CHAP. III. — DESTRUCTION DU ROÏAUME- D'ISRAEL
es tourbillons d'une colonne de fumée '. L'Assyrien a dit : Est-ce que Samarie n'aura pas le sort de Damas -? » A la même époqne, l'Esprit du Seigneur se reposait sur Miellée de Morasthi, et lui inspirait de semblables prédictions. « Quel est le crime d'Israël? c'^^ criait Michée. Il a un nom, et ce nom est Samarie! Or, je rendrai \ cette ville semblable aux monceaux de pierres sèches qu'on élève I à l'extrémité d'un champ avant d'y planter la vigne. L'eau du tort rent descend de la montagne et emporte dans la vallée les pierres ,i éparses. Ainsi je traiterai les remparts de Samarie, et je mettrai à nu leurs fondements. Tous ses somptueux édifices seront renversés, les riches marchandises qui encombrent ses magasins seront la proie des flammes; les idoles de ses faux dieux seront anéanties. Ce sont les monuments de la prostitution d'un peuple, ils auront le sort qu'on réserve aux infâmes. Voilà ce que dit Jéhovah, et moi, son prophète, à la vue des malheurs qui approchent, je laisse couler mes pleurs, je fais retentir mes gémissements et mes sanglots. jn me verra, dépouillé comme un captif, couvrant ma nudité du sac de la pénitence, imiter le son lugubre de l'oiseau des ruines e1 les cris d'alarme des hôtes de la solitude. Elle est désespérée la plaie d'Israël, sa contagion a gagné le royaume de Juda lui-même, elle envahit les remparts de Jérusalem! Ne portez point ces nouvelles aux habitants de Geth, étouffez le cri de vos douleurs poui ne pas accroître la joie cruelle de l'ennemi; cachez dans le silence de vos maisons votre pénitence et vos larmes. Ville de luxe el d'opulence, je te vois déjà revêtue de confusion et de deuil. Le bruit des quadriges du vainqueur a jeté la consternation jusqu'à Lachis. Ils enverront solliciter le secours de Geth , et la déception répondra seule à leur espoir! Pleure, fille d'Israël, arrache les tresses de ta chevelure, dépouille ton fi'ont comme la tête chauve . de l'aigle, parce que tes enfants ont été emmenés captifs loin de loi ^l »
97. L'heure était venue. Théglath-Phalasar IV avait eu pour suc- CaptiTi(«
° * dOsée. Siéj
* IsaiŒf cap. IX, 9-18. — * Isaiœ, cap. x, B, 10. — ^ Michœa, cap. 1,5 ad ultim.
724 HISTOIRE DE l'ÉGUSE. — V' ÉPOQUE (IOUI-086).
deSamarie. CGSseur à Ninivo Sâlinanasar Y *. Le nouveau prince assyrien, dès
Tn problème , ., , , / ^ . / • .1 ,
dVïcgèse la première année de son règne (/2o), s était élance sur Israël
biblique. • r\ > i • •!
comme sur une proie. « Osée lui envoya un tribut, renouvela son K-'^mraage de vassalité, et obtint grâce devant son redoutable ennemi. Mais Salmanasar apprit bientôt que la soumission du roi d'Israël était une feinte. Osée avait fait des ouvertures au Pbaraon égyptien, Séveh *. Il avait imploré son secours contre le monarque assyrien, et l'avait suppné de l'aider a secouer un joug odieux. Salmanasar, prompt comme la foudre, revint en Judée, parcourut en conquérant tout le territoire d'Israël, fit prisonnier le roi Osée, et vint investir Samarie ^. » Ici nous prions le lecteur de suivre attentivement le texte biblique que nous allons mettre sous ses yeux et qui est littéralement traduit d'après l'hébreu*.
M 9. Et dons la quatrième année du roi Ezéchias, qui est la » septième année d'Osée, fils d'Ela, roi d Israël, vint Salmanasar, » loi d'Assj'rie, vers Samarie et l'invettit.
» 10. Et ils la prirent au bout de trois ans : dans l'année sixième D dEzéchias qui est la neuvième d'Osée, roi d'Israël, fut prise Sa- » marie.
» 11. Et le roi d'Assyrie emmena Israël en Assyrie, et les trans- » porta à Rhrilah et sur le Hab, le fleuve de Gozan, et dans les D villes de Médie. »
(la sétait étonné jusqu'ici de la durée du siège de Samarie. La capitale d'un royaume antérieurement dépeuplé ne pouvait guère, dans des circonstances ordinaires, opposer une si longue résistance à une armée d'invasion comme celle du roi de Mnive. On remarquait de plus cette particularité du texte biblique qui, après avoir nommé Salmanasar, roi d'Assyrie, comme investissant Samarie, passe tout à coup du singulier au pluriel, en ajoutant sans transition : Et ils la f rirent au hout de trois ans. On signalait encore une différence
• IV Reg., cap. xvii, 3 et Fastes assyriens publiés pour la première fois cTaprit les Inscriptions de Khorsabad, par M. 0|tpcrl [Aun. de philosoph. chrétienne, toni. LXV, p.ig. 59 . Les uoins assyriens correspoudaut aux uoius hébreux sont liglatpileser et Salmanasir. — » Le Soa de la Vulgiile. — ' IV Ikg., cap. xvii, 1-5. — * IV l\eg., cap. xviii, 9-11.
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dans le nom de Salmanascir, crjuné par le livre des Rois au monarque assyrien qui investit Samarie et celui d'Enemessar, donné parle Livre de Tobie ' au monarque assyrien qui la prit. Il est vrai qu'on identifiait ces deux noms et qu'on faisait ainsi disparaître la dilliculté; mais c'était la supprimer, non la résoudre.
Enfin, un texte d'Isaïe demeuré inintelligible jusqu'à notre époque venait compliquer encore l'énigme. Isaïe date sa prophétie contre l'Egypte et l'Ethiopie de l'année oî< le Tartan, envoyé par Sargon, roi d'Assyrie, marcha contre Asdod (Azot), l'assiégea et s'en rendit maître '. Or, on ne connaissait rien de ce Sargon, dont il n'existe aucune autre mention dans la Bible. L'indication d Isaïe semblait établir qu'un roi d'Assyrie nommé Sargon avait régné entre Salmantisar et Sennachérib. Mais comment Sargon avait-il eu à intervenir dans les afiaires de la Palestine? Comment pouvait-il envoyer
le Tartan assiéger Azol, ville du littoral appartenant aux Pliilistins? '\
Il y avait là autant d'inconnues que les commentateurs ne savaient dégager. Le terme même de Tartan était-il un nom propre ou un titre militaire ? On en était réduit sur ce point, comme sur les autres, aux conjectures. « Le nom de Sargon faisait donc, dit M. Op- » pert , le désespoir des interprètes de la Bible et des chronolo- » gistes^. »
98. Les inscriptions des palais ninivites de Nimroud et de Rhor- Le nom sabad viennent de nous apporter après tant de siècles 1 explication assyn-n claire et précise de ce problème historique. Le vainqueur de Sa- de sam"ar"ia, marie nous raconte lui-même dans le style fastueux de son épi- àKi.'rsabad» graphie lapidaire, ses exploits contre Samarie. Voici ce qu'on lit deM.j.
sur les plaques de marbre qui décoraient les salles du palais de Rhorsabad : a Palais de Sargon, le grand roi, le roi puissant, roi » des légions, roi d'Assyrie, vicaire des dieux à Babylone, roi des » Soumirs et des Accads, favori des grands Dieux. — Fier de son
* Tob., cap. 1,1, texte grec. — ' Isaîœ, cap. xx, 1. Voici ce verset : In anno quo ingressus est Tharihan in Azotum, cum misisset eum Sargon, rex Astyriorum, et pugnasset contra Azoturn, et cepisset eam. Notre traduclton reproduit les noms propres de Asdod et Tartan tels qu'ils sont dans l'hébreu. — ' Inscriptions assyriennes des Sargonides {Ann. de philos. chiéLy tom. LXV, pag. 43J,
Oppsrt.
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» nom sans tache, il a déclaré la guerre à l'impiété. — A partir » du jour de mon avènement, les princes mes rivaux ne m'ont pas » dédaigné. J'ai rempli de terreur les terres des rebelles et j'en ai » exigé les symboles de soumission présentés dans les quatre éléj> ments. J'ai régné depuis Yatnan * qui est au milieu de la mer du » soleil couchant, jusqu'aux frontières de l'Egypte et du pays des » Moschiens, la vaste Phénicie, la Syrie dans son ensemble, la to- » talité des Guti muski de la lointaine Médie, voisine des pays de •) Bikni jusqu'au pays d'Albanie, de Ras qui est limitrophe d'Elam » aux bords du Tigre, jusqu'aux tribus d'Itou, de Roubou, de Ha- » ril, de Kaldoud, de Hauran, dOuboul, de Rou-oua, de Litaï, qui » demeurent sur les rives du Sourappi et de TOukni, de Gamboul, D de Khindar, de Pukud, etc., etc. Voici ce que j'ai fait depuis le » commencement de mon règne jusqu'à ma 15' campagne : Jai » défait dans les plaines de Ralou, Rhoumbanigas, roi d'Elam. J'ai » assiégé , j'ai occupé la ville de Samavie, et rêduil en captivité vingt- » sept mille deux cent quatre-vingts personnes qui l' habitaient ;f ai pré * » levé sur eux cinquante chars, et fat changé leurs établissements an- » térieurs. J'ai institué au-dessus d'eux mes lieutenants , j'ai renouvelé » l'obligation que leur avait imposée un des rois mes prédécesseurs^. » Deux autres inscriptions trouvées dans le palais de Nimroud et également déchitlVées par M. Oppert tiennent le même langage. a Depuis la rédaction des Livres saints , dit le savant assyriologue, » les textes cunéiformes de Babylone et de Ninive nous mettent s ainsi, pour la première fois, à même de comparer les données D sacrées avec d'autres documents contemporains qui, tout en pron venant d'un peuple ennemi des Juifs, les confiiment dans les » grands traits comme souvent dans les plus minutieux détails ^. » L'inscription de Sargon en est la preuve. Aussitôt après l'indication
• « Itanus, nom d'ane montagne dans l'île de Crète, et puis nom de l'île de » Chypre. » (Note de M. Oppert.) « On retrouva dans l'île do Chypre une stèle ■ portin 'le nom de Sargon. Ce monument, connu sous le nom de Stète de a Lamaca .est actuellement au musée de Berlin. » (Oppert, InscrijA. Sargon., Ann. pfiil. c firéf., lom. L\y, pag. 44.)— * OjtpeTl, Inscriptions ntsyriennes des Sarçonides {Ant de philosoph. chrét., tom. LXV, pag. 63, 64). — » Id., ibid., pag. 43,
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de sa victoire sur Saraarie, Sargon ajoute : « Hanon, roi de Gaza, „ et Sébech, sultan d'Egypte, se réunirent à Rapih (Raphia) pour ,, me livrer combat et bataille. Ils vinrent en ma présence, je lea « mis en fuite Sébech céda devant les cohortes de mes serviteurs. .. Il s'enfuit et jamais on n'a revu sa trace. Je pris de ma mair Ha- « non, roi de Gaza ^ « Désormais, il ne saurait plus y avoir de doute. Le nom du conquérant de Samarie est Sargon, le gênerai révolté de Salmanasar V, qui détrôna son maître et s'empara de sri couronne. Son nom de général était probablement celui à^Enetnes^ sar qv.e lui donne le texte grec du Uvre de Tobie. Il l'échangea à son avènement contre celui de Sar-Rin (Roi de fait), qui md.que assez la présomption du soldat parvenu, n'en appelant point à
. Dans une autre inscription, gravée sur l'un des ^^^^^^ t^-^^^^^/^tl: ^e Nimroud, Sargon, aussitôt après les mentions <i«;^-^^ ^^^^^^^^^^^ '^^t et de la défaite de l'armée coalisée du Pharaon egyp Uen et d Hauon roi de rai aioute ces paroles : « Arbitre des combats, je traversai la mer de ^ytinTdfns des^•ais.eaux, comme un Poi-n J'annexai Kouie^ Tyr. • (Inscripiions assyriennes des Sargonides , Ann. de philosoph. hret., tom LXV, Z m 185.) Or voici ce que nous lisons dans Josèpbe (Antig. judaœ hK n 'cap XV) «Le roi des Assyriens, vainqueurs ^'Osée, soum. tmile .a XZ et tiute la Pbénicie par la terreur de ses armes. L- ^^a es de T. r ,. en font mention, car il attaqua cette ville, au temps du r« ^lak C st da „ moins ce que nous apprend Ménandre, qui a ecnt en g ^^ -^^f . cette ville d'après les Annales tyriennes. 11 s'exprime ainsi . « Elula rc na
tp'lu trentiix ans à ïyr. Au début de son règne, les KiUeeos .Ph.hs- «Uns de Gett ay-t voulu secouer son joug, Elala s'embarqua sur sa
„ cités passèrent sous la domination du roi des Assyrien». La seule vu e
Tvr conservait encore son indépendance. Le monarque assyrien vint las- : S.erave7 ne flotte de soixante navires équipés en Phénicie et manœu ; :Xchacun par quatre-vingts --urs Les Tyrans nava.en q^^ . vaisseaux à lui opposer. Malgré cette -f--" e ^ for e.^i s e ouv^ „ de gloire dans le combat, mirent en fuite la flotte e'^"'=";'^ {
« cents prisonniers. Le monarque ^^^y^-^'^Y''' TTel^c^^^^^^^^
:onlrm:;dans son laconique récit, le fragment de l'annaliste tyneu.
728 UISTOIRE DE l'éguse. — V* ÉrOQDE (1001-586).
d'au ras aïeux qu'à son épée. Cette révolution militaire, survenue dans /e temps même où l'armée assyrienne commençait à investir Samarie, explique pourquoi trois années s'écoulèrent avant la prise de celte ville. Sargon avait à faire reconnaître son autorité « aux » princes ses rivaux, » comme il le dit lui-même, «t sa première campagne, celle qui, d'après les Fastes assyriens, correspond à l'année 721, la seconde après l'investissement de Samarie, fut employée à la soumission du roi d'Elam et des tribus de Chaldée *. Vainqueur dans cette expédition, le nouveau roi d'Assyrie poursuit avec vigueur le siège de la capitale d'Israël, et il nous apprend lui-même le sort qu'il fit subir aux vaincus. Le Séveh* de l'Ecriture, ce Pharaon égyptien, dont la Bible nous apprend que le malheureux roi de Samarie avait imploré le secours, expie, dans la troisième campagne de Sargon, le crime d'avoir osé encourager une rébellion contre la puissance assyrienne. Il est évident que le Séveh de l'hébreu est le Scbech des inscriptions cunéiformes, et par conséquent l'importante découverte due à l'érudition de M. Oppert coïncide merveilleusement avec les listes hiéroglyphiques qui donnent au roi égyptien dont il s'agit le nom de Sévéchous. Enfin, nous voyous clairement pourquoi Sargon eut à intervenir dans le pays des Philistins. Michée avait prédit que le roi d'Israël a enverrait demander le secours de Geth (c'est-à-dire des Philistins) , mais que celte démarche serait inutile ^. » Les inscriptions ninivites noua apportent la confirmation de cette prophétie. Elles nous disent, en efi'et, que le Philistin Hanon, roi de Gaza, s'était uni à Sébech, a sultan d'Egypte, » pour combattre le fier monarque d'Assyrie. Le roi de Gaza fut fait prisonnier « de la maison » de Sargon lui-
' Inscriptions assyriennes des Sargonides (Ann. de phi/os. chrét., tom. LXV, pag. 61 et 64).
* Pour qu'on soit bien convaincu que le nom de Sévé n'a point été donné après coup au Soa de la Vulgate, voici ce que M. RoLrbacher écrivait, il y a trente ans, à une époque où il était absolument impossible de rien prévoir des découvertes de M. Oppert : « Sua, roi d'Egypte, est nommé Soa ou Segor » dans les Septante, Soa(2ia() ou Soan par l'historien Jo.-èphe. On pourrait, » d'après riiébreu lire Seva ou Sévé. » (Rolirbacber, Hist. univ. de l'Egl, eath., tom. 11, pag. 349, â» édit.) — » Michœa, cap. i, 1-4.
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même, et le vainqueur envahit ses états. Il envoya, pour soumettre Azot sur la frontière septentrionale du pays des Philistins, un de ses lieutenants, le Tartan, dont parle le prophète, c'est-à-dire un général dont le titre se trouve parfaitement identique dans les inscriptions cunéiformes*. Ainsi, la date précise qu'Isaïe donnait à sa prophétie était celle de l'année qui suivit immédiatement la prise de Samarie, c'est-à-dire celle de 719. En présence de ces résultats inattendus de la science moderne, est-il possible de fermer encore les yeux à la lumière et de refuser son hommage à l'authenticité de nos Livres saints. Sargon, cet inconnu de trois mille ans, ressuscite à nos yeux avec l'éclat de sa grandeur si longtemps oubliée. Dans une autre inscription cunéiforme gravée sur un baril rapporté en France par M, Oppert, le monarque assyrien énumère ainsi les états qui reconnaissent son empire : « J'ai régné, dit-il, à partir de » Ras, qui est la dépendance d'Elam, jusqu'au grand fleuve de i'E- » gypie, ja i^nenicie étendue, la Syrie dans son ensemble. La pais- » sance de ma main s'étendait à partir de Hasmar jusqu'à la ville » de Simaspatti, en la lointaine Médie au levant du soleil, la Scy- » thie, l'Albanie, Bel-Hamban, la Parthyène, Van, lArménie, la » (lolchide, Tubal jusqu'aux Moschiens; j'instituai sur ces pays » mes heutenants comme gouverneurs, et je leur imposai des tri- » buts comme aux Assyriens. » Où est le temps où Voltaire croyait ruiner de fond en comble l'autorité de la Bible, en écrivant les lignes suivantes : « On a bien de la peine à comprendre comment n un roi de Ninive, sur le Tigre, avait pu passer par-dessus le » royaume de Babylone poui' aller enchaîner les habitants des » bords du Jourdain, et conqp.érir jusqu'aux voisins de la mer » d'Hyrcanie I »
99. « Donc, la neuvième année du règne d'Osée (720) ', le roi des P"»«j.
* « Dayan Assour est désigné par Salmanasar III comme le grand Tar- » tan de son armée, » c'est-à-dire général en chef. (Oppert , /Twcrjpf. Sar^ gon., Ann. phil. chrêt., tom. LXV, pag. 47 et 58.)
« Cette date, qui résulte du récit biblique, est exactement celle que fournissent les Fastes assyriens, relevés, d'après les éponymies, par M. Oppert {Jnscript. assyr. de$ Sarg., art. cité, pag. 59 et 61).
730 HISTOIRE DE l'ÉGLISE. V ÉPOQUE (t00l-o86).
^CapfmtT' Ass3-riens emporta d'assaut la ville de Samarie , et transporta le ^uaispor'tér peuple d'Israël dans les contrées de Hala et de Habor , villes de en Assyrie. ]\[^(jjg^ cj^j. jgg pjygg (j^ fleuve Gozau. Telle fut la punition des
crimes d'Israël. Cette nation ingrate n'avait cesse d'outrager Jéhovab, le Dieu qui avait délivré ses ancêtres de la servitude de l'Egypte et de la tyrannie du Pharaon. Les fils d'Israël avaient adoré des dieux étrangers; ils s'étaient précipités dans tous les désordres des cultes idolàtriqaes. Les monuments de leur impiété s'étaient multipliés sur tous les sommets, depuis la tour avancée des sentinelles dans la solitude, jusqu'aux remparts des métropoles. Les statues des idoles et les bois consacrés couvraient toutes les collines et profanaient tous les ombrages; sur des autels impurs, ils prostituaient leur encens aux divinités des nations que Jéhovah avait exterminées sur le territoire de Cbanaan, ils renouvelaient les monstrueuses infamies dont la loi défend même de prononcer le nom. Cependant le Seigneur avait revendiqué ses droits méconnus, par la bouche des Prophètes et des Voyants, qui ne cessaient de redire au peuple de Juda et d'Israël : Abandonnez les sentiers de l'erreur, revenez à l'observation de mes préceptes, à la pratique de mes cérémonies saintes, telles que je les ai prescrites à vos aïeux! n Mais ils n'obéirent point; ils étaient toujours le peuple «à tête dure, » comme l'avait dit Moïse. Ils continuèrent à rejeter les lois du Seigneur, à outrager le pacte de son alliance, ils se firent des veaux d'or, ils adorèrent la milice du ciel, ils servirent le dieu Baal, ils consacrèrent leurs fils et leurs filles à Moloch , ils introduisirent chez eux les divinations et les augures des païens. Ainsi ils agirent depuis l'époque où le royaume d'Israël se sépara de la maison de David, et proclama la royauté de Jéroboam, fils deKabath, jusqu'au jour où Jéhovah, accomplissant enfin les menaces tant de fois renouvelées par ses prophètes, anéantit le royaume d'Israël, et fit transporter ses habitants dans les régions lointaines de l'empire d'Assyrie *. »
» IV /?(-.-/., cHp. xvn, 6-23. •
U'ISKAEL (-28-720). 131
100. a Le monarque ascirien fit venir de Babylone, de Cutha, ^coi™»^^ ."Avah, d'Emath et de Sépharvaïm, des colons qu'il établit à Sa- »enéq.j u>a,ie et dans les autres villes d'Israël pour remplacer les anciens d..;..^ habitants. Ces peuplades étrangères ne connaissaient pomt Jeho- Jjh.„h|l» vah et ignoraient sa loi sainte. Or les lions du désert reprirent pos- |»|£». session des campagnes désertes, ils attaquaient les nouveaux colons et faisaient un grand nombre de victimes. On vint d-.re au ro. d Assyrie : Les colonies que vous avez transférées dans les v.Ues du territoire d'Israël, ignoraient les lois do Dieu de cette contrée, et ce Dieu irrité a déchaîné contre eux les lions du désert qu, les immolent à leur turem-. - Le monarque assyrien répondit : Choisissez parmi les captifs d'Israël un des prêtres de ce pays; envoyezle à Samarie, et qu'il apprenne aux habitants le culte de ce Dieu^ n fut tait ainsi, et les colons ajoutèrent le culte de Jehovah à celui de leurs anciennes divinités, et c'est ainsi qu'ils vivent jusqu ce jour '. » Il est curieux de rapprocher ce texte biblique des inscriptions assyriennes de Kborsabad el du palais de Nimroud Ce e comp.raison"nonsdémontiera le caractère exclusivement religieux dont se glorifiait le conquérant Sargon, et nous donnera 1 explication d'un fait qui est si éloigné de nos mœurs actoe«es. « Les dieux . Assour, Nébo et Mérodach, dit-il, m'ont conféré la r^;aute de „ nations. J'ai restauré les sanctuaires de Sippai-a, de >,pour de „ Babylone et de Borsippa. J'ai réuni les couronnes de R ou „ Chaîné et de Risik, le séjour du dieu Laguia;^:^ "''"^'"' I . habitants. - Les grands Dieux m'ont rendu heureux par la con „ stance de leur affection; ils m'ont accordé sur tous es - -- „ cice de ma souveraineté, ils leur ont impose a tous 1 obéissance. l r C'est par la giàce et la puissance des granas D.eux, mes mai- . très que i'ai forcé mes serviteurs à m'obéir; par la pnere j obie"; Ta iéfaite de mes ennemis ^ » Ainsi, dans la pensée de L'on, comme dans ccUe de toute l'idolâtrie antiq-e, les grand.
, , 1»-^ « Onnert, I?iscriptions assyriennes de* » IV Reg., cai>. xvil, 24 ad ultim. - V^l*^ ' ^ 63). Grande inscripUon Sargonides {Ann. de phil. chrét.. tom. LXV, pag- 62, bdj des salles de Khorsabad.
732 HISTOniK DE L'ÉGLISE. V« ÉPOQUE (1001-586).
Dieux étaient ceux qui faisaient vaincre ♦; ceux des vaincus n'étaient que des divinités inférieures, mais ils n'en étaient pas moins des dieux. Dans leur besoin de croire à l'intervention d'une puis- Bance surnaturelle, les peuples de l'antiquité adoptaient tous le? dieux, se réservant de les classer selon les divers degrés d'une hiérarchie fondée sur le plus ou moins d'inlluence que ces dieui accordaient à leurs adorateurs. Ainsi Sargon se vante d'avoir con quis la ville de « Kisik, séjour du dieu Laguda^ » mais c'était « par la grâce et la puissance des grands Dieux. » On comprend dès lors qu'il songe à apaiser la colère de Jéhovah, le Dieu d'Israël; à ses yeux, Jéhovah, le Dieu qu'il croyait avoir vaiucu, n'en conservait pas moins sa divinité , et il s'empresse d'en rétablir le culte à Samarie. C'est ainsi que chaque jour apporte au texte de la Bible un hommage nouveau de la science véritable. Les dépouilles fossiles des grands empires de Ninive et de Babylone viennent confirmer la véracité de l'histoire sainte , de même que les témoignages de la géologie, exhumés des profondeurs du sol antédiluvien, confirmaient chaque parole du récit de Moïse.
> Nous avons déjà eu l'occasion d'indiquer cette tliéorie, tome I d« Mit BultArc, pag. 656, 657.
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