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dent comme un usurpateur du siège épiscopal, sur lequel sa naissance et la position élevée de ses parents le soutinrent longtemps. Mais, si le pouvoir qu'on lui suppose fut assez grand pour le maintenir pendant quinze ou dix-sept ans sur le siège épiscopal, comment ne s'en serait-il pas servi pour se faire donner l'onction épiscopale? Comment supposer d'ailleurs que sous le règne de Childebert, prince protecteur de l'Eglise, le siège du Mans soit resté quinze ou dix-sept ans sans évêque? Le P. Le Cointe a bien senti cette difficulté: aussi, pour l'éviter, il ne donne que deux ans à l'intrusion de Scienfroy. Mais il n'est pas possible d'admettre la chronologie du docte Oratorien sur ce point; on connaît la date de la mort de saint Innocent par celle de saint Benoît, en 543; on connaît également l'époque de l'avènement de saint Domnole, par l'élévation de Glotaire sur le trône de Paris, en 558. L'évidence des faits ne permet donc pas d'admettre l'opinion du P. Le Cointe.
On trouve encore dans la Vie de saint Maur, abbé de Glanfeuil, une nouvelle preuve que Scienfroy était vraiment reconnu pour évêque du Mans. Cette Vie d'abord écrite par Fauste, l'un des compagnons de saint Maur, puis un peu modifiée par l'abbé Odon, au ixe siècle, est regardée comme un monument authentique par les critiques les plus sages. On y voit Scienfroy répondre à la demande des disciples de saint Benoît, qui réclamaient l'établissement que leur avait promis saint Innocent : « Qu'il aimait mieux faire de nouveaux projets que de « suivre ceux des autres, pour ne pas paraître bâtir sur « les fondements d'autrui; et qu'il devait mettre ordre « à ses propres affaires et avoir soin des Eglises. » 11 est clair que ces paroles sont celles d'un évêque gouvernant de fait l'Eglise du Mans. Les députés envoyés par saint Maur devaient être convaincus de la réalité du pouvoir
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de Scienfroy, puisqu'ils s'adressèrent à lui comme étant en mesure de leur accorder leur demande. Dom Liron et Dom Colomb ajoutent, que « comme Scienfroy ne se « conduisit pas selon les belles paroles qu'il prononça en « la présence des députés de saint Maur, on l'a regardé a comme un homme indigne de remplir un siège oc- « cupé avant lui par tant de saints, et comme un usurpaa leur. »
4° Il ne peut y avoir aucune difficulté sur l'épiscopat de Badégisile; saint Grégoire de Tours dit positivement qu'il occupa le siège du Mans après saint Dornnole et avant saint Bertrand.
5° Il n'est pas beaucoup plus difficile de prouver qu'il y a eu deux évêquesdu Mans du nom de Béraire. L'histoire du premier est connue par les Gestes des Evêques du Mans et par quelques autres monuments anciens; mais on ne possède sur les actions du second que peu de renseignements. Cependant, quoique le collecteur qui nous a conservé les Actes du premier Béraire n'ait pas pris soin de recueillir ceux du second, il indique néanmoins d'une manière positive l'existence de ce prélat; car, en parlant d'Herlemond Ier, il le nomme successor posterions Domni Berarii (1). En outre, il rapporte un testament d'un évêque Béraire, que sa date ne permet pas d'attribuer au premier prélat de ce nom.
Nous terminons ici les éclaircissements que nous avions à donner sur la liste chronologique de nos Evêques. Le catalogue n'offre pas de lacunes dans les siècles suivants; les difficultés qu'il peut encore présenter se résoudront aisément par de simples notes explicatives.
Le principal objet de cette Introduction a été de dé-
(1) Voyez Dom Mabillon, Annales Ordinis sancti Benedicti, lib. xix, num. 57
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terminer l'époque de la mission de saint Julien : cette question a toujours semblé du plus haut intérêt, et Tau» torifré dont jouissent quelques uns des auteurs qui ont contesté la valeur des traditions de l'Eglise du Mans, nous faisait un devoir d'approfondir et de discuter chacune de leurs raisons. Aux autorités que nous avons alléguées, il nous eût été facile d'en ajouter d'autres; mais le choix que nous avons fait suffira pour éclairer tout lecteur impartial et judicieux. La gloire de l'Eglise du Mans ne dépend point assurément du parti que l'on adoptera sur cette question, qui excita, au xvne siècle, des contestations si animées, mais on ne peut disconvenir que les données historiques, venant confirmer les antiques traditions, ne répandent sur elle un nouvel éclat.
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