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l^t y le cardinal Pierre , qui accomplit là fonction «ainte an nom du Siège Apostolique. Les évèques de France refusèrent de se rendre à la solennité; néanmoins ceux du Mans et d'Angers, passant sur la défense du métropolitain et l'opposition de leurs collègues, accompagnèrent le légat et Tassistèrent dans la dédicace (1).
Antérieurement à ce dernier fait, pendant qu'Archambaud de Sully occupait la chaire archiépiscopale de Tours, Avesgaud s'était déjà trouvé engagé dans une aifaire délicate. L'archevêque avait entrepris de disputer aux chanoines de Saint -Martin le privilège d'exemption, dont l'abbaye jouissait dès le temps où les moines l'habitaient, n commença par refuser de sacrer Pierre, qui en 995 avait été élu évêque de ce chapitre, selon la prérogative ancienne. 11 chercha même l'appui des évêques du Mans, d'Angers et de Nantes , et ces prélats se rendirent sourds à la voix du pape Grégoire V, qui confirma le privilège de Saint-Martin par une bulle spéciale. Les partis s'échauffèrent de part et d'autre, et l'on en vint à une sorte d'animosité : les chefs des Églises de France se prononcèrent soit pour les évêques soit pour les chanoines ; mais le plus grand nombre soutenait les évêques. 11 parait certain que les menaces sévères de la Chaire Apostolique apaisèrent cette commotion. Pierre reçut Tonction épiscopale; mais, après sa mort, Urbain II déclara l'évêché de Saint-Martin uni à perpétuité à la personne des Souverains Pontifes (2). La participation d'Avesgaud à cette révolte contre un
(!) Raoul Glaber, Historiasui femporis , lib. II, c. iv. — Pilhou, Preuves des libertés de VÈglise gallicane j 1. 1 , p. 466. — Cette histoire et les circonstances fabaleuses qu^on y ajoute , ont été invoquées par tous les défenseurs des principes gallicans ou protestants ; elles se troQTent rapportées fort au long par le P. Longueval et les autres historiens attachés aui mêmes doctrines ; mais Barth. Roger , dans son Histoire de V Anjou, a fourni la preuve évidente de la fausseté de ces faits. Vohr aussi Gallia christiana ( vetns ), t. I , p. 756. — Salmon , Chronitfue de Touraine, p. 118, 120, 187, 877.
(2) Gallia christiana ( vêtus ) , 1. 1 , p. 755. — Maan , Ecclesia TuronensiSf p. 75 , 97. — D. Mabillon, Annales 0. S. B., lib. Ll , num. 46.
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privilège apostolique est regrettable; mais il sut réparer sa faute en assistant à la dédicace de Tabbaye de BeauUeu^ malgré la défense du métropolitain et sur Tordre du légat. Peut-être aussi Tinfluence du comte d'Anjou, déjà suzerain du Maine > eut-elle quelque part sur sa détermination.
Avesgaud eut occasion de se trouver présent vers cette époque à plusieurs assemblées des prélats de la province de Tours. 11 dut se rendre à la dédicace de Téglise et du monastèrerde Saint-Martin de Tours , rebâtis par le célèbre Hervée> trésorier de cette insigne basilique > le modèle et la gloire du clergé de la France en ces temps (1).
Se trouvant à Angers y à une autre époque , il se rendit à la prière de Gauthier , abbé de Saint-Aubin , et confirma par sa signature plusieurs titres de l'abbaye. Le comte d'Anjou Foulques Nerra , Geoffroy Mai*tel , son fils , Hubert, évoque d'Angers, plusieurs seigneurs, comme Suhard de ûpaon , Thibaut de Sainte-Maure et d'autres encore , assistèrent à cette réunion qui eut lieu dans la salle capitulaire de l'abbaye (2). On retrouve d'autres fois encore révêtjue Avesgaud dans la capitale de l'Anjou et dans les châteaux de la province, où la nécessité de faire la cour au comte devait attirer souvent tous les gi'ands de notre pays . Avesgaud s'y rendait aussi pour prendre part aux solennités religieuses , qu'il aimait.
Dans son propre diocèse, notre prélat travaillait à la splendeur du culte divin. Les stations établies , ou plutôt réglées
— D. Bouquet , t. X , p. 424, 438. — Chalmel, Histoire de Touratne j 1. 1 , p. 320.
(!) Vi&onl Glàher j Historia sui tempoi^is y lib. III, c. iv. — D. Bouquet, t, X, p 30 et passiin. — D. Mabillon , Vetera analecta^ t. II, p. Z%. — Idem y Annales 0. S. B., lib. V, num. 5.— Chalmel, Histoire de Touraine^ t. I , p. 323. — And. Salmon, Chroniques de Touraine , p. 219 et passim. — Il est très-difficile de concilier les auteurs sur la date de cette dédicace qui semble devoir se rapporter à Tan 1018 ; cependant le Chronicon sancti Martini Turonensis la met en Tan 1015.
(2) Cette charte porte pour date : Indict. 5 ; an. 1037. Il y a là une erreur évidente. — Gallia christiana (vêtus), t. IV, p. 26. — Ménage, Histoire de Sablé ^ part. I , p. 111.
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avec plus dWdre et de pompe pai» saint Aldric (1 ). n'étaient pas entièrement abolies. Avesgaud, voulant donner une marque de sa piété envers saint Julien , et procurer à sa cathédrale Tédification que ne manque jamais d'apporter au peuple une psalmodie régulière et pieuse, eut l'idée d'associer les moines de la Couture et le chapitre dp Saint-Pierrede-Ja-Cour à la célébration de la fête principale de notre apôtre. Il n'oublia pas non plus les saints martyrs milanais, et prit des mesm^es pour ajouter à la pompe de leur principale fête. Après avoir longtemps cherché le moyen d'accomplir son dessein, il passa le 19 juin 1009 un accord avec les moines de la Couture , par lequel il leur abandonnait, du consentement de son chapitre et des trois archidiacres Gervais, Yves et Guillaume, les droits de relevation d'autel dans les églises de Saint-Pierre de Solesmes , Saint-Vincent de Volnay, Saint-Denys de Joué-l'Abbé, Saint-Remy-du- Plain dans le Sonnois , Saint-Maio des Mées , Saint-Martin de Nuillé, Saint-Benoît de Thévalles ou Saint-Benolt-sur- Sarihe, et Saint-Viyentin, aujourd'hui Saint-Vincent-des- Prés (2). Par une autre concession, consentie soit par Avesgaud , à une époque postérieure , soit par l'un de ses successeurs, les moines de la Couture reçurent les mômes
(J) Histoire de V Église du Mans , t. H, p. 187-Î08.
(2) Quoniam dum in exiliohujus vite mens humana prercgrinatur, multorum criminum mole deprimitur ; oportet unumquemque mortalium secundum Evangelice Ycritatis salutifera documenta , de his qae possidet, Ecclesie vel egeuis fideliter erogando , aroicos sibi preparare, quorum meritis et orationibus ad superna directus , eternis gandiis , cum ab hac vita migraverit , Dec largiente , donetur : hoc divine pietatis consilium ego Avesgaudus , Dei gratia Cenomanensis presul , diu mente revolvens et revolvendo imitari desiderans , dedi , meorum consilio atque assensu arcbidiacononim Gervasii scilicet , Ivonis atque Gnillelmi , monachis sancti Pétri , qui dicitur ad CuUuram , suorum relevationes et recompensationes altarium , sancti Pétri videlicet de Solempnis , sancti Viocentii de Volonaco^ sancti Dionisii de Gaudiaco , sancti Rigomeri de Piano Salvonensi , sancti Macuti de Manso , sancti Martini de Noiliaco , sancti Benedicti de Tesaulo , nec non et sancti martiris {sup. Yiventiani). Uvre Blanc , d9 181. — Cfr.Ms. Biblio th. Impér. no 5211 , B, fol. 101, 102. — Compendium historiée Culturœ , Biblioth. du Mans, Ms. no91.
privilèges pour trois autres églises relevant également de leur abbaye^ et probablement à la condition de nouveaux services religieux. Ces trois églises étaient celles de SaÎDtr Rigomer-des-Bois^ Saiut^Maurille dans le Sonnois^ sur le territoire de Neucfhàtel, et Saint-Remy-de- Villaine, aujourd'hui Vilaines-la-Carelle (1 ) .
Ces concessions sont consenties par Tévêque et par le chapitre^ à la C/Ondition que chaque année à la fête de saint Julien , le 27 janvier (2), tous les moines de Tabbaye se rendrontprocessionnellement à l'église cathédrale^ qu'ils y chanteront les vigiles , c'est-à-dire les offices de matines et de laudes, et une messe solennelle en l'honneur du saint patron. Au jour de la fête principale des saints martyrs Gervais et Protais, qui se célèbre le 49 juin (3), tous les moines de l'abbaye ne seront pas obligés de se rendre à l'église-mère , mais seulement les principaux d'entre eux; et ils devront uniquement assister à la messe solennelle. Afin de lier les successeurs d'Avesgaud qui auraient pu songer à enfreindre cette convention sous le prétexte que les concessions étaient considérables, et le service exigé des moines très-léger, on stipula encore que les églises mentionnées ci-dessus paieraient les droits de synode, de vi^te, et ceux relatifs aux violations de cimetières , comme le faisaient les autres églises du diocèse (4).
(1) Ecclesie sancti Remiyii de Sylva ^ sancti Maurilii de Saveniensi, sancti Remigii de Villena. — Compendium histor, Cultur.
(2) Eo scilicet pacto atque tenore , ut quotannis , in die fcsto saocti Juliani , patroni quidem nostri , qui est vi kab. februarii.... Cette circonstance est spécifiée , parce que Ton célébrait un autre jour la translation des reliques de saint Julien.
(3) Die autem festo sanctorum martiruni Gervasii atque Prothasii, qui est xiii kal. julii , non omnes cum sua processione^ neque ad noclurnale officium, sed pars eorum sublimior ad misse tantum principalis sol* lempnia dévote celebranda conveniant. Livre BlanCy loc. cit. — L'Église du Mans célébrait le 13 décembre la translation des reliqqes des saints Gervais et Protais.
(4) Ne autem bnic conventioni successorcs episcopi quid habeant rationabiliter reclamare , aut dicere présumant '