‹ Histoire de l'église du Mans (volume 2)Chapitre 10 sur 53 · AVE3GAUD · texte numérisé non relu

AVE3GAUD

Humbert entra de bonne heuie dans l'abbaye de Moyen- Moutier^ au diocèse de Toul, et y professa la vie monastique. Dès Tan i028, il avait acquis la réputation d un savoir éminent. En 1049, le pape saint Léon IX, autrefois enfant de saint Benoît, et qui avait connu Humbert étant évêque de Toul, remmena en Italie, et l'établit archevêque de toute la Sicile. Le Souverain Pontife lui conférait cette haute dignité pour qu'il s'appliquât à la conversion des Sarrasins qui habitaient cette île. Personne n'était plus capable que Humbert de cette difficile mission; mais l'entrée de ce pays lui fut interdite, et il ne put y pénétrer. Léon IX le «îréa alors cardinal-êvêque de Blanche-Selve ou Sainte-Rufine, à dix milles de Rome. On remarque que ce fut le premier Français élevé à la dignité de cardinal. Saint Léon lui donna toute sa confiance; et il trouva en lui un conseiller fidèle et éclairé tant sur les intérêts de l'Église que sur ceux de l'empire. Humbert se rendit surtout illustre par la légation qu'il remplit à Constantinople en 1053 , et dans laquelle il excommunia le patriarche schismatique Michel Cérulaire , et réfuta les écrits des grecs dissidents par des traités parvenus jusqu'à uqus.

Après la mort de saint Léon IX , le cardinal Humbert continua d'occuper le premier rang dans la cour de Rome et dans la confiance du pape Victor IL Sous Etienne IX, qui avait été moine bénédictin, et sous Nicolas II, Humbert dirigea les affaires les plus importantes de l'Église. Il était, dit saint Pierre Damien, l'œil de ces Pontifes. Il fut aussi Tâme des conciles qui se tinrent de son temps. A celui de Home de 1059, où l'hérésiarque Bérenger reconnut ses erreurs, Humbert fut chargé par les pères de cette assenj- Wée de dresser la profession de foi qu'il devait souscrire. Dans les dernières années de sa vie , il rempUt encore une légation importante et difficile en Angleterre, et alors il put visiter le Maine , qu'il avait quitté depuis tant d'années. Il* est probable que le célèbre cardinal mourut en Tannée 1063; le pape Nicolas II voulut lui-même prendre soin de ses funérailles, et l'eusevelit dans la basili(iue de Latrau.

i^ HISTOIRE ])£ l'Église du mams.

Tous les contemporains ont donné au cardinal Humbert les plus gi*ands éloges, Lanfranc ^ après avoir rehaussé sa science, son orthodoxie et sa persévérance dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes, prend à témoin de ce qu'il avance toute TÉgUse latine, qui en était bien instruite, ajoute-t-il, puisque Humbert avait toujours assisté ou même présidé à ses assemblées et à ses conciles. L'hérésiarque Bérenger a fait , à sa manière , Téloge de notre cardinal par la violence avec laquelle il se déchaîne contre lui, et par les injures qu'il lui prodigue.

Humbert était très-versé dans les sciences ecclésiastiques au rapport des écrivains du xi« siècle. C'est ce qu'attestent également les ouvrages qu'il a laissés. Il a cependant asse^p peu écrit , et seulement pour les besoins présents de l'Église. Il reste de lui une réponse à la lettre de Michel Cérulake , patriarche de Constantinople , et de Léon , évoque d'Acride, métropolitain de Bulgaiie; une réfutation de récrit de Nicétas , surnommé Stetatos par les Grecs, et Pectoratus par les Latins. On remarque dans cet écrit surtout la vivacité de l'esprit, l'étendue de l'érudition et les vrais principes de la critique , qualités très-rares à cette époque; enfin une courte relation de ce qui se passa à Constantinople pendant le séjour de la légation dont il était le chef. Humbert publia aussi un écrit beaucoup plus étendu que ceux dont on vient de parler ; c'est un traité contre les simoniaques. On considère cet ouvrge comme l'un des plus importants qui parurent en ce temps-là. Quelques auteurs lui attribuent encore avec assez peu de fondement plusieurs compositions liturgiques, des hymnes et autres pièces pour les offices de divers saints (1). Tels furent la vie et les travaux du cardinal Humbert. On voit que si l'Église du Mans n'a pas eu l'honneur de donner au

* (1) Les ouvrages du cardinal Humbert ont été imprimés en différents recueils ou séparément; ils se trouvent tous réunis dans le tome XIV de la collection de Galland intitulée Bibliothecn veterum Patrum, p. 192 et seqq., et dans le t. GXLIl, col. 911 à 1218 de la Patrologie éditée par M igné.

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