‹ Histoire de l'église depuis la creationChapitre 74 sur 84 · II · texte numérisé non relu

II

par le glaiv0, et Israël captif sera entraîné en exil loin de sa patrie. — S'c-lanî ainsi assuré de l'assentiment du roi de Samarie, Amasias vinl Trouver le Prophète : Voyant, lui dit-il, va porter tes visions Bur la terre de Juda, et y chercher avec tes prophéties le pain de l'indigence, mais n'essaie plus de parler à Béthel contre la religion

du roi et de l'Etal Je ne suis, répondit Amos, ni prophète ni

fils de prophète *, je r.e suis qu'un pasteur de Thécué, vivant des fruits sauvages du sycomore. Le Seigneur m'a enlevé à mes ti'oupeaux, et m'a dit : Va, porte ma parole à la maison d'Israël. Et maintenant, Amasias, tu viens me dire : N'adresse plus tes prédictions à la maison d'Israël, n'ouvre pas la houclie contre le temple de l'idole. Voici ce que te répond Jéhovah : L'épouse d'Amasias sera le jouet d'un odieux vainqueur; tes fils et tes filles seront moissonnés par le glaive, tes campagnes seront mesurées au cordeau par l'étranger; tu mourras toi-même sur la terre de l'exil, et Israël sera emmené captif loin de sa patrie *. » 'Jré.iHon 75. On a répété mille fois que les prophéties hébraïques étaient /projiétie vagues et indéterminées, qu'elles ne précisaient rien et qu'elles

•'Amos, 11" î * •

ressemblaient plutôt aux rêveries extravagantes d'un cerveau exalté qu'aux formules nettes et catégoriques d'une sérieuse révélation de l'avenir. Le rationalisme moderne a trouvé un mot pour formuler ces pensées outrageantes, il les a condensées dans le terme de pt'ophétisme hcbreu^dont se servent maintenant tous les exégètes incrédules. Et pourtant, y a-t-il rien de plus précis, de plus net, de plus déterminé que la prophétie d'Amos'.' Ou pouvait in général prévoir, à son époque, des malheurs que la situation du royaume d'Israël ne rendait que trop probables, mais pouvaiton savoir au juste que ces calamités seraient l'exil de tout un *)euple, au-delà des campagnes de Damas, dans les montagnes df l'Harmon? Pouvait-on allirmer que la génération actuelle eu serait victime? Pouvait-on savoir que Samarie serait ruinée après un lon^

* Le sens propre de cette expression est qu'Amos n'avait point été élcY* dans un établissement de proplièles, et que jusqu'à cette époque de sa vis, à était resté coiuplétenneut étranger au ministère propiiétique. Amos, cap. vu, 10 ad ultim.

cnAP. m. — oziAs, roi de juda (803-752).

siège; que son palais royal, ainsi que celui de Jcziaël, « la maison » d'hiver et la maison d'été » seraient détruites? Les invasions syriennes n'étaient pas chose nouvelle; Samaiie en avait subi plus d'une fois, et Samarie y avait survécu. Comment se tait-il qu'un pasteur de Thécué, étranger à la politique, à la diplomatie et au mouvement des aûaires de son tem.ps, prédise avec une pareille netteté des événements qui dépassaient tous les calculs des politiques, toutes les prévisions des hommes d'Etat et des conseillers les plus habiles? Comment enfin, au-delà des calamités imminentes qu'il annonce, plus loin que la chute d'Israël définitive et sans retour, aperçoit-il une restauration merveilleuse qui rétablira sur tant de ruines ime puissance immortelle. « Ce jour-là, dit le Prophète, moi, le Seigneur, je relèverai le Tabernacle renverse de David, je réédifîerai les brèches de ses murailles, je restaurerai ce qui était tombé, et je renouvellerai les prodiges des jours ?-^^^ ciens. Israël possédera toutes les nations; c'est le Seigne' ^^ ^^, parle ainsi, et c'est lui qui accomplira instantanément ^^^^^ ^^ rôle. » Que les Juifs modernes nous disent à quel é- ^^^^^^^^^ ^^ leur histoire peut se rattacher une pareille pro^ ^^^^^.^^ ^ ^^^^^^ • époque le jr.daïsme a-t-il possédé toutes les ■ ^^^^.^^^^ Cependant Jésus-Christ, fils de David, est en ce moment ^^ ^^. ^.^.^ ^^ ^^^^^^ Il y a près de deux mille ans que dure s ^^^ ^^^.^.^^ ^^ .^ ^^^ ^^^^ vivant aujouid'hui que jamais.

76. On croit que le tremblem^^^^ ^^ ^^^.^^ ^^^^^^^ j^ prophète o.iasve.t Amos fait allusion à la premie^^^ ^^^^ ^^ ^^^^ jj^,^,^^ ^^ ^^^^ ,^^ ^^ j -;^P-à^ très Écritures ne font point mention, se produisit à Jérusalem dans sJeSie.. une circonstance mémor^j^jg^ ^pj,^g vingt-cinq ans d'un règne glorieux et prospère, O.^jas, roi de Juda, jusque-là fidèle à la loi du Seigneur, « cor,,mença à abandonner son cœur à l'orgueil de la ' puissance. Drit^ l'éclat qui l'environnait, il se crut au-dessus des présomptioiis légales; et, malgré la défense mosaïque, il prétendit au droit d'entrer, comme les prêtres, dans le sanctuaire, et à l'honneur de brûler Jui-méme l'encens sur l'Autel des parfums. Dans l'appareil de la dignité royale, il franchit donc le Portique extérieur et villa la majesté du lieu saint par sa présAuce. Le Pontif©

l-c roi lépreux.

HISTOIRE DE L'ÉGLISE. — y' ÉPOQUE (1001 086).

.^^arias, entouré de quatre-vingts prêtres fidèles et courageux, Toulut s'opposer à celte profanation : Roi Ozias, lui dit-il, °il ne vous oppardent pas de brùL r l'encens sur cet autel; c'est la fonction réservée aux préti-es, fils d-Aaron, qui ont reçu une consécration spéciale pour ce ministère. Sortez du Sanctuaire, et ne consommez point votre attentat. Jéhovali, le Seigneur, vengerait sur vous sa gloire offensée! - Ce langage ne fît qu'irriter l'orgueU royal. Ozias, l'encensoir à la main, jeta un regard menaçant sur le Pontife et )es prêties, et continua sa fonction sacrilège. En ce moment son front se couvrit de lèpre. Azarias et les ministres qui l'entouraient s'en aperçurent aussitôt, le roi lui-même sentit que la mam de Dieu venait de le frapper. Il se hûta de quitter le Sanctuaire, et d'aller cacher dans son palais cette lèpre hideuse. A raiiirdG ce jour il cessa de se montrer en public, et Joatham, son His, présida aux cérémonies solennelles et rendit la justice au

Jérobolmn ""• ^?':"'^''"' Jéroboam IT, roi d'Israël, sourd aux avertissero?d|^aëî' merjts re..'^^^'^^ "^^^ prophètes, mourait à Samarie, après un règne ATéimcnt de quarante . '^"^' " ^° ^^^^* détaillé de ses actions, l'histoire de sa ZacCie. son conquêtc de Da. ^''\^ ®' ^^ ^'^ *^^"ï'^ cIEmath ont été conservés au '"iisr" ^'^'^^ ^^^ Annales a.'"* .^'^'^* d'Israël. Après sa mort, Zacharie, son fils, lui succéda 2; raaic>^ ^' ^^ ^* ^"^ Passer sur le trùne. Durant les six mois de son règne, il . "^^^uvela les exemples d idolâtrie de ses prédécesseurs, et continua à ^^^courager l'infidélité du peuple. Seiiuin, fils de Jabès, oui-dit une conspiration contre sa vie; il le poignarda au milieu de sa cour, et ^^ ^^ pi"oclamer roi d'Israël. Ainsi s'accomplissait la parole du Seig."*^"^ ^ Jéhu, l'ancêlré de Zacharie. Tes fils, avait dit Jéhovah, ne p^'^^'^sédcront le trùne de Sam; rie que jusqu'à la quatrième génération \ ^ emen 78. La coui onne allait désormais passer de main °n main , comme ^ wUi'ïrTëi ^^ rétoiiipense du crime, jusqu'à l'extinction définitive du royaume ces). dlsraël. « Sellum, le meurtrier de Zacharie, ne jouit qu'un moi»

« IV nerf., cap. XV, 5; II Paraiip., cap. iivi, 16-21. - » JV Reg., cap. iiv. 28.

du fruit de sa trahison. Manaliem, fils de Gadi, commandant l'armée royale, ayant appris à Thersa la mort de Zacharie et l'avénement du meurtrier, se dirigea avec ses troupes sur Samarie, mil à mort le lâche Sellum et se fît couronner à sa place *. »

79. La soumission du peuple à ces royautés sanglantes n'allant pas aussi vite que les événements eux-mêmes, le générai couronné ne recula devant aucun acte de barbarie pour la contraindre. «La ville de Thapsa, située sur le chemin de Thersa à Samaiie, avait refusé d'ouvrir ses portes au nouveau souverain. Manahem s'en rendit maître, la détruisit jusqu'aux fondements, mit à mort toute sa population, et le soldat, ivre de carnage, déchirait les entrailles fécondes pour en arracher les enfants et les immoler sur le cadavre de leurs mères. Manahem se maintint par la terreur sur un trône ainsi ensanglanté, et pendant un règne de dix ans, multiplia les crimes contre Dieu et les cruautés contre les hommes. Il avait acheté au prix de raille talents d'argent la protection de Phul, roi d'Assyrie. Le prince ninivite, à la tête d'une armée d'invasion, était entré en conqu étant sur le territoire d'Israël. Celle brusque attaque, qui semblait devoir anéantir la puissance deMannhem, fut ce qui la sauva. Le tyran de Samarie préleva sur tous les princes de son royaume et sur toutes les familles opulentes un impôt de cinquante sicles par tête. Ce fut ainsi qu'il réunit la somme d'argent qu'il voulait otfrir au roi d'Assyrie. Phul accepta le tribut, et consentit à quitter le territoire d'Israël, après avoir promis l'appui de ses armes à son nouveau vassal 2. »

80. Phul est le premier roi ninivite dont le nom soit mentionné dans le texte biblique, quoique la lutte de l'Assyiie coutie la Pa» lestine remonte certainement à une époque fort antérieuiJ al';~i que nous avons eu l'occasion de le faire observer à propos du règne de Jéhu^. Or, le nom de Phul ne se trouve point dans la Jisie des rois assyiiens, étudiée, d'après les inscriptions de Knor- Babad, par M. Rawlinson. Un tel silence avait Ueu de surprendre les

ÂTênement de î»[-\nahera

au trône

d'Israël. Son

alliance avec

Phul, roi

d'Assyrie.

Les fastes assyriens retrouvés par M. Oppert h

Khorsabad.

Leur concordance aTecl'histoir»

et la clironologie

biblique*.

» IV Reg., cap. XV, 13, 14. — * IV Reg., cap. xv, 14-20. — » Voyez n» de ee chapitra.

710 HISTOIRE DE L'ÉGLISE. — Y LPOQUE (IÛOÎ-386).

savants. M. Jules Oppeit, l'illustre assyriologue fran(\ii5, vi de nous en donner l'explication. Pour bien faire coraprendr valeur de sa récente découverte, nous devons dire que M. pert a pu rétablir la suite des fastes assyriens, année />ar an depuis 94i jusqu'à 642 avant Jésus-Christ. « Les A'^^^yrieus, d • désignaient leurs années par un nom propre, comme les » mains, les Athéniens et les Aigoliens, qui se servaient, ponr » but, des consuls, des archontes, des prêtresses de Junon *. t plupart des personnages assyriens qui eurent l'honneur de donner leur nom aux années ninivites « sont, continue le savanl assyrio- » logue, des hommes du palais et des guerriers; ainsi la plus an- » cienne date que nous possédions, celle du cylindre de ïiglatpi- » léser I, du xiii* siècle (avant Jésus-Christ) *, fournit le nom d'un » chef des esclaves. D'autres personnages sont des gouverneurs. » Dayan- Assour est désigné par Salmanassar comme le grand Tartan de son armée. Nous proposons de les nommer des êpO' 9 nymes, titre que portaient les premiers archontes d'Athènes 3. » C'est au moyen de ces éponymies que M. Oppert a rétabli sa listft chronologique qui, dans un intervalle de trois siècles, présente une succession régulière d'année en année"* et n'offre qu'une seule lacune, de 788 à 7 41, où les éponymies manquent complètement. Or, c'est précisément pendant cet intervalle, c'est-à-dire entre 765, première année du règne de Manahem, et 734, fin de son règne, qu'eut lieu l'expédition de Phul en Palestine. La Hste interrompue des éponymies assyriennes à cette époque précise, nous fait comprendre pourquoi M. Rawlinson n'avait pas trouvé le nom de Phul dans ses premières études. Cette concordance de dates, entre la mention de Phul par la Bible et la lacune des fastes assyriens jusqu'ici connus, est déjà par elle-même un fait de la plus haute importance, et nous donne le légitime espoir que des découvertes ultérieures retrouveront le Phul biblique , comme les précédentes

• J. Oppert, Inscriptions assyriennes des Sargonides traduites pour la première fois (Ann. de phUosoph. cfire't., juillet 18G2, tom. LXV, pag. 47). — * Par conséquent conteiuporaiije de l'époque des Juges d'Israël. — * J. Opperl, Joe. citai.— * Fastes assyriens de 944 à 642, article des Annales déjà cité, imw- "JM^

CHAr. m. — oziAS, roi de juda (803-732). 711

ont déjà retrouvé Théglath-Phalasar, Salmanasar, Sargon, Seimacliéris, Assarhaddon '. Cen'est point ici une espérance conjecturale, et le cercle des études nouvelles à compléter sur ce point esî déjà circonscrit dans des limites de plus en plus étroites. Le nom de Manaliem s'est retrouvé dans les inscriptions de Rhorsabad. Manahem envoya des tributs à Tiglatpilcser, la huitième année de celui-ci. On lit cette mention importante dans les inscriptions cunéiformes publiées par M. Layard^. « Le roi d'Israël, qui n'a régné » que dix ans, ajoute M. Oppert, a donc dû subir l'attaque de Pbul » dans les premières années de son règne qui coïncideraient avec » les dernières années de Pbul, et avec l'avéuement de Tiglat- » pileser IV sur le trône d'Assyrie ^ » Or, on sait d'après les inscriptions assyriennes, que le souverain ninivite régna quarantedeux ans et mourut en 726. Son avènement remonte donc vers l'an 770, deux ans après celui de Manabem. Par conséquent, l'inconnu à retrouver dans la lacune des fastes assyriens se réduit dès maintenant au court intervalle de 788 à 770 *. En présence de ces résultats inattendus des explorations ninivites, nous nous demandons si Dieu n'a pas réservé à notre siècle des grâces spéciales de lumière, en proportion des ténèbres que l'incrédulité de l'âge précédent avait amoncelées sur tous les faits de l'bistoire biblique !

81. « Manabem s'endormit avec ses pères, après dix ans de règne Mort de à Samarie. Le reste de ses actions, et tous les détails de son tns- (tjD.

, , / 1 1 1 7 7 7^7 ••; o Avènement

toire, ont ete conserves dans les Annales au royaume a Israël, bon diiPhacéia, fils Pbaceia lui succéda sur le trône. Phaceia suivit les errements n;i (rone paternels, et fit le mal devant le Seigneur, pendant les deux années de son gouvernement ^. »

82. A cette époque, Pbacée, fils de Romélia, un des grands offi- ^^ ^^xZIm ciers de la cour d'Israël, conspira contre le jeune souverain. Avec '^''.'^l^^'*^* cinquante conjurés du pays de Galaad, parmi lesquels se trouvaient Aj? . mpnt Argob et Arié, il vint l'assiéger dans la tour du palais de Samarie.

1 Voyez les Fastes assyriens de 944 à G42, loc citât. — « Layard, phu.chf' 50, f — 8 J. Oppert, article déjà cilé, pag. ")4. — * Oppert, InscrijAions asf>jncnn'\ des Sargomdes, Ann. de philosoph. chrét., toiii. LXV, pag. 54. — s iV Reg., cap. XV, 22-24.

u.cc, «on gittrtrier.

712 HTSTAJfBÇ DE L'ÉGLISE. — V* fPOQDE (1001-586).

Phacéia fut mis à mort, et Phacée, son meurtrier, se fît procîam rci d'Israël *. »

Hort srî. Peiiclaiit que ces re'volutions sanglantes se succédaient à Sa«

TOïia» roi • °

dejuda maiiu, Ozias, le roi lépreux de Juda, terminait à Jérusalem dans

l'isolement et l'iuimiliation , un règne de cinquante-trois ans, dont la première moitié avait été si glorieuse et si prospère. Depuis le jour où la main de Dieu l'avait frappé dans le Sanctuaire, il avait été soumis à la séquestration ordonnée par la loi mosaïque, et « vivait dans un appartement séparé du palais, pendant que Joatham, son iils, administrait le royaume sous le nom paternel*. » Vingt-deux ans s'écoulèrent pour Ozias dans ce triste état. « Il s'endormit enfin du sommeil de ses pères. On n'ensevelit point le lépreux dans le tombeau des Rois, mais on lui donna la sépulture dans le champ voisin. L'histoire d'Ozias écrite par Isaïe, tils d'Amos, a été insérée dans les Annales du royaume de Juda^. » Ce livre d'Isaïe ne nous a pas été conservé : il a péri avec ceux des Annales de Juda et d'Isi^aël, durant la grande captivité de Babylone. Les prophéties d'Isaïe, dont nous parlerons bientôt, ne donnent aucun détail historique sur le règne d'Ozias. Le grand prophète avertit seulement que sa première vision remonte aux dernières années de ce prince *.

§ VII. Joathaiu,rol de Juda (752-737).— Phacée, roi d'Israël (753-728). Avènement g^, L^ ^ort d'Ozias laissait le titre roval à son fils Joatham, qui

de Joat)i<im " ' ^

"de'juli"'"^ depuis longtemps en exerçait l'autorité. Ce prince profila de la sé- Piété (li ce vère leçon donnée à son père , et sa fidélité au Seigneur ne se dé-

pnnce. * r ' o

gnccfsdeses mentit jamais, a II marcha dans les sentiers de la justice, en présence de Jéhovah, et sa conduite rappela toutes les traditions d'Ozias; seulement il n'entreprit point, comme ce dernier, d'usurper les fonctions sacerdotales dans le Temple de Jérusalem. Il laissa un monument de sa piété et de son zèle pour la maison du

- ÎV Reg., cap. xv, 23, 26. — * IV Reg., cap. xv, 7; II Paralip., cap. xxvi, 23. — ' IV Reg., cap. xv, 6; II Paralip., cap. xxvi, 22. — * Isaiue, cap. i, i; VI. 1.

Seigneur, dans l'érection de la grande porte orientcile du Temple qui fut construite par ses soins. En même temps il faisait fortifier les remparts de Jérusalem et élevait de grands ouvrages de défense sur la partie des murailles appelée Ophel. Les Ammonites toujours rebelles sentirent le poids de ses armes victorieuses. La quatrième année de son règne, ils se refusèrent à lui payer le tribut qui leur avait été imposé par Ozias, et consistant en cent talents d'argent, dix mille cori de bled et autant d'orge. Joatham les défît en bataille rangée, et les contraignit à rentrer dans le devoir *. Ainsi se fortifiait la puissance du roi de Juda, sous la bénédiction du Seigneur, auquel il demeurait fidèle. Cependant le peuple de sou roy;uime n'imitait point ses pieux exemples, et multipliait ses prévarications contre Jéhovah et sa loi sainte ; il offrait des sacrifices et brûlait un encens sacrilège aux idoles impures sur les bauts lieux 2. » La contagion de l'impiété d'Israël gagnait ainsi le royaume de Juda. Nous entendrons bientôt la voix des prophètes s'élever à Jérusalem et protester contre cette apostasie nationale avec l'énergie et la véhémence déployée par EHe, Elisée, Amos et Osée à Samarie. 80. Phacée, roi d'Israël, crut roccasion favorable pour organiser impuissiai»

coalition

une expédition contre le territoire de Joatham. La rivalité entre deRasin, roi

de Damas,

les deux capitales du peuple iuif survivait à tous les désastres, et et d,-. Phacée,

^ *^ *• , . ' roi d'Israël,

quand la foudre grondait déjà sur Samarie et la menaçait de sa contra

Joatham.

ruine, Phacée songeait moins à se garantir de ses atteintes qu'à se

donner la joie d'humilier encore une fois la maison de David, abandonnée par les dix tribus. Il fit alliance avec Rasin, qui venait de reconstituer à Damas une royauté indépendante, et joignant à l'armée de celui-ci des troupes qu'il eût mieux fuit de réserver contre les puissants monarques de Ninive , vint attaquer Joatham. Celte première tentative d'invasion n'eut pas de succès. Le roi de Jérusalem avait dans Jéhovah un allié plus fort que tous les princes de Damas, et les armées coahsées se retirèrent avec la honte d'une défaite 3.

i Tel est le sens que nous paraît avoir le verset 5«, chapitre xxviï de» Paralipomènes. (Voyez Sanciins, CommerUariwni?! hune locum.) — « II Paralip., e»p. XXYll, 1-6 i IV Reg., cap. xv, 32-35. - » IV Reg., cap. xv, 37.

■oavenu ro:.

Mort 80 Cet exploit termina le règne de Joathain. « Ce prince s'en-

deJoîtliom, j ■. ^ ■• i > .ni ,. ■■ ,

roidejuda doiiiiit du sommeil de ses pères et tut enseveli avec eux d;ins la (737)

cité de David, le fondateur de sa race. L'histoire détaillée de Joa-

tliam, et îe récit de ses glorieux exploits ont été conservés dans les

Annales des i^oyaumes de Juda et d'Isi^aël^. n

% VIÏI. Achaz, roi de Juda (737-723). — Phacéc, roî d'Israël (753-728).

ATénement -87. Acîiaz , fils et succcsseur de Joatham, sembla prendre à

d Achaz x'ii- % .Tifr-i./-.

sur le trône tacliG de rumcr tout ce que son père avait cherche à édifier, et de

de Juda. . . , ,. .

Impiété du remonter parallèlement, mais en sens inverse, la politique vraiment nationale du pieux Joatham. «Il se déclara ouvertement l'imitateur des rois d'Israël. On le vit dans la vallée de Gehennon, près de Jérusalem, offrir solennellement ses fils au dieu Moloch, et les faire passer, selon les rites des Gentils, à travers la flamme du sacrifice ^ Il immolait des victimes et brûlait l'encens aux faux dieux sur tous les sommets des montagnes, sur toutes les collines et sous tous les arbres des vallées ^. Si Achaz avait espéré par cette apostasie désarmer la politique rivale du roi de Samarie, son illusion ne dura pas longtemps. Pliacée renouvela contre lui la tentative qui avait échoué contre Joatham. Rasin, roi de Damas, consentit encore à coopérer à celte nouvelle guerre, et les deux armées coa-

» IV Reg., cap. xv, 38; II Pamlip., cap. xxviii, 17-9.

« Un passage de Théodoret nous donne l'idée des rites usités par les païens en celte circonstance. «Je s'.ippose, dit-il, que la consécration des enfants « d'Achaz au dieu Moloch, dut ressembler à une cérémonie analogue, en- » core en usage chez les païens de nos jours. J'ai vu, dans quelques cités » idolâtres, à une époque fixe de l'année, dresser un immense bûcher auquel » ou mettait le feu. Quand la flamme s'élançait, des enfants, des hommes M mûmes s'y précipitaient eu dansant; les mères apportaient elles-mêmes » leurs fils et les passaient à travers la flamme. Dans la pensée de ces païens, » il y avait là comme une purification e\, un sacrifice expiatoire. » (Théodoret, Qnœst. 16.) Josèphe a cru que les fils d'Achaz ne furent pas seulement sou'iijs à cette consécration par le feu, mais qu'ils furent consumés dans les flammes; cette hypothèse de l'historien juif ne paraît puint coufirnu^e par le texte liiblique, qui parle d'une consécration et non d'un holocauste. (Joseph., Aniiq. judnic, lib. IX, cap. xil.)

» IV Reg., cap. XVI, 1-4; Puralip., cap. xxvm, i-4.

CHAP. III. — ACHAZ, ROI DE JUDA (737-723). TÎj

lisées s'avancèrent dans la résolution d'assiéger Achab dans Jérasalem.

88. La marche des deux rois alliés jetait la consternalion de toutes parts. « On vint dire à Acliab : La Syrie s'est reposée sur Israël et Ephraïm dans une élreiute fraternelle. Leurs forces réunies s'avancent. Le cœur des peuples s'émeut sur lenr passage comme les arbres de la forêt s'agitent au souffle de la tempête. ~ En ce moment Jéliovah fit entendre sa parole à Isaïe : Prends avec toi ton fils JasLib, lui dit le Seigneur, et allez ensemble à la rencontre d'Achaz, à l'extrémité de l'aqueduc de la piscine supérieure, sur le chemin du Champ du Foulon. — Isaïe obéit à l'ordre divin, et se présentant devant le roi , il lui dit : Voici la parole de Jéhovah : Sois en repos, et ne t'alarme point à l'approche de ces deux tisons à demi consumés, le fils de Romélie, et Rasin, le roi de Damas, Dans leur fureur ils ont dit : Envahissons le territoire de Juda, exterminons la race de David, et donnons son trône au prince syrien, fils de Tabéel. Mais le Seigneur a dit : Cette menace ne s'accomphra point. Ephraïm et son royaume schismatique va cesser d'être un peuple. Telle est la sentence divine. Croyez à cette parole, si vous voulez vous-même vous maintenir sur le trône. — Achaz ne répondit sans doute au message divin que par un geste d'incrédulité. Isaïe ajouta : Demandez au Seigneur votre Dieu un signe de sa puissance, pour confirmer la vérité de sa parole. — Non, s'écria ironiquement Achnz, je ne demanderai aucun signe, et je ne tenterai point Jéhovah! — Le prophète reprit alors : Ecoutez donc, maison de David! Ne vous suflit-il point de lasser la p.ilience des hommes, et prétendez-vous épuiser celle de Dieu lui-même? Vous ne voulez point de miracle, Jéhovah vous en donnera un malgré vous. Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, dont le nom sera Emmanuel (Dieu avec nous). Comme les autres enfant^^, il se nouI^rira de beurre et de miel jusqu'cà ce qu'il sache discerner le bien et le mal. Mais avant qu'il ne paraisse, les deux royaumes dont vous redoutez en ce moment l'attaque seront anéantis. Jéhovah amènera sur vous, sur votre peuple et sur la race royale de David, par la main des rois d'Aasvrm. des #ialamités inconnues depuis les

i'Isaîe.

tristes jours de la séparation d'Israël et de Juda. En ce jour-là Je Seigneur appellera les nuées d'insectes qui couvrent les fleuves de l'Egypte et les essaims d'abeilles sauvages qui peuplent le désert assyrien. Elles fondront sur la terre de Juda dévastée, se reposeront aux bords des torrents, dans les vergers abandonnés, sur tous les arbres incultes. En ce jour-là, le roi des Assyriens et. les soldats de ses armées seront dans la main du Seigneur, comme le tranchant du rasoir sous lequel on fait tomber une chevelure. En ce jour-là les vignobles fertiles où mille ceps se paient aujourd'hui mille pièces d'argent, seront des landes désertes où croîtra la ronce et l'épine. Les flancs des collines aujourd'hui soigneusement cultivés seront couverts de broussailles, et les bœufs sauvages viendi'ont y chercher une pâture que nul ne leur disputera *. » ^n*pK°e' ^^' ^" Pr^-^sence de cette magnifique prophétie du fils d'Amos, pro^ïtte "°"^ serions tenté de rendre grâce à l'incrédulité d'Achaz, qui nous a valu cette confirmation anticipée de notre foi. Le regard inspiré d'Isaïe s'élance bien au-delà de l'horizon rétiéci des intérêts du moment et de la question politique qui agitait alors l'esprit de ses contemporains. Phacée de Samarie, Rasin de Damas, Achaz luimême et ses préoccupations dynastiques, disparaissent devant l'intérêt de l'humanité tout entière qui attend le Fils de la Femme, destiné à écraser la tête du serpent, et promis au monde à l'origine des temps. Isaïe le voit naître du sein de la Vierge bénie; il le nomme par son nom d'Emmanuel (Dieu avec nous). Nul ne pourra se méprendre à ce signe d'une virginité toujours immaculée et pourtant féconde. Le Désiré des siècles, l'Envoyé des collines éternelles, n'aura rien dans son enfance qui le distinguera des fils des mortels. Il mangera le beurre et le miel, l'aliment des enfants de la Judée; sa raison paraîtra suivre le développement ordinaire, et pourtant il sera l'Emmanuel (Dieu avec nous)! Pour éluder ia solution que l'étude de ce texte d'Isaïe entraîne nécessairement

* Isaiœ, cap. vu fere integr. Voir sur cette prophf'ifie d'Isnïe la concluante difsertaliou de .M. Julien Javal, juif converti, daiis son ouvrage : Judaismeet Christianisme, pag. 83-93. Paris, Dillet, 1862.

CaiAP. III. — ACHAZ, ROI DE JUDA (737-723). 717

après elle, la synagogue objecte que Jésus-Christ n'a point porté le nom d'Emmanuel. « Je réponds, dit M. L. Javal, que ce nom » n'a été de même porté par aucun des candidats des rabbin?. » J'ajoute une observation : Emmanuel, qui veut dire Dieu avec uuus^ 0 est l'équivalent de Jésus, qui veut dire Sauveur : car Jésus ne peut » nous sauver que parce qu'il est Dieu avec nous. C'est là tout sim- » plement du catéchisme et non du symbolisme mystique, comme le » prétendent les auteurs juifs *. » Mais, symbolisme ou non, dirions-nous à la synagogue, est-il vrai que depuis dix-huit siècles, les chrétiens répandus dans tout l'univers, affirment que le « Verbi- » s'est fait chair et qu'il a habité parmi nous? » N'est-ce pas lAîeur croyance fondamentale, leur foi avérée, notoire, solennellement proclamée et maintenue au prix de leur sang versé pour la défendre sur tous les points du globe? Ce n'est plus ici une question de symbolisme , c'est une question de fait. N'est-il pas vrai que, de puis celte époque, le christianisme croit et enseigne que Jésus- Christ, né d'une Vierge, de la race royale de David, est Dieu avec nous, et qu'il a élevé l'humanité jusqu'à Dieu, réalisant auisi, au pied de la lettre et dans sa double acception, le nom prophétique d'Emmanuel? La synagogue est libre de discuter la croyance chrétienne, mais elle ne peut nier le fait même de celte croyance. Or que la synagogue nous montre dans son sein une pareille réalisation de la prophétie d'Isaïe. Et, si elle n'en a aucune à nous produire, pourquoi la synagogue conserve-trclle dans ses livres canoraiques une prophétie qui ne s'est pas réalisée? Que la synagogue rejette !e îextc d'Isaïe, ou si elle le conserve comme parole inspirée, qu'elle ouvre le cœur et les yeux, et qu'elle consente gnfin à voir la réalité qui l'environne de toutes parts!

90. Achaz, incrédule comme la synagogue à la parole d'I.aïe, dJ^'yauuie repoussa le secours divin qui lui était offert, mais il paya cher sa '^p^;^^^*^," désobéissance. Dans une première bataille il fut vaincu par le roi ^'^^J^l^^Hi^^ de Damas, qui livra le territoire de Juda au pillage de ses guer- L^'s^'îifs'.* riers et retourna en Syrie, chargé des plus riches dépouilles. Pba- ^^ ^q^^^^^*

> Javal, Judaïsme et Chrisiianisnie^ pag. 87, 88i

718 UISTOIRE DE L EGLISE. — V« ÉPCQUE (1001-586).

cée, ]e roi de. Samarie, vint achever de ruiner ce qui avait échappé à la dévastation de son allié. Dans un sanglant combat, il défit Achaz, anéantit son armée, et reprit le chemin de Samarie traînant en captivité les femmes, les enfants, les vieillards, les jeunes Siiles au nombre de deux cent mille âmes. « Or il y avait en ce temps à Samarie un prophète de Jéhovah, nommé Oded. Inspiré par le Seigneur, il vint k la rencontre de l'armée triomphanle. Jéhovah, le Dieu de vos pères, dit-il aux gueiriers, vous a donné la victoire ■ parce qu'il voulait punir les infidélités de Juda; voilà pourquoi il a livré cette multitude entre vos mains. Mais vous avez atrocement abusé du succès, vous avez souillé vos mains par le plus afliVcux carnage, et vos cruautés ont indigné le ciel. Maintenant vous prétendez réduire en esclavage les fils et les filles de Jérusalem et de Juda. La loi vous le défend, et cette seule pensée a été un crime aux yeux du Seigneur. Ecoutez donc ma parole : Piendez la iiberlé à vos frères, car le courroux de Jéhovah menace voire tête. — Ce langage fut approuvé par quelques princes de la tribu d'Ephraïm : Azarias, fils de Johanan; Barachias, fils de Mosollamoth; Ezéchias, fils de Sellum, et Amasa, fils d'Adali. Ils dirent aux soldats vainqueurs : Vous n'introduirez point ces captifs à Samarie pour ne pas irriter davantage le Seigueui-. Pourquoi voulez-vous encore ajouter au nombre de vos ciimes, et combler la niesuie de vos allenlats contre Dieu? — Les soldats se rendirent à leurs instances et consentirent à remettre cette immense multitude entre les mains des généreux princes. Or les captifs avaient été dépouillés de leurs vêtements, et suivaient leurs vainqueurs comme un bétail humain. Les princes d'Ephraïm prirent parmi les dépouilles de quoi fournir à CCS malheureux des vêtements et des chaussures, leur distribuèrent des vivres et déployèrent pour eux la plus tendre sollicitude. Ceux qui étaient tombés sur la route, épuisés de fatigue et dans l'impossibihté de marcher, furent mis sur des chameaux, des chevaux et des umlels; on ramena ainsi les captifs ù Jéricho, où ils furent remis entre les mains de leurs compatriotes '. »

' Puru/ip., cap. XXViil, 5-15,

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91. Ainsi humilié sous la main du Seigneur, Achaz ne songea point à implorer la seule puissance dont l'intervention aurait su réparer tant de désastres. Pendant que le roi de Damas se retirait en dépeuplant sur son chemin la ville d'Aila, sur la frontière de Syrie, et que Phacée rentrait vainqueur dans la capitale du royaume d'Israël, Achaz méditait une alliance qui devait être aussi fatale aux rainqueurs qu'aux vaincus, u Réunissant toutes les sommes d'or et î'argent que purent fournir les trésors du Temple et ceux du palais, il les envoya à Théglath-Plialasar. roi de Ninive, avec ce message : Je suis votre serviteur et votre fils, mettez-vous à la tête de votre armée et délivrez-moi de mes deux ennemis, Rasin, roi de Damas et Phacée, roi de Samarie, qui ont dévasté mes Etats. » Le monarque assyrien, charmé d'une occasion si favorable d'intervenir dans la querelle, et de se ménager le moyen d'accabler toui à tour les trois royautés de Damas, de Samarie et de Jérusalem, « s'empressa d'accéder au désir d'Achaz. Il fondit avec ses troupes sur la ville de Damas, s'en rendit maître, fit tuer Rasin, et transporta les vaincus dans les campagnes de Cyrène '. En même temps le superbe Assyrien faisait dépeupler les tribus de Nephthali, de Manassé, de Gad et d'Issachar, sur les frontières septentrionales du royaume d'Israël, ruinant les cités d'Aion, Abel-Maïm, Maacha, Janoë, Cédés et Asor, et en transportait les habitants en Assyrie *. » Délivré par cette formidable diversion des inquiétudes qui l'avaient si longtemps agité, Achaz voulut remercier son libérateur sur le théâtre môme de sa nouvelle conquête. Il se rendit à Damas et oÛrit au monarque assyrien, avec les témoignages de sa reconnaissance, l'hommage du vassal à son suzerain 2.

92. Son obséquiosité pour un monarque dont il voulait ménager la puissance et flatter l'orgueil, alla plus loin encore. « Ayant vu à Damas l'autel sur lequel Théglath-Phalasar sa(irifiait à ses dieux,

Acl'.as

implore lo

secours

de Thoglatb

l'halasaFj roid'Assynj

Conquête de Damas pî Tlii-glalh- Plialasar.

]\lort dt Rasin.

Achaz introduit 1»

culte i'iolitrique de»

Assyrien*

1 Ville de la Médie supérieure. Josèphe nous apprend que Téglath-Phalasar remiilaça la population enlevée à Damas par des colons assyriens (Joseph., Antiq. judaic, lib. IX, cap. xiii). Nous verrons le même système de déportation et de colonisation nouvelle appliqué à Samarie et à Jérusalem par le» Assyriens vainqueurs. — * IV Reg., cap- ^vi, 29.

ïS'pîJde ^^^^^ ^" envoya un modèle exact, avec les dimensions les plus Jémwdeœ. précises, au grand prêtre Urias, à Jérusalem, et lui donna l'ordre d'en foire construire un semblable. » Urias était un de ces prêtres ambilieux qui n'hésitent point à vendre leur conscience et à se faire les complices de toutes les apostasies couronnées. « Il Rt préparer l'autel idolâtrique sur les dessins envoyés par Achaz, et, quand ce prince fut de retour à Jérusalem, le monument d'impiété était prêt. Achaz y fît un sacrifice solennel accompagné d'holocaustes, de libations et d'offrandes pacifiques, selon les rites assyriens. Par son ordre, l'autel d'airain que Salomon avait érigé au milieu du Parvis, en face de la porte du Temple, fit place au nouvel autel syrien, et fut relégué du côté du nord, h gauche du monumont idolâtrique. Désormais, dit Achaz au Grand Prêtre, vous offrirez sur le nouvel autel l'holocauste du matin, le sacrifice du soir, l'holocauste et le sacrifice royal, ceux de tout le peuple de Juda. Aucune victime amenée au Temple ne doit être immolée ailleurs. Quant ù l'autel d'airain de Salomon, vous le réserverez pour l'usage qui pourra me convenir. — On déposa donc la Mer d'airain du socle orné de sculptures qui la supportait. Achaz Bt enlever les guiriandesde fleurs qui ornaient ce monument colossal, et le laissa ainsi dépouillé, sur le pavé de marbre du Parvis. Il fit aussi détruire l'édifice appelé Musack, appendice du Temple, dont les prêtres en fonction le jour du sabbat avaient l'usage, et pour donner au roi dAssyrie une preuve plus éclatante de sou apostasie, il fit ra?er la galerie extérieure qui reliait le palais de Sion au Temple *. Les dieux svriens, disait-il, sont les seuls qui protègent leurs adorateurs. Je veux donc me les rendre favorables, en leur offrant des victimes. Ils viendront à mon secours, et ruineront au contraire la puissance d'Israël et de Samarie. — Dans ce déhre d'impiété, il fit i-iisirel briser tous les vases précieux du Temple, ordonna d'eu tVruior la porte, et se construisit des autels à tous les angles des riî'.s .ie sa capitale. Toutes les cités de Juda furent de même couvertes de ces monuments d'idolâtrie *. »

« IV Beg., cap. xv:, 10-18. — » II Paraiir^ '>. xxviii, 23-25.

CHIP. m. — ACIIAZ, ROI DE JUDA (737-723). 721

93. Ce luxe de servilisme et d'impiété fut inutile. « Les Iduméens Achst pénétrèrent sur le territoire de Juda par la frontière méridionnle, les i^uméè» ne trouvèrent point de résistance, et se retirèrent emportant un phiiistL. immense butin. A l'occident, les Philistins, profilant de rcouise- ro/ànn'' ment du royaume et de l'impuissance d'Acliaz, se rendirent niaî- Thégi'aîi - Ires des cités de Bethsamès, Aïalon, Gaderoth, Socho, Tliamna et d'Assyi'il' Gamzo. Enfin Théglath-Plialasar lui-même pénétra avec son armée d'Assyriens sur Je territoire d'un vassal qu'il ne trouvait sans doute pas encore assez humilié; et, pour se délivrer de son libéiatcur, plus redouta.ble à lui seul que tous ses autres ennemis ensemble, Achaz n'eut plus d'autre ressource que de dépouiller une seconde fois le Temple de Jérusalem, le trésor de son palais et toutes les maisons des piinces de Juda pour satisfaire, par un dernier effort, la cupidité du monarque assyrien, et le déterminer à quitter la Palestine *.

9'i. Cependant un crime vint le débarrasser d'un de ses ennemis. phacee Phtcée, roi d'Israël, après un règne de vingt ans, succombait à elt'nî'u^àmort une conspiration militaire pareille à celle qui l'avait élevé lui- f^u^so^faù même sur le trône. « Osée, fils d'EIa, conspira contre sa vie. 11 le ''sa'^pia.î'e. * surprit dans une rencontre concertée, le tua de sa propre main, et ^'-*^' se fit proclamer roi de Samarie -. » C'était lui qui devait clore lu liste des rois d'Israël.

95. Achaz ne survécut que peu d'années à la mort de Phacée et ^lort à l'avènement de son meurtrier. « 11 s'endormit du sommeil de ses ^'jo j",dJ^** pères, mais il ne fut point admis à l'honneur de reposer dans leur foi\s tombeau. On lui donna pourtant la sépulture à Jérusalem. L'his- ^''s^csHe!^

ire détaillée de son règne a été écrite dans les Annales des oyaumes de Juda et d'Israël^. » Le pieux Ezéchias, son fils, lui succéda sur le trône. Mais avant de poursuivre le récit des glorieux événements de son règne, il nous faut assister à la dernière catastrophe qui mit fin au royaume schismatique d'Israël.

1 11 Paralip., cap. xxviii, 17-21. — - IV Rcg., cap. xv, 30. — 3 IV l\eg., cap. IVT tô-20; Il Paralip., cap. XX'—J, 26, 27.

Samarie.

722 HISTOIRE DE L'ÉGLISE. — y* fl'OQUE (1001-386).

§ IX. Destruction da royanine d'Israël {t^^-'SZO),

Osée, 96. Le nouveau roi de Samarie, Osée, fils d'Ela, qui venait d'acbe-

"îsraë^?' ter au prix d'un meurtre une couronne destinée à disparaître avec 'iTa^eet'de lui, valait Cependant mieux que ses prédécesseurs, ail fît aussi, tn.re la ville dit l'Ecviture, le mal sous les yeux de Jéhovah, mais avec moins de cruauté que les autres rois de Samarie. » Entre tous les assassins qui se succédaient depuis un siècle sur ce trône sanglant, il mérita une restriction dans le blâme. La justice divine allait enfin frapper le coup terrible annoncé par tant de prophètes. Depuis Amos, le pasteur inspiré de Tbécué, Isaïe avait renouvelé au nom du Seigneur, contre l'orgueilleuse capitale d'Israël, des menaces qui n'avaient pas été mieux écoutées. « Dans l'insolence superbe de leur cœur, s'écriait-il, les habitants de Samarie ont dit : Les briques de nos palais et de nos remparts s'écroulent, nous les rebâtirons en pierres de taille; l'ennemi a coupé nos sycomores, nous les remplacerons par des cèdres! Cependant Jéhovah arme contre eux la main qui a foudroyé Rasin, le roi de Damas. Il appelle contre Samarie tous les ennemis à la fois, la Syrie à l'orient, les Philistins à roccident : tous ensemble, comme une meute affamée, vont la dévorer. Jéhovah anéantira Israël comme un serpent dont on écrase la télé et la queue. La tête de ce peuple, ce sont ses vieillards dans la majesté des cheveux blancs et l'expérience de l'âge; la queue, ce sont les prophètes de mensonges, qui l'entretiennent d'illusions et d'erreurs. Ce iour-là, les docteurs d'impiété qui llattent la nation dans ses crimes, seront appelés des séducteurs, et ceux dont ils encouragent les désordres seront précipités du haut de leurs remparts. La clémence de Jéhovah ne se laissera attendrir ni en faveur de la jeunesse, ni en faveur de îa veuve ou de l'orphelin, parce que tous les fronts se suut couverts d hypocrisie, tons les cœurs se sont abreuvés de mensonges, toutes les lèvres se sont ouvertes aux paroles de l'impiété. Or l'impiété s'est allumée comme un feu ardent; elle va consumer Samarie, comme la flamme dévore un buisson d'épines sèches; la capitale d'Israël sera semblable à une forêt que l'incendie dévaste et que l'œil aperçoit dans

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