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LES LETTRES ET LES ARMES

L'évêquede Léon officia pontifîealement aux funérailles; tous les abbés du diocèse, à l'exception de celui de Saint- Calais, y assistèrent en crosse et en mitre (I). L'oraison funèbre fut prononcée par le théologal Léonard des Aubiers, dont nous avons déjà parlé, et sur lequel La Croix du

(!) Le forvaisinr

Maine nous fournit les renseignements suivants : «Léonard des Aubiers, gentilhomme angevin, issu de l'ancienne et très-illustre maison de la Roche des Aubiers en Anjou, docteur en théologie et scolastique, ou mattre d'école en l'église de Saint-Julien du Mans, de laquelle il fat doyen... Il était vulgairement appelé le sieur d'Argentré, qui était le nom d'un bénéfice duquel il jouissait. Il était estimé l'un des plus savants théologiens de France pour son temps, et avait grande connaissance des langues hébraïque, grecque et latine... Il mourut au Mans, de la pierre... l'an 1555, le 3 mars, âgé de soixante ans ou environ. »

Peu auparavant, le vicomte de Martigues, de la maison de Luxembourg, avait été inhumé dans 1 église cathédrale, et le chapitre, en permettant que l'évèque de Séez officiât pontificalement à ses obsèques, fit réserve de tous ses privilèges. Il agit de même aux funérailles de Langey du Bellay.

Presque chacune des dernières années de i'épiscopat de René du Bellay vit paraître de nouvelles éditions des livres liturgiques à l'usage de l'Église du Mans. La plupart furent imprimés à Paris ; maison en voit aussi un ou deux sortis des premières presses qui furent établies au Mans. Ce fut durant ce temps également que Macé Ogier publia au Mans la Carte cénomanique. Jacques Androuet, surnommé du Cerceau, qui était de Paris, fut le graveur, et Macé de Vaucelles l'imprima au Mans, en 1539, pour la première fois; elle a été plusieurs fois reproduite depuis.

Cependant aux calamités de la diselle et des maladies contagieuses, vint se joindre la présence les gens de guerre, qui apportèrent beaucoup de désordres. Ainsi en 1544 on voit les troupes du comte de Sommerset piller l'église de Spay près du Mans, dévaster la caisse et emporter tout ce qu'elles purent trouver à leur convenance. Il en fut de même en beaucoup d'autres endroits. On vint supplier René du Bellay d'employer son crédit h la cour et celui de ses frères pour détourner ce fléau du diocèse. Il partit en effet pour Paris, et représenta au roi la misère à laquelle

se trouvait réduit son peuple, misère si extrême que la grande majorité de la population était réduite a se nourrir d'un pain fait de gland ou desarrazin, dont il avait apporté quelques échantillons pour exciter la compassion du roi et du conseil. Le prélat demandait que les garnisons qu'on avait mises dans le pays fussent retirées. Il obtint tout ce qu'il désirait par le crédit de ses deux frères. Il se disposait à revenir dans son diocèse lorsqu'il fut surpris par une maladie qui le conduisit au tombeau, au mois d'août de Tannée 1546. Son corps fut inhumé dans l'église cathédrale de Paris, dans le chœur, à droite vers le milieu, devant les chaires des chanoines. On plaça au-dessus un tombeau en cuivre jaune formant un petit édifice dans le goût de la renaissance, sous lequel était la statue de notre évéque revêtue des habits pontificaux. Sur le coussin qui supportait la tête on avait figuré deux volumes; enfin deux génies sous la figure d'enfants éteignaient leurs flambeaux aux pieds de l'évêque. Sur un cartouche au-dessus de sa tête on lisait ces quatre vers :

Qui jacet hoc tumulo claris ex quatuor un us

FRATRIBUS, UT REL1QUI NON SIBI NATUS ERAT. SIC AL1IS, SIBI NON MORITUR, CCBLOQUE REV1XTT CENOMANI CUSTOS PERVIGTL TLLE GREGIS.

Ce tombeau était orné en plusieurs endroits des armes du prélat (1), et on lisait encore, sur un autre cartouche au-dessous des pieds, l'inscription suivante :

RENATUS CENOMANENS1S EPISCOPUS SlNGULARI PIETATE INSIGNIS,

(1) D'argent à la bande fuselée de gueules, accompagnée de six fleurs de lis d'azur, mises en orle, trois en chef et trois en pointe, qui est du Bellay, écartelé de Beaumont-le-Vicomte, qui est d'azur, semé de fleurs de lis d'or, au lion de même, et sur le tout de Vendôme l'ancien, qui est de gueules au chef d'argent, au lion d'azur armé, lampassé et couronné d'or brochant sur le tout.

EX GENEROSISSIMA BeLLAIORUM FAMILIA NATUS, POSTQUAM FRATRI PRIMOGENITO GU1LLO LANGEO JUSTA MAGNIFICE FECISSET, PARISI1S MAGNO OMNIUM MCERORE DÏË CLAUS1T EXTREMA ANO DMMILLEo QUINGENTE0 QUADRAGE0 SEXTO, DlE DECIMA SEPTIMA MENSIS AUGUSTI ; AÏA EÎ IN PACE QUIESGAT AMEN.

Le cœur de notre prélat fut apporté au Mans, et déposé dans la chapelle de Notre- Dame-du-Chevet.

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