JESUS, MARIA. MEMENTO
PHILÏPPE DE LUXEMBOURG. 309
Pour ce que le temps passé ay considéré et considère de présent, que rien n'est si seur que la mort, et si incertain que l'heure, avoie fait quelque ordonnance, testament et déclaration de mon vouloir et intention, et dernière volonté; mais pour plusieurs choses survenues et intention précédente, en cassant et annulant tout ce que par ci-devant ay pu dire, faire, écrire, et passer; je veux et ordonne que cette mienne ferme et dernière volonté, et testament commencé au Mans le jour de la benoiste sainte Marie Magdelaine vingt -deuxième de juillet, l'an mil cinq cents quatre, au lieu soit gardé, observé et exécuté reallement, comme si l'avoie passé et consenti devant témoins et notaires ; car il procède de mon vouloir, et est signé de ma main.
Au nom du Père, du Fils et du benoist Saint-Esprit, de la glorieuse vierge Marie, nostre advocate, et monsieur saint Michel, monsieur saint Jean-Baptiste, monsieur saint Philippe, mon bon parrain, monsieur saint Martin, monsieur saint Julien, mon bon patron, protecteur et advocat, monsieur saint Grégoire, monsieur saint ChristofFe, de tous les bons saints évoques du Mans, madame sainte Anne, madame sainte Marie Magdelaine, madame sainte Barbe, madame sainte Catherine, madame sainte Scholasse, et de tous les archanges et anges, prophètes, apostres, martyrs, confesseurs, et de tous les saints et saintes de paradis , et des bienheureux, spécialement de mes plus singuliers patrons et patrones; je pouvre créature et misérable ver de terre Philippe, cardinal de Luxembourg, tituli SS. Pétri et Marcellini, et depuis cardinal, évoque de Tusculan, indigne évêque du Mans, et de Theroïienne, estant en bonne santé et en bon sens et entendement naturel et accoustumé, considérant le grand danger qui est en ce caduc monde, et le grand inconvénient d'aller de vie à trépas, sans avoir bien regardé et pensé à son cas, et accom. ply le commendement de Dieu, et aussi de non avoir bien pourveu et de bonne heure au salut de sa pouvre àme, et fait de bonne heure son testament, et déclaré sa dernièrd
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volonté, avant estre surpris de griève maladie ou rie mort soudaine; et aussi que n'est rien tant h considérer que l'incertitude du temps de la mort, et que n'avons jour ni heure certaine : de peur d'estre surpris, je fais et escris avec l'aide du Créateur ce présent testament et dernière volonté, ordonnant et voulant que si estois prévenu de mort, sans faire autre ordonnance, que cestui-cy qui est escrit et signé de ma main ait lieu, et ordonne qu'ainsi que s'ensuit soit tenu, observé et exécuté par mes exécuteurs, qui sont monsieur de Saint-Vincent, maistre Claude de Crepy, Hays Sept- Forges, Langlade, Bayf, Veron, et deux que nommera le chapitre du Mans, ausquels je prie et requiers très - instamment que ils veuillent prendre la charte, et très-diligemment le tout exécuter, et selon leur conscience et bonne discrétion, et selon mes biens qu'ils trouveront ampliez ou rescindez selon qu'ils verront estre expédient, et entends qu'on fasse selon l'opinion des quatre ou trois du moins éleus par les autres, si tous n'y peuvent toujours vacquer.
Premièrement, je demande et requiers pardon et mercy à Dieu mon créateur de tous les péchez et otïences que luy ay faits, et luy supplie très-humblement qu'il luy plaise les me vouloir pardonner, et proteste que veux mourir en la foy catholique comme bon chrestien.
Item, je donne , remets et laisse ma pouvre âme à mon benoist Créateur, et la luy recommande; car il est mon créateur, juge et rédempteur, luy suppliant très -humblement qu'il luy plaise par sa saincte Passion et douce miséricorde, avoir pitié et compassion de ma pouvre âme, et la vouloir colloquer au repos de la gloire de Paradis perpétuellement; en requérant très-humblement à la glorieuse Vierge Marie, advocate des pouvres pécheurs, et à tous les saints et saintes de Paradis, et spécialement à mes glorieux patrons et patronnes, qu'il leur plaise de ainsi faire la requeste et prière.
Item, je laisse et rends mon pouvre corps et charogne à la terre dont il est venu, protestant que ay toujours creu
PHILIPPE DE LUXEMBOURG. 3j 1
et crois à tout ce à quoy est tenu croire un bon et vray catholique, et en icelle foy proteste que veux mourir, quelque variation qui me pourrait venir par maladie, vieillesse ou autrement, et élis la ma sépulture de la pouvre et méchante charogne à l'église de monsieur saint Julian du Mans, monsieur mon bon patron et advocat, au lieu que ay fait faire et ordonné piéça ; et veux et ordonne que mon pouvre cœur soit enterré à monsieur saint Vincent devant le grand autel, ou là il semblera à mes exécuteurs pour le mieux en icelle église, et soit écrit sur la représentation de mon cœur ce que sera advisé pour le mieux, recommandant la pouvre âme aux bonnes prières des bons religieux de ladite abbaye, désirant qu'il soit perpétuellement mémoire de ma pouvre âme, et spécialement tous les ans à tel jour que je mourray, et que j'ay introduis céans lesdits religieux réformez, qui fut le vingt-quatrième d'aoust Tan mil cinq cents un.
Item, je ordonne que moy mort les commendes soient dites bien à loisir et dévotement à l'église de monsieur saint Julian, et la charogne portée en icelle; si c'est au matin soient dites vigiles, grande messe, et l'enterrage, et après disner vigiles, et le lendemain grande messe ; et si la charogne est portée à l'église après diner seront dites vigiles , et le lendemain grande messe , et l'enterrage après la messe, si la charogne le peut endurer, ou tout ainsi que sera ad visé par mes exécuteurs et le chapitre : et à plus de frais se fera le service, tant plus y aura de bonnes prières, et que le tout se fasse à loisir, et plus dévotement que faire se pourra en continuelle assistance de ceux de l'église, et de saint Pierre, et mieux que n'ont accoutumé : car on leur fera ainsi qu'ils font aux autres.
Item, audit jour seront dites autant de basses messes qu'il se trouvera de prestres, voulants chanter messe à trois sols pour messe; et saint Vincent, la Coulture, Beaulieu, et les deux mandients pourront audit prix chanter en leurs maisons.
312 QÏ3T0IEE DE L*Ï01 [SE l»f M \ -.
Item, au huitième jour sera fait tout ce pareil service qu'on aura fait au premier, sauf l'enterrage.
Item, le jour de l'enterrage , et le huitième jour soit donné à chacun pouvre en argent , ou pain , six deniers.
Item, les torches à l'enterrement, et au huitième jour seront portées pour pouvres, vertus chacun de deux aulnes de drap noir, et y aura tel nombre qu'il sera advisé par mes exécuteurs.
Item, robes noires à mes exécuteurs, et à tous mes serviteurs domestiques selon leur qualité.
Item, entre le jour dudit enterrage, et le huitième que l'on fera le service, soit dit en l'église tous les jours cinquante messes, qui sont en six jours trois cents messes.
Item, soient appelés les collèges d'hommes séculiers, réguliers et mandients qui ont accoustumé venir ordinairement aux processions, qui sont sept, pour conduire la charogne, et faire ce qui sera advisé par mes exécuteurs, et soit donné à chacun desdits collèges dix livres : et pour ce que saint Pierre est grand collège , aura outre cent sols pour accompagner mon pouvre cœur, le jour qu'il sera porté à Saint-Vincent en un voirre : et s'il plaît à notre Église accompagner ledit cœur, faire le pourront; mais l'abbé portera ledit cœur tout le dernier, et chanteront ceux de l'Église en allant s'il leur plaist, et leur sera donné ce qui sera advisé.
Item, à la fabrique de monsieur saint Julian, pour gagner le pardon, cent livres.
Item, soit baillé à. chacun chanoine, et à chacune dignité, non ayant prébende de monsieur saint Julian, à l'enterrage un noble à la rose, et autant au huitième jour. et au bout de l'an que l'on fera un pareil service; et aura mon successeur le double s'il est présent, et les dernières prébendes à chacun un escu d'or, et aux vicaires chacun desdits trois jours à chacun dix sols, aux prestres des draps à chacun desdits trois jours à chacun trois sols, aux non prestres à chacun desdits trois jours à chacun deux
sols, à la psallette à chacun desdits tpois jours trente sols; et au surplus à la discrétion de mes exécuteurs, comme à celui qui fera le service, diacres et sous-diacres, sousr chantres, chappecneurs, sacristain et sonneurs.
Item, pour ce que à l'annuel se fera distribution, comme dit est, je veux qu'audit annuel que la distribution qui se fust faite selon la fondation qui sera perpétuelle, soit distribuée pour iceluy jour publiquement pour Dieu, pour avoir plus de prières, et qu'il soit publié par les paroisses le dimanche suivant, à quoy les chanoines ne perdent rien; car ils ont chacun un angelot pour la distribution.
Item, les chanoines de Saint-Pierre pour assister continuellement au service lesdits trois jours, et y venir processionnellement auront chacun un escu d'or à chacun desdits trois jours, et les demy prébencliers à chacun un demy escu de roy, pareillement les vicaires dudit Saint- Pierre, et les prestres et non prestres des draps dudit Saint-Pierre, et la psallette auront la moitié de leurs pareils de monsieur saint Julian.
Item, outre les messes dessus dites, j'ordonne qu'il en soit dit cinq cents de Requiem, le plustost que faire se pourra par prestres et couvents bien dévots en divers lieux, à la discrétion de mes exécuteurs, au diocèse ou dehors.
Item, soient dites cent messes, non pas de Requiem, mais de ce que les prestres voudront à leur dévotion , et à son intention.
Item, le jour de l'annuel soient dites messes comme au jour de l'enter rage.
Item, soit donné à filles à marier et pouvres honteux en argent, robbes, chapperons, souliers, chausses et autres choses, ainsi que l'on verra pour le mieux, trois cents livres.
Item, à la fille de Segraye pour la marier cent livres.
Item, aux deux pages Boûair et Chantelou, à chacun cent livres.
Item, à chaque gentilhomme quatre termes après mon trépas, de cinquante livres pour terme.
.'il \ HISTOIRE DE [/ÉGLISE DD .M.W.s.
Item, à Louiset cent écus sol, et quatre termes gages, et pour aider à marier sa fille cinquante livres.
Item, au barbier l'Amoureux, cent livres et quatre termes de ses gages, et à Edouard cent écus sol et quatre termes de ses gages.
Item, aux autres qui ont gages soit payé quatre termes de leurs gages, quand seray mort, comme si vivois jusques a la, et à ceux qui n'ont point de gages, et encore aux plus pouvres ayant gages selon leur vocation et leur pouvreté, pitié et bonté, soit donné à la discrétion des exécuteurs, pour prier Dieu pour moy, assez largement selon mes biens, pris de l'argent qui est en la boette qui est au revestiaire, la mise de ce présent testament aceomply, ou sur mon mobile ou autre mon argent.
Item/ je donne au couvent des jacobins et cordeliers du Mans et de Laval, à chacune des quatre maisons vingt livres tournois, à ce que les prescheurs desdites maisons toutes les fois qu'ils prêcheront jusqu'à deux ans après ma mort, recommanderont ma pouvre âme, et de tous les trépassez, et advertiront le peuple de soy amender et corriger, et que la mort approche, et qu'il faut laisser le péché, et rendre compte au grand juge.
Item, je donne à ceux qui prescheront les trois senices immédiats après ma mort à chacun dix livres, pour très et spécialement recommander ma pouvre âme, et fort exhorter les gens d'Église de ainsi le faire au peuple, et que chacun se veuille corriger et amender, et vivre purement selon sa vocation, et icelle bien considérer pour soy sauver.
Item, je donne à chacun doyen cinq sols comme doyen pour une messe de Requiem, comme doyen, et pour dire aux deux convocations prochaines après ma mort, aux curez et aux prestres qu'ils prient Dieu pour moy, et qu'ils admonestent les curés et chapelains de bien et honnestement vivre, et aussi induire le peuple de ainsi le faire. et autant au scelleur, pour ainsi le faire eu ville et quinte.
Item, je donne à chacun curé du Mans, résident sur le lieu, ou chapelain commis en l'absence du curé, cinq sols
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pour dire une messe pour mon âme après avoir sceu mon trépas, et pour advertir leurs paroissiens le jour qu'elle se dira, à ce qu'ils y soient pour chacun me donner un Pater et Ave, et aussi pour admonester le peuple de laisser le péché, et bien vivre, et souvent penser qu'il faut mourir et rendre compte.
Item, pareillement à chacun doyen, curé ou chapelain en l'absence du curé, comme dit est, cinq sols pour une messe de Requiem, au bout de Fan de ma mort, pour faire ce que dit est.
Item, je donne à chacune abbaye d'hommes et de femmes, de 1 evêché du Mans, dix livres, pour prier Dieu pour moy à leur discrétion.
Item, à chacun collège de chanoines séculiers hors la ville du Mans dix livres tournois pour prier Dieu pour moy, et considérer leur vocation.
Item, je veux et ordonne que la feste de monsieur saint Philippes soit fondée double, ainsi qu'on l'a commencé de faire.
Item, soit fondé mon anniversaire bien solennel avec le Libéra après la messe sur la sépulture.
Item, soient fondés les Gaudez avec le motet aux vicaires et enfants.
Item, soient fondés quinze cierges sur le pupiltre, selon le devis.
Item, soient fondées six messes de Requiem à note, selon le devis.
Item, soit fondé que le pupiltre, aultiers et sépulture soient netoyez trois fois l'an.
Item, soit fait un aultier à la chapelle Saint-Jean, selon le devis.
Item , en ladite chapelle un beau baptistère de cuivre , selon le devis.
Item, un pareil aultier à l'honneur de cinq diacres, selon le devis.
Item, un pareil selon le devis à sainte Anne.
Item, un autre à sainte Catherine.
Item, un autre à l'aultier Saint-Jean l'Évangéliste.
Item, le pupiltre dehors et dedans Jes deux aultiers, et la porte de cuivre, et le repositoire du pied saint Philippes.
Item, soit fondé la leste sainte Catherine demy double, et deux messes, l'une au jour et l'autre à l'octave.
Item, plusieurs autres messes basses, comme il appert par les fondations en un livre couvert de taffetas rouge , signé et scellé.
Item, que les trois représentations soient faites sur mon père, sur mon neveu et sur moy.
Item, qu'elles soient clause de fer ou de leton, et à chacun lieu à mettre quatre cierges.
Item, deux chandeliers d'argent, demy pied plus hauts que les autres que ay donnez pour les six messes et Gaudez.
Item, pour lesdites six messes faut chasubles, tuniques, dalmatiques, trois chappes de velours noir, calice, misse!, urceulx, bassin, la boiste à estuyer, la navete et l'encens.
Item, je donne à l'église un os du pied de saint Philippes, enchâssé en un marc d'argent doré.
Item, je donne à ladite église pour la feste de monsieur saint Philippes que ay fondée double, chasuble, tunique, dalmatique et six chappes de satin cramoisy, et deux tables d'aultier, dont le porte-croix cousta quatre cents livres, et un parement d'aultier, où les âmes sont en purgatoire, qui cousta quatre cents livres et mieux.
Item, je donne au fils de Boiïair le protonotaire, et Julian, tous mes livres moitié par moitié.
Item, je donne aux repenties de Paris et de Saint-Omer, pour prier Dieu pour moy, à chacune vingt livres.
Item, à celles du Mans cinquante livres, si elles demeurent reformées et en commun.
Item, je veux que les terres de Cambresis retournent à mon frère aisné, ou à ses ayants cause, selon le marché et traitté que lismes ensemble.
Item, à ce que nos successeurs et chapitre du Mans
soient plus enclins à prier Dieu pour moi, et qu'ils ayent à bien entretenir mes fondations, je donne audit chapitre ma mitre et ma crosse , gants et anneaux que ay fait faire tout de neuf, et m'a bien cousté quatorze ou quinze cents livres, à l'usage toutefois de mes successeurs, quand ils en auront affaire, par telle condition que ne les pourront vendre ny aliéner, et seront tenus de les prester à mes successeurs pour les porter hors la ville, s'il leur plaist : et pareillement donne le grand pontifical avec le grand baston d'or, avec deux diamants à peintre, et aussi le petit pontifical.
Item, je veux que toutes doibtes que je dois de mon fait, loyaument approuvées ainsi qu'il appartient, soient payées de l'argent que l'on trouvera en ma boiste s'il y peut fournir, sinon sur mon mobile.
Item, je veux que moy trépassé mes exécuteurs prennent mon testament et dernière volonté, écrit, corrigé et signé de ma main, pour faire l'exécution selon sa teneur, et le plus tôt qu'il leur sera possible, et qu'ils fassent inventaire de tous mes biens, et que tout soit mis en lieu seur, jusques à plein accomplissement, pour payer, exécuter, fonder, donner et tout accomplir selon sa teneur, en adjoustant toutesfois et diminuant selon leur discrétion, et que trouveront estre à faire pour le mieux, selon leurs discrétions, et mes biens. Et maudis tous ceux quil'empescheront, si faire le puis, et à Dieu la vengeance et rétribution , et donne à ceux qui prendront l'exécution de mon testament par l'élection et consentement des autres, à chacun vingt écus, à ce que plus diligemment l'ayent à exécuter.
Item, je crie mercy à tous ceux que j'ai offensez à jamais en quelque offense que ce soit, et leur en requiers pardon, et prie à tout le monde qu'il lui plaise me pardonner, comme je pardonne à tout le monde de très bon cœur.
Item, j'ay fait et écrit ce mien testament et dernière volonté, sur un autre fait à plusieurs fois, et veux et désire qu'ainsi soit accomply, et exécuté le plustôt que faire se pourra, et sans le tenir en delay ny en suspens, par malice
318 HISTÔÎftE DE l'ÉGLTSB hi • ttANS.
ou négligence, et en charge la conscience de meâ exécuteurs. Fait, conclu et signé de ma main, au Mans l<samedy vingt-deuxième d'avril, veille de Pasque, l'an mil cinq cents sept. Sic Signé, Philippes, cardinal de Luxembourg.
S'ensuit le codicille ou addition à son testament. Jésus, Maria, Memknto.
Item, depuis mon testament e'erit et signé, j'ordonne pour la dévotion que j'ai à monsieur saint Jean Baptiste, et à la confrérie dont je suis, estre donné à ladite confrairie cinq aulnes de satin ou damas de la couleur qu'on voirra pour le mieux, avec des orfrays de vingt- cinq écus ou environ, pour faire une chappe ou chasuble, par telle condition que le procureur de ladite frairie ramenteura au prescheur qui presche le dimanche devant ladite teste , de dire au peuple que donnent un Pater et Ave à ma pouvre âme : ou que la valeur de ladite chappe ou chasuble soit convertie en autre chose plus convenable et utile selon l'opinion des confrères, et qu'il soit enregistré, a ce que ne soit mis en oubly.
Item, je donne aux frairies du corps de Notre Seigneur, de Notre Dame d'Yvré, et de monsieur saint Jacques au Mans, à chacun dix livres.
Item, soit fondé à l'église du Mans l'anniversaire de mon neveu François de Luxembourg, évèque du Mans et de Saint-Pons, de vingt à vingt-cinq livres de rente, et douze messes, parce qu'il trépassa à Rome le huitième jour de septembre l'an mil cinq cents neuf, et soit faite sa sépulture pareille à celle de monsieur mon père.
Item, soit fondé mon anniversaire à Theroûenne. dont j'ay esté l'évèque, le jour que mourray, cà perpétuité <!<> vingt à vingt-cinq livres de rente, et à la leste de monsieur saint Philippes double, et iceluy jour les Gaudez , motets et De Profundis , et donne à ladite Église, outre la
fondation, ma chapelle de drap d'or, chasuble^ dalmatique et tunique, et la chappe.
Item, je donne à madame sainte Scholasse, à Saint- Pierre au Mans, vingt livres.
Item, je donne à mes successeurs évèques du Mans, là maison quej'ay fait faire àTouvoye, et le fond avec le petit acquest qui est à l'entour, et la vigne que ay fait planter de muscadet près d'Yvré , et le fond que ay acquis et tout le mobile de bois de toutes les maisons dudit évesché, et par ce demouray quitte de reparements , si aucuns y en avait à faire, et croy que n'y en a point, tant ay reparé tout, et de nouveau édifié à plus de trente ou quarante mille livres.
Item, j'ordonne que Stabat Mater dolorosa soit fondé et dit chacun au premier dimanche de chacun mois, selon Fordonnance que ay baillée à chapitre et aux frairies , et trente- six basses messes dites par le secretain et diacre, et sousdiacre de FÉglise selon la fondation.
Item , je donne à la frairie de monsieur saint Jean Baptiste pour mettre en acquest trois cents cinquante livres, à la charge qu'ils donneront aux jacobins et cordeliers ce qui est ordonné, et que iceux jacobins et cordeliers fassent ce que la lettre contient.
Item , pour diverses et plusieurs bonnes considérations , donnons en l'honneur de Dieu et de la Vierge Marie, monsieur saint Philippes, monsieur saint Estienne, Gervaise et Prothaise, et nostre bon patron monsieur saint Julian, à l'église monsieur saint Julian du Mans , la croix avec les huit saints que on est accoustumé mettre sur Faultier quand je célèbre, pour les mettre avec le reliquaire de monsieur saint Philippes, et y donner si bon ordre qu'on ne puisse rien rober, et estre mis sur l'autier de Nostre- Dame-de-Pitié , aux jours des festes de Nostre-Dame , le jour de saint Philippes et de monsieur saint Julian, le jour de mon anniversaire et autres jours qu'il plaira au chapitre ordonner; et l'un de mes beaux calices pour servir aux basses messes que ay fondées, et y donne aussi les
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deux chandeliers dorez pour les mettre sur ledit auitier, quand ony metlera les choses cy-dessus déclarées, et chapitre y mettera deux cierges allumez s'il leur plaist. Et si donne aussi que pour servir ausdites basses messes , outre les ornements que ay donnez, une chasuble de satin noir, et une rouge avec feuilles d'or et mon missel.
Item, je donne à Magdelaine, femme de monsieur de Botiair, si elle vid après moy les six tasses d'argent de trois marcs d'argent la pièce, et la dorée de même avec le couvercle, et celle où on l'ait l'essay, et si lui donne cent écus soleil, et la tapisserie qui est en la chambre du roy, qui est une bergerie, ou deux cents livres pour la tapisserie, ce qu'elle aymera le mieux.
Item, je donne à mon neveu François, fils de mon feu frère François, mon lit de camp de drap et damas rouge.
Item, à Saint-Vincent la seconde grande croix et les bassins, et urceulx dorez, et la tierce et les trois grands émaillez à Saint-Martin de Séez et deux belles toùailles, et aux Filles-Dieu le tableau de bois de la Nativité.
Item, je donne le ciel de drap d'or à l'église du Mans, pour porter sur le corps de Notre Seigneur et sur le chef de monsieur saint Julian, et aussi le drap d'or brodé de velours noir pour porter sur les trépassez, au plaisir de chapitre.
Item, le grand tableau de mon estude à madame la douairière d'Alençon.
Item, je donne mon pectoral à l'usage de mes successeurs et chanoines faisant le service aux bonnes lestes.
Item, je donne ma chasuble blanche, semée de feuilles d'or, et l'aube à la paroisse du Crucifix, pour prier Dieu pour moy.
Item, je donne les deux chandeliers d'argent de ma chapelle à monsieur saint Pierre de la Court, à ce qu'il soit plus enclin à me ouvrir la porte de Paradis.
Item, je \eux que mes exécuteurs prennent mon testament et mobiles pour en disposer selon ma volonté et tes-
tament, et qu'en puissent donner et distribuer de mon moible et de mon argent à mes serviteurs, et ailleurs où bon leur semblera avec discrétion bien réglée, comme aussi chevaux, robbes, ustensiles et autres menues choses pour faire prier Dieu pour mon âme.
Item, je donne à Pinson cinquante livres.
Item, je ordonne que Taultier Sainte-Barbe soit fait tel que l'aultier Saint-Jean^ et les autres à la dévotion de mon pouvre neveu François, car il avait intention de le faire, et le me recommanda.
Item, soit fondé le jour Sainte-Barbe demy double avec deux basses messes le jour et l'octave, et le jour basse messe de Requiem , au lieu de l'anniversaire que on dirait •s'il n'estait point fondé demy double.
Item, soit fondé demy double le jour de sainte Croix de septembre avec deux messes, Tune le jour, et l'autre à l'octave, et une messe basse de Requiem, au lieu de l'anniversaire que on eust dit si n'estoit la fondation de demy double.
Item, soit fondé un Libéra à Saint-Vincent, sur le cœur de mon neveu et le mien le jour de saint Marc et le lundy des Rogations que nostre procession, et de Saint-Pierre vont à Saint- Vincent.
Item, je n'entends point qu'aucuns serviteurs ou autres puissent prétendre aucun droit des choses qui sont de leur office, comme on fait à Rome; mais s'il semble à mes exécuteurs donner quelque chose bien modérée pour prier Dieu pour moy, faire le pourront.
Item, soit faite une table d'aultier au grand aultier de l'église de velours noir semée d'ames et de feu de Purgatoire, pour en avoir meilleure mémoire.
Item, je prie à l'église donner de par moy à la paroisse du Crucifix la table d'aultier que leur avois donnée, où il y a une Notre-Dame de Pitié, et si donne aux six autres paroisses du Mans mes six parements d'aultier, à chacune le sien au choix de mes exécuteurs, pour prier Dieu pour j na pouvre Anae,
:\2-2 EIIST011I MS l. i.«.i.l.-i; Dl II !
Hem, je donne à l'oilicial Langlade les trois volumes écrits à la main que luy ay prestez.
Item, je donne à maistre Jean Hays mon médecin, pour avoir mémoire de moy, mon diamant à laces louzangé au milieu que porte toujours.
Item, à l'abbaye de la Goulture et de Beaulieu, qui diront le mardy et le mercredy des Rogations un Subvenite ou un Libéra, à Saint-Vincent à jamais sur les cœurs de mon neveu et le mien après la grande messe, soit advisé par mes exécuteurs ce qu'on leur donnera en argent ou autrement, et qu'il soit enregistré.
Item, à monsieur de Laon, cardinal de Bourbon, donne la croix que porte quand je dis la messe, que le Pape Jules me donna, où il y a du bois de la vraie croix, à ce qu'il ait mémoire de moy et de la mort, et qu'il réforme ses abbayes, et qu'il paye à mes exécuteurs deux cents escus sol qu'il me doit, dont la cedulle est en ma boiste.
Item, je donne à ma bonne sœur de Fiennes une pièce d'or de Portugal de dix ducats, à ce qu'elle prie pour moy quand elle le voirra.
Item, je donne à Notre-Dame du Chevet le ciel de mon lit de camp, qui est de taffetas rouge et la couverture, et les rideaux, à faire des rideaux aux plus dangereux aultiers de l'église.
Item , soit fondé mon anniversaire à l'église de Saint- Pierre selon la manière qu'avons faite ensemble.
Item , soit fondé une messe par semaine en la chapelle lu manoir épiscopal, et fournira l'évêque absent ou présent de tous ornements, vins et chandelle, pour les biens, augmentations et ouvrages que ay faits au profit de 1 evesché : etTofficial du Mans présentera à l'évesque du Mans, tant par mort, que autrement, qui en fera collation, et sera actuellement prestre le présenté à l'évesque.
Item, je donne au chapitre pour l'ayder à faire les belles grosses orgues deux cents écus sol quatre livres.
Item, je veux que si en mon vivant je ne donne à l'église de Therouenne un pareil drap d'aultier d'ames
estant en purgatoire et des morts, pareil de celui que ay donné à l'église du Mans, que Ton le fasse faire après ma mort, et qu'il soit bientost envoyé à ladite église de Theroiienne, pour prier Dieu pour moy et les pouvres trépassez.
Item, les dix mil livres qui sont en une boiste qui est un petit coffre dans un grand coffre au revestiaire, dont Tune des clefs dudit petit coffre, et de la boiste sont sous un petit brevet en ma boiste ordinaire, et la cedulle du chapitre en ladite boiste de chapitre soient employées à l'exécution de mon testament, comme pour payer les gages et dons faits à mes gens , et à faire par mes exécuteurs l'enterrage, messes, torches, draps, de mes gens et de pouvres, fondations, distributions, aumosnes et autres ordonnances contenues en mondit testament.
Item, plus y a pour ladite matière, comme dit est, quatre-vingt nobles à la rose, et quarante angelots.
Item, pour satisfaire aux marchands auxquels on pouvait devoir quelque chose, se prendra de l'argent que on trouvera en mon coffre, lequel hausse et baisse selon que j 'en ay baillé, mais quoy qu'il soit j'espère qu'on y trouvera plus que ne doiveray, et le reste et ce qu'on me pourra devoir, suit donné pour Dieu à la discrétion de mes exécuteurs, Sic. Signé : Philippes cardinal de Luxembourg.
Item, je veux que soit mis es mains de deux hommes de bien de Paris et d'Angers, la somme de deux cents livres pour estre distribuées en leurs consciences, à pouvres escoliers par les petits, ainsi que voirront pour le mieux, pour prier Dieu pour moy.
Item, j'entends que l'enterrage et autres choses, et ordonnances, dont legs soient faits sur les dix mil livres, quatre-vingts nobles à la rose, et quarante angelots que ay mis au revestiaire de l'église; si a plus qu'il soit plus distribué pour Dieu, à la discrétion de mes exécuteurs, et si poy y a, soit pris sur mon moible et mon autre argent.
Item, le surplus de mon argent content, et ce qu'on me pourra devoir, sera pour payer les marchands là où on
;\-l\ îiisiMiRi; hi; LÉGliSE i i -MA.ns.
pren I ce qu'il faut à la maison que L'on a toujours accoustiuiK' de payer de service en service, et le surplus à mes plus pouvres serviteurs, et pour Dieu.
Item , si on trouve une cedulle de monsieur de Bottai r, qu'elle lui soit rendue de cent livres, car il m'a satisfait.
Item, je donne à mon neveu de Jarnac, pour avoir obtenu souvenance de moy, mes six tasses d'argent doré, avec le couvercle que me donna chapitre et mil livres.
Item, à son frère Byron ma bonne fourrure de martres, et à sa femme ma fourrure de lectices, s'il est marié devant mamort, et lui donne aussi pour avoir souvenance de moy mon goblet, éguiere et cuilliers de cristal, et la tasse d'essay et le gobelet si bien émaillé et mil livres.
Item, je donne toutes actions de la succession de Nemours à mes neveux fils de mon frère François, et aux trois autres ci-dessus nommez pour en faire leurs profits ou dommages, selon qu'ils trouveront par bon conseil.
Item, à chacun doyen soit baillé trente livres pour distribuer aux pouvres honteux de leurs doyennez, en leurs consciences pour prier Dieu pour moy, et au scelleur autant pour la ville et Quinte.
Item,soit fondé l'anniversaire de mon frère, pareil à celui de mon neveu.
Item, la chasuble de drap d'or violet donné par la duchesse Catherine à monsieur mon père, laquelle mon père me chargea de donner à chapitre moy mort; si plaist à chapitre, elle sera députée aux messes fondées aux plus grandes lestes, et y fera faire des écussons de nos armes, et aussi la chasuble de drap d'or, qui estoit à mon neveu, et la noire de satin et une de velours rouge.
Item, au prestre aveugle vingt livres.
Item, à dame Guillemette dix livres.
Item, à François de la Boutillerie, s'il n'a bénéfice avant ma mort cent livres, Sic signé : Philippes de Luxembourg, le 4 d'avril l'an mil cinq cents dix-huit.
Item, à ma niepce de Fiennes seconde née mon miroir
enchâssé en or, où y a des perles et rubis, à ce qu'elle prie Dieu pour moy.
Du vingt-unième jour d'avril, avant Pasques mil cinq cents dix-huit au Mans.
Item, attendu que de la succession de Nemours je n'ay jamais amande' n'y profité, sinon ce que ay eu de Nogentle-Rotrou, lequel me couste beaucoup plus que ne m'a valu, et ay payé beaucoup de doibtes de ladite succession des biens que j'avois de l'Église ; je veil et ordonne que de ladite succession mes héritiers et successeurs esdites choses de Nemours, soient tenus et obligez de payer les doibtes qui sont à cause de ladite succession, et ne veil n'y entends que mes biens moibles que j'ay soient tenus, obligez, ne hypotecquez aucunement aux doibtes qui viennent et sont à cause de ladite succession : et pour autant que les moibles que j'ay reservez sont des biens d'Église, je veil qu'ils soient mis ad pias causas, et autres choses selon, et en suivant ce présent mon testament, sans être tenus comme dessus, aux doibtes de ladite succession de Nemours. Et afin que ce que dessus soit exécuté, je requiers le roy et sa cour de parlement, si la cause y est dévolue, tenir la main en toute équité, et soy informer et connoistre que jamais je n'ay prouffîté ny amendé de ladite succession.
Item, soit faite la tombe de la sépulture de mon feu frère François rie Luxembourg, vicomte de Martignes, selon sa qualité, et celle de mon neveu François, évesque du Mans, soit transférée de l'autre costée du pillier où elle est de présent.
Item, je supplie et requiers à la reyne et à madame, desquelles je me suis toujours tenu et réputé sujet, et serviteur, qu'il leur plaise tenir la main que mes exécuteurs puissent exécuter ce présent mon testament selon sa forme et teneur, sans contradiction ny empeschement.
Item, où mes successeurs et évesques du Mans, se voudraient contenter de réparations des maisons et autres appartenances de 1 evesché du Mans, sans rien en demander, je n'entends pas qu'ils jouissent delà donaison que j'ay faite
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icy devant, de me maison et aoquest de Touvoye, vtgne de muscadet et utonsiles de bois, mais veux et entends (jue tues exécuteurs audit cas, prennent lesdites choses pour employ en l'exécution de ce présent m m testament.
Item, nous voulons que les articles dessus écrits de la main de notre secrétaire Maceot, soient d'un tel eftet et valeur comme s'ils estaient écrits de nostre propre main. Et afin que tant lesdits articles écrits par ledit Maceot, que tous les autres précédents écrits de notre propre main ayent effet de testament, sans y faire aucun doute; j'ay signé ce présent mon testament , et l'ait signer audit Maceot mon secrétaire, et maistre Charles Bordier mon promoteur du Mans, ledit vingt-unième jour d'avril avant Pasques, Tan devant dit, mil cinq cents dix-huit. Sic signé : Philippes, cardinal de Luxembourg, Bordier, Maceot, par le commandement de mondit Seigneur reverendissime, et pour approbation de son testament, comme notaire et secrétaire.
Nosigitur notarii subscripti, instante eo dicto Reverendissimo domino domino Philippo cardinali de Lucemburgo suprascripto , ad omnium et singulorum praemissorum fidem, robur et testimonium diotum codicem papireum recepimus, et signavimus, a quo nihil mutato, remoto, neque addito puhlicum instrumentum extraximus. In scriptis redegimus et subscripsimus, nostrisque signis manualibus cum appensione sigilli camerœ dicti Beverendissimi domini cardinalis munivimus. Datum et actum in manerio episcopali Cenomanensi, in caméra solitae residentiae ejusdem reverendissimi domini Philippi cardinalis de Lucembourgo, sub anno, indictione, die, mense et pontificat u praedictis.
Et quia ego Robertus Maceot, presbyter Cenomanensis, doctor licentiatus in decretis, Ecclesia? Cenomanensis canonicuset publicusApostolica auctoritate notarins juratus, ac ejusdem Reverendissimi domini Philippi cardinalis de Lucemburgo Tusculani et Cenomanensis episcopi secretarius, codicis testamentarii subscripti exhibitioni, traditioni,
ordinationi et subscriptioni, caeterisqae praemissis omnibus et singulis, dum ut supra scribuntur, dicerentur,agerentur, fièrent, una cum venerabili notario subscripto praesens fui, eaque sic fîeri vidi, scivi, et audivi : idcirco huic praesenti publico instrumenta manu mea propria iideliter scripto, signum meum solitum hic me subscribendo apposui, in fidem, robur et testimonium veritatis eorumdem praemissorum, requisitus et rogatus.
Signé : Maceot, notaire.
De l'autre côté du feuillet est écrit en minute :
Et quia ego Carolus Bordier , presbyter Genomanensis diœcesis,in legibus licentiatus, Ecclesiae Genomanensis canonicus, publicus Apostolica auctoritate notarius juratus, ac ejusdem Reverendissimi domini Philippi cardinalis de Lucemburgo Tusculani et Genomanensis episcopi , in suo episcopatu Cenomanensi causarum offîcii promotor, codicis testamentarii suprascripti exhibitioni, traditioni, ordinationi et subscriptioni, caeterisque praemissis omnibus et singulis, dum sic ut supra scribuntur, dicerentur, agerentur, et fièrent, una cum venerabili notario suprascripto prœsens fui, eaque sic fieri vidi, scivi, et audivi; idcirco huic praesenti publico instrumento manu ejusdem supra scripti notarii fideliter scripto, signum meum solitum hic me subscribendo reposui in fidem, robur et testimonium veritatis eorum praemissorum, requisitus et rogatus.
Signé : Garolus Bordier, notaire, avec un signe pareil au précédent.
S'ensuit un autre codicille.
In nomine Domini. Amen. Per hoc praesens publicum instrumenlumcunctis pateat evidenter, et sit notum quod anno ejusdem Domini millesimo quingentesimo decimo nono, indictione septima, mensis vero maii die vigesima sexta, pontificatus sanctissimi in Christo patris et domini Leonis, divina providentia Papae Decimi, anno septimo, in mei notarii publici testiumque inl'ra scriptorum prœsentia,
fuit praesens et personaliter constitutus Reverendissimus in Christo pator et dominus dominus Philippufi miseratione divina Tusoulanuset Genomanensis episeopus, Mftrosanctœ Ecclesiœ cardinal'» de Lucemburgo nuncupatus, sanus et compos mente, et intellectu per Dei gratiam, ac in sua bona, firma, ac valida memoria existons, qui ravis esset corporea infirmitate gravatus, reminiscens et a<l Mli memoriam reducens prout dicebat , se dudum fecisse, condidisse et ordinasse suum ultimum testamentum seu ultimam voluntatem : nunc igitur, eu m unicuique licitum de jure existât post suum conditum testamentum lacère codicillos, et in actis eidem testamento addere et detrahere, et corrigere et mu tare, aut alias penitus annullare : dictus, inquam, Reverendissimus dominus Fbilippus cardinalis de Lucemburgo, volens facere suos codicillos de praesenti, codicillando voluit, ordinavit, jussit, et mandavit omnia singula infrascripta valere et obtinei'e perpetuam roboris firmitatem jure codicillorum ac jure cujuslibet alterius ultimœ voluntatis, eo jure, via, modo, et forma quibus melius, fîrmius et efficacius de jure, usu et consuetudine valere et consistere debebunt, prout et quemadmodum continebatur in quodam codice papireo , per me notarium publicum subscripto, coram eodem reverendissimo domino cardinali, et testibus infra scriptisalta et intelligibili voce lecto : cujus quidem codicis ténor de verbo ad verbum sequitur et est talis.
Je Philippes, cardinal de Luxembourg, evesque du Mans, lotie, ratifie et approuve mon testament et dernière volonté, ainsi qu'il est écrit de ma main, et aucuns articles de la main de mon secrétaire Maceot, et signé à la fin de mon seing, et des seings dudit Maceot, et de maître Charles Bordier, mon promoteur, et veux qu'il soit exécuté île point en point, selon sa forme et teneur, en ce qui reste à exécuter.
Item, en adjoustant à mondit testament, et sans dérogation d'iceluy, je veil et ordonne ce que s'ensuit valoir
par forme de codicille et par dernière volonté, tout ainsi comme s'il estoit écrit en mon testament.
Je donne au couvent des frères prêcheurs du Mans, outre Je contenu en mondit testament, la somme de cinquante livres tournois, pour ayder à l'aire les réparations.
Item, à l'abbaye de la Perigne je donne cinquante livres tournois, si dedans mon testament n'y a aucun legs particulier et spécial pour ladite Perigne.
Item, je donne à la petite Perrine qui demeure au Plessis dix livres tournois.
Item, je donne à monsieur l'évesque de Theroùenne l'une de mes trois paix, à son choix, et après son deceds, je veil que ladite paix demeure à ladite église de Thérotlenne.
Item, je donne à lamoulniere d'Yvré, nommée Perrine, cent sols tournois, et autres cent sols tournois au petit Guibert de Thouvoye, pour prier Dieu pour moy.
Item, je donne à l'abbaye de Saint-Vincent près le Mans, le rochet de monsieur saint Pierre de Luxembourg, avec son escaffignon et autres reliques qui sont en mon estude, et en mon petit cabinet de l'Église du Mans.
Item, je donne à l'Église de monsieur Saint-Pierre du Mans, l'image du saint evesque, que me fait la Papillonne, et veil qu'il soit doré, et qu'il y ait trois ou quatre signacles pour représenter divers saints selon le signacle, comme une pucelle pour monsieur saint Julian, un peigne d'escardeur pour monsieur saint Biaise, une cuve et trois petits enfants pour monsieur saint Nicolas, avec une ampoulle de son huille que j'apportay de Saint-Nicolas de Bar.
Item, je donne aux chapelains et clercs de la frairie de l'Église du Mans, mon image de saint Michel qui est d'argent doré, pour orner leur chapelle de Saint-Michel.
Item, je veil et ordonne qu'on fasse à mes despens une image de saint Jean Baptiste, selon le devis que j'en ay fait à mon secrétaire Maceot, qui pèsera environ deux marcs d'argent, lequel je donne à l'abbaye de Jumiéges.
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Item, je donne aux deux pages, D'est à sravoir Chanteluup et Boûair, et à JliMnnard Je Due varlet de rhtmfani,
à chacun d'eux un cheval, à la discrétion de mes exécuteurs.
Item, je donne à l'Eglise du Mans ma croix où il y a enchâssé de la vraye croix, que jay accoustumé présenter aux femmes en travail d'enfant, à la charge que le secrétaire la gardera pour la présenter aux femmes grosses, quand elles seront en travail d'enfant.
Item, je donne à mon prieuré de Contamine au diocèse de Genève de l'ordre de Cluny, tout l'argent que me doit Christofle de Salles, mon fermier etamodieur dudit prieuré, pour raison de ladite ferme de tout le temps passé, pour employer ledit argent en ornements pour servir audit prieuré.
Item, je donne à chapitre du Mans deux couyssins ou carreaux de tapisserie, l'un de la croix de la passion, et l'autre de mes armes, que j'ai puis naguères fait faire pour servir à parer la chaire de l'evesque du Mans.
Item, je donne à madame de Tucé le tableau de Ecce homo, que madame la duchesse d'Alençon m'a donné, et aussi donne à ladite dame de Tucé un couyssin ou carreau de tapisserie de la croix de Notre-Seigneur.
Item, je veil et ordonne estre employé à la discrétion de mes exécuteurs la somme de dix mil livres tournois de mon bien moible pour la fondation d'un colliége à Paris, pour nourrir et entretenir à l'estude douze écoliers natifs du diocèse du Mans, le plus convenablement que sera advisé et ordonné par mesdits exécuteurs; et si ledit colliége ne se pouvait bien et convenablement fonder à Paris, mesdits exécuteurs pourront employer de ladite somme de dix mil livres tournois la somme de six mil livres tournois, pour fonder un colliége à Angers ; et le reste qui sont quatre mil livres tournois, mesdits exécuteurs pourront employer pour la fondation des Filles-Dieu du Mans, moyennant toutesfois qu'elles vivent en bonne reformation en commun, et qu'elles demeurent en closture perpétuelle, et qu'elles pro-
cèdent à élection de mère triennale, du congé et permission de l'evesque du Mans, selon les Statuts des Filles repenties de Paris, et non autrement.
Item, je donne à la fille de la Menotte dix livres tournois, en faveur de son parrain maistre Jean Laurens, et aussi donne autres dix livres au fils de Martimère de Thouvoye pour luy ayder à apprendre un mestier, et afin qu'ils prient Dieu pour moy.
Item, je donne aux cordeliers de la Flèche dix livres tournois, pour prier Dieu pour moy.
Item, je donne à Gourine chambrière à la cuisine la somme de dix livres tournois, outre le contenu de mon testament, pour prier Dieu pour moy.
Item, si mes biens moibles suffisent, je ordonne estre faite une chapelle sur le haut de la motte Montbarbé en r honneur de Dieu et de monsieur saint Philippes, saint Michel et saint Pierre de Luxembourg, à la discrétion de mes exécuteurs, selon le bien qu'ils trouveront.
Item, soient priez les abbé et convent de Saint-Vincent près le Mans, de Saint-Martin de Sées, et de Saint-Pierre de Jumiéges, de rédiger par écrit à perpétuelle mémoire en leurs abbayes, les jours que j'ay introduy les religieux reformez esdites abbayes , et que j'ay résigné icelles abbayes respectivement, et le jour que je decederay, pour me donner un service ausdits jours.
Item, je veil qu'on retire et qu'on rompe un calice que j'ay donné autrefois à l'Église du Mans, où il y a écrit Videgrain, et au lieu d'iceluy je donne et veil que soit baillé à ladite Église du Mans, le calice auquel j'ay accoustumé célébrer, pour dire les messes de feu mon frère, et celles que j'ay fondées.
Item, je donne à la fille de Gabriel Tamot pour ayder à la marier, la somme de dix livres tournois.
Item, je donne à l'église parrochiale de Segrie, le calice duquel mes chapelains célèbrent la messe ordinairement pour prier Dieu pour moy.
Item, je donne à l'abbaye de Saint-Vincent près le Mans,
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les orfrais de chasuble qui sont beaux et riches, et au — 1 les orfrais d'une (happe, afin que l'abbé et convent dudit Saint-Vincent, lassent l'aire une ehappe et une chasuble qui servira au prestre qui dira la messe es jours de la feste Saint Marc, et le lundy des Rogations, que la procession de l'Église du Mans va audit Saint-Vincent, et pour dire la Libéra sur le cœur de feu mon neveu François et le mien, selon la fondation sur ce faite.
Item , je donne à monsieur l'archevêque de Thoulouse mon image de saint Jerosme qui est en une cornaline , et dorme le signet auquel y a la teste d'un mort enchâssée, que ay accoustumé porter, à mon successeur evesque du Mans immédiat après moy ; et l'autre signet auquel il y a aussi une teste de mort enchâssée, je le donne à monsieur le doyen du Mans, pour avoir mémoire qu'il faut mourir, et pour prier Dieu pour moy.
Item, je donne à l'abbaye et monastère de Saint-Vincent près le Mans, ma ehappe de velours noir que je fis faire à Rome, pour servir au prestre durant le Libéra, qui se dira à perpétuité sur le cœur de feu mon neveu François de Luxembourg et sur le mien, aux jours de saint Marc et le lundy des Rogations que les processions de l'Église du Mans et de Saint-Pierre ont accoustumé d'aller audit Saint-Vincent, et aussi le mardy et le mercre ly des Rogations ; et par ce moyen les orfrais de ehappe que avoye donné à ladite abbaye de Saint- Vincent par autre article précèdent me demeurent : lesquels orfrais de ehappe je donne de présent à la Frairie monsieur saint Jean, pour faire et accomplir la ehappe que j'ay ordonné par mon testament et léguée à ladite Frairie.
Item, je donne ma croix d'argent que fis faire pour la légation, pesant cinq marcs deux onces d'argent ou environ, pour faire une crosse qui servira à l'evesque de Citre mon sulïragant du Mans sa vie durant, et après son trépas je donne ladite croix qui sera, comme dit est, convertie eh une crosse, au couvent des frères prescheurs du Mans, pour en faire une croix pour ledit couvent, ou autrement
en disposer à la discrétion dudit couvent, pour l'honneur de Dieu au service de l'Église.
Item, pour fonder une messe par semaine à estre dite et célébrée perpétuellement en la chapelle que ay ordonnée estre faite, édifiée et construite sur la motte Montbarbé, ou pour fonder un salut à certains jours estre chanté en ladite chapelle, ou pour quelque autre fondation en icelle chapelle, à la discrétion de mes exécuteurs, je donne trois cents livres tournois, ou antre plus grande somme selon que mesdits exécuteurs veoirront pour le mieux, selon mes biens qu'ils trouveront après mon dececls.
Item, je veil et ordonne que mes exécuteurs départent et donnent largement aux varlets de chambre, de mes habillements; car ils ont grande peine, et ont chacun jour soigné vers moy en ma maladie.
Item, si le coîliege de Paris est fondé à Paris^ comme est dessus écrit, je veil que l'argent qui me sera deu au temps de mon trépas des pensions et abbayes de Jumiéges, de Saint-Martin de Sées, et de Grantmont, près Rouen, soit employé à la discrétion de mes exécuteurs au couvent des Filles-Dieu du Mans, moyennant toutefois qu'elles demeurent en closture et réformées, comme contenu est dessus en l'article delà fondation du coîliege à Paris.
Fait au Mans, le vingt-sixième du mois de may, l'an mil cinq cent dix-neuf, presens à ce maislre Enguerrand du Val, prestre, Hené du Plessis, escuyer, Hildoûanl le Duc, maistres Jean Hays, Gilles de Corners et Christofle deChauvigné, témoins à ce requis et appeliez.
De quibus prœmissis omnibus et singulis prsefatus Reverendissimus dominusPhilippus Tusculanus et Cenomanensis episcopus cardinalis de Lucemburgo uuncupatus, petiit a me notario publico et suo secretario subscripto instrumentum publicum unum,vel plura signo et subscriptione meis, ac suo sigillo camerae munitum sibi fîeri atque tradi.
ïn manerio episcopali Cenomanensi acta fuerunt haec
331 HISTOIRE M! L ÉGLISE MJ .ma
Cenomanis in caméra solita residentis ejusdem l;< \. -
rendissimi domini cardinalis su!) anno, indictione, die, mense, etpontilicatu pra&dioti8,pra»eritibus ibidem praefatis magistro Enguerrando du Val presbytero, Renatodn Plessis scutilero, HildoÛardo le Duc, nec non venerabilibus
et circumspectis viris dominis ac magistris Jeanne Hays, archidiacono de Sabolio et canonico insignis Ecclesiae Cenornanensis, in medicina doctore, et ^Egidio de Corners, dicto de Langlade, in jure respective doctoribus, ofïiciali Cenomanensi, ac Christophoro de Chauvigné, presbytero canonico dictae Ecclesise Cenornanensis, testil)us ad prœmissa vocatis specialiter et rogatis.
Et quia ego Robertus Maceot, presbyter Cenornanensis, doctor Jicentiatus in decretis, Ecclesiœ Cenornanensis canonicus, publicus Apostolica auctoritate notariés jura tus, ac ejusdem Reverendissimi domini cardinalis secretarius dietorum codiciJlorum constitutus et ordinarius, caeterisque praemissis omnibus etsingulis, dum sic ut supra scriberentua, dicerentur et fièrent, una cum praenominatis testibus prsesensfui, eaque sic fieri vidi, scivi et audivi : idcirco huic prœsenti publico instrumento manu mea propria lidcliter scripto signum meum solitum hic me scribendo apposui, in fidem , robur, et testimonium veritatis eoramdem prœmissorum requisitus et rogatus. Signé : Maceot, notaire^ avec un seing comme le précédent.