‹ Histoire de l'Eglise du MansChapitre 28 sur 43 · ÉPISCOPAT DE SAINT HADOUIN · texte numérisé non relu

ÉPISCOPAT DE SAINT HADOUIN

Saint Hadouin. — Premier concile de Reims. — Etudes cléricales dans le Maine. — Histoire d'Alanus. — Saint Longis et sainte Agneflette. — Fondation de l'abbaye d'Evron. — Testament de saint Hadouin. — Défenseur de l'Eglise. — Concile de Châlons-sur-Saône. — Le Maine ravagé par les guerres. — Saint Hadouin répare les monastères de la province. — Mort et sépulture de saint Hadouin.

Hadouin (1), successeur de saint Bertrand sur le siège du Mans, issu d'un sang illustre, appartenait en même temps, par son origine, à la race gauloise et à celle des Francs.

Sa vertu et ses talents, unis à sa haute naissance, le firent choisir pour gouverner notre Eglise après la mort de saint Bertrand. Clotaire II confirma volontiers cette élection, et Hadouin ne tarda pas à prendre possession de son siège, en sorte que la vacance ne fut pas longue.

Dix-huit ou vingt mois après son ordination, l'an 625, il se Irouva au premier concile de Reims. Celte assemblée semble avoir été convoquée pour le maintien de la discipline dans

(1) Hadoin, Hadouin, Hardouin, Audoin, et en latin Hadouindus,Chadœnus, Gaduindus, Hardouinus, Hadwinus, Clodaenus.

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les Eglises des Gaules. Flodoard rapporte qu'il s'y trouva plus de quarante prélats, ou Ire Sonnace, qui y présida en qualité d'évêque du lieu et de métropolitain. Les principaux, entre les autres, étaient sept métropolitains: Thierry de Lyon, saint Sindulphe de Vienne, saint Sulpice de Bourges, Modégisile de Tours, Senoc d'Eause, Modoald de Trêves, Richer de Sens; et enfin plusieurs évêques que l'Eglise honore comme saints, tels sont: saint Donat de Besançon, saint Cunibert de Cologne, saint Arnulfe de Metz, saint Pallade d'Auxerre, saint Magnobode ou Mainbœuf d'Angers, et notre saint Hadouin.

Ces évêques rédigèrent vingt-cinq canons ou règlements touchant la discipline, presque tous renouvelés des conciles précédents. Ils recommandent d'une manière particulière la recherche des hérétiques, afin de les ramener à la foi orthodoxe. Le décret qu'ils dressèrent sur les ordinations épiscopales aurait épargné à l'Eglise beaucoup de scandales, s'il eût été observé fidèlement. Il fut réglé que l'on n'ordonnerait point d'évêque qui ne fut natif du lieu et choisi par tout le peuple, du consentement des évêques comprovinciaux. C'est ainsi que l'Eglise réclamait, mais en vain, conlre les envahissements de la puissance séculière, toujours avide d'étendre la main sur les droits du sanctuaire (1).

Dans son propre diocèse, Hadouin s'appliquait de toutes ses forces à faire fleurir la piété. Ayant reconnu que la science et l'étude doivent être l'apanage du clergé, notre évêque qui était docte lui-même, se montra jaloux de maintenir cette gloire dans son Eglise. Pour conserver à la postérité les grands exemples des vertus qui avaient brillé dans l'Eglise du Mans, il fit écrire par un clerc de son diocèse la vie de saint Domnole. Ce clerc avait vécu long-temps avec le saint personnage dont il retrace les actions, trop brièvement peulèlre, mais avec onclion. Il atleste que, sans les instances réitérées de saint Hadouin, il n'eût point entrepris ce travail. On

(1; Flodoard, Bistoria Ecdesiœ Remensis, lib. n, cap. v. — Sirmond, Cqiu ilia Galliœ, tom. i, pag. 479.— Dom Marlot, Metropolis Remensis Historia, lib II, cap. xxxi.

peut croire que les miracles nombreux que saint Domnole opéra, pendant sa vie et après sa mort, lui altiraienl dèslors les hommages du Iroupeau qu'il avait gouverné; déjà, dans son testament, saint Bertrand lui attribue le titre de saint, et lègue un revenu notable, dans le but d'assurer des honneurs à son tombeau. Tels furent vraisemblablement les motifs qui engagèrent à recueillir les actions de l'illustre et saint prélat.

Il semblerait, par les nombreuses affinités qui existent entre cet écrit et la Vie de saint Pavin, contemporain de saint Domnole, et établi, par ce grand évêque, abbé d'un monastère aux portes de la cité, que ces deux ouvrages sont sortis de la même plume (l).

Les légendes et les vies des Saints étaient d'ailleurs le goût dominant de cette époque, qui fut le siècle des Saints; Hadouin, en s'appliquant à les recueillir, marchait dans une voie où d'autres chefs des Eglises gauloises se distinguaient également. On peut donc croire que c'est au zèle de notre évêque, qu'est due la conservation d'un grand nombre d'histoires des pieux personnages, qui ont rendu notre Eglise illustre entre toutes les autres.

A celte époque, de grandes vertus éclataient dans la contrée. Un homme, puissant par ses richesses, nommé Alanus (2), et qui habitait un domaine nommé Doliacus (Douillet), avait un fils unique. La mort de cet enfant, tué dans une partie de chasse, fut un coup terrible pour ses parents; mais ils trouvèrent dans leur foi les consolations dont ils avaient besoin. Ils résolurent d'offrir à Dieu tous leurs biens, et, pour connaître sa volonté à ce sujet, ils se mirent à visiter,

(1) Acta Sanctorum, ad diem vi maii; f'ita sancti Domnoli , auctore anonymo etsuppari. — Dom Mabillon, Acta Sanctorum Ord. S. Benedicti, sœcul. i, Vita sancti Pavini. — Dom Rivet, Histoire littéraire de la France, tom. m, pag. 548 et passim.

(2) Il est probable que cet homme portait ce nom, parce qu'il descendait de ces Alains qui, dans le cours du ive et du ve siècle, s'établirent dans la province du Maine, comme nous l'avons fait observer plus haut, d'après l'abbé Dubos.

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en voyageant à pied, les sanctuaires que la présence de quelque corps saint rendait plus vénérables.

Après avoir prié au tombeau de saint Martin, ils se dirigèrent vers le Mans, pour y consulter les desseins de Dieu, dans TÉglise-mère où les saints martyrs Gervais et Prolais ne cessaient d'opérer de grands prodiges. Le bruit de leur arrivée les devança dans notre cité, et, lorsqu'ils approchaient, les serviteurs de Dieu qui desservaient la basilique et l'hospice de Saint-Marlin de Pontlieue, sortirent au-devant d'eux et les reçurent dans leur maison au chant des psaumes et des prières de l'Eglise. Telle était en effet la coutume des monastères à cette époque : saint Benoît recommandante ses disciples de ne voir dans la personne des étrangers qu'ils reçoivent que Jésus-Christ lui-même, avait introduit par ce principe de l'hospitalité au sein même de la violence et de l'ignorance des siècles grossiers du moyen âge, un élément de douceur et de charité qui contribua beaucoup au progrès des mœurs chrétiennes (1).

Les pieux voyageurs passèrent la nuit en prière, et, pendant celte longue veille, ils ressentirent une forte inspiration de donner leurs biens à L Eglise du Mans. Le lendemain, ils se hâtèrent de se rendre à l'église des saints Gervais et Protais, et l'évêqueHadouin, instruit de leur arrivée et de leurs intentions, leur fit la réception usitée à l'égard des pèlerins les plus illustres. 11 alla au-devant d'eux, les conduisit successivement dans les différents sanctuaires de la ville, avec les prières et les cérémonies d'usage, et enfin, les introduisit dans l'église cathédrale. Alanus et son épouse se prosternèrent contre terre dans une prière fervente, puis ils déclarèrent hautement quel dessein les avait conduits; ils firent ensuite à l'Eglise du Mans, entre les mains de l'évoque, en présence du clergé et du peuple accouru pour jouir d'un spectacle si touchant, une donation complète de leur fortune, consistant en douze domaines dans le pays Cénoman : Juliacus (Juillé), Lucdunus (Loudon), liuiliacus (Ruillé-en-Cham-

(1) Régula sancti Benedicti,w\$. Lin.

pagne), Ruppiacus (les Roches), Sabololium (Sablé), Guils (Jupilles), Cledœ (Celle), Vernus (Saint-Côme-de-Ver), Vericius (Viré), Tanida (Tannie), Doliacus (Douillet), el Camariacus (Chemcré-le-Roi). Ils donnèrent encore, par transmission, la ferme d\4smance(Anicres)etquelque5autres terres moins importantes, dont les titres et les noms se trouvaient, au ixe siècle, dans les polypliques ou Fouilles de l'Eglise du Mans.

Alanus et sa femme, après avoir transmis leurs biens à l'Eglise, résolurent de se donner eux-mêmes, et ils s'offrirent à Dieu, par les mains de 1 evêque, pour consacrer le reste de leurs jours à son service, dans la maison de l'Eglise.

Saint Longis, ou plus exactement saint Lénogisile(l), vint, à la même époque, demeurer dans le diocèse du Mans. Il était Germain d'origine (2); né au sein d'une famille noble et riche, il s'échappa de son pays parce que ses parents, encore attachés au culte des idoles, voulaient le contraindre à partager leurs superstitions el à suivre la profession des armes (3).

Sa jeunesse s'était passée dans les camps, lorsqu'il se mit à rechercher des chrétiens pour être instruit dans la foi du vrai Dieu, qu'il ne connaissait qu'imparfaitement, n'ayant pas môme encore reçu le baptême. Ce fut chez les Alvernes, et probablement dans quelque cloître, selon l'usage, qu'il obtint celte grâce, et, ensuite, il visita les sanctuaires les plus célèbres et les monastères les plus renommés. Son dessein était de s'arrêter dans quelque lieu solitaire, et d'y consacrer à Dieu le reste de ses jours. La Providence le conduisit d'abord à Rome, et ensuite il revint dans la Gaule, et jusque dans le Maine. Saint Hadouin l'exhorta beaucoup à rester dans son diocèse, et à choisir l'endroit qui lui agréerait da-

(1) Lenogisilus , Lonegilus, Launogisiius ; dans la Vie française de saint Hadouin, par René Benoît, notre saint est appelé Lourgesile, mais son nom vulgaire, nom que porte encore le lieu où il habita $ est Longis. On trouve encore Longison.

(2) Selon les bréviaires du diocèse, ses parents habitaient THelvétie ou la Suisse.

(3) Acta Sanctorum, ad diem zinjanuarii, Addenda; Fitasancti Lenogisilï, num. 2 et 3.

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Vànlage. Le clergé et les habitante d'un village nommé alors Busiacus, et aujourd'hui Saint-Longis, au pays du Sonnois, le pressèrent de demeurer parmi eux, et il se rendit à leur désir.

On ajoute que le village de la Boisselière était du domaine de l'Eglise du Mans; et que saint Hadouin le donna à Longis, lui permettant d'y bâtir un monastère qui serait soumis à l'église cathédrale. Longis accepta, dit-on, ces conditions, souscrivit un acte pour constater cette soumission, et le fit confirmer par Clotaire II, par plusieurs évêques et plusieurs comtes. Hadouin ne se contenta pas de donner, en propriété, le village de la Boisselière au saint abbé; il y ajouta encore la ferme de Loudon et plusieurs autres, et il l'aida dans la construction de son monastère. Mais l'authenticité des pièces sur lesquelles reposent ces faits n'est pas entièrement démontrée. Un seul fait reste constant : c'est que saint Longis et ses successeurs jouirent en paix de la retraite que celui-ci avait bâtie (1).

Après avoir construit son monastère, notre saint partit de nouveau pour Rome. Son but, dans ce voyage, était d'obtenir, entre autres grâces spirituelles, des reliques pour sa basilique. Une nuit qu'il priait près du corps de saint Pierre, il eut révélation qu'il trouverait le lendemain matin une dent du saint Apôtre sur son tombeau. En effet, il trouva le jour suivant cette précieuse relique; il l'apporta à la Boisselière; saint Hadouin et une grande foule de peuple se rendirent au monastère, pour vénérer ce gage de la protection du Prince des Apôtres. A partir de ce jour, le concours des peuples à la basilique que Longis avait construite devint très grand (2).

En même temps que Longis s'occupait à conduire et à régler son monastère, il prenait soin d'instruire les populations voi-

(1) Dom Bouquet, Heruiu Gallicar. et Fronde . scrt'ptores, toin. IVj pag. 626. Les deux chartes dont il s'agit ici sont des années 625 et G27; là première est datée de Saune, et la seconde, que l'on donne comme uii diplôme de Clotaire II, du palais de Compiègne.

(2) Fila sancti Lenogisili, ntim. (3.

sines. Sa réputation se répandit en peu de temps et lui attira de nouveaux disciples. Parmi ceux qui vinrent ainsi implorer les lumières du saint abbé, nul ne fut plus illustre que sainte Agneflette, vulgairement nommée sainte Noflette.

Cette sainte fille appartenait à des parents riches, et qui prétendaient lui faire épouser un jeune homme fort désireux d'obtenir sa main; mais elle avait voué, en secret, sa virginité à Dieu, et elle voulait demeurer fidèle a ses engagements. Pressée, cependant, par les instances de ses proches, et ne sachant plus comment résister à leurs désirs, elle s'enfuit de leur maison et se relira dans un bois. De là, elle fit avertir saint Longis de sa situation ; il encouragea sa généreuse résolution, et, comme elle n'avait point d'asile, il la reçut dans son monastère et lui donna le voile des vierges (1).

Il n'en fallait pas davantage pour exciter et armer la calomnie. Le jeune homme qui aspirait à avoir Agneflette pour épouse va trouver le roi Clotaire, et lui dénonce Longis comme un séducteur infâme, et Agneflette comme la complice de ses débauches. La simplicité avec laquelle ils avaient agi tous les deux donnait une certaine force à l'accusation; cependant, le roi, avant de prononcer une sentence, voulut entendre les accusés. Longis et Agneflette, mandés au palais, partirent aussitôt pour se présenter devant Clotaire. C'était au milieu des plus grandes rigueurs de l'hiver; le roi était à la chasse, et les deux voyageurs durent attendre longtemps son retour.

Pendant ce relard, Longis, brisé de fatigue et transi de froid, demanda à la vierge si elle ne pourrait pas lui procurer quelque soulagement. Aussitôt, pour lui obéir, elle court vers les boulangeries du palais, et demande qu'on lui donne un peu de feu. Le boulanger, voulant sans doute se moquer d'elle, lui dit, en lui présentant des charbons ardents : « Voici du feu, mais, puisque tu n'apportes rien pour le recevoir, tends ton manteau. » Agneflette obéit avec simplicité, et, chose merveilleuse ! elle reçut ces charbons ardents et les porta à Longis dans les plis de son manteau, sans que ce vêtement

(1) Vita sancti Lenogisili, num. 7.

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en souffrît le moindre dommage. Le saint abbé, admirant en secret les merveilles de la divine Providence, usa de ses bienfaits, et, quand le froid qu'il ressentait fut soulagé, Agnefletle reprit, dans son manteau, les charbons encore brûlants, et les reporta au four.

Ce fait devint bientôt la nouvelle du palais; Clotaire à son retour de la chasse l'entendit raconter par ceux qui en avaient été les témoins. C'était assez pour prouver l'innocence des deux accusés; aussi le roi reconnut hautement la sainteté de leur vie, et voulut leur témoigner par des effets l'estime et l'affection qu'il leur portait. 11 fit au saint abbé des offres généreuses, que celui-ci refusa, par mépris pour les biens de la terre; il pria seulement le roi d'être le défenseur de son monastère. Clotaire reçut, avec plaisir, ce titre et cet office, et voulut, en outre, s'engager à fournir dix livres d'argent, chaque année, au cloître de Saint- Pierre de la Boisselière. Après cela nos deux saints quittèrent le palais et revinrent à leur monastère (4).

La présence de Longis au palais du roi y avait laissé des souvenirs. Dagobert, fils de Clotaire, étant tombé dangereusement malade, et les médecins ne sachant quel remède employer, le roi s'en remit avec confiance aux prières de l'abbé de la Boisselière. Il lui envoya un calice et une patène d'argent, te priant d'intercéder auprès de Dieu pour le salut de son fils. Le messager n'avait pas encore fait la moitié de la route que déjà le jeune prince était soulagé (2). Dagobert étant monté sur le trône après la mort de son père fit de nouveaux dons à l'abbé Longis, et son exemple fut suivi par les grands de son royaume; ce qui permit à l'homme de Dieu d'augmenter le nombre des moines qui vivaient sous sa conduite (3).

Pour sainte Agneflelte, elle vécut encore de longues années sous le voile de virginité; mais enfin le temps de jouir de sa récompense étant venu, elle mourut dans un bourg du domaine

(1) Vita mneti Lenogisili, num. 8,1).

(2) Vita sancti Lenogisili, num. 10.

(3) Breviariuin Cenoinanensel748, aci dioni 2 apnlir<.

54Ô HISTOIRE DE lV.GLISE DU MANS.

royal nommé Vernus (Vair, et depuis Sainl-Cosme-de-Vair). ClovisII gouvernait alors le royaume des Francs (638). Saint Longis eut aussitôt connaissance de son heureux trépas; il se hâta de se rendre au lieu où élaient demeurées les précieuses dépouilles pour les transporter dans son monastère. Parvenu à la petite ville de Marner tum (Mamers), le corps saint parut tout à coup d'un tel poids, qu'aucune force n'était capable de l'enlever du lieu où il se trouvait; mais l'homme de Dieu pria longtemps, et enfin le corps d'Agneflette fut transporté dans le monastère où il reposa plusieurs siècles, environné de la vénération des peuples (1).

Longis parvint aussi à une extrême vieillesse, et, jusqu'au dernier moment de sa vie, il ne cessa de travailler à la gloire de Dieu. Il mourut, le quatre des calendes d'avril (2), vers l'an 653. Son corps fut enseveli dans la basilique de son monastère (3).

Ce saint abbé laissait après lui une mémoire vénérée, un grand nombre de disciples, qu'il avait convertis dans toute la contrée du Sonnois, où son zèle avait rencontré encore beaucoup d'idolâtres, enfin un monastère où brillèrent longtemps, sous le froc monastique, des vertus éminentes. Tels furent les exemples d'humilité, de dévouement, de charité, donnés par les religieux de cette abbaye, que les habitants des contrées voisines prirent l'habitude de nommer leur maison, l'abbaye de Saint- Pierre-des-Bons-hommes (4). Au siècle dernier elle était réduite à l'état d'un simple prieuré uni au monastère de Saint-Vincent du Mans.

Il se fit, à la même époque, une autre fondation monastique dans notre diocèse. Un pèlerin, qui avait visité les lieux saints de la Palestine, rapportait avec lui une relique du lait de la sainte Vierge Mère de Dieu. Il arriva, tout brisé de fatigue, en un lieu nommé Aurion, aujourd'hui Ëvron.

(1) Vita sancti Lenogisili, num. il.

(2) Le 29 mars. On trouve cependant sa fête marquée au 13 janvier et au 2 avril; c'est ce dernier jour que le diocèse du Mans la célèbre.

(3) V "Ua sancti Lenogisili, mim . 12.

(4) Dom Mabillon, Annales Ordinis S. Benedicti, \ib. xi, num. 50.

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