‹ Histoire de l'Eglise du Mans (volume 4)Chapitre 16 sur 43 · H01L. SM · texte numérisé non relu

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se montra comme toujours le père de son peuple , et en particulier des pauvres. Ne pouvant subvenir avec les seules ressources de sa mense épiscopale , quoique trèsconsidérables, à un si grand nombre de besoins, il vendit, avec le consentement unanime du clergé et du peuple , un retable magnifique qui était à l'autel des saints Gervais et Protais , et il en distribua la valeur aux indigents (I). Ce retable était l'un des ouvrages les plus somptueux de notre cathédrale , tout composé d'or et d'argent et décoré avec une grande richesse. Aussi , selon l'usage , avant d'en disposer, l'évêque dut consulter le clergé et le peuple, par où l'on voit que la population conservait une sorte de représentation en notre pays, et combien les intérêts de l'Église et de la cité étaient fondus ensemble.

Peu de temps après que la famine eut cessé, la ville du Mans fut presque consumée par un incendie qui éclata au milieu de la nuit (2). D'autres calamités publiques, et surtout les guerres continuelles que les seigneurs se faisaient entre eux , apportèrent plus d'un obstacle aux nobles projets de l'évêque Hoël, mais ils ne le découragèrent pas.

Le Maine était dans un état d'agitation incessante par les rivalités des puissances qui se le disputaient, et qui fomentaient au dedans tous les ferments de la discorde. Dès l'année 1083, les hostilités éclatèrent do nouveau. Hubert, vicomte du Maine, seigneur de Beaumont, Sainte- Suzanne et Fresnay, s'était lié au parti du comte d'Anjou : secondé par les forces de Guillaume, comte de Nevers, son beau-père, il essaya de faire soulever les habitants du Mans contre le roi Guillaume. Hoël rompit toutes ces intelligences, et avertit promptement le monarque du mouvement qui se préparait. A cette nouvelle, Guillaume accourut avec une armée, prit facilement les places de Beaumont et

(1) I). Mabillon, Vêlera analecia, t. III, p. 200.— Le Martyrologium cuiiituli Cenorn., loi. 109, y., dit que ce retable était à l'autel de saint Julien.

(2) Veteva analecia, t. III, p. 200.

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de Fresnay, qui ne lui opposèrent que peu de résistance, et vint assiéger Sainte-Suzanne. C'était Là que Le vicomte Hubert avait concentré toutes ses force*; les rochers escarpés qui environnent la place en défendaient l'approche; des ouvrages de fortification considérables la protégeaient encore; et le courage des assiégés était au-dessus de la fortune. Quant à Hubert lui-même , il était digne de commander à de tels guerriers; car, dit Orderic Vital, C'était un seigneur d'une haute extraction , d'un grand courage* d'une valeur h toute épreuve , et d'une hardiesse que rien n'étonnait (I). Guillaume ne tarda pas à reconnaître que la place était en état d'opposer une longue résistance. Il se contenta de faire construire un fort dans le Yal-Beugy, pour la tenir en bride^ et partit ensuite pour la Normandie, où l'appelait une noir, elle révolte de son fils Robert. En quittant le Maine, il y laissa Guillaume et Henri, ses deux autres fils, pour continuer la guerre sous la conduite du duc de Bretagne, Alain Fergent. Elle dura trois ans. et les Maneeaux y déployèrent un tel courage , que cette campagne peut passer pour Tune des pages les plus glorieuses de leur histoire. Hubert soutint vaillamment les efforts de ses ennemis, et leur fit essuyer des pertes considérables avec les secours qui lui étaient venus d'Aquitaine , de Bourgogne et d'autres provinces. Guillaume le Conquérant, affligé de la perte de plusieurs seigneurs des plus courageux et des plus influents de son parti, entre autres de Robert de Vieux-Pont, Robert de Yacey, Mascarel Quittât et du baron de l'Aigle, résolut, à quelque prix que ce fût, de donner un assaut général et de tenter un dernier effort; mais il éprouva encore une déroute. Désespérant alors de réduire le vicomte Hubert, le roi, malgré toute sa fierté, prit le parti de lui présenter la paix. Des charges et des appointements à la cour de Normandie et le rétablissement dans tous les biens et honneurs dont il avait été privé, telles

(1) Orderic Vital, Historia ecc/esiastica , lib. VII. — D. Bouquet, t. XII, p. 592, 615, 616, 617.

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