanctuaire, appelé Héchal, ou Palais, avait quarante coudées de long, sur vingt seulement de hauteur, ce qui laissait dominer le Saint des saints, ou Débir, d'une surélévation de dix coudées. Le j»!irquet était de bois de cyprès; les lambris et le plafond de bois de cèdre, comme ceux du Débir, et pareillement recouverts de lames d'or*, étaient de même ornés de sculptures représentant des
» Voy. tûii>,. I (le cette Histoire, pag. G24-C27.
* Celte expresïioa coustamiucut répétée dans le texte biblique, ayec cettt
CriAP. I. — LE TEMPLE DE SALOMON (998-991). 463
chérubins, des palmes et des fleurs épanouies. La porte du Héchal recouverte aussi de lames d'or et supportée par deux montants en bois d'olivier, s'ouvrait à deux battants faits de bois de cyprès, et roulant sur des gonds d'or massif. On déposa dans le Sanctuaire, en leur conservant la même disposition que dans le Tabernacle de Moïse *, l'Autel des parfums, en bois de cèdre recouvert de lames d'or, le Clumdelier à sept branches et la Table des pains de proposition. De pins, Salomon lit placer dans le pourtour du Sanctuaire des chandeliers d'or, cinq de chaque côté, et autant de tables du même métal, supportant des coupes, des urnes et des vases d'or, d'une admirable perfection de travail. La porte du Sanctuaire ii'ouvrait sur le Portique ou vestibule dont nous avons donné plus haut les dimensions. 11 était fermé par un soubassement de trois assises de pierres de taille, surmonté d'une balustrade en bois de cèdre. A l'entrée de ce Portique, et pour encadrer la façade extérieure du Temple, Salomon fit placer deux colonnes d'airain, creuses à l'intérieur, d'une hauteur de dix-huit coudées, sur douze de circonfè. rence ; l'épaisseur du métal était de quatre doigts. Les cliapiteai^*, d'une hauteur de cinq coudées, sculptés en rehef, étaient décorés de lleui'sdelys et de grappes de grenades, rattachées par un ornement en forme de chaîne maillée. La colonne du midi à la droite du Temple reçut le nom de Jakin (Stabilité), celle du nord, à la gauclic de l'édifice, fut appelée Booz (Force). Prière permanente, qui devait rappeler à tous les fils d'Israël que Jéhovah était l'unique appui et la seule force de son peuple.
22. L'aspect du Temple présentait rm vaste parallélogramme, Dépendances bâti de pierres de taille, en assises établies avec la solidité et les du Temple. énormes dimensions dont les débris encore subsistants des constructions Salomoniennes peuvent nous donner l'idée. Pour ména-
particularité que les lames d'or étaient fixées par des clous du même métal, écarte toute idée de dorure appliquée selon nos procédés actuels. Les lames d'or Lattues par l'ouvrier et rendues flexibles, se prêtaieut aux différentes saillies des sculptures qu'elles devaient recouvrir, mais elles devaient conserver une épaisseur bien difl'éreule de ce qu'on appelle aujourd'hui des feuilles d'or. On peut se faire par là une idée de laricliesse d'une pareille décoration. » Voy. tom. I de cette Histoire, pag. 626, C27.
464 HISTOIRE DE l'Église. — v« époque (1001-586).
ger l'air et la lumière dans l'édifice sacré, on avo.it pratiqué des fenèlri^s grillées eu lozanges. Au-dessous de ces fenêtres, sur le pourtour extérieur et adossée aux murs du Temple, une construction à trois étages fut établie pour le logement des prêtres et des lévites, et le dépôt des trésors, des instruments et des provisions nécessaires aux sacrifices, « L'étage intérieur, au rez-de-chaussée, » dit M. Munk, avait cinq coudées de large , le second en avait » six et le troisième sept. Ces dift'érences provenaient de ce que, » pour ne pas endommager les murs du Temple, on avait appliqué » contre leur parement extérieur, une saillie en forme de gradins, 0 qui devait supporter les poutres des différents étages. Les deux ) gradins sur lesquels reposaient les plafonds du premier et du » second étage, ayant chacun une coudée de large, il en résultait 9 qu. «.e second étage avait une coudée de plus que le rez-de- I) chaussée, et de même le troisième une coudée de plus que le » second. A l'extérieur les étages étaient au même niveau. Lahau- » teur de chiicun était de cinq coudées, ainsi les trois réunis dépas- 9 saient la moitié de la hauteur intégrale du Temple. L'entrée des I) étages était sur le côté droit, au midi du Temple, à la chambre » du milieu du rez-de-chaussée, et un escalier tournant conduisait » de là aux étages supérieurs*. »
Parvis des 23. Une première enceinte murée, jusqu'à hauteur d'appui, et
PrêtrGSi
Leerand Au- surmonlée d'une balustrade en bois de cèdre formait, autour du d'airain. Temple ct dc ses dépendances, le Parvis des Frcires, ainsi nomme
d'fliram-Abi. parce qu'il était réservé aux sacrifices et aux diverses fonctions de ministère sacerdotal et lévitique. Comme dans le Parvis du Tabernacle de Moïse, on y plaça l'autel des holocaustes et le bassin réservé aux ablutions et aux purifications des prêtres. Mais ces deux monuments furent construits pour le nouveau Temple sur des proportions colossales. Le grand Autel d'airain avait vingt coudées de largeur sur dix de haut. Le bassin des purifications, appelé la Mer d'airain, rappelait un souvenir de gloire nationale. Le métal qui y fut employé provenait des dépouilles d'Adarézer, roi de Saba,
» Munk, Palestine, pag. 290. Voir III Reg., cap. vi, 8-10.
vaincu j,ar David *. La Mer d'airain, vaste réservoir liéraisphérique, contenait deux mille hath d'eau. Elle avait cinq coudées de profondeur sur dix de diamètre, et le métal avait une palme d'épaisseur. Gracieusement évasée en forme de coupe , la surtace extérieure était ornée de branches de lis ciselées et de deux guirlandes de fleurs qui couraient parallèlement au bas des lis. Cette immense vasque était supportée par douze taureaux d'airain, disposés, trois par trois, aux quatre points cardinaux dans une orientation parfaite. Exclusivement réservée aux ablutions sacerdotales, l'eau de la Mer d'airain ne pouvait être employée qu'à ce seul usage. Pour suffire aux autres besoins du ministère sacré, dix vasques d'airain de quatre coudées seulement de diamètre, mesurant quarante hath., furent disposées sur des socles décorés de figures de chérubins, de bœufs et de lions, encadrées entre des couronnes et des palmes. Les socles eux-mêmes étaient supportés sur quatre roues d'airain, qui permettaient de déplacer facilement les vasques et de les transporter sur les divers points où elles étaient nécessaires. Leur eau fut destinée à la purification des victimes et des offrandes. La fonte de ces divers ouvrages demandait d'immenses ateliers et des conditions particulières de sol quHiram-Abi trouva sur les bords du Jourdain, entre Sochoth et Saredalha. « Ce fut là qu'ayant rencontré une argile convenable, il jeta successivement en fonte le grand Autel et la Mer d'airain, l'Autel d'or des parfums, la Table des pains de proposition, les chandeliei-s d'or avec leurs lampes de même métal, les tables d'or, destinées au sanctuaire les branches de lis et les guirlandes de fleurs, les forceps d'or qui devaient servir à mettre en place les pains de proposition, les cassolettes pour les parfums, les encensoirs, les coupes et les mortiers d'or massif , les portes d'or du Saint des saints, avec leurs sculptures et leurs ornements *, » enfin une immense quantité de vases sacrés et d'instruments destinés aux sacrifices , dont Josèphe fait monter le nombre à plus de cent mille ^.
1 1 Paralip., cap. xviii. — * II Paralip., cap. iv, 17 ad ultim. — • Joseph., Antiq. judaic, lit). VIII, cap. u.