‹ Histoire de l'Eglise du Mans (volume 3)Chapitre 37 sur 66 · SUITE DE L EPISCOPAT DU CARDINAL CHARLES D ANGENNES · texte numérisé non relu

SUITE DE L EPISCOPAT DU CARDINAL CHARLES D ANGENNES

Scandales produits dans le Maine par les doctrines des nouveaux hérétiques. — Mariage du cardinal de Châtillon. — Charles Guillart, évêque de Chartres et doyen du Mans. — Doyens du Mans; Marguerin de la Bigne. — Seconde guerre de religion (1567). — Guyonne la Folle, à Laval. — Charles d'Angennes chargé par le roi de protéger le pays. — Le clergé prend les armes pour la défense de la ville. — De Rohan saccage Sahlé, le prieuré de Solesmes, l'abbaye de Bellebranche et le pays voisin. — Offrandes de la fête de saint Julien. — Dandelot à Laval. — Ligue catholique dans le Maine. — Charles D'Angennes se rend à Rome en qualité d'ambassadeur de la couronne de France. — Troisième guerre de religion. — Prise de Lassay. — Claude d'Angennes et Picault, vicaires généraux, administrent le diocèse durant l'absence de l'évêque. — Charles d'Angennes créé cardinal. — La Saint-Barthélémy. — Quatrième guerre de religion. — Matthieu Bossolus accusé d'hérésie parvient à se justifier. — Les politiques. — Cinquième guerre de religion. — Prise de Domfront. — Nouvelle ambassade de Charles d'Angennes à Rome. — Alarmes continuelles des catholiques dans le Maine. — Ruine du pays. — Lettre du roi de Navarre aux habitants du Mans. — Récit de Simon Garrault, chanoine de Tïôo. — Députés du Maine aux états de Blois ( 1576 ). — Sixième guerre de religion. — Vente des biens de l'Église ; détresse du chapitre. — Ravages de Bussy d'Araboise dans le Maine et l'Anjou. — Septième guerre de religion. — Incendie de l'église cathédrale. — Concile provincial à Angers (1583). — Contagion; Laval préservé par la protection de la sainte Vierge; construction du Sanitas au Mans. — Le cardinal Charles d'Angennes meurt assassiné. — Envahissements du pouvoir séculier.

Notre pays offrait l'aspect d'une société profondément agitée jusque dans ses fondements ; on sentait qu'au moindre coup de vent une tempête effroyable pouvait s'élever. Nous devons signaler à cette époque quelques faits d'un ordre secondaire, et qui intéressent néanmoins l'histoire religieuse de notre province. Le \3 octobre 1564, Charles d'Angennes fit célébrer une procession générale au Mans pour les besoins de l'Église; lui-même y porta le saint sacrement ; et le duc de Montpensier et son fils s'unirent à

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ir[ii' l",,,ls,: cérémonie. I d prélat d'un caractère 1mm différent donna un scandale jusqu'alors sans exemple en

France : Odet de Coligny, ranimai ,1c Châtillon évéque de Beauvais, abbé de Saint-Benoiteur-Loire el titulaire

d'un grand nombre d'antres bénéfices, bien qu'il ne fût que diacre, épousa Catherine d'Haudeville , filledu ietgneurdeCharchigné, et «le Suzanne de Loré. Cette femme

suivit son prétendu mari en Angleterre, où il mourut en 1572. Alors elle revint en France, où son mariage lut déclaré nul par le parlement. Elle se retira dans 1, Maine en son château de Loré. L'infortune l'assaillit do toutes parts; elle se vit obligée de vendre ses châteaux de Loré et de Lassay, et mourut dans l'indigence. Un autre prélat plus intimement uni à l'Église du Mans, fut soumis à une action judiciaire qui eut le plus grand retentissement. Charles Guillart de l'Epichelière, d'une famille puissante du Maine, évèque de Chartres (1553), fut, sur l'invitation du roi, élu au mois de mars 1555, doyen de l'Église du Mans, sans prébende. Il prit possession le 15 avril suivant et choisit pour grand vicaire du décanat le chanoine Ri' chot. Au mois d'avril 1503, Pie IV assigna pour comparaître devant le Sacré Collège et y être jugés, le trop fameux cardinal de Châtillon, dont nous venons de parler Saint Romain archevêque d'Aix, Montluc, évoque de Valence Caraccioh, évèque de Troyes, Barbancon, évéque de Ramiers et Charles Guillart, évèque de Chartres et doyen du chapitre du Mans. Les poursuites contre cesprélats étaient motivées par les tendances qu'ils avaient manifestées pour 1 hérésie nouvelle. Guillart parvint à justifier sa foi, et se maintint en possession de son siège. Il permuta sa dignité de doyen pour le prieuré d'Auvers-le-Hamon; il résigna également son évèché (1573) en faveur de son frère, oui appartenait aussi au diocèse du Mans par son origine et qui sacra Henri IV. Le successeur de Charles Guillart en la dignité de doyen du Mans, lut Bernardin de Saint- Praneo.s, né au château du Ronceray, paroisse de Mari, né. De Saint-François ne conserva pas longtemps le décanat:

il le permuta pour le grand archicliaconat. Très-versé dans les littératures grecque, latine et française, il fut prieur de Bersay, [abbé de Fontaine-Daniel, conseiller au parlement de Paris, et enfin évêque de Bayeux (1573). Il mourut dans son prieuré de Bersay, le 14 juillet 1582, et fut enseveli dans l'église de Marigné auprès de ses ancêtres. René de Saint-François, qui était grand archidiacre du Mans et doyen de Saint-Thugal à Laval, devint doyen du chapitre par permutation, le 24 juillet 1560. Dès le 31 décembre 1564, Charles de Ronsard, frère du poète, protonotaire apostolique, archidiacre de Passais et abbé de Tyron, fut élu doyen. Il permuta, pour le prieuré de Saint- Symphorienen-Champagne, avec François du Parc, du diocèse de Coutances, mais d'une famille puissante dans le Maine et l'Anjou, et déjà protonotaire apostolique (9 janvier 1566). Sous son décanat,Ie chapitre du Mans renouvela sa confraternité avec celui d'Angers (12 mai 1572). François duParc résigna en faveur de son neveu Marguerin de la Bigne (1581), le plus célèbre de tous ceux qui, dans les temps modernes, ont possédé la dignité de doyen du Mans. Né à Bernières-le-Patry, dans la contrée de Vire, vers 1546, Marguerin de la Bigne se fit remarquer de bonne heure à Caen et à Paris. En 1566, étant recteur de l'université de Paris, il défendit aux jésuites d'enseigner publiquement dans leur fameux collège de Glermont. Il fut reçu peu après docteur, fut pourvu d'un canonicat clans l'Église de Bayeux, et y obtint bientôt de Bernardin de Saint-François l'office de théologal, et peut-être celui de pénitencier. Ses confrères le chargèrent de les représenter aux états généraux de Blois (1576) et au concile provincial de Rouen (1581). Ayant soutenu avec fermeté les droits de son chap'.tre dans cette dernière assemblée, il encourut la disgrâce de son évêque, qui lui suscita procès sur procès. Marguerin de la Bigne donna sa démission, pour ne pas user ses jours dans une discussion sans fin; et ce fut dans cette circonstance que François du Parc lui résigna ledécanat du Mans. Durant les trois ou quatre premières années, Mar-

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