‹ Histoire de l'église du Mans (volume 2)Chapitre 30 sur 53 · III · texte numérisé non relu

III

OM HISTOIRE DE L'ÉOLIdE BU MANS.

de Cantorbery , et Robert Gorham ^ qui devint abbé de Saint-Alban (1).

L'^loigaement des temps nous dérobe^ sans doute, la oonnaisstoce de beaucoup d'autres. Il nous reste quelques poésies anonymes composées par des chanomes du Mans^ d'autres par des moines de Saint-Vincent, de Notre '-Dame de Lonlay, et même par des religieu* ses de^aint-Julien-du-Pré. Ainsi la langue et la poéine latine étaient cultivées même dans les monastères de femmes (2).

Les arts faisaient le même progrès que les sciences, dans notre province. La reconstruction de la. cathédrale, le grand nombre d'autres édifices sacrés qui s'élevèrent alors de toutes parts ^ et les multiples objets de peinture, mosaïque^ sculpture, ciselui^, que supposent et la décoration de tant d'églises et les translations si fréquentes des reliques des saints , prouvent que le Maine était alors peuplé d'artistes religieux. On pense que l'ogive, dont l'origine est beaucoup plus ancienne, commença, dane cette première moitié du xii^ siècle, à paraître comme un caractère nouveau dans les monuments élevés sur le sol manceau. Toutefois, nos édifices de cette époque n'ont pas encore dépouillé le caractère hiératique , sacerdotal ou monacal , dont ils étaient empreints précédemment;

(1) Histoire littéraire de la France, t. IX, p. 49 et 50. — Les catalogues des manuscrits d'Angleterre attribuent a un Marbaudus Cenomanensis un poëmc de Gemmis. Le Paige, t. II, p. 50 , parle du même personnage, qu'il désigne sous le nom de Marbodée ; mais il est évident quMl s'agit ici de Marbode , évêque de Rennes. — 11 semble même que l'instruction des femmes n'était pas négligée dans le Maine , puisque Éremberge, fille du comte Hélie, avait des connaissances peu communes de son temps. Voyez Bodin, Recherches sur l* Anjou ^ t. I, p. 268.

(2) Une Vie de saint Bruno , imprimée en caractères gothiques , sans titre ni millésime , contient sept petits poèmes à la louange de ce saint patriarche, composés à la cathédrale ou dans les monastères du Maine, en llôi. Quelques-uns pourraient paraître d'une perfection supérieure à ce qu'on attend de poètes du xii« siècle; mais ils se rapportent à l'époque où l'école du Mans était dans sa période la plus brillante.

HILDEBEAT. &i1

on n'y reconnaît encore aucune trace de Tapparitibn de la nouvelle architecture introduite par les loges maçon«^ niques.

Les documents nous font défaut pour affirmer que Técole du Mans conserva son éclat longtemps après Tépiscopat de Hildebert; mais de fortes coiyectures nous portent à penser qu'elle fut enveloppée dans le malheur de la province, et que le sceptre étranger lui fut fatal, comme à tant d'autres institutions. D'ailleurs, la présence d'uîi homme aussi éminent que l'était Hildebert, fut pour beau»coup dans l'élan donné aux intelligences. Dans le même tenlps , Pierre Paillard , ce Maiïceau moine de MarmoU* tier dont il a été déjà parlé , composa des vers élégiaques qui se lisent en tête du poëme de notre prélat, sur le mystère de la messe (4).

Six cents ans après la mort de noti'e grand évêque , un .beau monument fut élevé à sa mémoire par l'un des plus saints religieux du xvu^ siècle. Dom Antoine Beaugendre publia en 4708, en un volume in-folio, les œuvres de Hildebert et (le Marbode, évêque de Hennés (2). Déjà un savant avocat au parlement de Paris, nommé Loyauté,* avait travaillé à réunir les ouvrages dispersés de notre

(1) Hitdebei'tus adest Gcnomanus; perle^e, Lector,

Hoc opus ingeuio , nioribus eximium.

Moribus eximium deerat meminisse libellum,

Quo Ghristi Gœnae mystica sancta leges.

Mystica sancta leges , Missam , solemnia vota ;

Hic credas verum semper adesse Deum.

Semper adesse Deum summa est clementia , cœlos

Ghristicolis confert hostia sacra suis.

Hostia sacra suis vitam priTsiare super nam

Est potis, hanc veniam poscimus ante Deum. Poscimus ante Deum peilatur ut horrida tabès ,

Qua genus humanum labitur, atque cadit (Vemr, Hil^

deberti opéra, col. 1133.)

(2) Pour la vie- de D. Beaugendre , voir VHistoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur, par D.Tassin, p. 270-272. — Pour rédition des œuvres de Hildebert , voir VHistoire littéraire de la France , t. XI , p..2i)0-412.

628 HISTOIRE DE l'eGLISE DU MANS. UILDEBERT.

évèque. D'autres écrivains ont consacré leurs veilles à éclairer ou recueillir ses ouvrages ; nous ne citerons que M. Hebert-Duperron (i) et Xyste Schier, le plus remarquable de tous (2).

(1) De venerabilis Hildeberti, primo Cenomanensis episcopi, dein Turonensis archiepiscopi, vita etscriptis. Bigocis, 4855.

(2) De Hildeberti operum genuittUe^ integritate et editionibus, aucl. Xysto Schier. ViiKjobonœ in Âustria, i767. — M. Tabbé Bourassé, chanoine de Tours, irient de donner une nouvelle édition des œuvres de Hildebert dans le t. GLXXI de la Patroiogie, publiée par Migne. Les savitnts continuateurs de Bollaudus' ont publié un poème attribué à Hildebert , sur le martyre de sainte Foi , de saint Gaprasius et de leurs compagnons , morts à Âgcn eu 303. Yid. Acta Sanctorum , ad diem XX octobriSf p. 816, u« 8; p. 826-820.

DOIf$ DE HUGUES DAVID , COMTE DU MAINE , A L*ABBATE DB SAINT-PIERRE DE LA COUTURE ET A LA COLLÉGIALE DE SAINT-PIERRE-DE-LA-COUR.

{Vers l*an 910.)

In Domine Domini et Salvatoris et Spiritus Sancti. Ego Hugo , Conies Genomannus , notum fore cupio omnibus successoribus mois , quoniam pro redemptione anime mee , meique gcnitoris et genitricis , et insuper omnium tam presentium quam futurorum hercdum qui hoc bcnefactum annuerint, aliquid eleemosine facere cupiens, dedi communiter possidere, tam monachis beati Pétri Culture, quam' et canonicis nostrisde Ecclesia beati Pétri, que est capella nostra, videlicet terras que erant ad vâdiim Domine Bemationum cum coUibertis et censivis inibi sitis,molendiriorum sive arearum et terras de Pra/o Ferruto, cum omnibus terris et pratis cultis et incultis, que in circuitu sunt, et terras de Glatigneo ctcensivas, et terras de Campo Guarellis , cum omnibus censivis que sunt in circuitu Sancte Crucis,ei similiter sancti Dionysii, et ccnsivas de vinciscum omni integritate, et cum omnibus consuetudinibus , sicut honorifice tenemus, nihil mihi exinde retinens nisi propitiationcm a Domino , qui hcc nobls dédit. Elcemosinam tali tenore ut pro rcmedio anime moe singulls diebus cxorcnt domini illi quibus hoc benefnctum largiti sumus. £go itaquc Hugo, comes Cenomanice civitatis, cum militibus et vernaculis et filiis meis ac fiiiabus, hanc inscriptionem hujus carlule stabilio ac firmo, ut roborata in evum permaneat. Quicumque igitur, scu heredum nostrorum, seu extrancorum, hoc beneficium sanctis Apostnlrs aufcrre vohicrit, seu monachorum vel canonicorum prœfatorum hoc testamentum violaro seu dirumpere tenta vcrit, omnibus repleatur malcdictiouibus , et sit anathcma, maranatha, hoc est, sequestratus a communionc corporis et sanguiuis Domini, nisi ad satisfactionem et cmcndationem voncrit. Fiat, fiât, fiât; amen, amen, amen. Signum Hugonis comitis , Hugonis filii cjus, Scingefridi cpiscopi, Isaac, Odonis archid., (luillclmi archid., Suhardi, Gualmari, Radulphi, Gaufridi, Amonis, Milonis, Aigleranni (1). (Ck)pie aux Archives du département de la Sarthe.)

d) On trouve dam le inanii«orU une «utr« rhnrto renfermant h peii.pr^ )e« mAme» dispoKitioim.

630 HISTOIRE DE L'ÉfiLISE DU MANS.

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