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482 HISTOIRE LE l/ÉGLISE DU MANS.

il sentit la nécessité de régulariser les exercices de cette pieuse réunion, en fondant un autre monastère. Raoul de Beaumont vint encore à son secours, et considérant que l'ermitage de Saint-Nicolas était peu convenable pour rétablissement d'une nombreuse communauté, il ajouta à ses premières largesses le lieu d'Estival, qui, selon une tradition fabuleuse, était une ancienne forteresse bâtie par Gane, neveu de Charlemagne, si célèbre dans les épopées carlovingienncs et chevaleresques (1). Alleaume y fit aussitôt construire un monastère sous le patronage de Notre-Dame (2). Comme Fontevrault, Saint-Sulpice, les Blanches-Dames, et les autres dont nous avons parlé, il suivait la règle de saint Benoit, mais avec des constitutions analogues à celles données par le bienheureux Robert d'Arbrissel à son grand monastère. Cette fondation est de l'an 1109 (3). Hildebert l'approuva et fit cette année même la dédicace de l'église abbatiale. Godechilde, religieuse du monastère du Ronceray à Angers, et sœur du vicomte de Beaumont, lut établie première abbesse (4). Sous sa conduite, et celle des supérieures qui lui succédèrent, l'abbaye prit cle rapides développements. Le fondateur, par une nouvelle largesse de l'année 4120, accordée au nom du bienheureux Alleaume, en augmenta encore les revenus (5). Toute la famille de Beaumont se montra très-affectionnée à cette abbaye , dans laquelle beaucoup de membres de cette illustre maison reçurent la

(1) On distinguait encore les restes de ce vieux château il y a peu d'années.— Gauvin, Géographie ancienne du diocèse du Mans, p. 199. — Pour les divers lieux du diocèse qui portent le nom de Gane , voir ibidem, p. 209.

(2) Quemdam alium locum aquaticum, ab eodem viro perlustra-

tum, et praevisura in prœdicta mea sylva quae dicitur Estival pro aniore Dei dedi Pavillon , ibidem.

(3) Pièces justificatives, n° lui.

(4J Lorsque Godechilde (Godeliolde) prit l'habit au Ptonceray, son père, Raoul , vicomte de Sainte-Suzanne , donna à l'abbaye les terres de Contineum et de Faé. — Cartularium beatœ Mariœ Caritatis Andegavensis, n° 253.

(5) Pavillon, loç. cit., p. 549.

sépulture (1). En 1218, Thibaud VI, comte de'Blois, fonda près de Château-Renaud le prieuré du Bonllay, à la nomination et sous l'obéissance de l'abbesse d'Estival. Jeanne de Brienne, veuve de Guy VII de Laval, donna en 1310 aux religieuses, la seigneurie de Livet-en-Charnie (2), qui, réunie à celle d'Estival et à quelques autres fiefs , composait tout le domaine féodal de ce monastère (3). L'abbesse présentait aux cures d'Estival et de Livet, et aux deux prieurés de Beaulieu , dans le diocèse de Chartres , et de Boullay, au diocèse de Tours.

Les principaux bienfaiteurs de l'abbaye d'Estival furent les Papes Célestin îll et Urbain V ; les évèques du Mans Hildebert, Guillaume de Passavant, Hamelin, Geoffroy Freslon, Geoffroy d'Assé, Guillaume Roland; enfin, les seigneurs de Beaumont , Raoul II , fondateur , qui fut enterré dans l'église (4) , ainsi que Raoul ïii et ses deux iiis Richard et Guillaume; Louis, fils du roi Jean, et Marguerite , comtesse de Fif. On compte encore au nombre des personnes qui ajoutèrent à la dotation de l'abbaye, Héremburge du Buret, Isope de Boçay , Foulques le Ri boni, Froger de Lavardin, Guillaume de Villeroy, Robert de Chemiré, Geoffroy de La Motte, seigneur de Joué et de Saint-Brice, et son fils Guillaume, P. duBreuil, Hemma , dame de Laval , Marguerite de Sablé , Raoul Leroy , Éremburge sa femme , Robert d'Estival et Clancie sa femme, Jacques d'Avessé et un grand nombre d'autres. Dès l'année 1197, le Pape Célestin III accorda une bulle par laquelle il confirma tous les biens qui avaient été donnés jusque alors pour la fondation et la dotation de

(1) Le tombeau du fondateur se voyait dans l'une des chapelles de l'église abbatiale. Il était remarquable ; et D. Montfaucon l'a fait graver dans ses Monuments de la monarchie française, t. II , p. 113.

(2) Suivant Le Paige, la seigneurie de Livet-en-Charnie fut donnée par Malhilde, dame d'Amboise et de Montrichard, épouse de Richard, fils de Raoul III de Beaumont.

(3) Armoiries : Chevronné d'or et de gueules de huit pièces. Ce sont les armes du fondateur.

('») Pavillon, ov.cit., Preuves, p. 549.

4SI histoire uk l'église dc mans.

l'abbaye d'Estival; on y compte jusqu'à dix-sept églises ou ohapelles. Ces églkes ou chapelles étaient i>iimitivement des prieurés dépendant de l'abbaye-mère , et cela seul peut nous faire juger de son importance pendant le xue et une partie du xiilc siècle (1). Quelques-unes de ces églises devinrent paroissiales; la plupart lurent réduites à l'état de simples chapelles, lorsque le nombre des religieuses mt diminué. Dans sa bulle, Gélestin III défend à toute religieuse professe de l'abbaye d'Estival, d'en sortir sans le consentement de son abbesse , à moins que ce ne soit pour embrasser un ordre d'une observance plus étroite. Il permet à ces vierges de célébrer les saints offices pendant la durée des interdits; toutefois, sans sonner les cloches , et à voix basse. Enfin il leur continue le droit de sépulture en leur cloître (2).

Le monastère des hommes fondé par le bienheureux Alleaume occupait la place de l'ermitage de Saint-Nicolas; il ne fut jamais aussi important que l'abbaye de Notre- Dame d'Estival , et son existence ne fut pas d'une trèslongue durée. Le saint fondateur eut la consolation de voir les développements rapides que prenait la communauté qu'il avait établie; une partie des dons qui lui furent faits sont accordés en son nom. Après avoir produit de nombreux fruits de sanctification dans le diocèse du Mans, où il vécut pendant plus d'un demi-siècle, et où il laissa la réputation d'un docteur et d'un grand prédicateur , il mourut le 27 avril 1 152 , et son corps fut enterré dans l'église de l'abbaye d'Estival (3). Ce monastère fut presque constamment gouverné par des religieuses appartenant aux plus illustres familles de la province. Après Godechilde de Beaumont , on voit Éremburge Ire, de la maison de Neuvillette, Basilie de Poillé, fille de Geoffroy ; Julienne, qui gouverna l'abbaye de 1189 à 1218 , et qui obtint la

(1) Bilard, Analyse des documents historiques, etc., n° 646.

(2) Idem, ibid., n° 484.

(3) V kal. maii obiit Adelermus doctor, et auctor sanctœ Mariœ dc Charnia Pavillon, op. cit.y Preuves, p. 549.

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bulle de Célestin III dont il a été parlé; Héremburge II; Béatrix , vers J249; Agnès Payen, 1270 à 1300 , et Héloïse de Chemiré, vers 1301. Les familles de ces religieuses figurent parmi celles qui montrèrent le plus de générosité envers l'abbaye (1). La suite fournira l'occasion de parler des autres abbesses de ce monastère , sur lesquelles on a des renseignements plus complets.

Depuis les troubles politiques et religieux de la fin du xvnie siècle , l'abbaye de Notre-Dame-d'Estival a été presque entièrement détruite. On a découvert alors dans un caveau sous la sacristie de l'église sept tombeaux en pierre , sur lesquels étaient sculptées les statues en pied des personnages dont ils renfermaient les corps. C'étaient vraisemblablement les sépultures des seigneurs de Beaumont-le-Vicomte , fondateurs et principaux bienfaiteurs. Ce qui subsiste encore de l'église abbatiale, c'est-à-dire la partie droite du transept , atteste la magnificence avec laquelle cet édifice fut construit ; on y voit des fenêtres byzantines avec leurs archivoltes , des colonnes monocylindriques qui n'ont aux chapiteaux pour tout ornement que de grotesques' serpents entrelacés. Les restes du monastère lui-même , qui couvrent encore un vaste espace , semblent annoncer qu'il fut reconstruit au xvue siècle.

Pendant que le sanctuaire d'Estival s'élevait avec une bénédiction si visible du Ciel, le bienheureux Robert d'Arbrissel approchait du terme de sa carrière. Il se sentit néanmoins poussé par son zèle à parcourir encore une fois le diocèse du Mans. Il fit ce voyage en la compagnie de la bienheureuse Pétronille et de la sœur Agnès, qui ne

(1) Le Corvaisief , p. 419. — D. Bondonnet, p. 457. — D. Colomb, p. 170. — Le Paige , t. ï, p. 302. — Pesche, t. Il, p. 262. — D. Moricc, Histoire de Bretagne , t. I, col. 991. — Idem, Vies des Saints de Bretagne , t. Il , p. 368. — Le P. Longueval , Histoire de l'Église gallicane, liv. XXIII, à Tan 1109. — Guillois , Vies des Saints du Maine, 27 avril. — Bilard, Analyse des documents historiques, etc., n° 633 à 704. — Maucourt de Bourjoly, Histoire des seigneurs de Laval , Ms., t, I, p. 139.

purent consentir à se séparer d'un père si tendrement aimé (1). Comme Je dessein de l'homme de Dieu était de s'opposer au mal que l'hérésiarque Henri avait l'ait dans notre Église, il se rendit d'abord dans la ville du Mans, où l'erreur avait trouvé plus de partisans. Il se transporta ensuite dans la forêt de Charme et à l'abbaye d'Estival; à leur passage , le seigneur de Ruillé-en-Champagne leur donna une terre nommée Pissabon ; et la baronne de Montreuil - en - Champagne les gratifia du domaine de Vausichard , à condition de recevoir deux filles à Fontevrauit (2). Quelques autres seigneurs firent également de pieuses largesses au patriarche des solitaires pendant son voyage dans le Maine , où il séjourna assez longtemps (3). Le bienheureux Robert d'Arbrissel survécut peu à cette mission dans notre diocèse; il mourut le 25 février H 17 (4). Après sa mort on fonda un prieuré de son ordre dans le diocèse du Mans, au lieu nommé Consanie (5) ; mais cet établissement ne semble pas avoir existé au delà du xve ou du xvie siècle*.

Hildebert conserva des rapports très-intimes avec la maison de Fontevrau.lt. Dès le temps du bienheureux Robert, le Pape Paschal II avait adressé plusieurs brefs à notre prélat en faveur de cette illustre abbaye (6). Dans la suite , le Souverain Pontife le nomma , à la prière des religieuses de Fontevrault , protecteur de leur ordre. En cette qualité, Hildebert écrivit une lettre , que nous avons encore , au roi d'Angleterre Henri Ier, afin de demander

(1) Pavillon , Vie du bienheureux Robert d'Arbrissel, p. 109.

(2) Bulle de Callixte II, apud Pavillon, op. cit., p. 210, et aux Preuves.

(3) Pavillon , loc. cit.

(4) Chronicon sancti Maxentii , ad ann. 1116. — Chronicon sancti Albini Andeg., ad ann. 1116. — D. Bouquet, t. XII , p. 406 et 480.

(5) Hélyot, Histoire des ordres monastiques et religieux, t. VI, p. 96. Paris, 1718. — Nous ne connaissons aucun lieu dans le diocèse ayant nom Consanie; peut-être s'agit -il de Conservi ou Goursevi , dans la paroisse de Parennes , près de Sillé-le-Guiliaume.

(6) Pavillon, op. cit., p. 542, n° 8, et passim.

son appui pour i'abbesse et ses religieuses (1). On a conservé aussi un sermon que notre évêque prononça dans l'église de ce célèbre monastère (2).

Saint Bernard de Tyron mourut la même année que le bienheureux Robert (3). Bon Vital de Mortain leur survécut plusieurs années , et continua d'édifier le diocèse du Mans par ses prédications et ses exemples , ce qui nous oblige de rapporter succinctement sa vie. Vital vint au monde vers le milieu du xie siècle, dans le village de Tierceville , près de Mortain. Ses parents , qui étaient vertueux , le firent élever avec beaucoup de soin dans la piété et les lettres. Il était dès lors si grave, que ses compagnons l'appelaient le Petit Abbé. Après ses humanités il quitta ses parents pour étudier sous d'autres maîtres , et fit de grands progrès dans les sciences. Étant retourné dans sa patrie, il fut ordonné prêtre et devint chapelain de Robert, comte de Mortain , qui lui donna une prébende clans la collégiale de Saint-Évroul. Mais bientôt l'amour de la solitude lui fit quitter son bénéfice, et vendre son patrimoine qu'il distribua aux pauvres, pour aller chercher une retraite. Il en trouva une dans les rochers de Mortain, où il assembla quelques compagnons , avec lesquels il vint peu après s'établir dans la forêt de Craon, et se joignit au bienheureux Robert d'Arbrissel (4). On a vu précédemment comment ils parcoururent ensemble les villes et les campagnes du Maine, pour y combattre l'erreur et y ranimer la foi des peuples. Lorsque le nombre de ceux qui suivaient nos saints missionnaires les eut contraints à se séparer, Vital se retira dans la forêt de Fougères avec les ermites qui s'étaient attachés à lui. Raoul, qui en était

(i) Venerabilis Hihleberti opéra, col. 184 , epist. xx. — Cfr. les notes de D. Beaugendre.

(2) Ibidem, col. 858, serin, cxxiv.

(3j Chronicon sancti Maxentii, ad ann. 1116. ~ D. Bouquet, t. Xll , p. 406.

(4) Chronicon sancti Maxentii, ad ann. 1103. — D. Bouquet , t. XII, p. 404.

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seigneur, les y souffrit quelque temps; niais comme il aimait passionnément la chasse , il craignit que ces solitaires ne dégradassent sa foret, et préféra leur abandonner celle de Savigny, au diocèse d'Avranches , et sur la frontière du Maine. Ce fut là que Vital se fixa, et qu'il jeta les fondements du monastère do Savigny, en Tan 1105 (1). Cette abbaye obtint un succès extraordinaire, et les barons manceaux furent au nombre de ses principaux bienfaiteurs , comme la suite le fera voir. Ainsi les seigneurs de Landivy , qui l'enrichirent de leurs libéralités , avaient leurs tombeaux dans la chapelle de Sainte-Catherine, avec leurs armes (2). Raoul 1er de La Hautonnière fut l'un des principaux bienfaiteurs de l'abbaye de Savigny ; Robert et Raoul II, ses descendants, imitèrent sa générosité (3). Les seigneurs de Mayenne ne favorisèrent pas moins les religieux de Savigny (4) ; et l'on peut dire que jusqu'au xve siècle cette maison , avec celles de Marmoutier et du Mont-Saint-Michel, exerça la plus grande influence sur tout le Bas-Maine.

Comme le bienheureux Vital avait un talent remarquable pour la parole, et un zèle admirable, il prêchait souvent, et avec une entière liberté, reprenant les vices sans ménager personne. La vie pénitente et austère qu'il menait donnait un nouveau poids à ses prédications; et il s'attira également l'estime et la vénération des peuples , des princes, des rois, des prélats et des Papes. On voit quel cas Callixte II faisait de cet homme apostolique, par une lettre qu'il écrivit en sa faveur aux évoques d'Avranches et du Mans , au comte de Mortain et aux seigneurs de fougères , de Mayenne et de Saint-Hilaire (5).

(1) Acta Sanctorum,ad diem XXoctobris, de sancto Serlone> p. 1010, n° 11 et seq.

(2) Le Paige, t. T, p. 459

(3) Ibidem, p. 348.

(4) Ce fut Gauthier de Mayenne qui fonda le prieuré de Desertincs.— Vid. Pièces justificatives, n° liv.

(5) D. Martène, Ampliss. collect., t. I, col. 659. — Cfr. Acta Sandorum, ad diem XX ocf.obris, de sancfo Serlone , n° 32.

Ce même Pontife ayant entendu Vital prêcher dans le concile de Reims en 1 1 \ 9, avec- cette force et cette indépendance qui lui étaient propres, déclara que personne jusqu'à ce jour ne lui avait si bien représenté les devoirs du Souverain Pontificat. Le zèle du bienheureux Vital ne se renferma pas dans les limites de la France , il passa en Angleterre en Fan 1 120, et y prêcha avec un succès étonnant. Quoique ses discours fussent en langue romane, ou en français du temps, ceux mêmes qui ne l'entendaient pas en étaient touchés (1). En 1118 ou M 19 le roi d'Angleterre Henri 1er lui donna le prieuré deDompierre(2), sur la paroisse de Mantilly (3) , dans le Passais , avec six cents arpents de terre et l'étang de Morette,l'un des plus beaux du diocèse (4). Vital y établit une communauté importante ; il aimait à s'y retirer souvent. Il se trouvait dans ce prieuré en 1 122, lorsqu'il fut atteint de la maladie dont il mourut. Il conserva l'amour des saintes observances jusqu'au dernier soupir. Après avoir reçu les sacrements, il se trouva le premier au chœur pour chanter matines, et expira dans cet exercice, le 16 ouïe 24 septembre (5). Il se fit plusieurs miracles pendant les trois jours que son corps demeura exposé à la vénération du peuple. Les religieux donnèrent aussitôt avis de sa mort aux plus célèbres Églises de France et d'Angleterre, dont ils reçurent des réponses remplies de l'éloge du saint abbé. Sa vie fut écrite par Etienne, évêque de Rennes (6). Cependant le corps

(1) D. Mabillon, Annales 0. S. B., lib. LXX, num. 95.

(2) Domnipetra.

(3) Mantiliacus.

(4) Gaillebotte , Essai Historique sur Domfront.

(5) Pagi, adann. 1117, n<> 27.

(6) Orderic Vital, Historia eccksiastica, lib. VIII, p. 715. — Neustria pia, p. 676 et seq. — D. Mabillon, Annales 0. S.B., lib. LXVIII, n* 67 ; lib. LXX, n° 95, et passim. — D. Martène, Ampliss. collecta t. VI, Pnefat., n° 60. — Chronicon Saviniacense , apudBaluze, Miscellanea, t. II, p. 310. — D. Bouquet, t. XII, p. 781. — Acta Sanctorum ad diem VU januarii, de sancto Vitali. — Bucelin, Menologium benedictinum, ad diem VII januarii. ■— Gallia christ iana, t. XI, col. 543. — D. Rivet,

du bienheureux Vital no lut pas enseveli au prieuré de Dompierre de Mantilly ; on le transporta clans l'abbaye de Savigny. Mais si le prieuré fondé par Henri Ier n'eut pas le bonheur de conserver les précieuses dépouilles du serviteur de Dieu , il eut dans la suite la gloire de donner un martyr à l'Église. On se rappelle que c'était aussi dans cette paroisse de Mantilly qu'était mort saint Guillaume Firmat (1). Quant au prieuré de Dompierre, première fille de Savigny , il fut ruiné dans les guerres de religion, et à la fin il avait été cédé à l'abbaye de Marmoutier (2). On a remarqué que les Manceaux se montrèrent jusqu'à la fin du xviii6 siècle les plus fervents dans le culte de saint Vital (3).

Pour le bienheureux Raoul de la Fustaye , il mourut le 16 août \ 129 , dans le monastère de Saint-Sulpice, qu'il avait fondé. Il fut aussi l'instituteur des monastères de Locmaria (&}, de Fougereuse (5) , et de plusieurs autres (6). La vie de ce saint personnage n'a pas été écrite par des contemporains, ou elle est demeurée inconnue jusqu'à ce jour (7).

D'autres serviteurs de Dieu s'associèrent aux travaux de Robert d'Arbrissel, de Bernard de Tyron et de Raoul de la Fustaye ; les plus célèbres furent le bienheureux Robert

Histoire littéraire de la France , t. X, p. 332. — Caillebotte, Essai historique sur Dom front. — Guillois , Vies des Saints du Maine, t. III, p. 57. — D. Morice, Histoire de Bretagne, t. I , coi. 990.

(1) Acta Sanctorum , ad diem XXIV aprilis , de saiïcto Guillelmo Firmato, num. 1 et 2.

(2) Ce prieuré était estimé, en 1777, 250 livres, soit 500 francs.

(3) Gallia christiana, t. XI, col. 511 B.

(4) Locus Mariœ. — (5) Fulgerosia.

(6) D. Morice , Mémoires pour servir à l'histoire de Bretagne , t. I , col. 390.

(7) D. Lobineau, Vies des Saints de Bretagne, t. TI, p. 367.— D. Morice, Histoire de Bretagne , t. I , col. 991 , et passim. — Pavillon , op. cit., p. 561. — Souchet, Observations sur la vie de saint Bernard de Tyron, p. 187 et 681. — Acta Sanctorum, ad diem XXV februarii , de beato Roberto Arbrissello , num. 33. — Du Boulay , Historia Universitatis Parisiensis, t. I, p. 632.

de Loc-Renan , qui fut élevé sur la chaire épiscopale de Cornouailles; le bienheureux Salomon, qui fonda l'abbaye de Nid-d'Oyseau, au diocèse d'Angers; les bienheureux Hervé, Renaud, André et Angelgère, qui furent auteurs de quatre petites congrégations ; et enfin le* bienheureux Giraud de Sales , qui établit grand nombre de monastères dans la Guyenne , le Périgord et le Poitou (4). Longtemps après que ces illustres solitaires , auxquels le diocèse du Mans doit une si juste reconnaissance , eurent reçu de Dieu la récompense de leurs travaux , notre Église continua d'être édifiée par leurs disciples. Les traditions de la vie érémitique se conservèrent dans les forêts de Charnie, de Concise, de Lonlay , sur les bords de la Sarthe , de la Mayenne , de l'Erve , du Loir, et dans la plupart des lieux que la culture n'avait pas encore atteints.

(1) Pavillon , loc. cit., p. 44. Cet historien (p. 172) range le bienheureux Renaud ou Regnaud , fondateur de l'abbaye de Mélinais , parmi les disciples du bienheureux Robert d'Arbrissel ; mais les traditions de notre pays le font vivre près d'un siècle plus tard.

<W2 histoire he l'église dd mars.

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