‹ Histoire de l'Eglise du MansChapitre 20 sur 43 · THURIDE II · texte numérisé non relu

THURIDE II

de ses prédécesseurs, s'il en eut, était venu sur le territoire des Gaules poussé par l'esprit de conquête; il devait chercher à étendre son territoire et à fournir à sa bande de quoi satisfaire ses instincts de pillage. Le pays des Diablintes s'offrait à lui comme la première des conquêtes qu'il pût entreprendre, tant à cause de la proximité des lieux, qu'à raison de l'état d'affaiblissement où se trouvait ce peuple, par suite des ravages qu'il avait soufferts de la part des premiers envahisseurs. Une fois maître du territoire, pour s'en assurer de plus en plus la soumission, ce chef devait chercher à l'attacher par d'autres liens à la cité qu'il avait choisie pour capitale. Ce plan, assez simple pour entrer dans l'esprit d'un barbare, dut engager le roi du Mans à tenter tout ce qui était en son pouvoir pour priver la nation des Diablintes de son existence comme cité. Ainsi finit vraisemblablement l'Eglise des Diablintes; cette nation domptée et soumise, relevant désormais de la capitale des Génomans ne forma bientôt plus qu'une seule Eglise, sous la conduite d'un seul évèque.

Cependant un faible souvenir de l'existence de cette Eglise, qui n'avait eu qu'environ deux cents ans d'existence, se conserva encore pendant plusieurs siècles; les évêques du Mans donnèrent à l'Eglise de Jublains, modeste village assis sur les ruines de l'ancienne Nœodimum, le nom de sainte, titre glorieux qu'ils ne donnaient qu'à leur propre Église, l'Église mère du diocèse (1).

Mais comme les canons des conciles, et ceux de notre province en particulier (2), défendaient à un évêque d'étendre son territoire au-delà des limites désignées par les Pères, l'autorité du Pontife Romain, ou au moins du concile provincial, dut intervenir et ratifier cette union que la volonté des princes imposait comme une nécessité. Malheureusement, les annales des Églises voisines se taisent aussi bien que les nôtres sur les conciles qui furent tenus dans la province de

(1) Voir le testament de saint Bertrand. (2 Vonc(l(um Turonensei.

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Tours à la même époque, et pendant un assez long espace de temps.

Pour entrer ainsi dans les affaires de l'Eglise, il n'était pas absolument nécessaire que les nouveaux rois des Francs eussent renoncé à l'idolâtrie; les variations qui survenaient dans la circonscription de leurs États, entraînaient nécessairement des mutations analogues dans l'ordre ecclésiatique, suivant la règle adoptée depuis long-temps par les Pontifes de se conformer aux divisions admises dans Tordre civil. D'ailleurs il y a toute apparence que les rois Francs du Mans ne tardèrent pas beaucoup à se ranger sous la foi chrétienne, comme on peut le conjecturer en se rappelant l'attachement du clergé de cette Eglise pour Régnomer, lors de la prise de notre ville par Clovis, en 5 H .

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