‹ Histoire de l'Eglise du Mans (volume 4)Chapitre 24 sur 43 · III · texte numérisé non relu

III

écorces d'arbres mal jointes composaient cette humble demeure; et dès les premiers jours de son arrivée, Bernard fut obligé de les consolider par des liens nouveaux , parce que la tempête menaçait de tout détruire (1).

Pendant qu'il vivait ainsi caché, et uniquement occupé à la prière et à la pénitence , les moines de 8aint-Sa\in le cherchaient de tous cotés pour rélever sur la chaire abbatiale. Après trois ans de démarches, ils parvinrent à le découvrir ; mais lui , pour éviter des honneurs qu'il redoutait, ([lutta secrètement le Maine et passa à l'extrémité de la Bretagne, dans la petite lie de Chaussey (w2j.

Les services signalés que Bernard rendit aux matelots et aux pêcheurs de la cote septentrionale del'Armorique, en les instruisant des vérités de la foi et les ramenant à une vie chrétienne, répandirent son nom, et l'empêchèrent de demeurer aussi inconnu qu'il Feût souhaité. Le bienheureux Pierre de L'Estoile persuada aux ermites de nos forêts de le rappeler au milieu d'eux; il se chargea même, sur leurs instances, de se rendre à Chaussey , et il ramena le saint solitaire à son premier ermitage de Saint-Mars. Ce fut dans cette lie de Bretagne que Bernard reçut le don de prophétie et qu'il fut visité par saint Àlleaume.

Alleaume était né dans les Flandres, d'une famille illustre. Sur le bruit des vertus pratiquées par les solitaires du Maine et des contrées voisines, il abandonna toutes les espérances du siècle et les joies de la famille , et se rendit dans notre pays, pressé du désir d'y pratiquer la vie anachorétique. Ce fut dans une forêt du Maine, sur les frontières de la Bretagne et de la Normandie , qu'il s'arrêta. Il y fut reçu par un vieil ermite nommé Albert , qui depuis de longues années sanctifiait ces solitudes par sa pénitence. Ce serviteur de Dieu avait reçu un don particulier d'abstinence et d'oraison; pour Alleaume, il excellait par sa douceur et son obéissance, en sorte que ces vertus le rendaient

(1) Vita bcati Bernardi , num. 21 et seq.

(2) îbid., num. 25 et seq.

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les délices de tous ceux qui vécurent avec lui (1). Ces deux anachorètes s'aimaient d'une cordiale affection. Cependant Alleaume, qui avait connu le bienheureux Bernard au moment où il habitait les solitudes du Maine, avait conservé une tendre mémoire de ce maître accompli de la perfection ; il entendait d'ailleurs de fois à autres raconter les actions de cet illustre solitaire ; il résolut donc d'aller le rejoindre, afin de se mettre sous sa conduite. Il quitta l'ermitage de Saint-Nicolas , et se rendit dans 111e de Chaussey. Bernard reconnut aussitôt son ancien ami et lui prédit qu'il ne resterait pas longtemps avec lui dans l'île. Mais Alleaume , qui était résolu d'y finir ses jours , le pria de lui accorder un logement dans Tune des grottes naturelles formées dans les rochers , et semblable à celle qui lui servait à lui-même de retraite; ils y vécurent ensemble pendant quelque temps. Le froid extrême qu'on y ressentait obligea Alleaume à revenir dans nos forêts, pour y prendre des vêtements qu'il y avait laissés. Un sujet de profonde tristesse l'y attendait ; le saint vieillard Albert avait été si vivement pénétré de douleur à son départ, qu'il était devenu comme insensé. Craignant que dans l'excès de sa douleur il n'attentât à ses jours, les frères des ermitages voisins étaient venus successivement lui tenir compagnie, et ne l'avaient point laissé seul depuis le départ cl' Alleaume. Celui-ci fut sensiblement touché de la peine de son vieux guide spirituel; il se prosterna à ses pieds, fondant en larmes, et lui protesta qu'il ne le quitterait plus désormais. En même temps, Robert d'Arbrissel, Vital de Mortain et Raoul de la Fustaye, informés de ce qui s'était passé dans la solitude de Saint-Nicolas , envoyèrent au jeune religieux l'ordre de ne plus s'éloigner de cet ermitage, sous peine d'excommunication (2).

(1) Duo namque crant de numéro ercmitarum , qui illum suscepcrant, et diu in silvis concorditer cohabitaverant : quorum unus Albertus nomine, jam grandœvus, abstinentire et orationis studio infatigabiliter

insistebat; alter vero junior, Adelinus dictus Vita beati Bernardi ,

num. B8.— Cfr. D. Mabillou , Annales 0. S. fi.,lib. LXXI, iium. 83.

(2) Vita beati Bernardi, num. 38. — Pavillon, toc. cit., p. 38, et suiv.

HISTOIRE I>Ji L EGLISE UL' MANS.

Ce fut pou de temps après avoir reçu la visite de saint Alleaume, que le bienheureux Bernard revint dans le désert de Saint-Mars. L'éclat rie ses vertus et de ses miracles avait déjà tellement attiré les regards sur lui, que son retour lut bientôt connu dans l'abbaye de Saint-Cyprien , dont il était proies. L'abbé Raynaud, quoique cassé de vieillesse, se transporta jusque dans notre diocèse pour le revoir. Après quelques jours de pieux entretiens, il pria le saint de l'accompagner , et l'attira insensiblement jusque dans son monastère , où. il le contraignit d'accepter la charge de prienr (I).

Raynaud étant mort peu de temps après, les religieux, suivant ses dernières volontés, et avec le concours du bienheureux Pierre, évêque de Poitiers , forcèrent Bernard à recevoir la crosse abbatiale. A la tête de cette nombreuse communauté , le serviteur de Dieu remplit l'idée qu'on avait conçue de lui. 11 eut surtout une occasion de signaler sa doctrine et son zèle en l'année 1400, au concile de Poitiers. Il déploya une grande vigueur contre le scandale donné par le roi Philippe Ier et les violences du comte de Poitou, qui avait entrepris d'empêcher le concile d'excommunier le monarque adultère (2). Bernard fit deux l'ois le voyage de Home pour maintenir les droits de son monastère. Le Pape Paschal II, appréciant les mérites de cet illustre abbé, lui offrit la dignité de cardinal ; mais celui-ci la rei'usa par un sentiment d'humilité (3). Bernard sollicita une grâce bien différente , celle de déposer le gouvernement de son abbaye , pour retourner dans le désert. Le Pape ne se rendit à ses vœux qu'en lui conférant la commission de prédicateur apostolique , afin qu'il continuât de travailler à la conversion des peuples et à la réformation des mœurs. La première solitude que choisit Bernard fut Pile de Chaussey, où il avait déjà demeuré.

(1) Vita beati Bernard *, num. 39-42.

(2) Ibid., num. 44-48.

(■à) CfV. Orderic Vital , Historia ecclesiastica , lib. YIU , p. 715. — D. Bouquet, t. XII, p. 660.

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Plusieurs de ses religieux l'y avaient accompagné ; mais les pirates les en chassèrent, et le nombre de ses disciples augmentant peu à peu , il vint s'établir dans la forêt de Savigny, dans la Basse-Normandie, sur la limite du Maine. Pendant plusieurs années, il parcourut, en la compagnie des bienheureux Robert d'Arbrissel et Vital de Mortain , ainsi que de leurs religieux, les cl iocèses du Mans, de Rennes, de Séez, de Coutances et d'Avranches , prêchant partout contre les désordres invétérés des populations , mais surtout contre le concubinage des clercs. Ce vice était devenu presque général dans notre pays; et le zèle de nos missionnaires à le combattre leur attira de nombreuses persécutions. Leurs ennemis appelèrent à leur aide les sophismes et la violence; mais les pieux réformateurs se montrèrent inébranlables contre toutes les attaques. On conserva longtemps le souvenir de la manière dont le bienheureux Bernard avait confondu un archidiacre de Coutances, qui prétendait que les moines ne pouvaient exercer le saint ministère (1).

Après plusieurs années de travaux apostoliques, et après avoir plusieurs fois évangélisé le diocèse du Mans clans toutes ses parties, Bernard se retira dans la forêt de Tyron , sur la frontière du diocèse du Mans , mais dans celui de Chartres (2). Rotrou, comte du Perche et de Montagne , dont nous aurons bientôt occasion de parler plus longuement, lui donna un monastère nommé les Arcisses, voisin de son château de Nogent-le-Rotrou. Ce fut près de ce lieu que le saint missionnaire jeta les fondements d'une abbaye -célèbre , qui devint bientôt chef d'une congrégation dans l'ordre de Saint-Benoit , et porta le nom de Tyron. Cette réforme se répandit avec tant de rapidité, qu'au bout de quelques années elle comptait jusqu'à cent abbayes ou prieurés. Plusieurs étaient situés dans le diocèse

(1) Vita beati Bernard/' , num. 50-63.

(!) Orderic Vital , Historia ccclesiattica , lib. VIII , p. 7 » 5. — C/tronicon tancti Maventii, adann, 1107.

du Mans. Ce saint abbé fut honoré de plus en plus du don de prophétie et de celui des miracles ; de toutes parts les princes et les seigneurs s'emp ressaient de venir le visiter, et de lui donner des preuves du vif intérêt qu'ils portaient à son institut. Le serviteur de Dieu mourut le 14 avril 1117 (I). IAm de ses nombreux disciples, Geoffroy surnommé le Gros, nous a laissé une histoire de cet illustre personnage ; c'est un des monuments les plus certains et les mieux écrits du xne siècle. Il intéresse particulièrement notre pays , comme on peut le voir par ce que nous en avons extrait (2).

L'abbaye de Tyron exerça une grande influence sur le diocèse du Mans; les abbayes de la Pelice et du Gué-de- Launay , dont nous raconterons bientôt la fondation , lui étaient soumises; elle possédait encore dans notre pays huit prieurés et cinq cures , qui étaient Livet, Arçonnay , Ternay, Montrouveau et Saint- Gosme -de- Vair. Il est probable qu'il y eut d'abord un prieuré dans chacune de ces paroisses; ceux qui subsistèrent jusqu'à Ja fin du xvme siècle furent ceux de Sainte- Marie -Madeleine deBeaulieu, paroisse d'Auvers-sous-Montfaucon, fondé avant l'an 1180 (3) ; Saint-Éloi et Saint-Jean, à Fyé , fondé vers le même temps par Guillaume de Ghampfleur (4) ; Sainte-Marie-Madeleine-de-Croinval , à Ternay (5) ; Saint-

(1) Vita beati Bernardi , num. 63-142. — D. Mabillon , Annales 0. S. #., lib. LXVII, num. 61; lib. LXXI , num. 113; lib. LXXII, num. 62, et passim. — D. Bouquet, t. XII, p. 406. — Gallia christianay t. VIII , col. 1257 et 1759. — Chronicon sancti Maxentii, ad ann. 1117. — Hélyot, Histoire des ordres monastiques et religieux , t. VI , p. 115- 121. — Pavillon , loc. cit., p. 40 et suiv.

(2) La Vie du bienheureux Bernard de Tyron a été publiée par Souebet, chanoine de Chartres, à Paris, chez Billaine , en 1649. Les Bollandistes Pont publiée de nouveau au 14 avril. Voir V Histoire littéraire de la France , t. XII , p. 163. — D. Liron , Singularités historiques , t. I , p. 45 et suiv. — Baillet , Vies des Saints , au 14 avril.

(3) Ce prieuré était estimé 1000 livres , soit 2000 francs.

(4) Estimé seulement 300 livres, soit 600 francs.

(5) Estimé 1800 livres, soit 3600 francs.

Jean-Baptiste et Saint -Michel- de - Loudon , à Parignél'Évêque, fondé pour deux moines, par le bienheureux Geoffroy de Loudon, évêque du Mans , vers le milieu du xme siècle (1) ; Saint-Pierre-de-Louye , à la Fresnaye, fondé avant 1180 (2); Saint-Michel-du-Tertre , à Ancinnes (3); Saint-SuJpice-d es-Chèvres, à Gesvres (4); enfin Sainte-Marie- Madeleine -de -Mon tailler, à Milesse, fondé par Albéric de Milesse , lorsque son fils Albert fit profession de la vie monastique à Tyron (5).

Le bienheureux Alieaume, dont on a déjà vu le début dans la vie érémitique, resta pendant plusieurs années près de l'ermite Albert, qui reconnaissait lui-même pour son maître saint Guillaume Firmat. Ce pieux vieillard désira aller finir ses jours auprès du bienheureux Raoul de la Fustaye ; il demeura en effet encore quelques années dans la foret de Nid- de -Merle, puis passa de là en l'abbaye de Saint-Sulpice, où il mourut en odeur de sainteté (6).

Aussitôt qu' Alieaume eut recouvré sa liberté , il chercha une nouvelle retraite. Il ne sortit pas du diocèse du Mans, et se fixa dans la foret de Charnie, à neuf à dix lieues de celle qu'il habitait précédemment. Raoul, vicomte de Beaumont, lui permit d'y bâtir une cellule pour y habiter désormais. Le lieu choisi par Alieaume était très-approprié à son dessein. Situé au centre d'une vaste forêt , près de la vieille forteresse celtique de Sainte-Suzanne, sur la rivière d'Erve, au lieu où l'on voyait alors la chapelle de Saint-Nicolas et les forges du Cours, il offrait une solitude profonde. Alieaume ne séjourna pas longtemps dans cette retraite sans se voir environné d'une foule de disciples des deux sexes, ce qui

(1) Estimé 800 livres, soit 1600 francs.

(2) Estimé 900 livres, soil 1800 francs.

(3) Estimé 500 livres, soit 1000 francs. (h) Estimé 500 livres.

(5) Cauvin , Geof/raphie ancienne du diocèse du Mans, p. 223.

(6) D. Moricc, Vies des Saints de Bretagne, t. H , p. 368. — Selon Pavillon, Vie du bienheureux Robert d'Arbrissel , p. 48, Albert serait ninrl dans la foivt <1p Niil-.l<>-Merle.

472 HISTOIRE DE i/ÉGLISE J)U MANS.

lui donna occasion de fonder denx monastères, comme nous allons le rapporter.

Jusque alors les ermites n'avaient pas vécu en commun ; ils habitaient de pauvres cabanes séparées, quelquefois, comme nous l'avons dit, des grottes naturelles dans les rochers (1), se contentant de se visiter et de se réunir en assemblées lorsqu'ils le jugeaient à propos. Robert d'Arbrissei, ayant reconnu que plusieurs de ses frères avaient inclination à la vie cénobitique , entreprit de bâtir un monastère dans la forêt de Craon. Le seigneur de Graon, Renault , fils aîné de Robert le Bourguignon , seigneur de Sablé , lui abandonna une partie considérable de cette forêt. Ce baron et sa famille contribuèrent avec beaucoup de générosité au développement de cette abbaye , qui fut bâtie sous le nom de Notre-Dame-des-Bois , et fut plus connue dans la suite sous le nom de Notre-Dame-de-la- Roë(2). Quoique située en dehors des limites du diocèse du Mans, ce monastère intéressa néanmoins très-vivement, et dès les premiers temps de son existence , la piété des Manceaux. Guy IV de Laval donna aux religieux de la Roë un terrain dans la forêt de Laval ; et ce don fut ratifié par son fils Guy, sa mère Anne, et Gervais son oncle. Il leur donna encore, en Fan il 00, le prieuré de Sainte- Marie - Madeleine du Plessis-Milcent (3), situé dans la ■paroisse d'Ollivet; et ces dons furent confirmés par Hugues, évêque du Mans, vers le milieu du siècle suivant (4). La

(i) Les premiers disciples de saint Martin à Marmoutier habitaient des grottes semblables. — D. Martène , Histoire de l'abbaye de Marmoutier, Ms. — D. Mabillon, Annales 0. S. B. — De Mauléon ( Le Brun des Marettes), Voyages liturgiques en France , p. 113. — - Les grottes de Marmoutier ont été dénaturées ou détruites; mais on en voit eucore de semblables près de l'ancienne abbaye de Fontgombaud. — D. Martène, Voyage littéraire , t. I , p. 17, et M. Albert Lenoir, Architecture monastique, p. 7 , en ont fait graver des vues et des plans.

(2) Sancta Maria de Bosco. — Sancta Maria de Rota.

(3) Capella de Plesciaco Milesendis.

(4) Biblioth. Impér., collection D. Housseau , nos 7548 et 7554. — Ms. jl« cabinet de M. La Beauluère. ■ ■- Bourjoly, Histoire des seigneurs <h

cure d'Ollivet resta unie au prieuré qui lui avait donné naissance (1). A une autre époque, Hamon de Laval, père de Guy le Chauve, fit une aumône considérable au prieuré de Saint- Avit, nommé plus tard l'isle, et aujourd'hui Saint- Isle (2) , près de Loiron , et Guy d'Étampes , évèque du Mans, confirma cette donation (3).

La charte de fondation de l'abbaye de Notre-Dame-dela-Roë fut d'abord rédigée à Angers , au moment où la présence d'Urbain II y attirait un concours prodigieux; et Hoël, évêque du Mans, y apposa sa signature. L'année suivante, 1097 , l'évêque d'Angers fit une première inauguration de ce monastère, et une partie de la noblesse du Maine et de l'Anjou se rendit à cette fête. On vit un plus nombreux concours encore de seigneurs manceaux en ce lieu, lorsque, quelques années plus tard, Hugues II, archevêque de Tours , et Hildebert du Mans , accompagnés des évêques d'Angers , de Rennes et de Saint-Malo , consacrèrent l'église de l'abbaye. Rivalisant de zèle pour avantager une communauté aussi fervente, et pour procurer l'édification de leurs vassaux , les barons du Maine donnèrent aux religieux de Notre-Dame-de-la-Roë , les prieurés-cures de Saint-Jean-du-Bois (4) , d'Avessé (5) , Saint-Ouen-en- Champagne (6) , Yille-Dieu-en-Champagne (7), Gosmes, la Barre-de-Cosmes (8) ; auxquels il faut joindre les deux prieurés-cures de Saint-Isle et du Plessis-Milcentdont nous

Laval , t. I , p. 139. — Cauvin , Géographie ancienne du diocèse du Mans, p. 224.

(1) Le prieuré et la cure étaient estimés 1300 livres , soit 2600 francs.

(2) Sanctus Angélus.

(3) Biblioth. Impér., collection D. Housseau, n° 7556. — Ms. du cabinet de M. La Beaulu ère. — La cure de Saint-Isle était estimée 500 livres, soit 1100 francs.

(4) Saint -Jean -du- Bois , fondé après 1236, estimé 700 livres selon Cauvin, 550 selon Le Paige. — La cure estimée 500 livres.

(5) Avesseium, Avesium. — Estimé 1500 livres, soit 3000 francs.

(6) Sanctus Audoenus in Campania.— Estimé 800 livres, soit 1600 fr.

(7) Villa Dei. — Estimée 400 livres , soit 800 francs.

(8) Ces deux prieurés sont indiqué! par Barih. Roffer.

Al A histoire de l'église bu m ans.

avons parlé plus haut (i). Jusqu'à la fin clu xvme siècle, ces prieurés , excepté ceux de Saint-Ouen-en-Champagne, Cosmes et la Barre-de-Cosmes , lurent desservis par des religieux de l'abbaye de la Roë , auxquels le bienheureux Robert avait donné la règle des chanoines de Saint- Augustin.

Lorsque le Pape Urbain II eut entendu le bienheureux Robert prêcher, à la dédicace de l'église abbatiale de Saint-Nicolas à Angers , il le constitua missionnaire apostolique, et lui donna le pouvoir d'annoncer la parole sainte dans tout l'univers. La charge de missionnaire apostolique était alors très-peu commune et jouissait d'une grande considération. Le bienheureux Robert accompagna le Pape pendant tout le temps de son séjour dans le Maine et le suivit jusqu'à Tours. Après le concile célébré en cette ville, il commença d'exercer avec son zèle ordinaire la commission de prédicateur apostolique dans le monastère de la Roë et dans les lieux circonvoisins. Le fruit que produisaient ses prédications l'engagea bientôt à se démettre du titre d'abbé , pour vaquer plus librement à la parole divine. Menant avec lui Émery, Seinfrède et quelques autres de ses disciples, il se mit à parcourir les villes et

(1) Biblioth. Impér., collection D. Housseau , nos 7539, 7540, 7554, et passim. — Ms. du cabinet de M. La Beauluère. — Ménage , Histoire de Sablé , part, t, p. 129, 135, et passim. — Acta Sanctorum, ad dicm XXIX februarii ; Baldricus, Vita beati Roberti,muia. 11-15. — Gai lia christiana (velus), t. IV, p. 796. — Baluze, Miscellanea , t. II , p. 214.

— Pavillon , Vie du bienheureux Robert d'Arbrissel , p. 50 et passim.

— D. Barth. Roger, Histoire de l'Anjou, p. 214. — Voici une liste, malheureusement incomplète , des abbés de la Roë : Robert d'Arbrissel , Quentin, Aubin, Thomas en 1107; Robert en 1130; sous cet abbé, l'église de la Roë fut solennellement dédiée par Hugues II, archevêque de Tours, assisté des évoques du Mans, d'Angers , de Rennes et de Saint- Malo ; Michel, Guillaume, Gautier en 1189; Robert de Montenazais , Philippe Le Poulchre de La Motte- Messemé , Guy Le Clerc en 1514; Louys-Marie- Armand de Simiane de Gordes , évèque de Langres , qui y établit les religieux réformés de la congrégation de Sainte-Geneviève ; Gaston-Armand Sublet de Heiulicourt, nommé en 1709 à l'évêché de Lisieux , mort avant d'avoir été sacré.

les campagnes des diocèses du Mans, d'Angers, de Rennes, et des Églises les plus voisines. Telle était la force de sa parole, que bientôt les populations entières, ravies de ses discours, s'attachaient à lui et le suivaient partout où il allait. Pour donner un asile à cette foule de néophytes qui marchaient sur ses pas, sans distinction d'âge, de sexe, de condition, Robert leur fit construire des cabanes dans la foret de Fontevrault, en séparant les deux sexes, au moyen d'habitations différentes, et il jeta ainsi les fondements de Tune des plus célèbres abbayes de la France. C'était en J i 00 (1). Après avoir formé les deux communautés de Fontevrault, qu'il mit sous la règle de Saint-Benoît, Robert d'Arbrissel continua, comme il avait fait précédemment, d'exercer ses fonctions de chef des ermites du Maine, de la Bretagne et de tout l'ouest de la France , et de prédicateur apostolique. Il commença par visiter les déserts des diocèses du Mans et d'Angers; mais il ne put rester dans ces solitudes autant de temps qu'il l'aurait désiré. Afin de remédier avec plus de soin aux désordres qui s'étaient glissés dans les Églises de nos contrées, et surtout dans notre province , par suite des guerres qui la ravagèrent au commencement de 1 episcopat de Hildebert, il obligea les autres chefs des solitaires dont nous avons déjà parlé, saint Vital de Mortain, le bienheureux Bernard de Tyron et Je bienheureux Raoul de la Fustaye , à quitter leurs solitudes et à le suivre, pour travailler ensemble au salut des peuples. 11 leur lit part de l'autorité qu'il avait reçue du Saint-Siège, et les associa à sa mission. Ils sortirent donc de leurs forets

(I) Baldricus , Vifa beati Roberti de Arbriscllo , num 16-19. — — Pavillon, Vie du bienheureux Robert dWrbriasel , p. 74 et suiv. — D. Bouquet, t. XII, p. 119, 404, 412. — D. Jean Lardier, ne à Château- Gonlier le &â novembre 1601, reçu dans Tordre de Fontevrault en 1656, a composé 6 vol. in -fol. de recherches historiques sur son ordre. Ce précieux travail est conservé aux Archives de Maine-et-Loire ; il nous fournira plusieurs renseignements pour la suite. M. Uauréau est le premier et Tunique biographe qui ait parlé de ce savant religieux. — Voir Histoire littéraire du Maine, t. IV, p. 39.

Altt UTSTOIRE DE L EGLISE J)( MANS.

vêtus de leurs habits d'ermites, et se mirent à parcourir les villes, les bourgs et les châteaux , tantôt réunis , tantôt séparés, annonçant partout avec beaucoup de force les vérités de l'Évangile. Par leur zèle et par la grâce qu'ils reçurent, ils devinrent comme les restaurateurs de l'Église, surtout dans les trois provinces du Maine , de la Bretagne et de la Normandie. La licence des mœurs, l'envahissement des biens ecclésiastiques et l'oppression des pauvres étaient montés au comble dans ces trois pays (1).

Mais le mal le plus dangereux qu'ils eurent à combattre fut l'hérésie. Le sophiste Roscelin, dont la funeste doctrine allait à détruire la foi au mystère de la Trinité , avait trouvé des partisans dans nos contrées (2). Dans le Maine en particulier , les Cathares avaient encore de nombreuses ramifications, et ils se réveillèrent alors avec un grand péril pour les âmes. Toutefois, le plus fort obstacle que rencontrèrent le bienheureux Robert et ses compagnons, fut la susceptibilité de quelques pasteurs, jaloux de l'autorité que les ermites acquéraient sur l'esprit des populations. La simonie et le concubinage des clercs, contre lesquels ils durent élever la voix, leur firent aussi de nombreux ennemis. Pour se venger, tous les adversaires de nos saints prédicateurs réunirent leurs efforts afin de ternir leur réputation et surtout celle de leur chef (3). Dans les calomnies qu'ils inventèrent contre le bienheureux Robert

(1) Pavillon , Vie du bienheureux Robert d'Arbrissel , p. 96 , 546, et passim.

(2) Baldricus, Vita beati Roberti , num. 60 et 61.

(3) Les calomnies contre les mœurs du bienheureux Robert d'Arbrissel s'appuient uniquement sur deux lettres , l'une de Marbode , évêque de Rennes, et l'autre de Geoffroy, abbé de Vendôme. Les critiques sensés ont plusieurs fois répondu à ces calomnies , et démontré qu'elles n'ont aucun fondement; ne pouvant entrer dans la discussion, il nous suffira d'indiquer quelques-unes de ces apologies: D. Morice , Preuves de Vhistoire de Bretagne , 1. 1, col. 988 et suiv. ; l'abbé Simon , Histoire de Vendôme, t. 111; J. de Pétigny, Robert d'Arbrissel et Geoffroy de Vendôme , dans la Bibliothèque de l'Éro/p d^s Chartes. 3e série, t. V, p. 1-31,

H1LDEBERT. 177

d'Arbrissel, on reconnaît le même esprit qui avait cherché à flétrir les mœurs du vénérable Hildebert et du vénérable Ébrard de Saint-Calais. Les populations ne s'y laissèrent pas tromper; l'action des serviteurs de Dieu, secondée par la grâce , n'en produisit pas moins des fruits admirables de salut partout où ils portèrent leurs pas.

Le séjour de ces apôtres dans le Maine eut encore pour résultat d'obliger beaucoup de laïques à restituer au clergé les dîmes, oblations et autres revenus des églises paroissi aies, dont ils s'étaient emparés. Cette usurpation était devenue si commune dans le diocèse, qu'une partie du clergé était réduite à se livrer aux travaux manuels pour pouvoir subsister. Le bienheureux Robert procura à cette époque à son abbaye de la Roë plusieurs des paroisses que nous avons désignées plus haut. En même temps le bienheureux Raoul de la Fustaye fit donner à l'abbaye de Saint- Jouin-de-Marne, qu'il reconnaissait toujours pour sa mère, plusieurs églises paroissiales. L'abbaye poitevine jouissait déjà de divers établissements dans le diocèse du Mans, surtout dans la contrée de Mayenne , comme nous l'avons vu; mais elle posséda encore , à partir des prédications du bienheureux Raoul, la cure de Reaulieu (1), près de Laval, de Saint-Cyr-le-Gravelais (2), dans le même canton, et de Landivy (3), près d'Ernée. Après avoir été quelque temps des prieurés desservis par des religieux de l'abbaye de Saint- Jouin-de-Marne, les églises de ces paroisses furent confiées au clergé séculier; mais la présentation des cures resta entre les mains des religieux.

Par suite des succès obtenus dans leurs courses apostoliques, nos quatre missionnaires se trouvèrent chargés de nombreuses troupes de néophytes qui voulaient vivre sous leur conduite , et refusaient de se séparer de leurs maîtres. Leur nombre était tel, qu'il devint nécessaire de les

(1) Brilus locus. — La cure était estimée 1000 livres, soit 2000 francs.

(2) Sanctus Cyricus.

(3) Landiveium. — Estimée 800 livres, soit 1600 francs.

178 ftlSTOIRE DE L EGLISE DU MANS.

partager; Hubert d'Arbrissel en choisit une partie qu'il emmena à Fontevrault (I); le bienheureux Raoul de la Fustaye en conduisit une autre dans la foret de Nid-de- Merle; il l'y sépara en deux monastères, selon les sexes, et leur donna un institut qui avait beaucoup de rapport à celui de Fontevrault. Le reste fut confié au bienheureux Vital de Mortain, lequel en remplit deux vastes monastères qu'il édifia, l'un dans la foret de Savigny , pour y loger seulement les hommes , et l'autre dans une solitude près de Mortain, où il réunit les femmes et les filles. Ce dernier monastère se nomma dans la suite les Blanches-Dames (2). Quant à saint Bernard de Tyron, d'autres soins lui furent confiés à la môme époque. Les communautés que formèrent alors nos saints missionnaires étaient si nombreuses , qu'à Fontevrault seul on comptait plus de quatre mille personnes (3). Ces missions et ces fondations s'accomplirent dans le court espace de quatre à cinq ans, de 1099 à 1104 (i). Antérieurement même à l'an 1099, et sous 1 episcopat de Hoèl , nos pieux missionnaires avaient plusieurs fois parcouru le diocèse du Mans ; mais alors ils s'occupaient presque exclusivement de la conduite des solitaires. Après avoir reçu la mission apostolique d'Urbain II , ils employèrent surtout leurs soins à la réforme des masses et du clergé séculier.

Les longs et fréquents rapports que Robert d'Arbrissel dut entretenir avec le diocèse du Mans , pa-r suite de ces différentes fonctions, augmentèrent l'estime et l'affection réciproques qui existaient déjà entre lui et Hildebert. Ils s'en donnèrent de nombreuses preuves en diverses

(1) Eremburge, fille du comte Hélie de la Flèche, fut une bienfaitrice signalée de l'abbaye de Fontevrault. — Bodin, Recherches sur l'Anjou, t. I , p. 271 et passim.

(2) Gallia christiana, t. XI, col. 510 et 543. — Pavillon, Vie du bienheureux Robert d'Arbrissel, p. 116. — Acta Sanctorum, addiem XX octobris, de sancto Serlone, p. 1010 et suiv.

(3) Pavillon, loc. cit., p. 150.

(4) Idem, p. 119.

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circonstances. II s'éleva en il 11 une légère contestation entre Robert et saint Guillaume, abbé de Saint-Florent de Saumur, au sujet d'une terre dont la propriété était équivoque ; les deux parties convinrent de remettre la décision delà cause à trois arbitres, et choisirent Hiklebert, évoque du Mans , Pierre , évêque de Poitiers , et Renaud , évêque d'Angers. L'accord se fit à Angers, en présence du comte d'Anjou (1). On verra plus loin les lettres que Hildebert écrivit en faveur de l'abbaye de Fontevrault, dont il parait avoir été établi protecteur , au sentiment d'auteurs graves (2) , et les discours qu'il prononça dans ce célèbre monastère.

Peu de temps après le procès dont on vient de parler, Hiklebert fut désigné par le Souverain Pontife pour juger avec Raoul II, archevêque de Tours, Marbeuf , évêque de Rennes , Geoffroy , abbé de Yen dôme, Bernard, abbé de Saint-Serge d'Angers, et le bienheureux Robert d'Arbrissel, un différend survenu entre deux religieux qui prétendaient à l'abbaye de Saint-Aubin (3).

Les commissions dont les prélats et les Souverains Pontifes eux-mêmes honorèrent à plusieurs reprises le bienheureux Robert, ne le détournèrent jamais de la conduite des ermites. A plusieurs reprises, et jusque dans ses dernières années , il parcourut les forêts du Maine , de l'Anjou , de la Bretagne et de la Normandie, encourageant le zèle de ses disciples, et répandant partout la joie et la consolation. L'une de ses plus célèbres visites fut celle qu'il fit en l'an 1112 (-i). II constata que les solitaires avaient fait de grands progrès, et que de toutes parts on élevait de vastes monastères. Le bienheureux Raoul de la Fustaye achevait de construire dans la forêt de Nid-de- Merle, aux frais d'Alain Fergent , duc de Bretagne, une grande et célèbre abbaye dédiée à saint Sulpice . et

(1) Pavillon, p. 160 et 603.

(2) D. Beaugendrc.

(3) Pavillon , p. 167.

(4) Idem , p. 169.

480 HISTOIRE DE L ÉGLISE Dt SfANS.

dans laquelle plusieurs princesses de Bretagne prirent le voile (4).

L'abbaye de Saint-Sulpice fut établie sur le même. plan que l'abbaye de Fontevrault, et soumise à des constitutions semblables. Il y avait là aussi deux communautés, l'une de religieux , et l'autre de religieuses, toutes deux sous la conduite d'une abbesse. Peu de temps après sa fondation , cette abbaye envoya une colonie dans le diocèse du Mans ; c'est ce qui donna origine au prieuré de Notre-Dame de la Fontaine-Saint-Martin. Par une bulle de 1146 , le Pape Eugène III confirme cette fondation (2). En établissant ce nouveau cloître, le bienheureux Raoul lui imposa les mêmes constitutions qu'à l'abbaye-mère , c'est-à-dire que ce fut un monastère double (3). Foulques le Jeune , comte d'Anjou et du Maine, et sa femme Eremburge, fdle de notre comte Hélie de la Flèche, en furent les fondateurs. Ils lui donnèrent, outre le lieu même où était situé le monastère , les droits d'usage , chauffage et paccage en la forêt de Longaunay, soixante livres (A) de revenu , et autres dons considérables (5). Il est vraisemblable que les premiers fondateurs de ce prieuré constituèrent sa féodalité, qui comprenait la seigneurie et patronage de la paroisse de la Fontaine-Saint-Martin. La prieure, souvent qualifiée du titre d'abbesse , y exerçait haute , moyenne et basse justice. Geoffroy, fils des fondateurs, Henri II, roi d'Angleterre, Jean, duc de Normandie, Charles, comte du Maine, et Philippe de Valois sont les principaux bienfaiteurs de cette maison. On compte encore parmi les barons

(1) Gaufridus Grossus , Vita beati Bernardi, Tyronensis abbatis. — Pavillon, loc. cit., p. 172. — D. Morice , Histoire de Bretagne , t. I , col. 991.

(2) In episcopatu Genomanensi , ecclesiam sanctae Mariac, quœ dicitur Fons sancti Martini, cum pertinentiis suis. — Pavillon, loc. cit., p. 570.

(3) D. Morice, Histoire de Bretagne, 1. 1, p. 102. - Idem, Mémoires pour servir de preuves à V histoire de Bretagne, t. 1 , col. 597. — Bilard, Analyse des documents historiques , etc., n° 730.

(4) Au pouvoir actuel de l'argent , cette somme équivaut à 33790 fr.

(5) Bilard, Analyse des documents historiques, etc., n* 729, 730.

qui augmentèrent les revenus de cette maison , Robert de Saint-Célerin (l), Guy de Lucé et ses ancêtres, Hugues de Vernie , Philippe Le Moyne , Mahot de Braelay et Hueit son fils , Robert de Loudon , Guy de Boussin , ainsi que Jeanne de La Bucelière , veuve de Robert de Glermont et de Geoffroy Buret , et Agnès , veuve de Pierre Bureî et alors femme de Hubert Potard (2).

La série des prieures manque : on voit Jeanne en 1180 ; alors le prieur se nommait Hervé , ce qui prouve que le monastère était encore double à la fin du xne siècle (3) ; puis Catherine de Rabodange, qui résigna vers 1692 en laveur de sa sœur; et enfin N. de Broc , nommée prieure en 1746 (4).

Au centre même du diocèse s'élevait à cette époque le monastère de Notre-Dame-d'Estival , dont il a déjà été question. Le bienheureux Alleaume le construisit pour servir de retraite à cette chaste troupe de vierges qui s'était réunie autour de son ermitage de Saint-Nicolas, et vivait sous sa conduite, dispersée dans la foret de Charme. Les grandes vertus de cet anachorète avaient attiré sur lui les regards de toute la contrée. Raoul H, vicomte de Beaumont, dans le dessein de fixer ce saint homme sur ses terres , lui abandonna en toute propriété et toute franchise, pour lui et pour ses successeurs, l'ermitage de Saint-Nicolas (5). En peu de temps le nombre des solitaires qui vinrent se ranger sous la discipline d'Alleaume augmenta considérablement et remplit au loin la forêt. Comme il y avait parmi ces disciples beaucoup de femmes,

(1) liobertus de Sancto Serenico.

(2) Bilard, Analyse des documents historiques, etc.,n° 729-742.

(3) Idem, ibid., n» 730.

(4) Le Corvaisier, p. 420. — Le Paige, t. I, p. 339. — Pcsclic , t. II, p. 445. — Gauvin, Géographie ancienne du diocèse du Mans, p. 215. — D. Briant , Cenomania, M s.

(5) Et qui Deus nesciens abesse suis, in silva mea de Carneta, ad loeuni qui dicitur sancti Nicolai , destinavit ipsuin Dci vinnn, ubi per plurcs

annos et dies iu Dci servilio diutissime Labo ravit Charte de fondation

de l'abbaye d'Estival, apud Pavillon, loc. cit., p. 548.

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